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 Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]

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Elea Faldor
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MessageSujet: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Jeu 10 Juin 2010 - 18:26

Quatorzième semaine,
Deuxième jour, avant l’aube.



L’amazone éclata d’un rire franc. Elle dévala la colline comme une vague sur un lit de sable, prise dans l’élan et la passion de sa monture. Mais malheureusement, dans l’ivresse de leur course, ni la femme ni l’animal ne s’attendirent à finir engloutis dans l’eau jusqu’à la taille. Un petit lac se trouvait en bas. Elea ne put s’empêcher de rire encore et s’empourpra de rouge en se retournant, voyant son amie, qui elle, avait pu s’arrêter avant de tomber piteusement à l’eau. Si ses oreilles n’avaient pas été momentanément bouchées par l’eau, elle aurait pu distinguer le rire moqueur d’Idril. Elle se réjouit de ne pouvoir entendre que l’écho du son, couvrant le reste des bruits par son propre enjouement. Finalement, Elea parvint à se calmer et à reprendre ses esprits, elle se laissa couler sur le dos dans le lac limpide tandis que son cheval sortait rapidement de l’eau en se secouant dans tout les sens. Heureusement que l’amazone avait l’habitude des climats froids, car l’eau était proprement glaciale. Elle ne tarda d’ailleurs pas à en sortir, transie et amusée à la fois. Elle échangea un sourire avec son amie avant de laisser tomber tout son poids dans l’herbe humide. Le soleil ne s’était pas encore levé à l’est du continent, et le temps de ces derniers jours était celui de l’hiver, griffu et venteux. Une épaisse fumée blanche s’échappait des lèvres de l’amazone alors qu’elle reprenait son souffle.

- Tu ne voudrais pas descendre un moment ? Alzan ne prendra pas froid.

Répliqua t-elle dans l’éclaircie d’un nouveau sourire. Depuis plus d’une heure, les deux jeunes femmes parcouraient les plaines de Fazor à vive allure, sur le dos de leurs montures blanches, alternant entre conversations concernant l’empire et de petites compétitions de rapidité. En ces temps préoccupants, les moments de divertissement étaient rares, et rien ne valait plus qu'une sortie chaleureuse entre deux anciennes amies. Elea Faldor le savait. Depuis des années, elle cultivait cette amitié avec la reine, née de joies d’enfance et de plus récentes douleurs. De confiance et confidences aussi, sans doute. De nombreuses nobles choses avaient contribué à rassembler ces deux amazones ce soir, sous le même ciel. Le matin n’était pas encore là, l’empire de l’hiver donnait du retard à la lumière du jour depuis des semaines. Ainsi la nuit continuait de s’étendre dans le ciel malgrès l’heure avancée, et les étoiles la suivaient sans un mot, comme amoureuses de l’obscurité des cieux. Etendue dans l’herbe verte, Elea eut un court moment de nostalgie à la vue des milliers de petits flocons qui restaient accrochés à la voûte, incapable de la quitter.

- Les flocons, ces étoiles qui tombent car le ciel n’a pas su les aimer en retour…

Murmura l’amazone entre ses dents, le visage paré d’un sourire à la sincérité brillante. Lorsqu’Elea sentit la présence d’Idril à ses côtés, elle resta un moment silencieuse, juste un court instant durant lequel elle se remémora les paroles exactes du mythe qu’on lui avait chuchoté à l’oreille.

- Ma mère me racontait toujours d’étranges légendes comme celle-là, elle mettait de la beauté dans tout ce qu’elle voyait. Au risque de paraître enfantine, est-ce que ta mère te murmurait aussi des histoires à l’oreille, quand tu étais encore trop jeune pour comprendre comment un adulte peut voir le monde ?
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Ven 11 Juin 2010 - 14:08

Un vent glacial venu du nord soufflait sans relâche sur les plaines encore obscurcies du royaume amazone, mordant avec vigueur les parcelles de peau de la cavalière, restées à nues, décoiffant et soulevant sa chevelure dorée laissée libre. Le martellement des sabots sur le sol humide accompagnait les rires complices dont la nuit était la seule observatrice. Et en contrebas d’une vallée, où dormait un lac aux eaux noires, deux jeunes femmes s’offraient à la quiétude du petit matin.

Un sourire en coin dessiné sur les lèvres, la souveraine amazone qui avait troqué ses apparats royaux contre une tenue souple de cavalière, descendit de sa fidèle monture, pour rejoindre celle qui l’attendait, trempée jusqu’à l’os et allongée dans l’herbe humide ; son amie de longue date, la commandante des armées. Les sorties comme celles-ci étaient devenues rares, les positions et devoirs de chacune les accaparant la majeure partie du temps. Elea était à la tête du corpus militaire depuis quelques temps déjà, et la récente ascension d’Idril sur le trône n’avait fait qu’amplifier un phénomène déjà constaté auparavant. Mais l’une comme l’autre, elles avaient eu besoin d’échapper à leur quotidien morose et au poids de leurs obligations pour se retrouver et s’apaiser mutuellement. Cette escapade nocturne était inespérée pour la jeune souveraine, qui avait de plus en plus de difficultés à faire face à ses responsabilités, à surmonter ses peurs et son chagrin. Elle avait accueilli la proposition de son amie avec un enthousiasme rare, consciente que loin des regards indiscrets, elle pourrait enfin être elle-même, et non plus celle qui portait la couronne. Car de plus en plus, la jeune femme sentait un gouffre se construire entre ses aspirations, ses désirs et ses desseins, et les attentes de son entourage, ce qui lui causait beaucoup de tourment.

