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 Un tour en calèche [Pv *]

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MessageSujet: Un tour en calèche [Pv *]   Jeu 13 Mai 2010 - 19:45

Quatorzième semaine de l'an 835
Quatrième jour
Fin de matinée

Un vent glacial venait de se lever, s'engouffrant dans les rues de la Capitale, fouettant le visage des humains qui étaient de sortie. Le ministre regrettait d'ailleurs de ne pas s'être couvert davantage. Cet hiver, qui n'en finissait pas, devenaient insupportables.

Il avait eu des petites affaires à régler en ville, corruption et argent avaient été au rendez-vous. Heureusement que dans ce triste monde subsistait, encore un peu, de simplicité et de joie comme venaient d'en témoigner deux oiseaux en train de construire un nid au-dessus de sa tête. Rhaer se demanda s'ils avaient eu raison de construire leur habitat ici, la saison ne favorisant pas encore la naissance de nouveau petit être à plume. Satané hiver...


Apercevant sa calèche, il maudit son cocher de ne pas s'être plus avancé pour lui faciliter l'accès. Rhaer détestait marcher, c'était bien connu, mais qui pouvait l'en blâmer ? S'il était capable de courir un marathon tous les matins, il le ferait volontiers... Avant ce maudit « accident » de guerre, il était physiquement au top et n'avait rien à envier à personne... mais maintenant... Maintenant, il se moquait bien de ses faiblesses physiques et de ce que l'on pouvait penser de lui.

« Nous rentrons ! »

Laissant le cocher se préparer au départ imminent, Rhaer monta à l'intérieur, non sans difficulté comme à son habitude. Il devrait penser à investir dans une nouvelle voiture d'ailleurs, plus confortable que ce vulgaire banc en bois comme seul siège à l'intérieur. Des coussins moelleux, voilà ce dont il avait besoin ! Certes, il n'était pas encore vieux et croulant, mais un peu de confort ne pouvait lui faire du mal.

Regardant le paysage défiler et se laissant bercer par le son des sabots des chevaux, Rhaer faisait l'inventaire des choses à accomplir avant demain. Rien ne pressait, mais rien ne devait être délaissé... Voilà sa devise. En priorité, il devrait s'assurer que les fonds étaient bien là si Ardiosis décidait de libérer son général, sans que cela ne nuise aux divers investissements, plus importants, qui avaient été entrepris. Pour Rhaer, assurer l'éclairage des rues, tous les soirs, était bien plus prioritaire que la libération du général. Même si le pauvre homme ne méritait pas cela, l'intérêt général restait prioritaire.

Ce fut la vitrine d'une pâtisserie qui le tira de ses songes, celle du pâtissier préféré d'Eleade. Elle serait certainement ravie s'il lui ramenait quelques gateaux. Sa petite Reine avait retrouvé timidement le sourire ces jours-ci, mais rare étaient les fois où son visage s'illuminait complètement. Elle manquait également d'appétit, mais la vue de délicieux gâteaux pourrait peut-être arranger les choses... C'était décidé, il allait lui acheter de quoi se régaler...


« Arrêtez-vous donc un instant ! »

La vitrine était irréprochablement propre et les gourmandises, qu'elle exposait, étaient à croquer. Ardiosis pouvait être fier de ses commerçants et de son peuple, car rare étaient ceux qui déshonoraient leur grande capitale... Ce pâtissier était connu dans tout le royaume, mais n'officiait pas à la tour, préférant garder son indépendance, mais servant le Roi dès que celui-ci le demandait.

Faisant le plein de pâtisseries et mettant la note sur le compte des dépenses de fonctionnement, Rhaer tenait fermement la boite en carton, luttant pour ne pas entamer un choux à la crème. Il espérait faire plaisir à Eleade, même s'il savait pertinemment qu'elle disposait d'autant de bons pâtissiers qu'elle le désirait... Elle n'avait pas besoin de lui pour se faire plaisir...


