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 Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*

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Lenhar Embral'Denh
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MessageSujet: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Mar 22 Juin 2010 - 19:20

Quatorzième semaine
Septième jour, soirée

    Ce matin-là, Lenhar s'était levé en sursaut, croyant qu'on ne l'avait pas réveillé pour l'entraînement des gardes. Il avait passé la majorité de son temps libre aux côtés de sa mère la veille, et elle paraissait se rétablir petit à petit. Il ne savait pas vraiment où donner de la tête, puis s'était fait finalement sortir assez poliment par les magiciens guérisseurs et les aides-soignantes. Oui oui, ils s'occuperaient bien de sa mère, qu'il retourne à ses affaires.
    Il était déjà fort tard quand on lui avait dit cela, et il était allé se coucher bien vite. Trop d'événements tuent les événements. Trop de soucis, trop de problèmes politiques, trop de problèmes dans ses rencontres. Il avait reçu, le lendemain de sa soirée en compagnie d'Elönia, un petit paquet enveloppé dans du mouchoir; sa dague, bien emballée, discrètement posée. Il s'était vaguement demandé comment il parviendrait à lui adresser la parole.
    Mais ce n'est pas ça qui était important. L'important, c'est qu'en ce doux matin du septième jour, Lenhar se leva en sursaut. Aaaah! Genre, vraiment en sursaut. J'ai des papiers à signer, j'ai les soldats à entraîner, j'ai ma mère à visiter, j'ai... Ah non, j'ai un jour de congé.
    Et s'écrouler dans le lit après avoir commencé à s'agiter tout seul.
    Il resta un instant, les yeux ouverts en regardant le plafond de son lit à baldaquin. Pourquoi s'affoler? Jour de congé, jour de congé. Bon, qu'il avait accordé à ses gars pour qu'ils puissent récupérer du post-incendie. La veille avait été riche en émotion et en déblaiement de terrain. Bref, rien de très intéressant, et surtout très harassant. Le repos était donc mérité. Mais qu'allait-il faire aujourd'hui? Voyons. Il pouvait encore dormir un peu, non, vu qu'il n'avait pas besoin de se lever aux aurores pour faire une série de pompes avec de pauvres soldats qui en partie avaient perdu un membre de leur famille. Certains pleuraient un ami, un père, une épouse, ou même un enfant. C'était assez terrible à voir, à entendre. Lenhar faisait ce qu'il pouvait pour aider ses hommes à tenir le choc. Si celui qui avait déclenché l'incendie s'était débrouillé pour briser le moral des troupes, il avait réussi avec brio.

    Le Capitaine finit tout de même par se lever. Il passa un instant dans sa salle de bain personnelle pour faire ses ablutions (cela valait mieux qu'un bac d'eau froide, vu qu'il avait le temps ce matin), puis il alla aux cuisines chercher un petit déjeuner. Alors qu'il tentait de dénicher une miche de pain fraîche (les nobles en avaient une consommation incroyable), il entendit quelques courtisans passer quémander du miel en discutant. L'un d'eux s'écria, à la suite d'une phrase du second, que douce Snotra! Il n'était pas allé voir la dernière au théâtre. Quand était-ce? Ce soir? Ohlala non, il ne pourrait pas y aller. Quel dommage! Ce spectacle semblait passionnant.
    Lenhar regarda son reflet dans le bol de lait qui lui faisait face. Et ben mon vieux, t'auras oublié beaucoup de choses ce matin. N'avais-tu pas promis à la douce Lady Aziel'Da que tu l'accompagnerais volontiers à cette dernière représentation? Allez mon petit Lenhar, tu termines ta collation, et tu vas lui écrire une lettre fissa. Et tu fais très attention à soigner ta syntaxe et à ne faire aucun double-sens malencontreux.
    Ou comment traumatiser quelqu'un quant à sa façon de parler. Le plus étrange, c'est qu'il ne se sentait si petit que lorsqu'il pensait au fier sourire de la noble. Normalement il n'avait pas de problème d'élocution, d'étiquette, de charme, de... De tout en fait. Mais avec elle c'était vraiment étrange.
    Il passa une main dans ses cheveux lâchés, soupira et remonta dans ses appartements. Les femmes, je vous jure. Mais bon, on pouvait en dire tout autant des êtres masculins qui étaient un mystère à eux tout seuls.
    Qu'allait-il bien pouvoir écrire? Un billet. Oui, juste un billet. Ne pas trop en dire, être humble et délicat. Arrivé dans sa chambre, il prit un vélin fin, une plume et de l'encre violette. Il aimait beaucoup cette encre. Il réfléchit un instant, puis écrivit de son écriture serrée et nette de militaire:


    "Chère Lady Aziel'Da,
    Si l'idée de vous rendre à la dernière représentation du théâtre ce soir vous charme toujours, j'y serais avec plaisir votre chaperon, et cavalier si vous le permettez. La représentation commence peu après l'heure du chant de Snotra; je vous attendrai à l'entrée du théâtre.
    Passez une agréable journée,
    Capitaine Embral'Denh"


    Lenhar se relut six fois avant d'être certain d'envoyer son message. Il l'enroula, le cacheta d'un sceau en forme de rose (celui qu'il utilisait pour ses courriers et lettres non officiels, à ses amis, sa famille...) avec de la cire noire, puis il appela doucement un page et lui demanda de remettre le message à Lady Elönia Aziel'Da en personne. Il lui donna une pièce pour s'assurer son silence, et lui ébouriffa les cheveux alors qu'il partait. Le petit garçon étouffa un rire, et partit joyeusement. Les enfants aimaient bien Lenhar, et nombreux étaient les pages qui par la suite désiraient devenir fantassins. Oh oui, de la chair à boule de feu en plus pour la guerre à venir. C'était trop mignon.
    Mais bon, aujourd'hui c'était jour de congé, comme nous le savons, et Lenhar s'appliqua à quelque chose qu'il s'accordait rarement: il ne fit rien. Oui, rien du tout, il erra dans sa chambre tel un lion en cage toute la journée. A un moment, il ne se souvenait plus exactement quand, le petit page revint pour lui assurer la présence de Lady Elönia. Il sembla un peu buter sur ses mots, mais il le fit avec le sourire, et se retira joyeusement des appartements du militaire.
    Celui-ci prit alors un livre, et se proposa un instant de calme. C'était un roman assez simple, écrit par un auteur humain. Assez étonnamment, il aimait beaucoup la littérature humaine, très riche et délicate.
    Puis, quand le soleil commença à décliner, il se leva et s'étira, se servit un verre de vin sucré pour adoucir son esprit qui recommençait à fonctionner à toute allure, puis il se choisit des vêtements. Il prit une chemise noire dans son armoire, bien moins d'apparat que celle qu'il avait portée au petit bal dernier. Il enfila un pantalon écru et ses fidèles bottes de cuir ouvragé, puis attacha ses armes à la ceinture; ou plutôt juste la dague. Pénombre était suffisante pour s'épargner les soucis des attaques mineures. Et puis, en tant qu'épée bâtarde, Solitaire était vraiment trop imposante. Il serait fort malpoli de chaperonner une jeune femme avec une telle arme, et bien qu'elle inspire le respect, elle pouvait rendre mal à l'aise.

    Il fit quelque peu les cent pas dans sa chambre, empara une bourse remplie qu'il glissa à sa ceinture -il n'allait tout de même pas laisser la dame payer sa place! Il enfila sa longue cape noire qu'il avait réparée depuis le début de la semaine et ses aventures chez les Amazones, puis il partit, bon an mal an. Advienne que pourra; et de toute manière Elönia n'allait pas le manger, puisqu'elle avait accepté son invitation. Mais le petit page avait l'air mal à l'aise. Peut-être allait-elle profiter de cette sortie pour le remettre sévèrement à sa place; il s'en effrayait quelque peu.
    A dire vrai, le soldat était même persuadé qu'Elönia lui en voulait, et cela le chagrinait car il ne voulait en aucun cas la rendre malheureuse ou mal à l'aise.
    Alors qu'il se faisait ses réflexions dans les couloirs du palais, il resta un moment perplexe. Lenhar, on dirait un jeune de quinze ans en train de se pâmer pour son premier amour. Lenhar mon petit, tu es ri-di-cule. Il n'y a pas d'autre mot. Franchement, ce serait même compréhensible si elle te faisait la tête, et ça me ferait bien rire.
    Soliloquant ainsi, Lenhar repassa une main dans ses cheveux, assez nerveusement, et leva un sourcil. Ah. Il n'avait pas attaché ses cheveux. Que diantre.
    Il passa la porte du palais en saluant les gardes qui lui adressèrent un grand sourire, puis il se dirigea vers la ville. Le théâtre n'était pas très loin du centre ville; c'était un lieu d'amusement pour tous, et même si les nobles et bourgeois s'y rendaient plus que le petit peuple, on y croisait une grande variété de personnes.
    Par souci de politesse, Lenhar acheta à un marchand de fleurs une petite rose blanche qu'il glissa délicatement dans sa bourse de cuir, assez grande pour la contenir. Il ne faudrait pas l'abîmer tout de même. Puis il arriva au niveau de la porte du théâtre, et entendit s'élever le chant à Snotra, depuis la tour du Livre Sacré. Il ferma les yeux un instant, puis attendit.

_________________


"Remember when I told you how my kin is different in some ways?"


Dernière édition par Lenhar Embral'Denh le Jeu 24 Juin 2010 - 12:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Jeu 24 Juin 2010 - 9:10

Remerciant son cocher personnel qui venait de la déposer devant le théâtre, Elönia se demandait quelle mouche l'avait piquée pour avoir accepté cette invitation si soudaine... La missive était arrivée le matin même, et la jeune femme avait failli croiser le jeune page dans les couloirs, sans le voir, à quelques minutes près. Partie tôt, pour répondre à une invitation mortuaire qui dura toute la journée, la noble aurait certainement mieux fait de rentrer directement se coucher... mais elle avait finalement accepté. Non sans hésiter, mais dans la précipitation, et à cause de son départ imminent, Elönia s'était contentée d'un simple « oui », plutôt sec, au jeune page qui semblait l'avoir mal pris. Le moment avait été mal choisi et elle ne s'attendait pas à recevoir cette missive, trop persuadée que le Capitaine avait d'autres chats à fouetter, après les évènements tragiques de la semaine, que de venir voir cette pièce de théâtre, rapidement et simplement évoquée lors d'une soirée mouvementée.

La journée était maintenant passée, la nuit était tombée et un bon nombre de personnes se rassemblait devant l'entrée du théâtre pour assister à la représentation. Elle hésita un moment à s'avancer, se demandant si elle avait bien fait d'accepter cette invitation... Oui, car elle ne pouvait que lui changer les idées. La mort rodait partout autour d'elle et ses pensées la concernant étaient de plus en plus épouvantables. Combien de femmes avaient vu leurs époux revenir les pieds devant ? Cette question lui glaça le sang... Sa chance dans ce malheur était, qu'elle, n'avait pas eu à vivre la perte d'une personne chère dans cet incendie meurtrier.

La jeune femme s'était habillée élégamment, comme à son habitude, mais Elönia avait opté pour une certaine sobriété, les circonstances le voulant. Elle avait choisi une robe simple, de couleur bleu nuit. Le manteau qui allait avec, plus fantaisiste, lui tenait bien chaud dans cette nuit glacée... Pour finir, elle s'était parée d'un chapeau, comme le voulait la coutume lors d'une sortie à l'extérieur de la cour. Elle avait choisi ses bijoux à la hâte et n'était pas mécontente du résultat. Même durant ces moments de crises, la jeune femme savait très bien qu'elle ne pouvait se laisser aller : un bon nombre de nobles de la cour serait certainement présent ce soir et elle n'avait pas envie d'attiser des commérages, la meilleure occupation de la cour ces temps-ci. Finissant de rêvasser, elle réalisa qu'elle devait y aller, le Capitaine devant s'impatienter....