Pieds à terre, l’amazone prit le soin de prendre une couverture et de l’amener à sa commandante. Elle ne doutait pas de sa capacité à endurer le climat, mais à présent mouillée comme elle l’était, mieux valait éviter d’attraper froid. Elle s’installa à son tour dans l’herbe, un sourire peint sur le visage – chose assez rare depuis quelques temps pour être soulignée – et les jambes croisées en tailleur. La nuit était calme et Idril observa les alentours avec une dévotion certaine. Tout cela appartenait à son peuple et elle devait protéger le royaume des siens. La voix presque mélancolique de son amie vint chasser le silence, tandis qu’Idril la contemplait avec admiration. Elea avait toujours été un peu la sœur de cœur de la jeune femme, et malgré leurs différences d’âges, elles avaient toujours été en bons termes. Idril savait qu’elle pouvait se confier à elle, et réciproquement.

A la question de son amie, la souveraine leva les yeux au ciel, pensive, comme si elle avait pu obtenir un signe de la part de sa mère. Ardentia avait toujours été présente dans sa vie et active dans son éducation. Elle avait été aimante, et peu importait son statut, elle s’était toujours occupée de sa fille.

« Mère aussi adorait me narrer des histoires, c’est peut être pour ça qu’elles s’entendaient si bien. Elle avait une vision idyllique du monde et était persuadée que chaque personne avait sa part de beauté. Petite, je ne comprenais pas toujours ses enseignements mais aujourd’hui, je réalise à quel point elle était généreuse et bienveillante. Et cela, au-delà même de mon regard d’enfant.


La voix de la jeune femme était emplie d’une fierté mélancolique. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, et enserra ses jambes de ses bras.

- C’était une grande reine… »


Elle resta muette quelques instants, repensant à la chaleur de son sourire, à la justesse de son jugement, à la tendresse qu’elle mettait dans ses paroles … Comment pouvait-on tuer quelqu’un d’aussi bienfaisant ? Quelques temps auparavant, une larme amère aurait coulé sur la joue rougie par le froid de la souveraine. Aujourd’hui, elle parvenait à parler de sa mère sans pleurer, mais sa gorge restait inlassablement nouée à son évocation. Elle appuya sa joue droite contre ses genoux, et regarda avec attention son amie.

« Il n’y a pas un jour où je me lève sans penser à elle. Il n’y a pas une nuit où je me couche sans penser à elle. Est-ce que le temps parvient à guérir les blessures de la perte ? Est-ce que tu penses encore souvent à ta mère ? »

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Elea Faldor
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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Dim 13 Juin 2010 - 21:25

Elea resserra un peu plus la couverture que son amie lui avait passé autour des épaules. Le froid vivifiant du matin mordait d’autant plus avec le jour qui s’annonçait lentement dans le ciel. Peu à peu, les étoiles disparaissaient de la gigantesque toile noire, et celle-ci devenait plus claire… Lorsque la guerrière entendit les premières paroles d’Idril, elle ne tarda pas à regretter la franchise de sa question. Elle avait toujours tendance à parler de la reine Ardentia sans prendre garde aux conséquences. Elle en parlait à ses soldats comme d’un modèle, à ses proches comme d’une ancienne bienfaitrice… Et lorsqu’elle en parlait à Idril, elle avait toujours un pincement au cœur semblable à celui qu’elle avait maintes fois ressenti elle-même, les premiers mois suivant la disparition de sa mère. Ce pincement était celui d’Idril. L’amazone pencha la tête sur le côté afin de regarder son amie. Toujours ce même regard inexpressif depuis des semaines, toujours le même…

Sa mère… une perte si récente, bien sûr…

- Une grande reine, Idril…

Chuchota doucement Elea en ne cessant de regarder sa camarade. C’était presque l’ancienne reine qu’elle voyait là, juste à côté… Avec quelque chose de changé. Un vide au fond des yeux, une perdition saisissante, un mal qui ronge le cœur… Quelle amazone pouvait être plus blessée qu’Idril dans le royaume tout entier ? Aucune, Elea en aurait juré.

Elle eut un sourire douloureux à la dernière question de son amie et reprit son souffle avant de commencer.

- Je pense à elle chaque jour et chaque nuit, tout comme toi. Cela fait déjà quelques mois qu’elle est partie s’attabler avec les dieux, et je le sens bien… Plus le temps passe, plus la douleur se transforme en force, une puissance qui m’anime et renforce mon esprit. Aujourd’hui je ne pense plus à elle avec cette souffrance déchirante qui te saisit le cœur et le bas-ventre jusqu’à te rendre fou. Non. Aujourd’hui c’est avec une infinie tendresse, et la tristesse par-dessous, à l’abri de la tempête qui criait d’abord en moi.

Elle marqua un temps de pause. Elea n’avait rien à voir avec la reine Idril lorsqu’elle parlait de sa mère. Elle en discutait de manière posée et douce là où son amie cachait une vague de colère noire derrière un masque de droiture et de dureté. Mais la situation était certes différente. Ardentia avait disparue dans la nature, elle… Sans aucune trace hormis la promesse d’une guerre sans pitié pesant sur les épaules de sa fille. Une bien cruelle situation qu’Elea à sa place aurait eut autant de mal à supporter. Contrairement à sa mère, morte de plein gré pour sa patrie, Ardentia n’avait pas choisi de mourir. Elle ne s’y était d’ailleurs sans doute même pas attendu…

- C’était un acte injuste du destin… Et c’est toi qui le subi à l’instar de ta mère.

L’amazone savait qu’Idril saurait parfaitement reconnaître de quoi elle parlait.

- Un jour on m’a dit qu’on se défaisait du passé en le comprenant. Ce n’est qu’à la mort de ma mère que j’ai compris ce qu’on avait voulu m’expliquer. Tant que tu ne sauras pas ce qui est arrivé lorsque les Sept se sont réunis, tu ne pourras pas chasser cette colère qui gronde en toi. Le plus cruel c’est de n’avoir d’autre choix que de la cacher aux yeux des autres…

Le temps apaisera tes douleurs, oui, j'en suis sûre… Mais seulement quand tu connaîtras l’histoire entière...


