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 Rencontre avec des Corbeaux

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Loran Kellac
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Masculin Nombre de messages : 64
Age : 24 ans
Clan : Terreur
Fonction : Capitaine de l'armée d'Ardiosis / section des fantassins
Date d'inscription : 11/03/2008

MessageSujet: Rencontre avec des Corbeaux   Mar 15 Juil 2008 - 11:13

Sixième jour de la neuvième semaine
An 835
Milieu de matinée


Loran était au bar… encore. On aurait pu penser que sa rencontre d’hier soir l’avait calmé, quoique quelques mauvaises langues auraient pu dire qu’en réalité, il n’avait pas assez bu la veille pour être totalement dégoûté. Mais les persifleurs se seraient trompés : si le jeune capitaine était dans l’un des bars des bas quartiers, ce n’était pas pour boire, mais pour se renseigner. Pour prendre le pouls de la ville, connaître les dernières rumeurs, bref, se tenir au courant. Il n’était pas devin, et pour pouvoir espérer savoir ce qui se passait en ville, rien ne valait Le Smilodon Enragé. Un nom plutôt curieux, certes, mais qui avait une histoire particulière, remontant à l’enfance du grand-père de l’actuel propriétaire. Cette petite taverne était bien implantée dans la basse ville, lieu de passage obligé des riverains qui venaient s’y détendre ou traiter leurs affaires. Les soldats n’y passaient pas souvent, ce qui en faisait un lieu idéal pour toutes sortes de transactions.
Loran, d’ailleurs, n’était pas étranger au fait que les soldats de la Garde ne montrent que rarement le bout de leur nez. En échange d’informations, il avait obtenu qu’on laisse les affaires sans contrôle réel. Même si ce n’était qu’une illusion, puisque Tannen, le tavernier, travaillait pour lui. Enfin, avec lui aurait été plus juste : les deux hommes se connaissaient depuis l’enfance, même s’ils n’avaient renoué le contact que récemment. Tannen était le petit-fils du propriétaire, ce qui expliquait sa rapide intégration au sein de la clientèle d’habitués… une aubaine pour le capitaine.

Ce matin, Loran était donc venu se tenir au courant. Depuis que l’atmosphère entre les différentes populations du Gwendir s’était tendue, il aimait savoir quelles étaient les dernières nouvelles. Certes, les marchands et les voyageurs étrangers ne s’arrêtaient plus guère à Yswllyra, mais Tannen avait ses propres sources, et il avait toujours une histoire ou deux à raconter. Habillé à nouveau en civil, muni juste d’une dague courte cachée sous une ample cape, Loran songea avec amusement que depuis que les Humains préparaient la guerre, il n’avait jamais été aussi souvent sans son uniforme.
Etouffant un bâillement, il s’installa aussi confortablement que possible sur une banquette de bois dur, souriant à la jeune fille qui s’était empressée de lui apporter de quoi se nourrir. Le capitaine était rentré tard hier soir, à cause des jumelles rencontrées la veille, et il s’était levé aux aurores pour mener lui-même l’entraînement de ses troupes. Une fois celui-ci bien avancé, il s’était assuré que son absence ne se ferait pas trop durement sentir et avait délégué le reste à Jadow, l’un de ses sergents. Du coup, il était plutôt fatigué, surtout parce que le voyage jusqu’à Iboa, la cité Orthodoxe, n’avait pas non plus été de tout repos.
Tannen vint bientôt s’installer à ses côtés, et les deux jeunes hommes parlèrent de ce qui amenaient Loran ici : les rumeurs qui, dans une ville comme la cité impériale, ne s’éteignaient jamais. Quoi qu’il en soit, le tavernier avait une grande nouvelle à lui communiquer, et pour le coup, Loran s’éveilla tout à fait : les Corbeaux Pourpres étaient tombés.