Elle n'avait pas reçu de lettre en remerciement du retour de sa dague, ce qu'elle avait interprété comme un manque flagrant d'éducation. La prochaine fois, elle ne prendrait pas la peine d'expédier ses affaires, il viendrait les chercher lui-même... Et voilà... Elle venait de s'énerver toute seule... Très intelligent avant le début d'une soirée... Si elle commençait à devenir insupportable d'entrée de jeu, ce pauvre Capitaine croirait que cela était de sa faute... ce qui était en fin de compte le cas !

Où devait-il l'attendre d'ailleurs ? Devant la porte si sa mémoire était bonne. Elönia ne se souvenait même plus de ce qu'elle avait fait de la missive reçue... Laissée dans ses appartements, certainement. Avançant à travers la foule, atteindre la porte d'entrée s'avéra être une entreprise plus délicate qu'elle ne l'avait imaginé. S'arrêter tous les cinq mètres, pour saluer une connaissance, était assez ralentissant, surtout lorsque son interlocuteur espérait quelques mots de conversations. La noblesse avait visiblement besoin de prendre l'air et de se changer les idées... Et quelque chose lui disait qu'elle n'était pas au bout de ses surprises concernant les rencontres de la soirée.

Elle aperçut finalement le Capitaine, pensif, vers l'entrée. Était-elle en retard ? Vis-à-vis du nombre de personnes encore présentes dehors, elle se doutait que la pièce ne devait pas avoir encore commencée. Elönia ajusta son chapeau avant d'être prise d'une vague d'anxiété. Ils s'étaient séparés étrangement la dernière fois et la jeune femme sentait déjà le malaise qui allait s'établir tout au long de la soirée... simplement à cause du fait que les deux jeunes gens s'étaient mal compris la dernière fois. Elönia avait repensé au calme à tous ces évènements, le lendemain même... La conclusion était simple : il y avait eu un malentendu qui s'était produit et cela parce que cette soirée avait été une erreur, où du moins, la fin de soirée fut une erreur. Elle n'aurait jamais dû lui demander de rester, de manière... aussi ambiguë. C'était sa faute à elle et non pas la sienne. Elle ne pouvait donc pas lui en vouloir. Ne réitérait-elle pas d'ailleurs cette erreur en ayant accepté cette nouvelle sortie ? Elle avait volontiers envie de croire que non, car elle appréciait la compagnie du Capitaine et elle ne voulait pas gâcher une amitié récente pour des enfantillages.

Satisfaite par cette dernière pensée, elle afficha un radieux sourire, avant de s'approcher de son chaperon, visiblement dans un autre monde, les yeux fermés.


« Bonsoir ! Dit-elle simplement. J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre !»

Il ouvrit les yeux et à cet instant, la jeune femme le salua d'une petite révérence. Il était joliment habillé, mais n'avait pas pris le soin d'attacher ses cheveux, volontairement certainement.

Jetant un coup d'œil aux nobles qui commençaient à affluer à l'intérieur du théâtre, Elönia en déduit que la pièce n'allait pas tarder à commencer. Prenant le bras du Capitaine, la jeune femme entreprit de pénétrer dans la salle avant que toutes les chaises ne soient occupées.


« Je vous propose de rentrer maintenant et de bavarder ensuite, sinon nous allons nous retrouver sur la touche... À moins que vous ayez réservé nos places ? »






_________________

« Avec une femme, l'amitié ne peut être que le clair de lune de l'amour. »


Dernière édition par Elönia Aziel'Da le Lun 16 Aoû 2010 - 11:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Lun 9 Aoû 2010 - 16:08

La porte de la bibliothèque des Aziel'Da s'ouvrit pour laisser le passage à la matriarche de la famille, élégamment vêtue alors qu'Elianä n'avait entendu parler d'aucune sortie programmée pour ses parents. La jeune fille se renfonça plus encore dans son fauteuil, relevant le livre qu'elle tenait entre ses mains pour cacher son visage. Ainsi, peut-être sa mère ferait-elle comme si elle n'était pas là et la laisserait en paix. Elianä n'avait envie de rien, et surtout pas de sortir, de faire des efforts mondains en cette soirée. La journée avait été vaguement éprouvante pour la noble et elle ne rêvait plus que de tranquillité, d'un bon fauteuil et d'un bon livre, tout ce qu'elle avait avant l'apparition de sa génitrice.

Celle-ci n'avait pas vraiment la même conception que sa dernière née en matière de soirée tranquille. Elianä n'eut pas le temps de resserrer sa prise sur l'ouvrage qu'elle le voyait déjà s'envoler, attiré par la poigne de fer de Marelie. Fidèle à sa ligne de conduite (de faire comme si elle n'était pas là), Elianä garda les yeux baissés, avec l'air de celle qui ne venait pas de se faire démasquer.

- Ta sœur est sortie.
- Hum hum.
- Tu es encore ici.
- Hum hum.

Ce que ne comprenait pas sa mère, c'était que contrairement à elle, Elönia avait des raisons de sortir. Elle recevait des invitations par dizaine tous les jours, elle tombait rarement à court de cavalier prêt à l'escorter et mieux encore, elle avait envie de sortir. Tout ce qui faisait la différence entre les deux sœurs et que le physique seul ne permettait pas. Pour conclure le tout, elle touchait à toutes les classes sociales, étant donné qu'Elianä pensait que son ainée avait accepté d'accompagner un simple capitaine au théâtre. Que ce capitaine soit Lenhar Embral'Denh ne changeait pas grand chose à la surprise qu'avait ressentit Elianä en l'apprenant. Elle savait pourtant très bien qu'Elönia cherchait avant tout à s'élever socialement, même si la chose était déjà difficile étant donné leur position sociale et politique actuelle.

Le livre fut brutalement refermé et Elianä sursauta. Marelie avait les yeux dardés sur elle et ils n'étaient pas pleins de sympathie.

- Lady Granelire va au théâtre avec ses filles, je lui ai demandé si tu pouvais les y accompagner. Elle a aimablement accepté.
- Mais je ne veux pas !
- Elles seront ici dans dix minutes, va te préparer.
- Mais !...

Trop tard, la matriarche avait déjà tourné les talons, implacable. Elianä ravala la réplique qui lui brulait les lèvres et poussa un long soupir à la place. Elle reprit entre ses mains le livre qui la passionnait l'instant d'avant et en caressa la couverture.

- Quelle plaie, marmonna-t-elle en se levant pour remettre à sa place le livre.

Dix minutes furent largement assez pour que la jeune fille se change pour troquer sa robe d'intérieur sans prétention contre une robe du soir épaisse qui la protégerait du froid extérieur. La robe était resserrée à la taille par une ceinture et le décolleté était aussi sage que devait l'être le décolleté d'une jeune fille célibataire. Elianä avait demandé à une domestique de lui faire un simple chignon, assez bas sur la nuque, et voila la noble parée pour une soirée d'ennui mortel.

Le trajet se fit sous les ragots sans fin de la tribu Granelire femelle. Les deux filles de la lady étaient assez jolie, mais les problèmes financiers du lord se percevaient de plus en plus à travers sa descendance. Elianä se doutait bien que ce chaperonnage était une manière détournée pour montrer aux mondains que la famille avait encore ses entrées, au moins chez les Aziel'Da et que les choses n'étaient peut-être pas aussi dramatiques qu'elles n'y paraissaient.

Il y avait foule sur le parvis du théâtre ce soir là. Un valet les aidèrent toutes à descendre de voiture et Elianä se fit un devoir de suivre la lady qui commençait déjà à saluer toutes ses connaissances. La jeune fille, de son côté, distribuait des sourires et des salutations, s'exclamant avec amabilité qu'elle était ravie d'accompagner la dame et ses filles à cette représentation. Elle feignait la complicité avec les dites filles, comme le supposait son rôle ce soir. Ce petit manège dura de longues minutes, jusqu'à ce qu'elles entrent dans le bâtiment. A l'intérieur, la concentration de nobles personnes était pire encore qu'à l'extérieur. Et comme le supposer ce genre d'attroupement (et avec un peu d'aide de sa part, il fallait le dire), Elianä perdit de vue son chaperon.

Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que cela finalement. Souriant à qui mieux mieux, Elianä se mit à jouer des coudes pour se sortir de là. Heureusement qu'elle avait son ticket d'entrée sur elle, la noble aurait eu du mal à entrer (plus que si elle ne l'avait pas eu, elle était une Aziel'Da tout de même !) dans la salle de théâtre proprement dite sinon !
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Lun 30 Aoû 2010 - 14:34

Sa main se glissa lentement sous son corsage. Elle retint son souffle, les joues rosies de plaisir. Ses yeux pétillaient d'anticipation. Un sourire aux lèvres, il ne la quittait pas des yeux. Elle était sous son emprise. Totalement. Entièrement. Et elle s'en foutait. Elle savait qui il était et ce qu'il était. Mais ses doigts agiles, profitant du moindre espace, qui se faufilaient plus haut encore, lui aurait fait jurer le diable en personne. Snotra que c'était bon ! Matalina se mordit les lèvres pour ne pas gémir. A califourchon sur cet homme, assise sur son bassin, elle renvoya sa tête en arrière quand il trouva enfin ses rondeurs maternelles. Elle ne savait même plus par quel miracle il avait réussi à la mettre dans cette position là. La jeune femme ne se serait jamais – juré sur le nom de la déesse elle-même – retrouvée ainsi de par sa propre volonté. C'était indigne d'une guérisseuse ! Expérimentée qui plus est. Elle n'aurait jamais tenté le diable... quoique. Il était affreusement tentant ! Si séduisant ! Pas le moins du monde amoindri par sa blessure à l'épaule. Il agissait comme s'il n'avait jamais été transpercé par une tige en métal, si chaude qu'elle avait commencé à cautériser la plaie avant que les guérisseurs ne commencent à s'occuper de son cas.
Une autre caresse renvoya ses dérivations dans un sombre coin de son esprit. Matalina ramena sa tête en avant quand elle le sentit se relever pour aller à sa rencontre. Sa bouche vermeille trouva immédiatement sa place dans le creux de sa nuque. Ses fins doigts agrippèrent la longue chevelure d'ébène de son diable. Ses lèvres sur sa peau, elle remarqua à peine l'absence de cette main aventureuse sous ses vêtements, partie à la conquête des lacets de son corsage.
Prise d'une ardeur quasi bestiale, elle l'arracha de sa gorge et lui planta un sauvage baiser sur les lèvres. D'abord surpris, il rit à travers leur baiser, se soumettant joyeusement au ballet de leurs langues. Finalement, sa main experte vint à bout des liens de la robe de Matalina, la faisant légèrement retombée entre leur deux corps enlacés. Elle soupira de désir, haletante, et consciente d'un sérieux vide entre ses reins. Du dos de sa main gracile, elle effleura l'épaule blessée et dénudée de l'Ombre, avant de la retourner et descendre lentement sur son triceps, son coude replié, l'avant-bras et de remonter directement sur le pectoral ciselé.
Il frissonna. Jouant avec elle, il lui souffla à l'oreille des mots qui la firent trembler. Sa main s'emparait du tissu qui lui barrait l'accès à la ronde poitrine de sa partenaire. Il le descendit lentement.
Soudain, le rideau s'ouvrit dans un claquement sec, l'arrachant presque de sa sangle.

« Matalina ! Général ! Non mais vous n'avez pas honte ! » hurla l'infirmière en chef Gotha Maivrik.

Matalina, rouge de honte, ramassa ses affaires contre elle et sortit précipitamment du lit de Nuran Terinfiel, Général des Armées Ombres.
Celui-ci se rallongea avec nonchalance dans ses coussins, tout en gratifiant l'importune d'un sourire satisfait et d'un dernier regard pour le derrière potelé de sa guérisseuse qui s'enfuyait.

« Allons ! Ne soyez pas si dure, ma Dame. Elle soignait terriblement bien mes blessures.  »
« Vos blessures ont déjà été traitées avec la plus délicate des attentions. Maintenant, si votre Altesse veut bien céder sa couche à un autre patient, nettement plus dans le besoin que vous-même, je vous en serait gré. »
« Soite ! »

D'un bond, Nuran sortit de son lit. En simple caleçon long qui lui collait à la peau. Gotha rougit du spectacle, ce qui fit lever un sourcil accusateur.