« Mais qu'est-ce que ? ! »

Retournant à sa voiture, le Ministre resta sans voix devant le spectacle qui s'offrait à lui : une femme venait de pénétrer dans sa calèche en hurlant il ne savait trop quoi.


« Êtes-vous malade ? !  » Hurla t-il en se précipitant le plus rapidement possible pour la mettre dehors.


Dernière édition par Rhaer Thalion le Mer 2 Juin 2010 - 9:19, édité 2 fois
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Namira
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MessageSujet: Re: Un tour en calèche [Pv *]   Sam 15 Mai 2010 - 10:58

Un départ


Les faibles rayons du jour s'infiltrèrent entre les volets dans la petite chambre que c'était offerte la jeune seconde. Elle poussa un ralle de mécontentement quand elle du constater que le soleil était déjà là. Namira s'étira et sorti du lit encore chaud de cette paisible nuit. Elle attrapa dans le noir son bandeau de cuir marron, et elle cacha comme à son habitude la cicatrice qui lui avait enlevé une partie de sa vue. Elle passa une main dans ses cheveux, puis commença à s'habiller. Une fois son rituel achevé, elle ouvrit grand les battants en bois qui empêchés le jour de naître dans la pièce. Triste journée. Namira fouilla ses poches et en sortit une maigre bourse. Il lui restait juste assez pour payer l'auberge qu'elle avait occupé depuis le premier jour. Ce soir elle partira en direction de sa seule raison de vivre, l'Ephémère.

Une pensée fusa dans son esprit: Qu'est-ce que doit bien devenir le capitaine sans moi? Namira avait pour habitude de toujours, ou bien souvent, remettre Adrian sur terre, il avait tendance à se laisser entraîner trop vite dans l'aventure sans vraiment réfléchir aux conséquences. Oui, elle le disait haut et fort, Ducan était encore un enfant. Namira ne pu retenir un sourire, elle aimait sa vie et la nouvelle famille qui l'avait accueillit les bras ouvert. Elle jeta un dernier coup d'oeil à la chambre puis passa la porte. Elle descendit les escaliers et paya l'aubergiste humain en le remerciant de son hospitalité. L'hospitalité d'une chambre en ruine, si elle avait eut des conseils avant de poser le pied dans la capitale Humaine, elle n'aurait sûrement pas mit les pieds dans cet endroit proche de l'effondrement.

Namira enfila en suite sa longue cape noire, le froid était terrible. Elle avança dans la longue allée, pour venir se réfugier dans le quartier commerçant. Le village humain était vivant, malgré cet hiver aride. Plusieurs vendeurs à l'étalage proposaient des produits plus alléchants les uns que les autres, Namira avança vers un marchand de fruit et avec une souplesse coutumière lui emprunta une belle pomme rouge sans que celui-ci s'en rende compte. Elle le salua de la main, décidément les Humains étaient stupides. La belle pirate laissa danser son regard turquoise à travers la foule. Que le monde était jovial aujourd'hui. Elle croqua dans la grosse pomme en savourant le jus sucré qui s'en échapper, cela faisait presque deux jours qu'elle n'avait rien avalé.

Les Humains avaient tendance à parler forts, ils étaient vulgaires et plus idiot que tous les peuples réunit, enfin c'est ce que pensé Namira. La ville n'adoptait pas une structure romanesque, mais elle avait un charme que personne ne pouvait expliquer, Namira abattit sa capuche sur sa tête et avança. Un célèbre penseur de l'époque avait dit un jour: 'Le coeur Humains est sans doute le plus complexe, mais c'est cette complexité qui fait naître ses plus beaux sentiments.' Foutaise. Namira jeta son trognon à terre, si le coeur des Humains est le plus complexe alors pourquoi ils ne le montrent pas? Se sont des égotistes. L'Ombre se sentait proche de l'apathie envers ce peuple. Son père lui avait raconté des tonnes d'histoires sur les Humains sans oublier leur sens moral. Quelque chose ne tournait pas rond dans leur tête en fin de compte.