Il était plutôt fréquent que les mercenaires se montrent en temps de guerre, plutôt fréquent également que les compagnies soient décimées, reformées, décimées à nouveau, et ainsi de suite. Mais les Corbeaux Pourpres étaient plus ou moins une légende parmi les compagnies de mercenaires… sans doute parce qu’elle avait tenue plus longtemps que les autres. Loran étaient encore enfants lorsque les serviteurs de son père racontaient les exploits de ces mercenaires sans peur, mais pas sans reproches, capables de faire tourner le vent en faveur de celui qui avait assez d’argent pour les embaucher. Bon, sans doute, la plupart de leurs prétendus exploits n’étaient que des racontars, des légendes pour enfants en mal d’aventure. Mais tout de même…
Le jeune capitaine les avait rencontrés, une fois ou deux. Leur engagement auprès des troupes d’Ardiosis était plutôt récent, mais sa promotion au rang de capitaine l’était plus encore. Il n’était qu’un simple sergent lorsqu’il s’était mêlé à leurs rangs, et se souvenait même de les avoir guidé à travers la cité impériale, quelque peu impressionné par le contraste entre les légendes et la réalité. Il avait même sympathisé avec certains soldats, notamment une nouvelle recrue qui, auparavant, travaillait comme palefrenier d’un ami de son père.
Et désormais, la compagnie n’existait plus, ou presque, parce que quelques rumeurs faisaient état de survivants s’enfuyant du champ de bataille… mais c’était peut-être une nouvelle rumeur, une qui expliquaient pourquoi les compagnies de mercenaires ne mourraient jamais tout à fait. En tout cas, la nouvelle était plutôt décourageante, car avec la guerre qui s’annonçaient, ils se serraient montrés de solides alliés, du moins, tant qu’on les payaient. La plupart des soldats, dont Loran, éprouvaient de la méfiance envers les mercenaires, prêts à trahir famille et patrie pour un peu d’or… mais après tout, c’étaient les dures lois de la guerre.

_________________

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MessageSujet: Re: Rencontre avec des Corbeaux   Mar 15 Juil 2008 - 18:31

Les remparts de la cité étaient en vue.
Les deux mercenaires ne dépasseraient pas les faubourgs, ne tenant pas à s’enfoncer au cœur de la ville, vers les quartiers plus huppés ou la caserne militaire sans prendre de solides renseignements. Il était maintenant clairement évident qu’ils avaient été victimes d’une trahison qui impliquaient plusieurs membres de la troupe dont un des sergents. Celui-ci avait eu pour seule récompense de sa perfidie, la mort des lâches, au bout d’une corde, il ne parlerait plus, malheureusement car Sandrakar aurait deux ou trois choses à lui faire cracher.
Enfin…il restait deux hommes en fuite qui pourraient eux parler pour peu que Sandrakar et Venegor les trouvent à temps et les « persuadent »
Quel était le commanditaire de leur éradication ?
Qui tirait les ficelles, qui avait payé le prix du sang ?
Et pourquoi ? Pour l’argent ou pour un autre motif plus obscur ?
Autant de question dont les deux derniers mercenaires entendaient trouver les réponses. Sandrakar espérait seulement que le capitaine se trompait et que ce n’était pas l’Empire qui avait résolu de les éliminer comme des parasites indésirables car ce serait un trop gros morceau, même pour eux…
En tout cas ils étaient d’accord sur un point, au moins un des deux hommes viendrait trouver refuge ici, la ville impériale était assez vaste pour s’y cacher et il y avait une forte probabilité pour que le commanditaire quel qu’il soit, soit de la cité et que le traître vienne s’y faire payer le prix de son forfait.
Sandrakar repensa aux yeux fixes et morts du capitaine étendu dans la plaine ; son regard voilé par la mort semblant suivre le vol des corbeaux dans le ciel.
De l’ancien capitaine…
Venegor l’avait explicitement nommé sergent, drôle de promotion. Elle eut un sourire féroce en pensant qu’il n’avait pas eu le choix des possibilités, et qui plus est, être sergent d’une troupe décimée comprenant deux membres, fut-elle la prestigieuse Compagnie de Corbeaux Pourpres, n’était pas très reluisant…
Mais les corbeaux pouvaient renaître de leur cendre comme les phénix, l’amazone en était convaincue. Ils devaient juste faire table rase du passé et cela passait par le chemin de la vengeance.
La porte sud de la ville était encombrée d’une foule de gens du peuple venus faire du commerce dans la grande cité. En ces temps de guerre, la sécurité avait été renforcée et les gardes surveillaient étroitement les entrées, notant quels étrangers surtout parmi les peuples dissidents, entraient en ville et fouillant à l’occasion certains chariots suspects. De plus un impôt avait été levé pour l’armée et il fallait s’acquitter d’un droit de péage, pratique cependant assez courante pour qu’elle ne choque personne. La file d’attente pour entrer s’allongeait donc à la porte sud des petits remparts du faubourg, très fréquenté.
L’ambiance était cependant bon enfant entre les marchant à la crié, les commères venues glaner quelques nouvelles qui se transformeraient vite en rumeurs déformées hantant la cité, et les enfants s’amusant du spectacle des chariots empêtrés les uns dans les autres et des jurons des cochers. Au milieu de ce joyeux tohu-bohu, les deux vétérans faisaient une tache sombre au tableau. Sandrakar jeta un regard en coin au capitaine, il était pâle, le voyage effectué au pas et le bivouac de la nuit dernière, l’avait épuisé car il était loin d’être remis de ses blessures. Elle devinait sa souffrance mais aucune plainte n’aurait jamais passé les lèvres du soldat aguerri, à quoi bon se plaindre, ça n’atténuait en rien la douleur…Venegor se tenait malgré tout fier et droit sur le cheval de guerre dont l’amazone avait habilement maquillé la marque, avec un peu de suie mêlée de graisse le croissant de lune noire était à présent devenu un simple rond noir, et, seules l’immobilité de son bras blessé et la raideur de son dos laissait deviner à l’amazone qu’ils étaient grand temps qu’ils arrivent.
Vint leur tour au poste de garde et Sandrakar déposa quelques pièces sur la table derrière laquelle se tenait un garde en uniforme aux couleurs du Roi, s’acquittant ainsi de la taxe.