« Oh oh ? On aurait bien aimer chevaucher pareille monture, à la place de sa cadette, n'est-ce pas Gotha ? »
« HORS DE MON INFIRMERIE !! » hurla une voix stridente tandis que Nuran, ses affaires sous le bras, courrait, tête baissée, en riant hors de la pièce.
Trop amusé par la précédente scène, il faillit ne pas s'apercevoir de la présence d'une gente dame à l'intersection des deux couloirs. Néanmoins, il put ménager une esquive afin de n'heurter aucune peau sensible.

« Mademoiselle. » salua-t-il d'une courbette.
« Toujours à faire vos facéties, mon jeune ami ? » répliqua une voix mesurée, légèrement grave.

Nuran se releva et observa son interlocutrice.Sophia Fanel'Za, matriarche de la seconde famille la plus puissante du royaume – après les Aziel'Da. Elle était encore belle malgré ses longues années. D'une tenue élégante et raffinée, son port de tête en était quasiment royal. Nuran avait toujours l'impression d'être un jeune page à ses côtés : elle continuait sans cesse à lui enseigner des choses et d'autres, avec une patience de préceptrice et une indifférence feinte. Il se sentait un oisillon dans les pattes d'une chatte. Elle jouerait avec lui jusqu'à ce qu'elle se lasse. Grâce soit rendue à Snotra, Sophia n'avait pas l'air de vouloir arrêter leur jeu.

« Que nenni, Ma Dame. » fit-il avec beaucoup de déférence.

Elle claqua son éventail avant de l'agiter sobrement devant elle. La matriarche lisait en lui comme dans un livre ouvert, et devinait aisément ses mensonges.

« Passons. Je suis ravie de voir que votre santé retrouve son éclatante splendeur. J'aurais besoin de vos services. »
« Avec joie. »

Elle rit et se reprit :

« Point pour moi, jeune intrigant. Pour ma fille. Camélia. Elle compte se rendre à une pièce de théâtre ce soir. Et son cavalier... Disons qu'il n'est pas suffisamment en forme pour cela. »

Un regard suffit pour que Nuran retrouve son sérieux. Le cavalier en question avait du être sévèrement touché par l'explosion de la forge, la veille. Nuran lui même n'avait recouvré ses esprits que dans la matinée. Alité à l'infirmerie, il avait été soigné sans relâche depuis qu'on l'y avait transporté.
Nuran hocha simplement de la tête. Sophia poursuivit.

« J'ai donc pensé, en regard de notre amitié et de votre complicité avec mon enfant, que cela ne vous ennuierait point de lui tenir compagnie. Bien entendu, si vous n'avez pas d'affaires urgentes qui requièrent toute votre attention. »

Complicité, c'était peu dire ! Tout comme sa relation avec Sophia, Nuran avait été bien plus loin que de boire du thé avec la fille de cette dernière. Bien évidemment, les premiers temps, il était resté sage. Mais les yeux de Camélia lui promettait tellement qu'il avait fini par céder. En terme de manipulation, il apprit alors que la fille était aussi compétente que pouvait l'être sa mère. Après l'avoir piégé plusieurs fois à la suite, Camélia se révéla à un Nuran proche de la vérité. La demoiselle, derrière ses airs bien éduqués, de fille effacée et soumise aux lois et règles de bonnes conduites, avait un esprit acéré et une analyse des choses tout à fait particulière. Tout comme Nuran, elle profitait de sa jeunesse, et accumulait les expériences, sans se départir de sa grâce et de son apparente innocence. Elle se jouait du monde et jouait avec lui. Les deux jeunes gens finirent par développer une étrange amitié : tantôt passionnée, tantôt froide et indifférente. Ces derniers temps, elle était courtoise et platonique.

« Ne vous inquiétez plus pour cela, ma Dame. Je saurais me libérer quelques heures pour Camélia. »

Nuran s'inclina en une révérence étudiée.