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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Ven 18 Juin 2010 - 21:26

Les paroles de son amie apaisèrent la souveraine dont le regard s’était perdu. Elea était l’une des seules à partager, et donc à comprendre la peine qui lui enserrait le cœur. Comme si le Destin avait décidé de préparer la jeune femme à réconforter sa reine en lui ôtant sa propre mère quelques mois auparavant. La générale avait vécu ce que vivait Idril, même si les circonstances étaient plus tragiques pour la plus jeune des deux amazones. Et c’était pourquoi la souveraine était plus encline à l’écouter, elle plutôt qu’une autre, outre son amitié pour la générale. Elea avait l’expérience douloureuse de la perte et savait trouver les mots justes pour rassurer son amie, pour que celle-ci écoute les conseils qu’elle pouvait lui donner. D’ordinaire, Idril n’aimait pas les paroles creuses proférées pour réconforter ceux qui portaient le deuil d’un être aimé. Qui pouvait comprendre ce qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même, si ce n’était quelqu’un qui avait traversé les mêmes épreuves ? Parfois, la colère annihilait sa raison, et surpassait son chagrin, à tel point qu’elle ne se reconnaissait plus.

« Il me tarde de trouver l’apaisement que tu as connu, de parvenir à me détacher des liens que forme mon chagrin autour de mes poignets. J’aimerais enfin connaître cette force que l’âme disparue apporte et pouvoir puiser en elle pour réaliser de grandes choses. Mais mes émotions me gouvernent à l’heure qu’il est. »

Les deux jeunes filles restèrent silencieuses quelques instants, durant lesquels Idril lança un coup d’œil vers le ciel, pour observer les couleurs surréalistes du jour qui se lève. La commandante des armées reprit la parole, pour partager un proverbe qu’on lui avait enseigné par le passé. Le regard émeraude de la souveraine se voila légèrement. Pouvait-elle réellement espérer comprendre ce qu’il s’était passé ce jour là ? Connaîtrait-elle un jour la vérité ? Même si la folie du Seigneur Nordique était arrêtée, pourrait-on expliquer son crime ? La jeune femme en doutait sérieusement. Son passé aliénait son présent et son avenir, sans qu’elle puisse maîtriser sa destinée. Elle s’allongea dans l’herbe, les bras croisés en dessous de la tête et les yeux toujours rivés vers le ciel. Son air semblait résigné, là où autrefois il aurait été animé par la colère.

« J’ignore si nous pourrons comprendre un jour la tragédie qui s’est abattue sur nous. Il me semble qu’on ne peut jamais vraiment expliquer la folie meurtrière des Hommes. Et c’est par elle que ma mère est morte. Je m’évertue à accepter cet état de fait, peut être pour me préserver, car je ne veux pas me perdre dans l’illusoire quête de la vérité. J’ai trop peur de ce que je pourrais découvrir. Ou de ne pas découvrir.

Elle se tut un court instant, et reporta son attention sur son amie.

- Je préfère me consacrer à la déchéance du Parjure. Cela me donne au moins l’impression de pouvoir influencer le cours des choses. Mais à quel prix ? »

Lutter contre la tyrannie d’Ardiosis Bennefoy ne lui rendrait pas sa mère, mais pouvait-elle faire autrement ? Il fallait qu’il paye pour le crime qu’il avait commis. C’était ce qui paraissait le plus juste, car pouvait-on encore obéir à un Seigneur Nordique qui avait bafoué les droits fondamentaux ? Mais combien de personnes mouraient encore à cause de lui ? Combien de fils et de filles perdraient leurs parents, tout comme elle avait perdu sa mère ? Y penser lui donnait le vertige et la nausée. Elle n’était pas prête à assumer tout cela, mais elle avait au moins le soutien de personnes de confiance. Elle repensa alors soudainement à son entretien de la veille, avec le capitaine Aneldor et se demanda ce qu’en penserait sa confidente. Elle roula sur le côté, un coude dans l’herbe pour venir soutenir sa tête avec le plat de la main, tout en observant sa camarade.

« Que penses-tu du Capitaine Nathaniel Aneldor ? Est-ce que tu le connais bien ? »

Depuis son entrevue avec le jeune homme, elle n’avait pas cessé de penser à lui. Son attitude protectrice et apaisante l’avait désarçonnée, au point qu’elle voulait en apprendre davantage sur lui. Il était sous le commandement d’Eléa, et la jeune femme se demandait si cette dernière avait le loisir de le côtoyer assez pour lui apporter quelques éléments de réponses aux questions qu’elle se posait.

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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Lun 12 Juil 2010 - 12:42


Elea regardait le ciel en écoutant son amie, plongeant peu à peu dans la nostalgie de ses paroles. Elle se souvint du visage d’Ardentia, l’ancienne reine, une femme digne et au moins aussi chère qu’une tante à ses yeux. Elle se souvint du jour où l’émissaire était venu annoncer la disparition des souverains. Elle se souvint des cris désespérés, du souffle court, des yeux dont les lueurs s’étaient éteintes… Ces souvenirs lui arrachèrent le sourire paisible qui reposait sur ses lèvres. A l’image d’Idril, la haine que l’amazone concevait pour le Parjure était tout aussi vive. Pas seulement parce qu’il avait prit la vie de la grande reine, mais pour tout ce que cela impliquait. Une insulte à la face meurtrie des amazones, et par-dessus tout, une déclaration de guerre à venir. Elea se demanda quand cela allait réellement débuter, quand est ce que les amazones prouveraient leur loyauté et leur fureur vengeresse aux peuples qui se rangeaient du mauvais côté. Quant à cet homme, Ardiosis Bennefoy, il n’était que justice qu’il finisse empalé sur une lance en exemple. Comment avait-il pu s’y prendre pour faire disparaître tout les souverains… Tous, sans exception ? Tous ces morts pour le pouvoir, quel gâchis amer. La folie des Hommes… comment pouvait-elle aller si loin…

- Le prix sera lourd, mais il se doit sans doute de l’être pour quelque chose d’aussi profond que la vérité. Quoi qu'il en soit, ce n’est pas parce qu’il l’est que nous ne le paierons pas, nous, Amazones. Je prie les dieux pour que les dés du destin nous épaulent, mais ce combat est désormais le nôtre avant d’être celui du ciel.