Son regard se posa alors sur un attroupement de calèche. « Si j'en prends une, mon voyage est assuré. » Elle s'approcha d'un pas décidé d'une calèche abordable. N'ayant pas les moyens de s'en payer une avec des pierres précieuses ou autre. Elle salua le conducteur qui la scruta avec attention sans dire un mot. « Et en plus d'être des cochons, ils ne connaissent pas la politesse. » Namira se résigna, elle avait une grande hâte de rentrer 'chez elle'. Elle s'avança vers lui et lui lança d'une voix assurée:

-Direction Isandil!

Puis sans demander son reste elle s'avança vers la porte, au moment où elle posa ses fesses à l'intérieur de la calèche, un cri raisonna derrière elle:

-Êtes-vous malade ? !

Namira souffla de désespoir, on ne pouvait jamais être tranquille une seconde. Elle tourna la tête et vit un homme d'une quarantaine d'année courir vers la calèche en clopinant, avec par dessus le marché un oeil en moins. Un boiteux borgne, on aura vraiment tout vu. Elle le laissa traîner sa vielle carcasse jusqu'à la voiture et le jugea de haut en bas, pas mal pour son âge. Juste un peu sinistre, mais pas mal. Namira ne pu retenir un sourire quand elle vit qu'il avait dans sa main un paquet de gâteaux, elle ouvrit la porte de la calèche et avec audace elle vola de justesse la boite en carton, trop rapide pour que le vieux puisse réagir. Elle l'ouvrit et observa les belles pâtisseries. Le ventre de la pirate grondait, elle attrapa un choux à la crème et commença à le déguster, sa faisait un bien fou. Puis elle regarda l'homme qui visiblement n'aimait pas ce qui se passait devant lui. Namira posa son index sur la bouche de l'inconnu pour lui inculquer le silence et avala avant de lui lancer:

-Je suis surtout affamée, merci.

Elle prit en suite une autre merveille entre ses doigts et continua sa besogne. Namira avait été creusé durant son voyage, et ses belles courbes avaient prit certains airs squelettiques. Ne craignant nullement l'homme qui lui avait gentiment offert les pâtisseries elle lui souriait sans cesse Une fois les gâteaux terminés, elle posa la boite sur le plancher de la calèche et s'installa sur le banc. La jeune femme retira habilement la grande cape qui l'enveloppait puis planta son regard dans celui de son aîné. Pourquoi ne bougeait-il pas? Namira n'avait jamais de regret c'était bien connu, cependant le regard vide de son interlocuteur la troubla, elle s'approcha de lui et posa une main rassurante sur son beau costume. C'est vrai qu'il était élégant. Avec une voix douce et mélodieuse elle lui avoua:

-La calèche est assez grande pour nous deux, je vous paye le voyage pour me faire pardonner d'avoir manger tous vos gâteaux.

Elle posa un baiser sur sa joue, qui n'aurait pas succombé au charme de la belle pirate. Elle l'invita près de lui. Grâce à ses nombreux voyages Namira était devenue plus sociable, même si ses manières se calquaient sur celles de la piraterie, elle savait faire preuve d'un peu plus d'humilité envers les personnes qui l'entouraient. Ses habits cependant laissaient encore entrevoir sa classe sociale, un beau corset et un pantalon large. Ce qui ne lui enlevait rien, mais qui faisait reculer les nobles.Et peut-être que cet homme croyait... Puis tout s'éclaira. Namira comprit soudain son erreur. Elle se retourna face à l'homme. Décidément elle n'avait pas de chance. C'était sa calèche! L'ensorcelante pirate poussa un long soupir, elle allait encore une fois devoir courir dans une capitale pour essayer d'échapper à une bande de gardes. Namira regarda une dernière fois l'homme avec peur, puis attrapa sa cape. Elle sortit par la seconde porte et dans un saut titanesque se retrouva sur le toit de la calèche. L'action s'était passé tellement vite que sa tête tournait. « Parfois tu m'impressionnes ma vielle! » Elle chercha une issue, une femme sur le toit d'une calèche c'était pas très courant. Elle allait vite se faire remarquer.