« Merci. » lui dit-elle simplement alors qu'il déposait un baiser sur sa main tendue.

~~~~~~~~~~

Son bras toujours en écharpe, Nuran attendait patiemment dans le vestibule de la famille Fanel'Za. Pour l'occasion, il portait, sous son épais manteau noir parcheminé de fins détails couleur ocre, une chemise en deux tons : le côté gauche était couleur terre brune – comme il aimait – avec un motif animal d'un ton plus clair. La manche se terminait en pointe, comme tout ses hauts. Et le pan se refermait de manière asymétrique. Le côté droit était d'une blancheur de nacre. Les bords étaient cousus de fils bleus clairs. La manche était échancrée et courte, s'ouvrant juste en dessous de l'épaule. En dessous, il portait un fin haut noir, ciselé également au bout des manches qui descendait jusqu'au coude. On pouvait le voir apparaître sur le côté droit et au niveau du col. Un pagne couleur ocre et bleu nuit le ceinturait. Un chaud pantalon noir complétait sa tenue, ainsi qu'une élégante mais renforcée paire de chaussure noire à bout recourbé.
Nuran avait coiffé son abondante chevelure en arrière, et l'avait attachée, juste le haut, avec un nœud lâche, laissant le reste se répandre dans son dos et sur ses épaules. Quelques mèches folles balayaient son front. Ses habituels anneaux ornaient un doigts sur deux et il portait une unique boucle d'oreille : un fin tube cylindrique couleur ocre, strié de noir.

On lui avait apporté une collation mais il avait décliné. Les parents étant de sortis également, ce fut la gouvernante qui était venue à sa rencontre pour lui demander de patienter encore un peu que la demoiselle Sophia termine de se préparer. Beau joueur, Nuran avait simplement incliner la tête. Il était certes patient. C'était une qualité indéniable pour un chef militaire. Mais il n'aimait pas attendre qu'une femme termine de se farder dans le vestibule. On lui avait bien proposé de patienter dans le salon, mais il savait que s'il attendait là, on ferait presser la demoiselle d'achever sa toilette.

Elle finit par se montrer. Ravissante. Nuran ne put empêcher son visage d'exprimer une agréable surprise. Sa robe couleur bleu ciel semblait légère, faite dans un tissu soyeux. Elle était parcourue d'un fin travail de dentelle en tissu blanc. La taille de Camélia était parfaitement mise en valeur, ainsi que ses rondeurs. Le décolleté était charmant, en rien provoquant. Une étoffe jetée sur ses épaules graciles, ajoutait à l'effet de douceur et d'évanescence. Légèrement maquillée, juste son regard souligné, la cadette des Fanel'Za s'avançait à pas mesuré vers son nouveau cavalier. Elle avait les joues rosies. Son visage, typiquement ombre, était néanmoins plus carré que la plupart des visages féminins de leur race. Cette mâchoire marquée ne l'enlaidissait point. Ses lèvres fines, colorées, ainsi que son nez non marqué, adoucit ses traits. Ses fins sourcils surlignait des yeux vifs, couleur nuit, qui luisaient d'un éclat d'intelligence et de retenue. Sa longue chevelure noire était relevée en une coiffure élaborée dont quelques mèches s'échappaient pour encadrer son visage.
Arrivée à sa hauteur, Camélia Fanel'Za fit une légère révérence au Général, et frère du Roi, tandis qu'il lui faisait un baise-main dans les règles de l'art.

« Général. »
« Camélia ! Aussi ravissante que dans mes souvenirs. » fit-il cajoleur. « Êtes-vous prêtes ? »
« Oui, allons-y. »

Elle lui sourit d'un ton entendu et les deux amis s'en allèrent au Théâtre.



Dernière édition par Nuran Terinfiel le Dim 28 Nov 2010 - 10:35, édité 1 fois
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Lenhar Embral'Denh
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Lun 30 Aoû 2010 - 16:00

    Perdu dans ses pensées, Lenhar n'entendit pas Lady Elönia s'approcher de lui; aussi, quand d'une voix douce elle l'interpella, il faillit tressaillir. Mais il se contint, et ouvrit calmement les yeux pour la voir saluer. Il la salua à son tour, respectueusement, comme son rang le devait. Elle était très jolie, dans son grand manteau de fourrure d'où dépassait une simple mais élégante robe longue; et le froid environnant donnait à ses joues une jolie couleur rosée. Il s'autorisa un sourire.

    "Bonsoir! N'ayez crainte, vous êtes parfaitement à l'heure. Je venais moi-même d'arriver."

    Elle faisait en effet preuve d'un grand respect à son égard, lui qui l'avait malencontreusement blessée. Il n'avait cependant aucune idée de la raison pour laquelle elle avait accepté de venir. En tant que grande dame, elle devait avoir tant à faire; notamment les funérailles du jeune prince elfe que la guerre avait arrachée à ses parents. Tôt ou tard, un conflit ouvert devait éclater. Et Lenhar devrait alors mettre en priorité son devoir envers son peuple, son Roi, son Général. Il n'avait pas eu le temps de visiter Nuran la veille, et il en était fort honteux. Son accident aurait pu néanmoins être bien plus grave, et il s'en était sorti honorablement; avec quelques affaiblissements certes, mais il n'avait pas perdu l'usage de son épaule. C'était le principal. Lenhar reporta son attention sur Elönia, qui lui avait pris le bras, et l'entraînait gaiement vers le théâtre. Elle devait certainement apprécier ce genre de divertissement; sinon elle n'aurait que faire d'être bien placée ou pas. Il se laissa placidement entraîner, toujours un léger sourire aux lèvres. Depuis combien de temps n'était-il pas allé au théâtre, bon sang? Trop longtemps. Puis, son sourire s'effaça à l'innocente question de la noble.
    "J'ai des places, mais je dois les rembourser à un ami sergent qui... Enfin. Il a, heu. Deux places de trop. A présent."

    Lenhar croisa le regard interrogatif de la noble. Elle devait avoir compris ce qu'il voulait dire. Il précisa tout de même à mi-voix - au cas où; pour ne pas qu'elle se fourvoie.

    "Ce sergent très loyal et compétent a perdu sa mère et sa tante durant l'incendie. Il devait se rendre à la représentation de ce soir avec elles, ainsi que sa femme et ses trois enfants. L'un d'entre eux est très jeune, et il n'a pas eu le cœur d'annuler la sortie totalement. Il m'a donc proposé de me vendre ses deux places restantes. Ah, le voilà, là-bas."

    Il joua des coudes pour éviter que sa cavalière ne soit importunée, puis ils arrivèrent au niveau du sergent, un homme respectable et bien mis, cachant le tremblement de ses lèvres sous sa fine barbe blonde. Néanmoins, ses yeux pétillèrent à la vue de Lenhar, et il lui serra chaleureusement la main; et salua Lady Aziel'Da avec maint respect.

    "Ne vous en faîtes pas, chère Lady, c'est moi qui ai proposé mes places au Capitaine, l'ayant croisé dans la journée. Il n'avait rien demandé. Donc, le prix est convenu?"

    "Oui. Je vous remercie. J'espère vivement que cette soirée réchauffera quelque peu votre cœur. Si vous le désirez, vous pouvez prendre encore quelques jours de congés. Votre Lieutenant vous remplacera le temps de votre absence."

    "Serait-ce possible? Merci, mon Capitaine. Je jure que d'ici le troisième jour de la prochaine semaine, je serai de retour. D'ici là, je choierai ma famille et j'organiserai les funérailles qui auront lieu aussi vite que possible. Mais je vois ma femme et mon plus jeune fils, par ici... Je vais vous laisser. Voici les places, et passez une bonne soirée!"

    Les places et la petite bourse pleine de Tiwaz furent échangés. Lenhar eut le réflexe de cacher discrètement la petite rose blanche dans une des larges poches de son manteau, puis il entraîna doucement Lady Elönia vers l'entrée du théâtre.

    Il présenta les places, et ils furent emmenés vers une loge de six sièges, située vers le centre de la pièce, au premier étage, côté droit de la scène. A priori, les tickets étaient en placement libre, mais l'ouvreur semblait avoir reconnu Lady Aziel'Da aînée. Alors qu'il aidait poliment sa cavalière à se défaire de son manteau et qu'il l'accrochait ainsi que le sien à l'entrée de la loge, il se permit un petit calembours.


    "Mon rang ne m'ouvre pas autant de portes dans les théâtres. Mais je suis certain que je serais plus proche du spectacle dans une bonne bataille!"

    Il garda un moment le regard perdu dans les coutures de son manteau.

    "Oui, j'espère que dans ce genre de spectacle, vous seriez placée plus loin que le dernier rang."

    Il alla s'assoir à sa gauche, laissant sa main gauche -celle avec laquelle il maniait sa dague- libre en cas d'attaque. Et de toute manière, de là où il était, il pouvait mieux apercevoir la porte d'entrée. Il plaça son siège à une distance respectueuse de celui de la noble, les accoudoirs distants d'environ dix centimètres. Il s'assit confortablement et, croisant le regard de la noble, lui adressa un sourire chaleureux. Il ne lui arriverait rien ce soir-là, ça elle pouvait en être certaine. Il porta son attention sur la scène. Le spectacle allait commencer d'ici cinq minutes. Il se releva soudain, prétextant un oubli marmonné, et alla chercher la petite rose dans son manteau qu'il coinça discrètement derrière sa dague, cachée aux yeux de la noble, qui de toute manière semblait plongée dans ses pensées. Il put admirer son profil gracile, ses grands yeux fatigués de tristesse et de lassitude,ses hautes pommettes nobles, et ses sourcils sûrs d'eux-mêmes qui montraient combien la jeune femme allait devenir de plus en plus forte et influente qu'elle ne l'était déjà. Il reporta vivement son attention sur le rideau qui commençait à s'ouvrir, conscient qu'il était quelque peu fâcheux d'ainsi fixer une noble dame. Il passa sa main gauche dans ses cheveux. L'absence de nœud pour les attacher le troublait.

    La scène était grande, et le début de la pièce prenait place dans un grand château, très blanc, contrastant avec le nom du royaume des Druides, le bois sombre. Du simili marbre composait le décor, et un grand trône blanc resplendissait au milieu de la scène, captivant le regard. Des serviteurs ainsi que des nobles portaient leur attention sur la silhouette assise sur le grand trône- une silhouette gracile, délicate. La silhouette d'une femme.
    Le thème de la pièce retraçait l'histoire d'un conte, ou peut-être bien même d'une légende assez courante dans le Gwendir: l'histoire de Lewyllana,une Reine légendaire chez les Druides. Personne chez les autres races, à part peut-être les plus érudits, ne connaissait la véridicité de cette légende; et les Druides gardaient jalousement la vérité. Il était dit que cette Reine se mourait d'amour pour un être inaccessible: Mani, la divinité ayant créé le peuple des Druides. Et Lewyllana, persuadée que c'était par la grâce de Mani qu'elle était montée sur le trône, n'acceptait aucun autre prétendant, et ne voulait aucun autre enfant que celui du Dieu.
    Elle était une personne très pieuse, mais très sage, qui à part sa lubie étrange pour la divinité, menait son peuple avec sagesse, les rapprochant encore plus de la nature que ce qui était déjà le cas. Elle avait une connaissance immense en la magie naturelle, et maîtrisait sa transformation en son animal totem -le lion- à la perfection. Ses cheveux, rougeoyants, pareils à une immense crinière, en subjuguaient plus d'un.
    Néanmoins, la pièce débutait quand le grand prêtre de Mani apprenait avec stupeur la passion foudroyante de la Reine pour la divinité, et un silence de mort régnait sur la scène, côté acteurs -et dans la salle, côté spectateurs.



Image de la Reine
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Mar 31 Aoû 2010 - 20:12

Elönia détestait qu'on la fasse attendre. Par conséquent, la jeune femme essayait d'être aussi ponctuelle que possible, malgré les longues préparations auxquelles la noble devait se livrer avant d'apparaitre en public. Savoir qu'elle n'était pas en retard la rassura donc. Elle se voyait mal réprimander les personnes non ponctuelles, si elle-même n'était pas capable de tenir tête à ses principes.

Se frayant un chemin à travers la foule, les deux jeunes gens partirent à l'assaut du théâtre jusqu'à ce que le Capitaine avoue à la jeune femme ne pas avoir encore les places pour la soirée. Faire la queue devant un guichet n'était pas vraiment dans les habitudes de la jeune noble qui appréciait fortement qu'on lui apporte ses billets sur un plateau d'argent. Heureusement, le Capitaine la rassura rapidement, précisant qu'un Sergent devait les lui fournir. Drôle d'organisation, mais Elönia ne fit aucune remarque à ce sujet... d'autant plus que les explications de son ami étaient acceptables... Elle se contenta donc de hocher de la tête.

Le Capitaine l'entraîna alors subitement sur le côté, prenant garde à ce qu'elle ne soit pas bousculée, pour aller à la rencontre du fameux Sergent. C'était un homme gracieux qui afficha un large sourire à la vue des deux jeunes gens, mais son visage était néanmoins marqué par les évènements des jours précédents. Les traits tirés, les yeux cernés, ce sourire qui était peut-être sincère n'était qu'une façade. Seulement, il avait des enfants. C'était donc le rôle des parents que de les préserver du monde qui les entourait, en souriant et en continuant à vivre comme si rien n'était arrivé.

Le Sergent la salua alors, avec une grande courtoisie, avant de lui parler de la vente qui avait lieu devant ses petits yeux.


«Je vous laisse faire. On m'a toujours dit qu'une dame ne devait pas s'occuper de ce genre de chose... »