La reine Idril tourna finalement les yeux vers sa confidente, l’air profondément triste. Lorsqu’elle roula sur le côté pour parler soudainement d’autre chose, la commandante y vit pour elle un désir de quitter le monde de la guerre et de la vengeance un moment. Elea haussa un sourcil interrogateur en entendant la question. Nathaniel Aneldor ? Pourquoi Idril posait-elle cette question ? Sans parvenir à se défaire de son air surpris, l’amazone répondit sans grande conviction :

- Eh bien… Nathaniel est un garçon très discret, il faut l’avouer. Il ne parle pas beaucoup mais son assiduité m’a poussée à le nommer capitaine, il y a quelques temps. Sans compter le respect incroyable qu’il voue à la mémoire d’Ardentia… Je sens qu’il est capable de grandes choses, c’est un homme… pour le moins méritant. Quel dommage qu’autant de rumeurs malfamées courent sur lui, surtout depuis sa nomination. Mais tu sais ce qu’on dit, les hauts gradés sont les premières victimes des langues de vipères. Tu n’imagines pas tout ce qui circule sur moi, sur les ministres ou les capitaines…

Elea osa un sourire amusé. Même si les amazones irrespectueux et friands de ragots étaient rares, comme dans toute société, ils en existaient malgré tout. La mauvaise herbe ne s’arrache pas facilement, et il est toujours plus amusant de discréditer ceux qui ont le plus à perdre quand on est de ce bord là.

- Pourquoi me poser cette question ? Tu as eu l’occasion de le rencontrer ? En tout cas… si tu as réussis à le faire parler en continu sans l’assommer de questions, je suis toute ouïe…


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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Mer 14 Juil 2010 - 21:07

Les propos de la générale vinrent conclure la discussion, tandis que les mots s’imprégnaient dans l’esprit de la souveraine tourmentée. Ce combat était le leur, avant d’être celui du Ciel, et elles seraient celles qui mèneraient le peuple cavalier à combattre pour l’honneur, pour faire payer le crime des Hommes, et de ceux qui les soutenaient. Les dés avaient été jeté depuis longtemps et il n’était plus question de reculer à présent. Idril était de toute façon bien décidée à faire valoir l’opinion des siens. Et elle n’était pas la seule.

La jeune femme roula sur le côté, un coude dans l’herbe pour venir soutenir sa tête avec le plat de la main, tout en observant sa confidente. L’envie profonde de changer de discussion était accompagnée par le désir sincère d’en apprendre davantage sur celui qui s’était présenté à elle la veille, pour formuler des vœux de soutien et d’allégeance à son égard. Aussi, elle n’hésita pas à poser la question qui lui brûlait les lèvres et elle put constater que son interrogation désarçonna celle qui l’écoutait. Elea ne s’était visiblement pas attendue à un revirement aussi abrupt, pas plus qu’à la demande qui l’avait accompagné. Il lui fallut un certain temps pour se défaire de son air surpris, ainsi que pour réengager la conversation avec fluidité. La jeune souveraine écouta avec attention le portrait dépeint par son amie et sa perplexité ne décrut pas pour autant, au contraire. Le soldat que côtoyait Elea semblait quelque peu différent de celui que la jeune femme avait rencontré, malgré des similitudes plaisantes. Cette rencontre ne cessait de revenir à l’esprit de la reine et elle ne savait pas vraiment quoi en conclure. Elle s’était sentie soutenue et épaulée, ce qui lui avait redonné confiance en son rang et son titre, mais elle avait pressenti que le comportement du capitaine n’était pas anodin. Quelque chose lui échappait et elle aurait aimé découvrir quoi.

Elle ne put que partager le sourire amusé de sa compagne, quand celle-ci évoqua les rumeurs qui circulaient à la cour. Et elle savait parfaitement de quoi pouvait bien parler Elea, car elle était elle-même sujette à bons nombres de ragots. Le dernier en date devait sûrement parler de son futur mariage avec le noble humain, Arvaël Al’Nyr. A cette pensée, la jeune fille réprima un rire. Elle était bien loin de ces mondanités et bien trop occupée pour penser à un éventuel mariage. Et avec qui après tout ? Les courtisans ne manquaient pas, mais aucun n’avait jamais attiré l’attention de la reine, à leur grand désespoir. Les seuls hommes qui auraient pu prétendre avoir une place dans son cœur étaient inaccessibles… alors, un mariage ! Idril n’eut pas le temps de s’attarder sur cette pensée, car c’était au tour de son amie de poser les questions et elles étaient légitimes. Pourquoi la jeune femme s’intéressait-elle à Nathaniel Aneldor subitement ? Le savait-elle d’ailleurs ?

Elle roula à nouveau sur le côté, pour reprendre sa position allongée, les bras croisés sous la tête et les yeux rivés sur les étoiles qui fuyaient le ciel du petit matin. Elle resta quelques secondes pensive, reformulant la question de son amie mentalement. Elle ne pouvait pas lui cacher son intérêt pour son subordonné, pas après lui avoir demandé son avis sur sa personne. Mais au moment de répondre, elle se sentit ridicule et troublée, si bien que ses joues rosirent doucement. Elle mit encore quelques secondes avant de reprendre la parole.

« Tu as parfaitement raison, je l’ai rencontré hier. Du moins, pour être exacte, je devrais plutôt dire qu’il est venu me rencontrer hier.

Elle hésita un instant, sans cesser de fixer le ciel qui s’étendait sous ses yeux.