Un cheval! Elle bénissait sa déesse de veiller sur elle. Au même moment un marchant de cheval passa près de la calèche. Namira sauta sur l'une des bêtes en s'accrochant de justesse à sa crinière. Si seulement elle avait accepté de prendre des cours d'équitation quand elle était enfant! Elle faillit basculer sur le coté au moment ou l'étalon passa au galop. Namira fut la première surprise et poussa un cris de terreur. Les passants se pressèrent pour ne pas se trouver sur la route de l'Ombre. Pour une première fois elle s'en sortait pas mal. Namira fila tout droit dans l'allée, un vol. Elle avait commit deux infractions en moins d'une heure. Une fois sorti de la ville tout ça serait oublié. Alors elle ne se retourna pas, et galopa. Son cheval avait une belle couleur noire. Dans le feu de l'action Namira s'emporta, le belle liberté, elle ria et pencha sa tête en arrière. Au même moment un balcon vint la frapper droit sur le front. Elle fit un magnifique vol plané, pendant que le cheval continua sa course. Namira à peine sonner de son impressionnante cascade se releva en se touchant le front. Elle leva les yeux et constata qu'elle se trouvait dans une petite ruelle vide.

-C'est des nains ces Humains! Pourquoi ils mettent leurs balcons si bas?!

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MessageSujet: Re: Un tour en calèche [Pv *]   Jeu 20 Mai 2010 - 19:16

Se dépêchant autant qu'il le pouvait, tout en prenant soin de ne pas perdre les gâteaux dans sa précipitation, Rhaer ne put retenir un regard noir envers son cocher, qui visiblement, ne comprenait rien à la situation et ne faisait rien pour y remédier. La jeune femme dans la calèche semblait l'attendre, ne doutant de rien, sans la moindre gêne. Elle paraissait même amusée, ce qui attisa un peu plus sa colère :

« Je peux savoir ce que vous faites ? »

Il ne s'agissait pas d'une Humaine, mais plus certainement d'une Ombre. Tout au long de sa vie, Rhaer avait eu affaire à beaucoup de personnes étranges, loufoques voir dépressives, mais jamais, non jamais il n'avait vu ou imaginé une personne aussi malpolie et excentrique. Posant son index sur ses lèvres, elle lui déroba ses précieuses pâtisseries. Rhaer était trop sous le choc, trop étonné pour réagir. Hébété, il se contenta de la regarder savourer son festin, qui semblait des plus délicieux, et s'asseoir sur son banc. Mais où se croyait donc cette drôle de femme aux courbes charmantes et à l'œil masqué ? Y avait-il une réunion de borgne dans le coin à laquelle il n'avait pas été convié ? Ou était-ce une blague de mauvais goûts ?

« Mais vous êtes complètement folle ? ! »

L'inconnue venait de lui déposer un baiser sur la joue après avoir tripotée son costume, ce qui le sortit de sa passivité. La jeune femme ne semblait pas décidée à partir, lui proposant même de venir avec elle... Une idée lui traversa alors l'esprit. Soit elle se moquait de lui, soit elle était assez bête pour prendre sa modeste calèche pour un taxi ? Il arrivait parfois de trouver dans les rues de la capitale, des hommes proposant des services de transports moyennant finances, mais ce genre de voiture était reconnaissable et n'avait rien à voir avec sa petite calèche personnelle. L'Ombre semblait pourtant intelligente pour une roturière, enfin non, il n'en savait rien.

L'ancien Chef des armées n'était pas au bout de ses surprises lorsque l'inconnue, prise soudainement de panique, tenta de s'échapper. Cette fois Rhaer en était certain, cette jeune femme était complètement folle, du genre à passer des larmes aux rires sans raison. Elle venait de sortir par la seconde porte de la calèche pour atterrir lourdement sur le toit dans un bruit d'enfer. Le cocher, qui était resté silencieux, certainement choqué lui aussi, se mit à hurler après l'Ombre pour la faire descendre de son perchoir.