Elönia ne maniait jamais l'argent. Lors de ses sorties, comme celle-ci, ses places et dépenses éventuelles étaient déjà réglées à l'avance par le comptable de sa famille. Ou alors, lorsqu'elle faisait des achats, la jeune femme se contentait de mettre le total sur le compte de son père qui était généralement réglé chaque fin de mois.

La transaction effectuée, le Sergent repartit au sein de sa famille, tandis que les deux jeunes gens s'avancèrent vers le théâtre. Ils furent pris en charge d'entrée de jeu, menés à l'écart, sur l'un des balcons au premier étage. Elönia ne savait pas si les places achetées correspondaient bien à cet emplacement... Mais visiblement, le placier n'avait même pas pris la peine de vérifier les billets, sachant pertinemment qu'Elönia Aziel'Da demandait toujours ce balcon. La jeune femme pencha définitivement pour la seconde option après la réflexion du Capitaine. Elle n'apprécia que moyennement sa comparaison avec le champ de bataille... il ne fallait pas rire de ce genre de chose... mais la jeune femme supposait bien volontiers qu'il était naturel pour un soldat d'essayer de rendre la réalité plus attractive. Un peu d'humour noir ne faisait de mal à personne après tout...

Prenant place dans un siège, l'aînée des Aziel'Da apprécia que le balcon soit vide. Le monde ne la dérangeait pas, bien au contraire, mais la jeune femme avait eu une journée difficile et elle voulait passer une soirée tranquille, sans tomber sur une personne indésirable ou qui se lancerait dans une grande discussion dont elle n'avait que faire. Le Capitaine s'assit finalement à sa gauche, avant de lui sourire doucement et de se relever presque instantanément, marmonnant quelque chose entre ses dents. Elle le laissa retourner à son manteau, tandis qu'elle gardait les yeux rivés vers le rideau. Elle avait entendu beaucoup de bien de cette pièce et par conséquent, la noble espérait ne pas tomber de trop haut. Il lui était déjà arrivé de venir assister à un spectacle et d'être finalement déçue alors que les critiques concernant la pièce étaient plutôt bonnes. Peu importe, elle était là pour se détendre et oublier, passer une bonne soirée, avant d'attaquer une nouvelle semaine, qu'elle espérait sous de meilleurs augures. La Forge, l'enterrement du prince Haziel avaient été lourds en émotion... Et puis, il y avait cette discussion qu'elle avait surpris entre Elianä... Non... elle ne devait pas y penser, pas maintenant. Elönia se faisait des idées, trop d'idées...et elle ne voulait pas gâcher cette soirée en s'imaginant des choses qui n'avaient pas de sens... Elianä... Non, elle devait l'oublier... Il ne fallait pas y penser, pas ce soir.

Le rideau se leva finalement au moment où le Capitaine reprit place auprès d'elle. Ils découvrirent ainsi l'histoire de la Reine Lewyllana et de son amour inconditionnel pour le Dieu Mani. Un drôle de tableau qui s'annonça fort intéressant.

Jetant un coup d'œil au Capitaine qui semblait captivé par la pièce, Elönia se pencha vers lui et se permit de l'importuner :


« Dites, cela ne vous dérange pas si je vous parle durant la pièce ? Car j'ai tendance à faire des commentaires sur tout et n'importe quoi... Je déteste devoir rester en permanence silencieuse, mais ma mère n'a jamais voulu comprendre cela ! »

Sa génitrice l'avait déjà remise en place bien des fois, où ses jérémiades commençaient à l'insupporter. Mais Elönia était comme cela, une pipelette dans l'âme qui ne pouvait s'empêcher de critiquer les choses qui la dérangeaient. Cette question, si soudaine, semblait par contre amuser le Capitaine.

« De toute manière je parlerai ! Je ne vous laisse pas le choix ! Conclu t-elle d'une voix chaleureuse. »

Se concentrant de nouveau sur la pièce, le Grand Prête fit son entrée sur la scène. Ce dernier venait d'apprendre la passion malsaine de la Reine envers le Dieu qu'il servait... Il était donc venu dans l'espoir de la raisonner...

« Votre altesse, je dois m'entretenir avec vous d'une affaire qui ne peut attendre ! »

La Reine Lewyllana se leva alors de son trône, rejoignant le Grand Prêtre. Seulement, elle ne le laissa pas poursuivre, se mettant subitement à faire l'éloge du Dieu à qui appartenait son cœur, mais également du Grand Prêtre. En tant que serviteur de Mani, la Reine le respectait énormément. Lorsqu'elle avait un doute sur une décision à prendre, elle allait le voir pour qu'il la guide dans ses actions et jusqu'à ce jour, tous ses choix furent judicieux. Le Grand Prêtre avait toujours considéré la Reine comme une femme très pieuse, mais il était loin de s'imaginer qu'elle puisse espérer concevoir un enfant avec le Dieu de la lune. Cette révélation, rapportée par une des servantes de la Reine, avait accablé le vieille homme, comme il essayait désespérément de l'expliquer à sa souveraine. Elle ne pouvait continuer à espérer une telle chose... Les Dieux étant capricieux, il était impossible de savoir si un jour un enfant naitrait dans son ventre via l'intervention divine. Et par conséquent, ce ne serait pas sa progéniture qui aurait la chance de monter sur le trône, elle devait le comprendre. Lewyllana lui tourna alors le dos, visiblement blessée. Chose qui affecta le Grand Prêtre.


« Majesté, nous pouvons trouver ensemble une solution à votre problème... »

Le visage de la Reine s'illumina alors.

« Pourquoi ne pas demander à Mani de choisir pour vous, le prétendant qu'il jugera digne de vous? »

Surprise, la Reine allait répondre, mais des bruits de pas se firent entendre, avortant la discussion. Une voix féminine s'éleva alors, ferme, sèche. Elönia supposa qu'il s'agissait peut-être de la mère de Lewyllana...

« Ciel ! Je suis impardonnable. S'exclama Elönia. Comment va votre mère ? ! Elianä m'a rapporté que les dégâts causés par l'incendie n'ont pas épargné sa personne ! »

Comment avait-elle pu oublier de demander de ses nouvelles ? Il s'agissait de la mère du Capitaine quand même... Rien de bien grave, sinon il ne serait pas présent, mais c'était la moindre des choses qu'elle prenne connaissance de son état de santé. La jeune femme aurait simplement pu attendre l'entracte pour formuler une telle question... mais l'épisode de la génitrice arrivant sur scène l'avait rappelé violemment à l'ordre...

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Lun 18 Oct 2010 - 15:44

Un galant homme, avisant sa détresse et les difficultés éprouvées pour rejoindre le théâtre, lui ouvrit un large passage, apostrophant tous ceux sur son passage, pour laisser l'occasion à la jeune fille de sortir de la cohue. L'homme était tiré à quatre épingles, comme il seyait en pareille situation, mais à classer dans la catégorie des parvenus, comme le répétait sans cesse sa mère. Elle avait appris à le reconnaître au premier coup d'œil.

- Mes remerciements, monsieur. Sans vous, je serai surement encore dans cette foule, manquant m'étouffer.

Il tenait toujours son bras et Elianä frissonna, en constatant que plutôt que de la lâcher, il affermissait sa prise, s'approchant de la noble qui ne pouvait pas s'enfuir sans paraitre impolie vis à vis de son sauveur. Elle continuait de sourire, mais celui-ci était forcé, elle ne se sentait pas du tout à l'aise en compagnie d'un homme comme lui. La jeune fille avait entendu trop d'histoires à faire froid dans le dos pour avoir envie de la laisser s'approcher plus encore d'elle.

- Sauvez une aussi charmante personne est un plaisir, lady..?

Elianä faillit rire, mais elle profita plutôt du passage d'un couple à leur côté pour déloger son bras de la poigne de l'homme et de tourner en vitesse les talons, sans rien répondre. Si sa mère avait été là, la cadette aurait eu droit à un sermon, surtout si celui qui l'avait accosté avait été un pair. Mais heureusement pour elle, sa mère n'était pas là et elle n'avait certainement pas eu à faire à un véritable seigneur Ombre, sa conscience était sauve.

La noble finit de se faufiler entre les différents groupes qui s'étaient naturellement formés, pour rejoindre la place inscrite sur le billet. Ce n'était pas dans une loge privée, les Granelire n'avaient certainement plus les moyens de s'offrir une sortie au théâtre en dépensant sans compter. Ça ne gênait pas tant que cela Elianä qui, tant qu'elle se trouvait assise, pourrait profiter comme il se devait du spectacle qui leur serait présenté. Mère et filles étaient déjà installées et Elianä s'excusa, prétextant avoir reconnu des connaissances parmi la foule qui patientait sur le parvis du théâtre et dans le hall. Elles étaient plutôt bien placées, c'était déjà cela, et il restait encore quelques places libres à côté de la jeune fille. Elle se demanda un instant qui serait son futur voisin, mais ne s'appesantit plus sur cette idée, se concentrant plutôt sur ce qui se passait devant elle, plutôt qu'à côté.

Son chaperon pour la soirée ne faisait plus attention à elle et Elianä put sans difficulté suivre les péripéties de la reine druide. Elle aurait dû s'inquiéter avant de la pièce qui allait être jouée, la jeune fille se serait peut-être fait plus rapidement à l'idée que cette soirée allait être une soirée gâchée. Qui ne connaissait pas cette histoire ? La reine druide éprise de Mani, le Grand-Prêtre désirant la remettre sur le droit chemin et la reine-mère, jalouse de sa fille, n'acceptant pas d'avoir été détrônée par sa propre engeance et qui cherchait pas tous les moyens à précipiter la fin de l'actuelle dirigeante du peuple druide.

La douairière était altière, pleine de morgue alors qu'elle s'avançait au centre de la scène, captant ainsi tous les regards, comme l'exiger son statut. Ou l'idée qu'elle se faisait de son statut. Son époux le roi était mort depuis des années et Melalian s'était occupée de la régence au nom de Lewyllana, avant d'avoir laissé sa place à sa première née, comme le voulait la coutume. Melalian avait également eut vent de la passion dévorante de son ainée et compter bien en profiter pour la discréditer et récupérer ce qui lui revenait de droit.

- Ma fille, que vient-on de m'apprendre, aurais-tu perdu l'esprit ? murmura Elianä tandis que sur scène, l'actrice incarnant la régente déchue en faisait de même, avec plus de force et de vigueur que la noble, ainsi que de justesse et ce qu'il fallait de désappointement pour paraitre sincère dans sa surprise.

Le Grand-Prêtre, de son côté, s'était raidit à l'apparition de la reine-mère, au fait de la haine que vouait cette dernière à sa fille. Il ne laissa pas à la souveraine l'occasion de répondre aux larmoiements de sa génitrice et reprit là où il avait été interrompu, tandis que Melalian fulminait de son côté.

« Organisons des épreuves pour découvrir qui sera le plus digne d'être roi à vos côtés, ma reine. Je suis la Grand-Prêtre du divin Mani et si vous me l'accordez, je serai juge de ses épreuves. »

Elianä, dans son siège, s'était renfoncée, attendant déjà l'esclandre qu'allait provoquer la reine-mère à cette proposition du Grand-Prêtre.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Jeu 28 Oct 2010 - 12:27

Nuran ne sut rien des affaires de cœur de cette reine, ni de sa marâtre de mère, ni de l'affection du Grand Prêtre. Il était bien trop occupé à... dormir. En effet, le sieur Terinfiel était confortablement installé sur l'épaule de sa cavalière. Un sourire presque innocent étirait ses lèvres.

Camélia en souriait et ne pipait mot. A quoi bon ? Ils étaient au milieu d'une représentation et si son chevalier servant d'un soir voulait profiter de la lueur tamisée et de la chaleur cosy des lieux, cela ne gênait absolument pas la noble. Il y avait bien longtemps qu'il ne l'avait touché d'ailleurs, et ca lui manquait. Même si pour le moment, elle ne faisait office que d'oreiller. A ce propos, c'était légèrement frustrant. Surtout quand on devait juste faire acte de présence. Cette pièce, Camélia la connaissait par cœur. Ce n'était pas la première représentation à laquelle elle assistait. De plus, elle l'avait lu encore et encore lors de longues heures d'études. Si elle était là, c'était uniquement une question d'étiquette et de rang. Deuxième famille de la noblesse Ombre, elle se devait de participer à quelques évènements mondains pour assurer la pérennité de leurs différentes relations. De plus, les bénéfices que contracterait la troupe seraient versés pour la reconstruction de la Forge ainsi que des foyers des plus démunis. Alors bien évidemment que les Fanel'Za se devait de faire quelque chose. Ses parents étaient à un dîner, son aîné a une soirée, son autre aînée devait donner de la soupe aux sans-abris ou quelque activité du même genre. En soit, si elle y réfléchissait, Camélia s'en était plutôt bien sortie. Elle était confortablement installée au Théâtre avec un séduisant homme qui, une fois réveillé, ne lui ferait pas défaut la nuit venue. Elle l'espérait tout du moins. Ou cette soirée aurait pu être bien pire.