- Il souhaitait s’enquérir de mon état de santé, ainsi que m’assurer de sa loyauté et son amitié. Je dois t’avouer que sa venue m’a grandement troublé, ainsi que la confession de son attachement. Je le connaissais de vue, lui avais peut être parlé vaguement du temps où j’officiais comme capitaine, mais jamais assez pour me lier à lui. Il semblait vraiment vouloir s’assurer que j’allais bien, ainsi que me montrer que beaucoup me soutenaient, même si c’était parfois dans l’ombre. Je crois que c’est en raison des tensions qui règnent à la cour ces temps-ci…

Elle marqua une pause pour reprendre son souffle, puis demanda d’une voix étouffée :

- Qu’en penses-tu ? N’est-ce pas surprenant ? »




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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Lun 16 Aoû 2010 - 14:34

Spoiler:
 

Il y avait cette lueur de curiosité dans les yeux d’Idril qui laissait Elea perplexe. Pourquoi était-elle soudainement si intéressée par le capitaine Aneldor ? Elea ne pouvait pas se vanter de le connaître, et elle se demandait en quelle occasion il avait eut l’occasion de rencontrer son amie. D’ailleurs celle-ci semblait captivée d’écouter la générale dire le peu qu’elle savait. Lorsque l’amazone s’arrêta pour poser la question légitime du pourquoi de cette demande surprenante à sa supérieure, Idril s’allongea dans l’herbe, sans doute le temps de formuler la réponse dans sa tête. Hésitait-elle à révéler le pourquoi de son intérêt pour Nathaniel ? Etait-elle gênée de parler de sujets personnels à Elea ? Depuis des années, et peut-être plus depuis que l’amazone avait son rang de chef des armées, les deux femmes avaient cessé de parler de « futilités ». Quand elles étaient plus jeunes en revanche, peut-être plus épanouies et plus innocentes, elles adoraient parler de tout un tas de choses qui ne trouvaient maintenant plus de place dans les Plaines de Fazor, dont les landes commençaient déjà à s’obscurcir sous la menace des autres peuples. Ce genre de conversations sans conséquence avait déserté le quotidien des deux amies, animées par la furie de la guerre, le temps n’était plus aux réjouissances qu’elles avaient pu connaître à l’époque où leurs mères étaient encore de ce monde. Tout était plus simple quand l’ordre des Sept compagnons était encore vivant et veillait sur la prospérité des différents peuples du continent. Bien qu’étant surprise par la manière dont Idril avait introduit la discussion, Elea voulait profiter de ce moment d’accalmie et savourer ce moment avec celle en qui elle avait toute confiance.

Lorsqu’Idril se mit à rougir, Elea peina à refreiner un rire ; elle l’échangea contre un sourire bienveillant tout en écoutant son amie.

- Surprenant, ça l’est ! Surtout venant d’un amazone comme lui. Pour être honnête, je n’ai jamais remarqué qu’il te portait l’intérêt que tu viens de décrire, sa discrétion à dû permettre de mettre dans l’ombre les sentiments qu’il t’a confié. En tout cas, il a l’air de t’avoir réconfortée, ou tout du moins rassurée si j’en juge par le ton de ta conversation… Je me trompe ? C’est bon pour un chef de savoir qu’on le soutient, et j’ai comme l’impression que ça t’a troublée autant que prodigué de bien. C’est l’essentiel pour l’instant.

Elea se redressa un moment, contemplant la surface calme du lac. Alzan et Loup, leurs chevaux, étaient tranquillement installés dans l’herbe non loin des deux amazones, à rêvasser silencieusement.

- Par contre... Je dois admettre avoir entendu des rumeurs sur Aneldor qui te concernent. Rien de bien méchant, des affirmations sans queue ni tête qui se répandent plus vite encore que la vermine. Je n'y avais pas prêté attention jusque là, on sait tous jusqu'où peut aller le mensonge des rumeurs...

Se retournant vers sa confidente, Elea se risqua à poser la question qui lui trottait maintenant dans la tête.

- Tu aimerais le revoir ?

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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Ven 20 Aoû 2010 - 15:15

Spoiler:
 

Toujours allongée, les bras croisés sous la nuque, la jeune souveraine écoutait les paroles de sa compagne, autant que le vent qui se levait doucement, autant que le raclement des sabots de leurs montures, autant que le bruissement des eaux du lac… Tout était tranquille, à l’aube de cette nouvelle journée et l’espace de cette escapade, elle n’était plus celle qui portait la couronne. Elle se sentait loin des mondanités de la cour et des responsabilités du trône, profitant seulement de ce qui lui était donné au petit matin, ayant pour seul ravissement la compagnie de son amie de longue date. Elle était sereine et apaisée, comme si elle n’avait jamais eu à porter le fardeau qui était le sien. Elle ferma les yeux, transportée ailleurs, bercée par le timbre de voix de la commandante des armées… Elle savourait l’instant de repos qui lui était donné, un sourire paisible peint sur les lèvres. Mais la dernière question de sa confidente l’obligea à rouvrir les yeux, pour se trouver face à une nouvelle réalité. Son sourire s’affaissa et une mine pensive le remplaça.

Souhaitait-elle le revoir ? Assurément, elle lui avait même déjà accordé un autre entretien, sans que le capitaine n’ait eu à le demander. Mais l’interrogation de la demi-druide n’était pas anodine et semblait sous-entendre davantage, s’interrogeant sur la complexité de la relation nouvelle et sur son étrangeté. Sur son évolution future, qui plus est. Idril perçut l’intérêt, plus que la curiosité, qui se cachait derrière cette interrogation. Il était rare qu’elle accorde sa confiance et son amitié de prime abord, et peu nombreuses étaient les personnes qui pouvaient se targuer d’être proches de la jeune reine. Il était donc surprenant de constater son intérêt pour un jeune homme qu’elle venait à peine de rencontrer ; elle en était elle-même consciente et ne parvenait pas à comprendre son comportement à l’égard du soldat. Elle se sentait attirée par lui, d’une manière inexplicable. Il semblait avoir des secrets inavouables, qu’elle seule pourrait percer. C’était sans doute idiot, mais elle ne parvenait pas à se raisonner. Elle voulait passer du temps avec lui, c’était un fait dont il faudrait s’accommoder. Lorsque Elea posa son regard sur elle, la jeune femme ne put s’empêcher de rougir à nouveau, consciente de sa gêne, et de détourner le regard vers les cieux. Elle resta silencieuse quelques secondes, puis se décida à reporter son attention sur sa confidente, afin de lui répondre en tout sincérité.