"-Vous êtes ?"

Demanda l’homme d’une voix bourrue en dévisageant d’un air suspicieux les deux guerriers.
Les amazones n’étaient les mieux vues dans le coin, les rumeurs couraient sur la rébellion au Roi de la jeune Reine actuelle, Sandrakar se moquait de la politique comme de sa première chemise mais subissait stoïquement le revers de la méfiance qu’elle inspirait à cause de sa race.

-"Sandrakar et Venegor."

Le garde les dévisagea surpris et son regard s’attacha à Venegor,

-"Venegor ? Le sergent des Corbeaux Pourpres mais…"

Puis une lueur s’alluma dans son regard quand il reconnut l’ancien sergent sous sa nouvelle balafre, la rumeur s’était répandue que la compagnie avait été décimée mais visiblement pas toute la compagnie. Il se reprit et allait noter le nom sur le registre quand Sandrakar posa sa main sur le registre, des pièces brillaient entre ses doigts entre ouverts.
Elle murmura d’une voix basse et grave

-"On reste pas longtemps, inutile de gâcher du papier pour nous…"

Et elle retira doucement sa main, les pièces disparurent prestement dans la poche du garde et il ne nota rien.
Le regard vert sombre de l’amazone le fixa un instant s’assurant qu’il comprenne le message silencieux qu’être trop bavard ou zélé serait une très mauvaise idée mais le garde s’occupait déjà d’une autre personne, absorbé par sa tache et la file qui s’allongeait encore. Il n’en avait foutre rien à faire de deux mercenaires survivants et dans un sale état, au moins pour l’un d’entre eux. Ils pouvaient bien aller à la caserne, au bordel ou au diable vauvert, il s’en fichait royalement. Cela arrangeait bien les affaires des deux corbeaux.
Sandrakar et Venegor quittèrent l’artère centrale pavée, bruyante et encombrée pour poursuivre à travers les rues de terres battues de cette partie de la ville, plus modeste. Le passage y était plus aisé et avec les deux chevaux, ils avaient au moins le mérite de ne pas se salir dans la fange des rues séparées par un caniveau central qui servaient de tout à l’égout. Parfois ils devaient juste s’écarter quand une ménagère affairée criait avant de jeter ses ordures par la fenêtre, indifférente aux passants qui râlaient.
Enfin ils atteignirent la Licorne Sans tête mais en ce milieu de matinée l’établissement était encore fermé et n’ouvrirait ses portes qu’en fin de matinée, c’était une auberge modeste tenue par une femme d’âge mur et qui accueillait les voyageurs même la nuit lorsque les autres établissements avaient fermé leur porte. Elle avait coutume de dire, quand vous coupez la tête à une licorne, il ne vous reste qu’un corps de cheval, et si vous lui demandiez ce qu’elle entendait par-là, elle vous répondait que son premier mari, paix à son âme, lui avait fait figure de prince charmant mais une fois ôté son bel habit il s’était révélé fainéant et rustaud. Toujours est-il que l’on pouvait juste constater qu’il n’y avait plus de mari dans les parages. Le matin la brave femme faisait le marché et tenait l’auberge fermée si bien que les deux mercenaires étaient pour le moment à la rue.
Avisant une taverne un peu plus loin, Sandrakar la désigna du menton au capitaine.