Soudain, elle sentit comme un picotement dans sa nuque. Il semblerait qu'on l'observait. Ou plutôt, les observait. A reconnaître la sensation, Camélia se douta que l'intention n'était pas favorable. Elle eut un sourire en coin, plein de malice. Doucement, elle pencha sa tête sur sa gauche, jusqu'à la poser tendrement sur celle de Nuran. La noble entendit un « Humpf ! » outré entre les paroles tonitruantes des acteurs sur scène, ou plus précisément de la marâtre qui criait son indignation pour cette mascarade que le Grand Prêtre voulait mettre en œuvre. Sa fille était perdue, disait-elle. Que Loki lui pardonne, mais il n'y avait plus rien à faire. Et qu'au lieu de lui chercher un époux digne de régner à ses côtés, il valait mieux considérer un retour de la Régence. Ce à quoi le Grand Prêtre prit un air absolument choqué et se tourna, presque désespérément vers sa reine – l'acteur y avait mis un peu trop de choc et de désespoir au goût de la noble – mais cette dernière ne semblait pas tellement redescendu de son nuage lokien.
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Ven 29 Oct 2010 - 22:32

Spoiler:
 


    Lenhar se permit un franc sourire lorsque la jeune femme lui demanda si elle pouvait lui parler durant la représentation. Si ça, ce n'était pas un sacré toupet ! Heureusement qu'il n'était pas de ces êtres férus d'art, qui seraient prêts à mordre si jamais on les importunait lorsqu'ils savouraient une bonne pièce de théâtre, ou une belle représentation musicale. Non, il n'était pas de ceux-là. Et il en était bien content. Son sourire s'élargit lorsqu'elle décréta qu'il n'avait pas le choix. Il se pencha en chuchotant.

    "Je supporterai avec plaisirs vos doux babillages, mais essayez aussi de profiter du spectacle, il sera ce me semble fort intéressant. Mais peut-être moins que votre conversation, nous verrons bien."

    Il se plongea dans la contemplation de la pièce, levant un sourcil devant la belle prestation des acteurs. Quand soudain, Elönia se pencha à nouveau à son épaule, lui demandant des nouvelles de sa mère. Et bien, les nouvelles allaient vite. Il se sentit, l'espace d'un instant, un peu seul sur la planète, en repensant à sa pauvre mère qu'il avait oubliée à son coin de magasin alors qu'elle était blessée. Il était bien évidemment retourné la voir, et ce aussi vite que possible. Très honteux. Mais elle ne lui en avait pas voulu, décrétant qu'il avait fait son devoir, etc. Mais il avait quand même eut du mal à encaisser le coup. Car Lenhar, en bon mâle qu'il était, ne pouvait pas supporter de voir qu'il avait oublié sa maman. Ce que c'était puéril. Mais bon. Il tourna trois fois la langue dans sa bouche avant de répondre.

    "Oui, il se trouve qu'elle avait été blessée aux jambes durant l'incendie, et avait été coincée par la poutre qui l'empêchait de sortir. Je l'ai secourue alors que j'étais avec votre soeur et Malvergh (qui entre nous soit dit a pu retrouver sa mère et son père), et je l'avais mise à l'abri sur la place principale alors que je m'occupais de diverses petits détails, comme de réorganiser les troupes ou alors empêcher le général de mourir. Bref, c'était vraiment passionnant. Ah, oui, et protéger autant que possible votre soeur, aussi. Et.. J'ai oublié de récupérer ma mère quand je suis monté vers la palais (soupir). Heureusement, votre soeur me l'a fait... remarquer, puis elle a dépêché des soldats la secourir. Mais vous devez déjà savoir tout cela. Sinon, ma mère est hors de danger. Elle ne perdra pas l'usage de ses jambes, et ne gardera pas de séquelle. Elle pourra à nouveau forger. Par contre, une partie de sa forge a brulé. Mais je crois qu'elle est parvenue à calfeutrer les armes dans la cave quand l'incendie s'est déclaré, et donc elle n'a pas tout perdu. C'est bien pour elle. Je suis vraiment soulagé qu'elle aille bien."

    Lenhar se tut, se rendant compte qu'il avait beaucoup parlé. Ahem. Beaucoup. Mais la noble ne semblait pas gênée outre mesure, puisqu'elle ne lui avait pas intimé de se taire, ou quoi que ce soit. Lenhar reporta un instant son attention sur la pièce, qu'il avait suivit du coin de l'œil durant sa tirade. Il avait vaguement suivi l'arrivée de la mère sur scène, et alors que le Grand Prêtre cherchait une solution qui puisse convenir à tout le monde. Et qui ne convenait à personne, puisque la reine retourna vers ses appartements, vexée qu'on lui proposât un champion alors qu'elle désirait le Dieu. Qu'on lui proposât un être insignifiant alors qu'elle méritait la lumière, déclara-t-elle. Et l'actrice, magnifique de beauté et de supériorité, sortit de scène. Rideau.
    La seconde scène se déroulait dans ce qui semblait être le Temple de Mani. Elle était découpée en deux moitié. A gauche, la reine, pieusement agenouillée devant l'autel, priait avec passion pour ce Dieu qu'elle aimait tant. Elle psalmodia d'une voix grave et veloutée une magnifique prière Druide ; et un silence s'abattit sur la salle lorsque l'actrice chanta.
    La seconde moitié de la scène était occupée par la vieille reine et le Grand Prêtre de Mani, qui parlaient à voix basse -mais pourtant audible, magie du théâtre-. La femme tentait encore de convaincre le religieux de réinstaurer la régence, mais celui-ci resta ferme sur sa décision. Il allait organiser un grand tournoi en l'honneur de Mani, et celui qui le gagnerait avec honneur serait jugé digne d'être Choisi de Mani, et pourrait demander la main de la Reine. De toute manière, à part un miracle, il n'y avait pas vraiment d'autre choix.
    Il fut décidé, et affiché dans tout le royaume, que le concours se déroulerait en trois épreuves. La première serait celle des présents : les participants devaient prouver leur amour en apportant à la Reine le présent qu'ils trouveraient le plus digne d'elle. La seconde était un tournoi, d'où sortiraient trois vainqueurs. Ces trois vainqueurs devraient alors être confrontés à une troisième épreuve, gardé secrète alors.

    Lenhar sourit en voyant cela. Finalement, les contes et légendes se ressemblaient tous, et promulguaient tous les mêmes valeurs d'amour, de compétition, d'honneur et de piété. Mais ils montraient aussi toujours les mauvais côtés des êtres, et Lenhar ne doutait pas un instant que quelques participants se révélassent mauvais, ou désireux de vaincre juste pour obtenir le pouvoir, et pas par amour pour la Reine.
    Il se pencha vers Elönia.


    "Si je devais offrir un présent à une dame, il faudrait qu'il vienne d'un élan spontané, pas d'une recherche désespérée."

    Il porta la main à sa dague, feignant une surprise enjouée.

    "Oh ! Mais qu'est-ce que j'ai là ?"

    Et doucement, respectueusement, il présenta la rose à la noble.

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Jeu 4 Nov 2010 - 20:01

Se lançant dans une longue tirade, le Capitaine raconta à la jeune femme les péripéties qui furent causées par l'incendie de la Forge. Elönia se contenta de hocher de la tête, soulagée d'apprendre que la génitrice du jeune homme se remettait lentement, mais surement, de ses blessures. Elle esquissa un léger sourire, que la noble aurait aimé éviter pour ne pas vexer le Capitaine, lorsque ce dernier évoqua l'épisode où il avait oublié sa mère dans le chaos qui régnait. Cette femme avait raison de ne pas lui en vouloir, car ce ne devait pas être si simple d'organiser ses troupes, de protéger sa génitrice, un enfant et une jeune femme. Si Elianä allait bien aujourd'hui, c'était en grande partie grâce à lui... et non pas grâce à Nuran ! Ce coureur de jupons n'était décidément bon qu'à faire la cour aux jeunes femmes... Et dire qu'Elönia avait osé lui confier sa sœur avant de partir avec le Roi... La noble était, peut-être, un peu sévère avec lui, elle en avait conscience, le boulot de Général des armées n'étant pas de tout repos également... Mais en attendant, c'était le Capitaine qu'il fallait remercier.

« Je suis ravie de ces nouvelles. Espérons qu'elle puisse reprendre rapidement son activité. A-t-elle des réserves financières pour vivre convenablement en attendant ? Sachant ce que vous avez fait pour Elianä, je suis certaine que mon père pourra l'aider si elle le désire ! »

Il pouvait bien faire cela pour le Capitaine, ou du moins, Elönia en était persuadée, surtout qu'il refusait rarement les demandes de sa fille... lorsqu'elles étaient motivées d'une raison valable !

«J'aimerais d'ailleurs vous remercier personnellement d'avoir secouru ma cadette... Vous savez, ma mère dit souvent que je suis une tête de mule, mais ma petite sœur l'est encore plus... Je lui avais pourtant dit de faire attention...»

Reportant son attention sur la pièce, pour oublier ces mésaventures, Elönia se demandait bien en quoi consistait la troisième épreuve que souhaitait infliger le Grand Prêtre aux participants. La mère de Lewyllana protesta alors, expliquant au prêtre qu'elle disposait de nombreux atouts dans sa manche et que si la régence n'était pas restaurée à l'amiable, elle prendrait les mesures qui s'imposaient...


Le Capitaine se pencha alors vers elle, surprenant Elönia. Il lui murmura une sorte de plaisanterie avant de mettre sous le nez de la jeune femme une jolie rose blanche. Elle était belle, fraiche et sentait drôlement bon. Elönia sourit de bon coeur, à la fois surprise et touchée par cette petite, voir toute petite, attention qui lui faisait plus plaisir qu'elle ne le laissait réellement paraitre.

« Que c'est aimable de votre part ! Vous n'étiez pas obligé ! Dois-je la mettre dans les cheveux ? »

La question faisait bien évidemment échos à la petite fleur en papier que le Capitaine lui avait découpé, lors de leur entrevue dans la chambre de la jeune femme, avant de la lui mettre dans les cheveux. N'attendant pas Elönia ajusta sa coiffure pour glisser la fleur derrière son oreille, mais elle dut avorter cette entreprise en se piquant maladroitement le doigt sur une des rares épines restantes sur sa petite tige. Machinalement, elle porta à sa bouche le doigt meurtri, réprimandant la minuscule goutte de sang qui venait de perler à son extrémité. La prochaine fois, elle réfléchirait à deux fois avant de faire des âneries pareilles.


« Bon, pour la décoration je repasserais ! Ne m'en tenais pas rigueur je vous en supplie ! » Conclut-elle en plaisantant.

Ainsi, Elönia garda la précieuse rose dans ses mains, en prenant soin de ne plus s'écorcher. Les deux jeunes gens venaient de manquer un moment important de l'intrigue où le Grand Prêtre de Mani venait de quitter la scène, laissant la Reine mère seule avec un nouveau serviteur qui venait d'arriver. Il semblait louche et la suite des évènements confirmèrent la pensée d'Elönia. La mère de Lewyllana voulait faire un coup d'État. Elle rétablirait la régence par la force, contre sa fille, s'il le fallait. Pendant ce temps, de l'autre côté de la scène, la Reine venait de terminer son chant et le Grand Prêtre venait de la rejoindre, se doutant que la Reine mère avait une idée derrière la tête. Ainsi, il pria sa majesté d'accepter son compromis et pour cela il allait, d'ores et déjà, faire publier dans tout le Royaume l'annonce des épreuves. Ne voulant rien entendre, Lewyllana protesta, précisant qu'elle était encore jeune, qu'elle attendrait le temps qu'il fallait et qu'elle resterait immaculée si le Dieu ne lui donnait pas l'enfant qu'elle désirait...

Le rideau tomba de nouveau, le temps d'installer un nouveau décor.

Elönia observa alors son chaperon, qui avait l'air ailleurs jusqu'à que ce dernier la remarque finalement.

« J'ai tiré les cartes hier soir et elles m'ont révélé une chose intéressante. Non pas que vous aimiez les hommes, je vous rassure, mais que vous aviez 27 ans ! Est-ce bien le cas ?  »

C'était absolument faux. Elle n'avait pas tiré les cartes. Elönia savait juste à qui s'adresser lorsqu'elle avait des questions à poser ! Elle curieuse ! ?
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Sam 13 Nov 2010 - 17:40

Après ce bref temps d'arrêt, la pièce reprit sur un nouveau décor, un nouvel acte. L'intérieur avait laissé place à une scène en extérieur. Une large estrade avait pris place dans le fond de la scène de théâtre, pour laisser le champ libre, devant, aux épreuves. Le reine était présente, contrainte et forcée, l'actrice retranscrivant avec talent l'ennui et le désespoir de la jeune reine, qui était pourtant bien présente. Les argument du Grand-Prêtre, surement, avaient fait leur effet sur la souveraine.

Justement, à sa droite se tenait le Grand-Prêtre de Mani, qui avait revêtu pour l'occasion ses atours des grands jours. La reine-mère, elle, était absente, surement occupée à fourbir ses armes et manigancer contre sa propre fille. Devant l'estrade prenaient place les différents nobles et chevaliers qui étaient venus des quatre coins du pays pour ravir le cœur et la main de la reine. Les acteurs prenaient garde à montrer leur visage et leur couleur aux spectateurs, avant de faire face au personnage principal, Lewyllana. Sans difficulté, Elianä reconnut parmi les acteurs masculins Sevias Vajean et même les deux filles Granelire semblèrent se réveiller à cette vision. Elianä les surprit à échanger des commentaires passionnés et pousser des soupirs à fendre l'âme en couvant du regard le célèbre Sevias. La cadette Aziel'Da ne comprenait pas vraiment cet engouement. Certes, l'acteur était plutôt beau garçon dans son genre, mais son jeu était tout juste limite, de l'avis de la jeune fille. Il devait jouer Jareid dans la pièce, celui qui ravirait finalement le cœur de Lewyllana. De quoi attirer toutes les midinettes au théâtre pendant un moment, à défaut de rendre le personnage intéressant.