« Oui, je crois que cela me plairait…

Embarrassée par cette révélation, elle se tut encore quelques instants, avant d’imiter son amie et de se redresser. Elle enserra ses jambes de ses bras et posa son menton sur ses genoux, mal à l’aise. Ce n’était pas de s’ouvrir à Elea qui en était la cause, mais de constater sa gêne. Cela était mauvais signe, elle qui d’ordinaire était si assurée, pleine de confiance ! Elle se sentait hésitante et perturbée, et elle n’aimait pas ça !

- Je ne saurais dire si cette entrevue m’a davantage réconfortée que perturbée, mais je n’aime guère cette hésitation que je sens en moi. Je me sens mise à nue, quand je repense à Nathaniel et je ne sais pas l’expliquer. J’aimerais apprendre à le connaître, c’est certain. Mais pourquoi ? C’est bien la question que je me pose ! Il y avait une telle dévotion dans ses propos, une telle douceur dans ses gestes, je ne sais pas si c’est la souveraine qu’il a émue, où si c’est l’amazone que je suis… »

Elle se tut quelques secondes et éclata d’un rire franc et cristallin. Elle se laissa à nouveau tomber dans l’herbe, sans se départir de cette soudaine hilarité. Elle trouvait la situation comique et ne pouvait s’empêcher de rire. Elle fit quelques roulements, pour se retrouver près de son amie, ventre et coudes à terre, menton soutenu par une main, et jambes battant les airs. Elle lui adressa un sourire complice, avant de s’expliquer :

« Vois comme je suis en train de te parler de mes émois, comme une jeune fille à peine sortie de l'adolescence qu’un jeune homme aurait courtisée ! Le petit matin aura eu raison de mon discernement, mais quel plaisir de nous retrouver cinq ans plus tôt, quand nous nous racontions encore tant de choses ! Ce temps me manque, Elea ! Et j’aime me remémorer ces précieux souvenirs de notre passé commun ! »

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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Mar 31 Aoû 2010 - 15:29


La commandante des armées avait un sourire au coin des lèvres en attendant la réponse de son amie, déjà consciente de la réponse, mais désirant l’entendre, comme prise dans un petit jeu. La timidité couplée de gêne d’Idril à ce moment là ne cessait de la faire sourire. Elle se retenait de ne pas rire. Pas pour se moquer, assurément, c’était plus dans le sens d’une taquinerie, comme quelques années plus tôt lorsqu’elles avaient des conversations comme celle-ci. Ce qui était drôle dans ces moments de confessions intimes entre amies, elle s’en souvenait comme si c’était hier, c’était de voir Idril rentrer dans sa coquille. Si devant sa cour, ses conseillers et ses capitaines la reine était tout ce qu’il y avait de plus digne, de plus fier, de plus effrayant parfois même, quand elle était à l’aise avec une personne, c’était la voir sous un jour tout à fait nouveau. Comme un retour en arrière, loin dans un passé plus lumineux que l’était le présent.

Elea, tout sourire, refréna encore un léger rire en prenant la même position qu’Idril. Pourtant, si elle la taquinait, elle écoutait avec attention ce que son amie lui disait. Mise à nue, une telle dévotion, une telle douceur… C’était ses propos. Que de louanges pour un soldat qu’elle venait à peine de remarquer ! Diable, lui avait-il jeté un sort pour qu’elle en parle de cette manière ? Qu’est ce qui pouvait à ce point émouvoir la reine chez cet homme ?

- A mon avis… il a réussi à séduire et la reine et l’amazone. Elles ne sont pas si différentes que tu le penses.


Soudain, Elea ouvrit des yeux stupéfaits. Idril était partie dans un fou rire incroyable ! La chef des armées se tourna le plus lentement du monde, comme si elle n’était pas sûr de ce qui se passait, comme si elle faisait face à un phénomène impossible. Elle resta quelques secondes sans voix, n’arrivant même pas à croire ce qu’elle voyait. Idril s’était recouchée dans l’herbe, hilare, et fit quelques roulades pour se rapprocher d’Elea, laquelle ne se départait pas de ses yeux ronds. C’est quand Idril recommença à parler qu’elle commença à rire à son tour. Que c’était étrange de revoir son amie telle qu’elle était il y a des années ! Elea sourit de bon cœur lorsqu’elle lui avoua aimer ces instants où elles voyageaient dans le temps et retrouvaient leur complicité.

- Ce temps me manque aussi, mais tu le vois comme moi, il n’est pas entièrement perdu. C’est que nous en avons, des souvenirs, il faut l’avouer… Je n’ose même plus imaginer tout ce que nous avons bien pu faire il y a pas si longtemps que ça ! En tout cas, Nathaniel, même si tu ignores encore ce que l’avenir te réserve le concernant, il a le mérite de nous avoir replongé dans ces belles années de camaraderie. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais plus autant sentie complice avec cette chère Idril !

L’amazone éclata d’un rire franc. Le soleil avait fait disparaître les dernières étoiles dans le ciel, à présent on ne discernait que le reflet rosé d’un ciel sans nuages, d’un nouveau jour qui venait sur les Plaines de Fazor. Elea était aux anges.

- Tiens, puisqu’on parle d’hommes, autant continuer. As-tu eu des nouvelles de ton très cher et estimé Morzan ces derniers temps ?

Elea sourit de toutes ses dents, attendant d'apercevoir une once de rose sur ses joues.