La funambule n'avait pas encore terminé son cirque et poursuivit ses cascades, s'attaquant cette fois à un cheval qui passait par là, accompagné par son propriétaire, un marchand certainement. Ce dernier resta impuissant lui aussi, ne pouvant abandonner le reste de ses bêtes, lorsque la jeune femme s'enfuit au triple galop, sans aucune grâce.


« Dépêchez-vous ! Nous ne pouvons pas la laisser filer ! »

Sortant de sa torpeur, le cocher bondit à l'avant de la calèche, tandis que Rhaer s'engouffrait à l'intérieur. Passant la tête par la fenêtre il s'adressa au marchand.

« Faites le tour en passant par la rue suivante ! Nous allons la prendre en tenaille ! »

Rhaer ne pouvait quand même pas la laisser s'en tirer après le numéro de cirque auquel il avait eu droit. Prendre la calèche pour un taxi passait encore, manger les gâteaux destinés à sa douce Eleade commençait à devenir gênant, mais voler la bête d'un pauvre homme devenait répréhensible !

Le cocher lança les chevaux, s'engouffrant dans la rue empruntée par la jeune femme, tandis que l'autre homme faisait le tour comme le Ministre venait de lui indiquer. Ils n'eurent pas beaucoup à parcourir avant d'apercevoir la jeune Ombre, au sol, après certainement une chute de cheval. Ce dernier avait d'ailleurs disparu et Rhaer espérait de tout coeur que le marchand arriverait à le récupérer de l'autre côté.


« Vous voilà dans une bien triste situation. Savez-vous faire autre chose que des cabrioles, voleuse ? ! J'espère que vous avez de quoi payer les dégâts que vous venez de causer ! »
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Namira
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MessageSujet: Re: Un tour en calèche [Pv *]   Sam 22 Mai 2010 - 19:18

Affronter


Les yeux du monde, qui veillent sur chacun de nous. Tant de choses qui nous échappent et qui finissent dans un silence presque coupable. Donner, sans que personne ne vous le rende. Recommencer, pour que rien ne soit laissé à l'écart. Rester, même si plus rien ne vous retient. Les rêves qui ne vivent que dans nos désirs, réaliser ce qui ne peu plus être possible. Perdre, perdre la chance de se faire une place. Se demander sans cesse ce qu'on fait là, essayait de comprendre même si rien ne s'explique. Avoir peur de tout ce qui pourrait finir par démonter la vie qu'on s'était battit. Les mots ne suffisaient plus, les pleurs ne voulaient plus écouter nos appels. Le vent continuait de souffler dans la petite rue de la cité humaine. Le temps venait de s'arrêter, la journée venait juste de commencer. La rue se chargea de bruits en un seul instant. Namira ne bougea pas. Quelque villageois en colère s'avancèrent vers elle. La belle pirate resta paralysée. Les cris s'envolèrent dans l'air, elle leur faisait juste face, les yeux dans le vague. Ses cheveux dansèrent autour d'elle, le monde avait quitté ses yeux turquoise. Immobile, seul son corps témoignait de sa présence. Les Humains l'avaient si vite retrouvé, à quoi sa servait qu'elle lute. Aujourd'hui elle n'était que son passé.

Un soir dans une maison entre deux montagnes.

-Tu rentres tôt ce soir, tu n'avais pas beaucoup de clients?

Silence.

-Ellon?

-Ellon ne va pas rentrer ce soir.

Une voix grave et dure tonna derrière la jeune brune, elle se retourna en sursaut. Un grand chauve avec une grosse balafre sur le crane lui faisait face. Namira se recula, en essayant d'attraper un couteau. Un rire s'échappa de la gorge du colosse.

- Attrapez-la!

Deux hommes apparurent dans la pièce, la femme enceinte jusqu'aux yeux ne pu les repousser. Elle se mit à paniquer.

-Où est-mon mari?

L'homme se posa sur une chaise.

-Je suis devant toi princesse.