Elianä reporta son attention sur ce qui se passait devant elle, alors que son chaperon remettait à leur place ces deux filles, qui gloussaient à qui mieux mieux, comme des idiotes. Le Grand-Prêtre venait de finir de présenter les différents concurrents, finissant son tour de présentation par le perfide Lothik. Au premier coup d'œil, on devinait que celui-ci allait poser quelques problèmes dans la suite des événements. L'œil torve, Lewyllana observa son Grand-Prêtre se lever et rejoindre la balustrade qui entourait l'estrade où ils se trouvaient. Sur les côtés, des figurants faisaient office de spectateur, le peuple qui suivait avec intérêt les épreuves, presque une journée de festivités, pour eux.

- Si vous êtes présents aujourd'hui, c'est dans le but de prouver votre valeur. Force, endurance, agilité, courage et intelligence vous seront utiles pour être vainqueur des épreuves. Moi, Cidan Ybauf, serai seul juge. Que Mani guide vos pas et vous permette de triompher de toutes les embûches. Bonne chance.

La première épreuve était lancée. La force pour être à jamais capable de protéger sa reine de tous ses ennemis, qui voudraient en vouloir à sa vie. Le premier à faire couler le sang de son adversaire serait déclaré vainqueur, le dernier concurrent en lice prendrait la tête des épreuves. Et comme toute épreuve, il y avait des règles : interdiction de blesser mortellement son adversaire, une estafilade suffisait (la magie du théâtre avec le sang qui apparaissait au bon moment, sans blesser l'acteur réellement) ; interdiction de tromper son adversaire par des moyens lâches ; interdiction de sortir de la limite imposée par le terrain, sous peine d'être éliminé sans somation.

Le premier duo passa, quelques répliques très théâtrales ponctuant leur duel. Le second duo, et première confrontation entre le héros et son antithèse, prirent place. Lothik était intelligent et personne ne soupçonna une tricherie quand il envoya à terre son adversaire, qui réussit malgré tout à se remettre sur pied, mais qui ne put contenir longtemps les assauts du tricheur, qui gagna. A côté d'Elianä, les deux filles Granelire poussèrent des exclamations de dépit, sous les regards courroucés des nobles autour d'eux, dont Elianä.

Les deux derniers duos passèrent, puis les vainqueurs des premiers tours combattirent, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un, Lothik le Perfide. Le Grand-Prêtre annonça le nom du vainqueur et présenta sans attendre l'énoncé de l'épreuve suivante, qui marquerait l'arrivée prochaine de l'entracte, après la conclusion de cette seconde épreuve.
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Dim 28 Nov 2010 - 10:32

La seconde épreuve consistait en une sorte de course d'obstacles. L'endurance sera votre clef, avait dit le Grand Prêtre. Et là Camélia pouvait reconnaître à la troupe un certain talent. Le décor et sa mise en place était bluffant. Un labyrinthe s'élevait à présent sur toute la longueur de la pièce, exceptée une petite estrade sur laquelle trônait la Reine et le Grand Prêtre. Spectateur eux aussi de la course. Endurance, agilité, rapidité, voilà les qualités que les concurrents vont devoir développer pour sortir de cette épreuve. Évidemment, interdiction de couper à travers bois, ou de passer par-dessus les haies. Il leur faudra suivre le chemin, même si celui-ci allait les faire tourner en rond pendant un moment, jugea la noble. Et comme de bien entendu, tous suivirent les règles. Tous ? Non. Sauf un. Lothik le Perfide. Il ne pouvait en être autrement. Ce gredin trouva moyen de berner la surveillance du Grand Prêtre et se faufila droit à travers champ. Il remporta ainsi l'épreuve.
Et sur un rire machiavélique de ce dernier, le rideau tomba sur la scène. L'Entracte.

Lorsque les lumières se rallumèrent doucement, Nuran s'éveilla de sa léthargie. L'air particulièrement endormi, il releva sa tête et fit jouer les muscles de son cou, sous le regard amusé de sa compagne.

« Comment avez-vous trouvée cette première partie, mon ami ? » demanda Camélia, taquine.
« Magnifiquement interprétée, comme toujours. » éluda habilement le Général, en recouvrant ses esprits.

Nuran lui rendit son sourire de connivence et se leva.

« Et si nous allions nous dégourdir les jambes ? » proposa-t-il en tendant son bras.

La noble n'hésita pas et s'en saisit.

« Allons-y. »



Les couloirs du théâtre étaient bondés. Apparemment, ils n'étaient pas les seuls à vouloir marcher un peu. Les conversations tournaient pratiquement toutes autour de la pièce et de leurs impressions. Cela ennuyait Nuran. Non pas parce qu'il avait manqué ladite partie en somnolant tranquillement sur l'épaule de sa partenaire, mais plutôt parce que le théâtre et lui, ca faisait deux. Il n'avait jamais pu suivre une pièce de bout en bout. Soit il s'endormait, comme ce soir-là, soit il s'intéressait plus à son environnement proche de jupons et dentelles, et cou offert à des doigts agiles et des lèvres expertes. Autant dire qu'il trouvait son spectacle bien souvent en dehors de la scène elle-même.

De part la foule qui obstruait le corridor, Camélia en profita pour coller son galant plus que de nécessaire. Cela ne manqua pas d'attirer quelques regards furibonds. Et bien qu'elle n'y montra qu'indifférence, la noble en était ravie. Elle avait le plus beau et expérimenté parti du Royaume Ombre à son bras et toutes ici présente savait ce qu'il adviendrait lorsque la nuit et un moment de solitude surviendraient. Camélia Fanel'Za en jouait. Tout comme son compagnon.

Nuran était de nouveau alerte et parfaitement conscient de son entourage, froufrouteux et fardés à souhait. Il était au paradis. Une douce vision de bonheur et de simplicité. De normalité, après les atroces évènements qui avaient précédé cette soirée. Mais l'Ombre avait d'autres choses en tête qu'une image de champ de bataille. Il venait de repérer un visage bien trop familier dans la foule et s'y dirigeait avec toute l'élégance et la grâce qui seyait à son rang.
Camélia se laissait guider et haussa un sourcil quand elle aperçut leur destination. Dans quel nouveau jeu son facétieux compagnon allait-il encore l'entrainer ?

« Douce et Charmante Elianä Aziel'Da ! Ainsi donc vous nous faites l'honneur de votre présence en cette magnifique soirée de divertissement ! » s'inclina malicieusement Nuran, en une révérence travaillée. « Camélia et moi-même jouissons de cette soirée avec délice ! » fit-il plus taquin encore.

Il était inutile qu'il présente sa compagne à son amie. Les Familles nobles de la cour Ombre se connaissaient toutes. Et les Aziel'Da et les Fanel'Za étaient en lice pour le pouvoir depuis bien des siècles. Leur rivalité était connue et su de tous, et devenue naturelle au fil du temps. La main de Camélia se fit plus ferme au bras de Nuran, tandis qu'un sourire de mascarade étirait ses fines lèvres. Détail qu'aucun des deux autres partis ne manqua. Au grand amusement du Général, qui voyait là un spectacle bien plus amusant que cette soporifique pièce.
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Sam 4 Déc 2010 - 15:37

    Lenhar avait doucement secoué la tête quand Elönia lui avait parlé d'aide financière. Sa mère, faisant partie des forgerons les plus méritants de la ville, avait largement de quoi subsister le temps de faire reconstruire sa forge. De plus, comme elle n'allait pas perdre ses jambes, elle pourrait continuer à travailler sans encombre. Il n'y avait donc aucun problème ; et Lenhar doutait fortement que sa mère n'accepte de l'argent parce que son fils avait fait son devoir (ce qui était parfaitement logique et véridique, convenons-en.)
    De plus, il se prit à sourire en la voyant parler de sa sœur. Les amours fraternelles étaient vraiment d'étranges choses ; tantôt on détestait l'autre, tantôt on l'adorait. Et même si le ton d'Elönia quand elle parlait de sa petite sœur était passablement exaspéré, on pouvait néanmoins sentir qu'elle s'était fait un sang d'encre pour elle ; on pouvait sentir le profond soulagement qu'elle avait ressenti en retrouvant Elianä.

    La réaction qu'eut la jeune femme quand il lui offrit la fleur l'enchanta : c'était plein de candeur et de douceur, bien plus qu'elle ne voulut en faire paraître. Elle tenta de la mettre dans ses cheveux ; Lenhar voulut la prévenir qu'il y aurait certainement des épines (c'était une rose, soyons logiques), mais il n'en eut pas le temps, et la noble se piqua le doigt. Il fut sur le coup un peu alarmé, se disant qu'il n'avait pas de désinfectant sur lui. Il murmura juste quand elle se résigna en riant :


    "J'espère vivement que vous ne vous infecterez pas... "

    Ils revinrent au spectacle, qui s'annonçait fort intéressant. L'intrigue commençait à se révéler, et s'annonçait passionnante. Le jeu des acteurs était vraiment formidable. Ses pensées se mirent à vagabonder, et il fut étonné de voir soudain le rideau déjà tombé et Elönia en train de lui parler. Quand d'un air malicieux, elle lui annonça son âge tout de go, il éclata de rire.

    "Vos cartes n'ont pas menti, chère Lady ! Vous devez avoir une fine dextérité pour tirer les cartes et trouver un renseignement aussi précis..."

    Il ne croyait pas trop aux cartes, et se dit qu'elle devait s'être renseignée. Après tout, vu son rang, elle pouvait demander environ à n'importe qui s'il connaissait l'âge du capitaine des fantassins sans se faire rabrouer. Un sourire resta sur son visage, doux et plein de bonne humeur.

    "Je n'ai moi-même pas de cartes à tirer, mais j'ai des soldats aussi bavards que des femmes de chambre. La rumeur court ces temps-ci que ce serait bientôt votre anniversaire ... Mais comme ce n'est qu'une rumeur, et qu'elles courent vite, je n'ai pas cherché à en remonter à la source (je n'en ai surtout pas eu le temps)"

    Lenhar eut la finesse de ne pas demander son âge à la Lady, conscient que cela pouvait parfois gêner les femmes de se voir demander leur âge. Il supposait seulement qu'elle ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Mais il préférait ne pas s'avancer ; ne savait-on jamais.
    Ils reposèrent leur attention sur le rideau qui s'était à nouveau ouvert. Le décor du tournoi était absolument magnifique, et les prétendants étaient, bien que très manichéens, des caractères intéressants et fouillés. On sentait que les acteurs avaient beaucoup prémédité leur jeu afin qu'il soit le plus juste possible. Lenhar adorait ce genre de soin apporté à la représentation ; il n'avait que très peu le temps d'aller au théâtre, mais sa mère, qui lui chantait beaucoup de choses dans sa jeunesse, lui avait toujours conseillé de rechercher la justesse dans les mots et les émotions, le reste viendrait tout seul. Il devait en être de même pour le théâtre, supposa-t-il.
    Le rideau tomba, et Lenhar soupira d'aise devant une si belle pièce. Il se tourna vers Elönia en souriant.


    "Que pensez-vous de cette pièce pour le moment ? Je la trouve passionnante et très finement jouée."

    Puis, il l'invita à sortir de la loge en lui offrant son bras, afin qu'ils se dégourdissent les jambes le temps de l'entracte. Ils marchèrent, suivant le flot des spectateurs, Snotra seulement savait où. Il prenait soin à ce qu'elle ne soit pas trop bousculée par les différents passants, quelles que soient les parures portées (oui, plus la robe était vaste, plus elle encombrait les couloirs). A un moment, Lenhar reprit la parole, doucement.

    "Vous savez, je suis vraiment heureux que vous ayez accepté de venir à cette représentation."

    Il n'osa pas en ajouter plus. Puis, à un moment, il lui sembla reconnaître une voix familière. Ils continuèrent de déambuler, pour se retrouver à quelques mètres du... Général Nuran ? Avec sa cavalière, qui semblait être Camélia Fanel'Za, et... Elianä ? Oulalah, qu'est-ce qu'il avait encore fabriqué, ce bougre de Chef ?
    Lenhar les fit reculer un petit peu, évitant qu'ils soient vus, cachés par la foule.


    "Je vous en prie, Lady Elönia, n'allez pas à la rencontre de ces trois-là... Du moins pas encore ! Je pense que notre intervention serait très mal venue, et n'aiderait pas vraiment votre sœur, pour le moment. Désirez-vous rester dans les parages, ou retourner à la loge, puis essayer de parler à votre sœur plus tard ?"

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Dim 5 Déc 2010 - 21:47

Éclatant de rire, suite à la plaisanterie concernant son âge, le Capitaine confirma les informations d'Elönia. Elle réprimanda l'envie de lui tirer la langue, consciente qu'il se moquait d'elle en parlant de sa dextérité digitale. Il n'était visiblement pas dupe et il avait raison. De toute façon, Elönia n'aspirait pas à lui faire croire qu'elle était une grande cartomancienne. Il s'agissait juste d'une plaisanterie parmi tant d'autres, fruit d'une grande curiosité. Seulement, le Capitaine semblait, lui aussi, plein de ressources concernant sa petite personne...

« Vous êtes en effet bien informé, même si quelques bonnes semaines vont s'écouler avant que je ne puisse le fêter. Ne vous inquiétez pas, je vous enverrai une invitation ! Plaisanta-t-elle »

Reportant son attention sur la pièce, la jeune femme ne put s'empêcher de soupirer lorsque l'entracte fut annoncé. Comme par hasard, ce dernier survenait toujours à un moment critique où le suspense était à son comble. La dernière épreuve aurait donc lieu après la pause. Lenhar semblait, lui aussi, impatient de découvrir la suite, lui demandant son avis sur la pièce.