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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Mar 7 Sep 2010 - 16:52

Une fois les premières secondes de stupéfaction passées pour la commandante des armées, son rire sonore se joignit à l’hilarité de la jeune souveraine qui ne se départait pas de sa soudaine jovialité. D’une certaine façon, cette franche gaieté permettait à la jeune femme d’écarter la gêne qu’elle avait éprouvée en confessant les sentiments que lui avait inspirés le soldat Nathaniel. Elle riait de la situation, comme elle riait d’elle-même, avec la complicité partagée de son ancienne amie. Tout cela semblait dérisoire, et elle s’en était déjà faite la réflexion la veille, alors qu’elle était encore face au Capitaine Aneldor. De nombreux jours s’étaient écoulés depuis la disparition de sa mère, emportant avec eux la joie qu’elle mettait dans chaque chose autrefois. Il était surprenant de l’entendre s’amuser, alors qu’on regrettait chaque jour son rire et sa bonne humeur. Elea pouvait sans doute se féliciter de cet exploit, aidée certainement par le seul homme gradé qu’elle avait sous ses ordres…

Idril acquiesça aux dires de son amie ; les souvenirs étaient ce qui leur restait de ce temps regretté et il fallait les conserver comme l’on conserve de précieux trésors. La souveraine était attachée à ce qui symbolisait son passé, les années de bonheur qu’elle avait connues et aimait conserver ce qui s’y rattachait, comme si cela permettait d’entretenir le lien qui l’unissait à ceux qu’elle avait aimés autrefois. Elle ferma une nouvelle fois les yeux, pour visualiser plus nettement les souvenirs qui la rattachaient à son amie, les anecdotes qui avaient donné leur saveur au passé qu’elles avaient en commun. Il y en avait tant que la mémoire fractionnait ces souvenirs, ne délivrant à l’esprit de l’amazone que des bribes du passé…

« La jeune fille que tu as connue a bien changé, je crois. Cela n’altère pas l’amitié que je te porte, mais sûrement la complicité de nos rapports. Nous avons grandi, et avec nous, le poids de nos responsabilités, nous empêchant de céder à l’insouciance d’autrefois. »

Les prunelles émeraudes de la jeune femme étaient à nouveau visibles, moins malicieuses que les minutes précédents, la nostalgie s’attardant en elles. Mais l’allégresse du moment s’y replongea rapidement, faisant pétiller le regard de l’amazone quand elle ajouta :

« Mais, tu as raison ! Le passé nous rattrape parfois et nous donne l’occasion de goûter à nouveau au plaisir de ce qui a existé. »

La question qui suivit n’eut sans doute pas l’effet escompté par la commandante des armées ; le sourire de la reine devint mélancolique, son regard, nostalgique. Elle n’avait pas cessé de sourire, encore trop éclairée de la jovialité de l’instant précédent, mais l’hilarité l’avait quittée comme elle était venue : sans prévenir. Elle n’avait pas de nouvelles de son ami, depuis un moment déjà. Son amour pour lui n’était un secret pour personne, car chacun connaissait l’amitié qui liait les deux jeunes gens. Mais, devenir monarque simultanément les avait éloigné l’un de l’autre, sans qu’ils n’aient eu le temps de s’en rendre compte. Leur attachement n’avait pas été un problème jusqu’alors, mais leurs situations respectives avaient changé et ils n’avaient pas eu le temps de s’y préparer. Pourtant, un lien indéfectible persistait entre eux, c’était certain et les années, les responsabilités ou l’éloignement n’y changeraient rien.

« Hélas, non. Comme tu le sais sûrement, il a été grandement occupé par l’affaire qui a secoué son royaume, avec le procès de son ministre chez les Humains. Depuis sa dernière lettre pour m’avertir qu’il partait rencontrer le Parjure, je n’ai pas eu de ses nouvelles. Pas directement, du moins. Les occupations d’un monarque sont toujours connues, pas vrai ? »

Elle se tut un instant, perdue dans ses pensées. Réfléchissant à la cause de ces problèmes et de l'éloignement qui s'instaurait entre elle et son confident ombre, la colère qui lui brouillait l'esprit depuis l'annonce de l'assassinat de sa mère se réveilla subitement. Encore une fois, c'était Ardiosis qui était à l'origine de tout ça ! Peste soit de ce détraqué !

« Ces Humains sont vraiment des parasites. Le continent ne connaîtra jamais de répit, à cause de toutes ces fables sur le Septième Dieu qu’on leur enseigne ! Et ce … Graybach, elle cracha le nom du général avec un dégoût prononcé, oser venir nous demander de nous soumettre ! Ah, qu’il soit mis en prison pour le reste de ses jours cet arrogant suppôt de Loki ! »

Le procès du Général humain devait se tenir dans la matinée ; Idril avait presque oublié ce détail. Mais maintenant qu'il s'était à nouveau dans son esprit, elle maudissait avec violence l'homologue humain de son ancienne amie, priant pour que justice soit faite cette fois-ci...

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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Dim 26 Sep 2010 - 21:34

Spoiler:
 

« Je ne doute pas de ton amitié. Et s’en tenir à des rapports complices uniquement quand nous sommes seules, c’est une décision que nous avons prise ensemble. Nous avons fort à faire ces temps-ci… Montrer notre amitié au grand jour pourrait être mal vu et faire naître de mauvaises rumeurs dont nous n’avons pas besoin en plus de tout nos problèmes.