-"Déjeuner, ça te dit ?"

Hochant la tête avec un imperceptible soulagement, Venegor acquiesça et ils se dirigèrent au pas devant l’estaminet, calme à cette heure. Les Corbeaux Pourpres laissèrent les chevaux attachés sous le petit auvent à bestiaux qui jouxtait la taverne et ils pénétrèrent à l’intérieur de la taverne. Ils s’installèrent à une table légèrement à l’écart mais non loin de l’entrée et Sandrakar héla le patron derrière son comptoir. Celui-ci les regarda d’un œil pénétrant et jeta un coup d’œil significatif à un jeune homme assis là, coup d’œil qui n’échappa pas à la mercenaire. Elle regarda l’homme, cheveux blonds et yeux bruns, jeune, musclé en bonne condition physique et si son visage ne lui était pas totalement inconnu, elle n’arrivait pas à mettre un nom sur lui. Etait-ce un soldat ? Se fiant à son instinct, l’amazone décida de se tenir sur ses gardes

-"Que puis-je pour vous mes braves gens ?" demanda le patron venu prendre la commande

-"Deux soupes et de quoi manger" avec demanda Sandrakar en posant une pièce pour le prix.

-"Tout de suite, soldats … ?" ajouta le patron cherchant visiblement à se renseigner surtout pour le profit du jeune homme semblait-il. La question la mis mal à l’aise. Ils n’étaient pas tout à fait des inconnus dans ce quartier mais elle répugnait à s’afficher au grand jour avant qu’ils aient mis la main sur les deux traîtres de la compagnie. Sandrakar regarda Venegor, attendant ses instructions mais le visage du guerrier restait impassible. Elle répondit sans hostilité mais indiquant clairement son désir d’anonymat

-"Non de simples voyageurs fatigués et affamés…"

Le tavernier comprit le message et retourna derrière son comptoir préparer la commande. Sandrakar et Vengor échangèrent un long regard. Les corbeaux pourpres étaient de retour mais en mauvaise posture et ils avaient deux trois choses à régler en ville.
Deux trois choses qui risquaient de laisser des traces dans les rues de la Cité...des traces sanglantes


Dernière édition par Sandrakar Ak'be le Jeu 24 Juil 2008 - 14:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre avec des Corbeaux   Jeu 24 Juil 2008 - 13:23

Une fois que le tavernier eut rejoint son comptoir, Venegor s’accorda enfin un moment de répit, et ferma son œil valide dans un long soupir.
Même s’il avait voulu en laisser paraitre le moins possible, les deux jours de chevauchée avaient été une rude épreuve.
Et ce n’était pas les quelques heures de repos au bivouac nocturne qui l’avaient réconforté.
Chaque mouvement était douloureux, et particulièrement les montées et descentes de cheval. Il aspirait à une bonne nuit de repos, dans un vrai lit.
Mais pour cela, il faudrait encore attendre.

Alors qu’il rouvrait son œil en grimaçant, Sandrakar hésita un instant, et finit par lui demander si cela allait.
Venegor lui répondit qu’il trouvait la table un peu basse à son goût, et qu’il souffrait d’être dans un léger courant d’air, mais qu’il devrait survivre.
Puis en souriant doucement, il hocha la tête en silence.
Tant qu’il vivrait, cela irait toujours.

Ils restèrent quelques instants silencieux, scrutant tous deux les lieux environnants.
C’était une auberge assez simple, mais propre et bien entretenue, qui occupait le rez-de-chaussée d’un bâtiment orné d’un étage.
L’auberge était un mètre en dessous du niveau de la rue, et il fallait emprunter un solide escalier en bois avant de se retrouver dans une longue salle au plafond voûté.
A l’intérieur, deux longues tables en chênes occupaient le milieu la pièce, et trois autres rondes, plus petites ornaient l’entrée.
Tout au fond, un bar en demi-cercle couvrait l’angle sud de la pièce, tandis qu’un grand foyer de cheminée remplissait l’angle opposé. Derrière le comptoir, une porte donnait sur la cuisine.
Enfin, la pièce était séparée en deux par trois piliers de pierre qui soutenait l’étage supérieur.
Sur chacun d’eux et sur les mus latéraux, de grosses bougies complétaient un éclairage assez faible.