-Où est Ellon!?

L'homme faigna une grimace et se leva. Il attrapa le menton de Namira.

-Tu vas vite l'oublier c'est bien clair?

-Jamais!

L'homme la gifla.

-Tais-toi!

Il se retourna et dans une voix beaucoup plus calme il lui lança.

-Je pourrais t'offrir bonheur et fortune. Depuis que je t'ai vu au marché il y a un mois je ne cesse de penser à toi. Alors j'ai du éliminer tout ce qui me séparait de toi. Tu es la plus belle de toutes, dit moi juste oui et je te comblerai pour...

-Je ne veux pas de vous! Laissez-moi voir Ellon!

-Tu as fait ton choix... Tu me fais très mal... Alors je dois t'enlever quelque chose... Comme tu m'as cruellement enlevé le cœur.

Il se retourna et présenta à Namira un long couteau. Elle ouvrit grand les yeux. L'un des deux hommes lui mit la main devant la bouche pour pas qu'elle ne crie. Le colosse caressa son ventre rond et vivant.

-Bonjour bébé...


Namira se jeta à terre en se tenant le ventre. Elle poussa un cri de douleur comme si elle venait de revivre la scène. Les habitants de la cité s'arrêtèrent net en la regardant surpris de ce que la voleuse venait de faire. Namira se mit à pleurer bruyamment. Elle avait mal. Son corps tremblait tellement fort. La cape autour d'elle décrivait un cercle parfait. Le silence se fit autour d'elle, les hommes et les femmes qui se trouvaient ici furent tellement pris à dépourvu par cette réaction surprenante qu'ils s'en allèrent sans faire un bruit, en ayant que trop de pitié pour la pauvre femme souffrante en laissant le noble et la pirate. Namira se sentait perdue, comme à chaque fois qu'elle repensait à ce qui c'était passé cette nuit. Le vent essayait sans succès de sécher les larmes de la belle. Sa douleur était tellement profonde que jamais elle ne partirait. Namira se releva avec les joues mouillées de sa peine. Elle rabattit sa capuche sur son visage et se retourna face au vieil homme qui lui demandait des comptes. On aurait dit un fantôme qui était damné à jamais sur la terre. Elle se posta devant l'homme dans un silence religieux. Elle fouilla un instant dans son habit et en sortit la petite monnaie qui lui restait. Elle était ruinée. Elle lui tendit les pièces, elle n'avait plus rien à perdre. Elle ne voulait même plus vivre. Son regard se perdit sur les pavés. Dans une voix très faible elle lui avoua:

-Je sais aussi me souvenir. Je ne suis qu'une misérable voleuse c'est vrai. La situation est loin d'être triste, si seulement vous saviez ce qu'est la vraie tristesse. Je m'excuse de tous les dégâts que j'ai causés, voilà mon seul dédommagement. Vous pouvez même me dénoncer à la police je n'ai plus la force de partir de toute façon...

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MessageSujet: Re: Un tour en calèche [Pv *]   Ven 4 Juin 2010 - 17:00

La fougue et la fureur de vivre de la jeune femme semblaient s'être envolées. Certainement humiliée par la situation actuelle, par cette foule qui l'entourait, elle était devenue humble et disciplinée, mais surtout chétive. Rhaer eut de la peine pour elle et regrettait les mots qu'il venait d'employer, bien trop sévères. Comme si les hommes et les femmes s'amusaient à voler pour le plaisir... Cette idée était pourtant bien répandue au sein de la noblesse, qui ne voyait le peuple que comme un parasite inutile, composé d'êtres mauvais et de bons à rien. Les nobles oubliaient souvent que la classe laborieuse n'avait pas choisi cette vie et qu'elle aimerait certainement échanger sa place avec celle des vrais oisifs. On ne devenait pas prolétaire, mendiant par plaisir... ils n'avaient simplement pas le choix.