La Commandante savait que ces rapports strictement professionnels en présence d’autres personnes étaient nécessaires en ces temps troublés. Et si elle appréciait la rareté du moment qu’elles partageaient depuis l’aube, il n’en restait pas moins qu’elle était la première à croire qu’il valait mieux ne pas donner d’occasion aux regards indiscrets de jaser sur elles pour un oui ou un non. Qui sait ce que certains pourraient en penser…

En parlant de Morzan à Idril, l’amazone ne put s’empêcher de se remémorer des souvenirs qu’elle avait eu lors de ses différents voyages à Isandil. Elle espérait pouvoir aller prochainement à nouveau dans la Forge, regarder les artisans y travailler le métal comme des artistes, s’émerveiller devant les armes qu’ils sont capables de faire naître du feu. C’était un endroit qu’elle avait toujours apprécié, et à chaque fois qu’elle s’était rendue chez les Ombres, on l’avait vue s’y rendre au moins une fois… C’était pour elle ce qu’était une magnifique bibliothèque à un érudit. Et ce qu’elle aimait plus encore, c’était les premières secondes après qu’elle soit entrée dans l’enceinte de la Forge… les premiers instants où l’on sent la chaleur du feu se répandre dans tout les membres, les capturer comme dans un étau, particulièrement quand on revient des rues gelées d’Isandil en plein hiver. Elea savoura cet instant de réminiscence avec joie, elle aurait bien voulu se trouver en pareil endroit à l’heure où elle discutait avec son amie, car le froid du nord mordait sa peau sous ses vêtements mouillés. La température baissa encore d’un cran lorsqu’elle sentit qu’elle avait touché un point sensible en posant une telle question à Idril. Elle ignorait ce qui se passait avec le roi des Ombres en ce moment et n’aurait donc pas pu deviner qu’Idril restait sans nouvelles.

« Tu n’as pas eu de nouvelles depuis qu’il s’est rendu chez Ardiosis ? »


Elea eut un rictus. A sa place, elle n’aurait pas été tranquille. Et même si Idril avaient reçu certaines informations grâce à des messagers, ça ne suffisait sans doute pas. Le principal était qu’il soit revenu vivant de chez ce Traître ! Sait-on jamais ce qui pouvait se produire dans cette Tour Sombre maudite. Et sait-on jamais de quoi ce malade était capable…

« Il te contactera bientôt, je ne me ferais pas trop de soucis si j’étais toi… »

La Générale ne comprit pas l’enchaînement des paroles d’Idril lorsqu’elle proféra d’un coup des injures à l’encontre des humains. C’était quelque chose qui arrivait souvent, ces derniers temps, elle commencait à s’habituer. Mais quand la reine Amazone se mit à parler de son homologue humain, la demi-druide eut un haut-le-cœur inattendu. Ses sentiments négatifs envers Marcus Graybach datait de sa rencontre avec lui dans la Salle du Conseil. Elea n’y avait pas assisté, mais elle se souvenait d’Idril lorsqu’elle en était sortie, furieuse et même inquiétante. L’amazone n’avait rien dit lorsque sa reine avait mit le Général en prison, et de manière assez générale elle restait très silencieuse lorsqu’il était question de Marcus. Elle ne se souvenait pas de lui tel qu’on le décrivait…

Il n’a pas toujours été comme ça…

Elea aurait voulu le dire à voix haute, mais elle ne voulait pas prendre le risque de froisser son amie ni gâcher ce bon moment qu’elles passaient ensemble. L’amazone préféra rester lottie dans son silence de cathédrale, patiente et attentive. La dernière réplique d’Idril n’eut aucune réponse, et un mutisme étrange s’installa entre les deux femmes. Elea voulait changer de sujet, et vite.

« On devrait partir » fut sa seule réponse concernant les injures à l’encontre de Graybach. « Le jour se lève. »

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MessageSujet: Re: Près des étoiles fuyantes [PV Idril *]   Mar 5 Oct 2010 - 9:31

Un silence oppressant s’immisça sur les Plaines et entre les deux amies, lorsque la jeune reine obtint pour seule réponse à sa colère le souffle du vent qui se levait, en même temps que le petit matin. Etrangement, Elea ne répondit rien, se terrant dans un mutisme qui ne lui ressemblait pas. Et tandis que son amie la détaillait d’un œil critique, attendant une réaction de sa part, le trouble et l’agitation se dessinèrent sur ses traits, habituellement impassibles. La surprise de la souveraine fut grande et son regard se fit de plus en plus insistant, réclamant à corps et à cri une réponse de sa subordonnée, mais surtout de sa confidente. Et quand enfin les lèvres de cette dernière s’entrouvrirent pour laisser s’échapper le son de sa voix, la déception et la contrariété s’emparèrent de celle qui l’observait. Idril avait espéré intérieurement que la jeune femme partage son sentiment, son indignation et son irritation. Et si telle n’avait pas été sa position concernant le traitement qu’elle avait infligé à Marcus Graybach, qu’elle lui fasse au moins part de son désaccord. Même s’il était plus que probable qu’elle se serait emportée sur l’instant, avec le recul, elle aurait tenu compte des conseils avisés de son amie. Au lieu d’une discussion franche, Elea lui donnait l’impression de fuir quelque chose de trop lourd pour elle, ce qui contraria énormément la jeune femme. Pire, elle se sentait vexée, presqu’abandonnée par la réaction de la Chef des armées. Elle n’aimait pas qu’on lui tienne tête, mais plus encore, elle n’aimait pas qu’on lui cache quelque chose. Or, c’était précisément ce que faisait la militaire. Il était facile de voir que quelque chose la contrariait dans les propos de sa reine.

Silencieuse, et en réponse aux propos de la commandante, Idril se leva avec légèreté, se retrouvant rapidement sur ses deux jambes. Elle siffla bruyamment pour rappeler leurs montures qui s’étaient éloignées progressivement, et les bêtes trottinèrent jusqu’à elles en quelques secondes. Le malaise perdura et les chevaux le perçurent, car ils semblèrent plus nerveux qu’au départ. Et il ne faiblit pas quand Idril, une fois juchée sur le dos d’Alzan, s’exclama d’une voix trop placide pour ne pas cacher quelque chose :

« Il est tard ; les affaires du royaume nous attendent. »


Puis sans attendre une quelconque réponse de la part de sa commandante, elle talonna brusquement sa monture qui s’élança à vive allure à travers les Plaines. Le Palais n’était pas très loin, même s’il ne pouvait pas être distingué de là où elles se trouvaient, mais le voyage du retour promettait d’être beaucoup moins plaisant que celui qu’elles avaient effectué quand le soleil n’avait pas encore chassé les étoiles, quand les questions politiques n'avaient pas encore chassé la complicité du moment...



{ RP Terminé }

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