Venegor remarqua que Sandrakar avait regardé à plusieurs reprises un homme qui était assis dans le dos du mercenaire.
Morneplaine n’avait pas fait plus attention que cela en entrant, notant juste qu’il y avait peu de monde dans la taverne. Un groupe de trois à une table, et un homme seul à une autre.
Apparemment, ce denier intriguait la mercenaire.

Venegor s’apprêtait à demander à Sandrakar la raison de cet air méfiant et soucieux, quand l’aubergiste revint les bras chargés d’un plateau.
Deux grandes assiettes creuses en bois, un pichet de soupe fumante, un gros quignon de pain, un bout de lard fumé et un morceau de fromage constituaient ce qui ne serait bientôt plus que le souvenir d’un déjeuner pour les mercenaires.
Le patron déposa tout cela sur la table en silence, adressant à Sandrakar et Morneplaine un sourire entre deux regards en coin à l’homme assis deux tables derrière.

Intrigué par son comportement, Morneplaine finit par se décider à se retourner pour regarder qui était cet homme à qui tout le monde jetait des regards.
Difficilement, il se contorsionna sur sa chaise pour se retourner, sans aucune discrétion.
Il dévisagea l’homme seul à sa table.
Il était installé sur une banquette en bois, et n’avait presque pas touché au déjeuner qu’il avait devant lui.

Morneplaine avait déjà vu cette tête, il en était sûr.
Il réfléchit… et se souvint.
La dernière fois que la Compagnie était venue en ville, Venegor et quelques uns de ses hommes avaient été passer la soirée dans un bar.
Le sergent Venegor avait alors noté qu’une de ses nouvelles recrues avaient passé la soirée un peu à l’écart du groupe, ayant fait la rencontre inopinée d’un soldat impérial avec qui il avait une connaissance commune.
En fin de soirée, le mercenaire et le soldat avait même insisté pour trinquer avec lui.
Décidemment, ce soldat semblait apprécier les tavernes.

Mais si Venegor se souvenait de lui, il se pouvait que l’homme se souvînt de lui aussi.
Et par un matin de temps de guerre, un soldat sans livrée dans une auberge devant un déjeuner quasi intact… c’était suffisamment étrange pour que cela pique la curiosité de Morneplaine.

Morneplaine se réinstalla un peu plus confortablement, et s’adressa à l’aubergiste :

Apportes-nous une troisième assiette, et va donc proposer à ton ami le soldat assis derrière de se joindre à nous s’il le souhaite.
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MessageSujet: Re: Rencontre avec des Corbeaux   Sam 6 Sep 2008 - 16:14

L'aubergiste failli s'étouffer en entendant la requête du mercenaire et Sandrakar eut un sourire en coin. Venegor avait tapé dans le mille, voilà qu'on s'intéressait déjà au retour des Corbeaux dans la Cité. Et il avait fourni la réponse à la question qu'elle se posait, cet homme était un des soldats du Roi, un espion aussi qui sait? Sandrakar renifla dédaigneusement, elle n'avait que peu d'estime pour cette engeance fourbe et déloyale capable de vous offrir un thé empoisonné avec un sourire et un petit gâteau !
En plus elle n’aimait pas le thé.
L'aubergiste alla chuchoter quelque chose au soldat qu leur jeta un bref regard aiguisé mais l'homme ne vint pas les rejoindre mais après avoir fini sa chopine quitta la pièce tranquillement sans un regard pour eux.
Sandraakar suivit des yeux et regarda son capitaine d'un air interrogateur

Drôle de type

Ce à quoi le capitaine répondit par un hochement de tête.

Pour la discrétion, on pourra repasser, toute la ville va être au courant de notre arrivée.
L'effet de surprise est raté.
Parcontre comme on est que deux et dans un sale état, au moins en apparence, ca peut joué en notre faveur.
Si cette enflure souhaite mettre fin à ses ennuis, il viendra nous chercher
et sinon...


Sinon c'est nous qui le débusquerons

Les deux mercenaires eurent un sourire entendu presque malsain d'anticipation de leur vengeance.
Ils mangèrent en silence, profitant de ce moment de détente après la route harassante.
L’auberge où ils prenaient leurs quartiers n’allait pas tarder à ouvrir, ils auraient tout le temps de discuter et de définir un plan une fois un peu de repos pris.
La note réglée, ils sortirent sans même un regard pour l’aubergiste mal à l’aise.

[HRP: Sem 9 à cloturer]
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