Rhaer ne se reconnaissait pas... Il semblait approuver ces comportements élitistes de la majorité de son entourage... Lui qui était toujours le premier à défendre la veuve et l'orphelin. On lui reprochait souvent de se laisser trop facilement attendrir... C'était vrai, il devait l'avouer, mais la situation actuelle, le visage grave de la jeune femme n'était pas feint. Pour une fois, il avait une bonne raison d'être attendri.

Sortant de la calèche, il s'approcha de l'Ombre, dissuadant les quelques humains bagarreurs présents de vouloir la lyncher pour son acte. Rhaer savait pertinemment qu'il n'effrayait personne, mais s'attaquer à un ministre était très mal perçu et s'avérait beaucoup plus grave que le vol d'un cheval. L'appellation « ministre des finances » n'était pourtant pas écrite sur son visage, mais visiblement, des humains ici présents étaient assez instruits et intéressés par les affaires du Royaume pour le reconnaître. D'autant plus qu'à une certaine époque, il était le Chef des armées... N'est-ce pas ?


Se relevant et cachant, tant bien que mal, son visage dans sa capuche, elle se tourna vers lui, fouillant dans ses poches pour lui donner une somme ridicule en petite monnaie. Il eut un sourire discret lorsqu'elle lui parla de la vraie tristesse, avant de reprendre son air sévère...

« Vous croyez que je n'ai que cela à faire ? Attendre que l'on vous jette dans une cellule lugubre pour me divertir ? Remballer votre monnaie vous ne pouvez même pas vous acheter du pain avec cela... »

La foule était retournée à ses occupations, même si quelques curieux étaient restés dans les parages pour assister à la suite de l'entrevue. La venue du marchand de chevaux, accompagné du fameux destrier volé, rassura le ministre, tout était bien qui finissait bien. Le pauvre marchand visiblement soulagé se contenta de passer en silence, saluant Rhaer d'un signe de tête, qu'il lui rendit. Finalement, l'atmosphère était à la clémence aujourd'hui.


« On dirait que le mal est réparé, vous ne devez plus rien à personne... »

Soupirant lorsqu'une voiture au cocher, visiblement pressé, déboula dans la rue et tomba nez à nez avec la calèche du ministre arrêtée au beau milieu du passage, Rhaer n'eut pas d'autre choix que de remonter à bord et de lever l'ancre s'il ne voulait pas s'amuser, une fois encore, à entrer dans des discussions interminables.

La jeune femme n'avait pas bougé, le regard toujours perdu au milieu des pavés. A quoi pensait-elle ? A sa place le ministre serait certainement déjà parti, trop heureux de s'en tirer sans problème. Mais pour aller où ? Si cette jeune femme avait pris sa calèche pour un taxi, c'était qu'elle avait besoin de se déplacer rapidement quelque part et fauchée comme elle l'était, aucun taxi n'acceptera de la prendre.


« Vous voulez que je vous dépose ? Comme ça je pourrai vous expliquer que la vraie tristesse peut prendre des formes bien différentes d'une personne à l'autre ! »

Que sa réponse soit positive ou négative, Rhaer s'en fichait. Il venait d'accomplir sa bonne action de la journée.


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Namira
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MessageSujet: Re: Un tour en calèche [Pv *]   Lun 6 Sep 2010 - 12:07

Je te vois


Connaitre, c’est un verbe que personne ne sait vraiment utiliser. C’est un mot qu’on ne peut emprisonner juste derrière quelques questions, connaitre c’est d’abord attendre. Connaitre c’est apprendre à pleurer, à rire, c’est accepter. Connaitre, ne connait pas de définition. Parce que si tout avait un sens, alors la vie serrait simple et on s’y ennuierait. Juste, j’avais vu juste, quand je disais que le bonheur n’existé pas, quand je disais que comme les fleurs, tout à la fin périra. Alors pourquoi être faux ? Pourquoi vouloir tendre la main pour mieux être poussé dans le vide ? Je ne suis qu’une marionnette dans les fils de la vie, et qu’on m’empêche chaque jour d’en finir ici. Mais, que mes mots sont durs. Etre, seulement être ce qu’on veut de vous. Parce que l’image d’un Homme se reflète toujours dans le regard d’un inconnu. Et c’est là, où l’on revient au commencement, il faut connaitre, juste apprendre à se connaitre soit même.

Namira leva les yeux au ciel, y avait-il un Dieu ? Un Dieu qui puisse juger du bon ou du mauvais. Un Dieu qui puisse punir tous ceux qui le défient. « Je ne suis qu’une femme. » Le vieil homme n’avait pas hésité à la punir puis à la sauver, était-il un Dieu ? Ou simplement un homme qui perdait toute la raison ? La pirate ne faisait jamais confiance à personne, surtout pas à des gens lunatiques et versatiles, elle était prudente. Son unique œil se posa dans ceux de l’Humain. Il avait pitié d’elle. Un sourire naquit sur ses belles lèvres, la pauvre femme fragile avait disparu en l’espace d’un instant. Namira avait besoin de vivre, elle avait besoin de mourir à chaque fois que son souffle sortait de ses poumons, elle voulait que la vie ne la déçoive jamais et qu’elle puisse crier sur chaque toits le nom de sa liberté. Sans plus attendre, car l’autre chauffeur de calèche s’impatientait, elle sauta dans la calèche.

Le dossier en bois claqua dans son dos, elle était assise face à l’homme. Elle enleva sa capuche pour qu’il puisse bien voir son beau visage, Namira était de celles qui étaient belles au naturel. S’encombrer de maquillage, de belle plume, de magnifique vêtements n’entraient pas dans ses priorité, la beauté est celle que l’on attribut par son cœur. Elle pouvait avoir un œil en moins, cela ne l’empêcher pas de voir ce qu’un être peut valoir à la couleur de son cœur. La vie peut parfois mener à des conclusions trop hâtives, on peut sans doute se tromper en qualifiant une personne, il faut juste apprendre à se connaitre. Namira s’étira de tout son long, elle était fatiguée. Sa faisait plusieurs jours qu’elle voyageait, plusieurs jours qu’elle ne mangeait presque plus. A la guerre comme à la guerre. La calèche s’engagea dans une petite ruelle, plus petite que la première. Elle n’avait pas donné de direction à l’homme, le vent les portera.

L’Ombre s’approcha de l’homme et le regarda, comme pour chercher quelque chose qui ne se voit pas à l’œil nu. Elle n’avait pas répondu à ses questions, elle avait juste obéit en montant dans la calèche. Les secondes filaient comme le sable sur une dune, Namira ressentit quelque chose. Un espoir, peut-être même un sourire, une lueur nouvelle. Toutes les rencontres étaient différentes et cet homme n’échappait pas à la règle. Cependant, il paraissait plus différent. Namira avait fait un détour par la capitale Humaine juste pour rejoindre l’équipage. L’équipage qui lui manquait terriblement. Cet Homme n’avait rien d’un Humain ordinaire, il avait une aura. Namira posa une main sur le genou de l’humain, elle était tactile et avait besoin de toucher avant de parler. Les gestes étaient ce qui lui importait les plus, mais celui là, pouvait être interprété avec maladresse, elle espérait qu’il pourrait la comprendre. Avec un sourire et une voix calme, elle se décida enfin à parler :

-Je vais là ou mon cœur me dit d’aller.

Elle inspira profondément, pour pouvoir parler encore plus lentement :

-La vraie douleur est différente à travers chaque regard.

Namira savait pourquoi elle était montée dans la calèche avec cet Homme, elle monta sa main jusqu’à la poitrine de son sauveur et le regarda droit dans les yeux, il avait le regard pronfond, une pronfondeur perdue et solitaire :

-Mais je me demande pourquoi votre cœur d’Homme est autant remplit de douleur ?

Namira s’était arrêtée à quelque centimètre du visage de l’inconnu, elle pouvait sentir sa respiration sur ses lèvres. Elle voulait connaitre, elle voulait le connaitre.

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Un tour en calèche [Pv *]

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