« Hum... Je la trouve fort plaisante en effet. Je me demande donc qu'elle va être l'issue de ce tournoi, mais je doute que la Reine se résigne docilement à épouser le vainqueur !»

Acceptant le bras du Capitaine, qui avait décidé d'aller se dégourdir les jambes, la jeune femme le suivit, amusée, à travers la foule de spectateurs qui faisait de même. Ils croisèrent quelques connaissances, certaines qu'elle allait saluer gaiement et puis d'autres qu'elle évitait volontairement. Des regards interrogateurs se posaient parfois sur eux. Le gratin se demandant bien ce que l'ainée de la famille Aziel'Da pouvait faire avec un simple Capitaine. Étrangement, Elönia ne pensait pas à l'image qu'ils pouvaient renvoyer. Elle aimait les commérages lorsqu'ils ne la concernaient pas, l'inverse étant plus problématique. Seulement, se balader aux bras du Capitaine ne la dérangeait en aucun point. N'avait-il pas sauvé sa sœur ? N'avait-il pas été remercié chaleureusement par son père ? Il n'était peut-être pas noble, mais il était bien plus méritant qu'eux et pour cela, Elönia lui serait reconnaissante à vie... et puis, elle l'aimait bien.

Le Capitaine semblait d'ailleurs l'apprécier aussi... c'était évident. Il venait de le lui prouver une nouvelle fois, insistant sur le fait qu'il était heureux qu'elle ait accepté son invitation. Néanmoins, il fallait rendre à Snotra ce qui appartenait à Snotra. N'était-ce pas Elönia qui avait suggéré une sortie de ce genre en premier ? Elle ne souleva pas ce point, préférant simplement lui réponde :

« Moi aussi je suis heureuse d'être là.»

La jeune femme allait ajouter quelque chose, mais son chaperon ne l'écoutait déjà plus. Le Capitaine avait rapidement reconnu la voix de son supérieur qui s'entretenait un peu plus loin avec l'une des filles Fanel'Za et sa petite sœur. Mais que diable faisait-elle donc là ? La plus grande n'étant pas au courant que sa cadette avait décidé de sortir ce soir, la surprise était de taille. Mais que faisait-elle avec lady Camélia qui, soit dit en pensant, n'était pas une grande amie d'Elönia, comme toutes les femmes lui faisant de l'ombre ? Et avec Nuran ? Ce bon à rien, coureur de jupon, tripoteur vulgaire...


Elönia se remémora alors un épisode où le bougre avait essayé de regarder sous ses jupons... Ce Nuran ne manquait pas d'air ! C'était difficile à croire, mais il était bien le frère du Roi... Morzan était un homme distingué, rien à voir avec ce goujat..

Comprenant peut-être la colère qui venait de naitre dans l'esprit d'Elönia, Lenhar la pria de ne pas les déranger pour le moment. Seulement, la jeune femme ne l'écouta que de manière distraite. Elle n'aimait pas ce qu'elle voyait, mais surtout elle n'aimait pas ne pas comprendre ce qui se passait. Elianä était-elle venue avec Nuran ? Visiblement non, Lady Fanel'Za qui s'accrochait désespérément à son bras confirmait cette théorie. Si cette dernière voulait passer pour une trainée en s'affichant avec lui, c'était une réussite !

Ne répondant pas au Capitaine, Elönia se contenta de le tirer par le bras pour s'approcher un peu plus du petit groupe, tout en restant camouflée derrière la foule... mais malheureusement, elle n'entendait toujours rien, si ce n'était les éclats de voix de Nuran. Se tournant vers le Capitaine, elle lui exposa finalement son point de vue, d'un ton décidé :


« Capitaine ! On ne doit jamais reculer devant l'ennemi ! Vous devriez le savoir ! »

Sur le moment, la jeune femme ne se rendit pas compte qu'elle était ridicule... et elle s'en moquait. S'élançant vers le petit trio, la noble s'empressa de saisir le bras de sa soeur, suivit de près par le Capitaine.

«En voilà une merveilleuse coïncidence ! Lady Fanel'Za vous êtes de toute en beauté ce soir ! Et vous Nuran, je suis tellement heureuse de vous voir sain et sauf. Et dire que de mauvaises langues m'ont rapporté que vous étiez décédé ! Heureusement que je vous vois en chair et en os ! Un peu plus et j'allais envoyer un message de condoléances à notre bon Roi ! »
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Mer 8 Déc 2010 - 15:34

La sangsue : dangereux parasite qui prenait le plus souvent comme hôte des hommes de constitution solide mais aussi doués qu'un pot de chambre pour remarquer la présence de l'hôte indésirable. Heureusement, quand on y regardait de plus près, il était simple de reconnaître parmi ses congénères les sangsues terrestres. Car, si les sangsues avaient le don de se fondre dans la masse et d'adopter nombre d'identité, elles partageaient toutes les mêmes caractéristiques fondamentales : propension à vampiriser pendant plusieurs heures d'affilée leur victime sans que celui n'y entende rien, sourire bêtement pour se fondre dans le décors, sortir des âneries (quand la sangsue se décide seulement à parler, car le plus souvent, elle ne veut pas risquer de trahir sa présence en ouvrant la bouche), se donner en spectacle en s'accrochant désespérément à l'hôte quitte à en paraître vulgaire et nombre encore de raisons de les remarquer.

A long terme, le corps étranger pouvait être fatal à l'hôte.

Elianä, douée dans ce domaine, plaqua un sourire de circonstance sur ses lèvres à l'apparition de la sangsue et de l'hôte contaminé. Même si elles fréquentaient les mêmes cercles, la jeune fille n'avait jamais discuté plus de cinq minutes avait la sangsue et ne tenait pas particulièrement à augmenter le quota de minutes qu'elle lui avait accordé. Elle avait mieux à faire de son temps que de le perdre avec un être gluant et visqueux. Beurk !

Mais pour Nuran, parce qu'il était la victime malheureuse de sa sangsue, elle devait bien faire un effort. Ne serait-ce que pour ne pas faillir à sa promesse, même si cela était, il fallait le reconnaître, difficile en cet instant. Elianä avait eu quelques difficultés à détacher son regard du bras de la sangsue accrochait à celui du Général (les sangsues avaient-elles des serres également ?) avant de s'y forcer de force. Inutile de se donner plus encore en spectacle en laissant paraître ce qu'elle ressentait à les voir aussi proche.

Une boule s'était lentement formée dans sa gorge qu'Elianä se demandait comment elle pourrait répondre à l'exclamation de Nuran. Au moins, il y en avait un qui se remettait très bien du bouleversement que leur peuple avait connu et plus encore de la blessure qui lui avait fait couler autant de larmes. Il se portait comme un charme et la noble se demanda un instant pourquoi elle s'était inquiétée pour lui. C'était vraiment superflu quand elle le voyait aussi pimpant.

- Je le constate, je vois que vous vous portez comme un charme, malgré vos récentes blessures. Vous m'avez inquiété ce jour là, vous savez ?

Elle-même ressentait toujours la douleur cuisante de son bras, malgré les soins et les bandages serrés qui protégeaient la plaie. Le moindre contact ou choc faisait courir une onde de douleur dans tout le corps de la noble, qui n'avait pas l'habitude des blessures de ce genre. Mais cela n'était en tout cas pas une excuse valable pour rester chez elle, de l'avis de sa mère.

Elianä snobait notoirement l'autre noble accrochée au bras du Général, préférant oublier jusqu'à son existence. La jeune fille pensait son calvaire terminé, qu'elle pourrait gentimment tourner les talons pour évacuer le trop plein de sentiments qui lui donnaient chaud et l'air de ne pas savoir rester en place, quand apparut sa sœur et sur ses talons le capitaine Embral'Denh. Bien entendu, la cadette savait que sa sœur était au théâtre ce soir là, mais elle ne pensait pas la croiser, avec le monde qui se bousculait, surtout que leurs places n'étaient pas côte à côte. Mais pourtant elle était bien là, se tenant à son bras comme un miroir renvoyant l'image de Nuran et sa cavalière.

Elianä était sauvée, Elönia allait faire la conversation sans son aide (elle savait très bien faire cela) et la plus jeune pourrait s'éclipser dès que son ainée aurait monopolisé la conversation. Son plan d'attaque était prêt.

Avant de se trahir, la jeune fille se mordit la langue pour ne pas rire, hésitant à rouler des yeux à la réplique d'introduction d'Elönia. Décédé ! Enfin, ce n'était pas quelque chose à dire en société, bien que cela ait eu le don de dénouer les tensions d'Elianä !

- Ah, les ragots... Tu vois, je te l'avais dit Elönia que ça ne serait pas aussi simple de perdre notre Général !

Son ton oscillait entre le soulagement à cette idée (tout de même, elle n'en était pas à souhaiter la mort de quiconque !) et un dépit tout théâtrale.
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Sam 18 Déc 2010 - 15:26

« Je suis soulagé d'apprendre que vous n'avez point un cœur de pierre. » répliqua-t-il.

Nuran aurait pu être gentil. Mais non. Pas après ce qu'elle lui avait fait lors de leur petite entrevue du début de la semaine. Il savait très bien faire la différence entre une situation de crise et une soirée de divertissement, comme celle-ci. Elle ne courrait aucun danger ce soir, alors il n'allait pas se montrer clément. Il allait d'ailleurs répliquer une autre salve quand l'ainée des Aziel'Da fit son apparition aux côtés de sa cadette, trainant à son bras... Lenhar Embral'Denh. Ce qui fit hausser un sourcil au Général.

« Votre inquiétude m'honore, mesdemoiselles, mais sachez qu'il en faudra bien plus pour m'abattre. » fit respectueusement ce dernier à la noble courtisane.

« Dis surtout que tu es drogué aux amulettes antidouleurs. » marmonna Camélia à son encontre, avant de reprendre un peu plus fort à l'attention d'Elönia : « Je vous remercie. Vous êtes vous même en grâce. Cette tenue vous va à ravir. Je suis sûre que votre cavalier ne me contredira pas. »

Pleine de politesse avec un zeste de persifflage. Nuran était aux anges. Il adorait voir ce genre d'échange d'amabilités entre les femmes de la noblesses. Elles savaient toutes trouver la faille et y remuer le couteau derrière un voile de courtoisie. En l'occurrence, Camélia relevait que l'ainée des Aziel'Da était aux bras d'un simple Capitaine, tandis qu'elle, elle avait le Chef des Armées. Cela ne dérangeait pas ce dernier d'être mis à contribution de la sorte. Il était son arme, et elle la sienne.
Et comme Elönia lui avait adressé la parole, maintenant la noble Fanel'Za pouvait participer à la conversation comme bon lui semblait. Piquée à vif par l'ignorance feinte de la cadette, elle allait se venger.

« J'ai entendu dire, Mademoiselle Elianä, que vous étiez sur le champ de bataille lorsque la Forge a explosée ! Quelle tragique événement ! Cela a du être horrible ! Vous avez du être terrifiée par tout ce sang. Vous qui n'y êtes pas habituée. Pour ma part, je me trouvais à la Forteresse où j'aidais mes pairs en apportant les premiers soins aux blessés qui affluaient. Je me souviens encore de notre pauvre général – elle se tourna vers ce dernier un instant – ensanglanté, allongé sur une civière. Quelle image dévastatrice ! Mais en même temps, - elle regarda à nouveau Elianä – nous n'en attendions pas moins de notre Général que de protéger la population. Même si elle n'était pas là où elle aurait du être.  »

Puis elle se tourna vers l'ainée et poursuivit :

« Quand à vous, c'est notre bon Roi qui ait venu à votre rescousse, je crois bien ? Cela a fait le tour de la Cour ! Vous savez comment sont les gens, les ragots – comme vous dites – se propagent à une vitesse ! C'en est effarant. Heureusement que ce petit intermède n'a pas empêché Son Altesse de faire son devoir. » finit-elle mesquine.


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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Lun 20 Déc 2010 - 11:31

    Il ne fallait pas discuter avec les nobles. Car, soit ils étaient d'un rang plus élevé que vous, soit ils étaient bien plus obtus, et gagnaient de toute manière la conversation. Dans le cas d'Elönia Aziel'Da, elle avait le grand mérite de réunir les deux atouts, ce qui en faisait quelqu'un de réellement redoutable.
    Lenhar se laissa donc entraîner à moitié à travers la foule, alors que la Lady allait saluer le joyeux trio devant eux. Alors qu'ils arrivaient, Lenhar sentit les regards interrogateurs se porter sur sa personne. Il fit mine de ne s'en soucier guère, et salua silencieusement les interlocuteurs. Elönia se chargerait à merveille de la conversation. Pour ce qui était des ragots et des petites méchancetés, les nobles semblaient avoir un réel don. Certes, il y avait la même chose qui se déroulait en ville, avec toutes ces femmes au foyer qui raffolaient des derniers cancans, savoir qui épousait qui, et qui trompait qui, et surtout avec qui. Mais, c'était bourru, et presque bon enfant que ce genre de ragots. Ceux des nobles étaient pleins d'épines et d'embûches destinées à faire tomber l'adversaire, et lui prouver sa supériorité oratoire ; peut-être même lui prouver qu'il était plus digne de telle ou telle distinction. La guerre entre les nobles, c'était toute une affaire. Et la plupart du temps, Lenhar n'appréciait que moyennement s'en mêler. Il n'en sortait que rarement quelque chose de bon ; et à priori, Camelia Fanel'Za n'était là que pour mettre des bâtons dans les roues aux deux sœurs, et elle semblait beaucoup s'en amuser. Quant au Général, il ne perdait pas le nord celui-là. Tch. Lenhar eut presque envie de sourire de la situation, mais se retint un peu. Il valait mieux observer plutôt que de faire des remarques qui pourraient lui coûter cher.
    Il se permit néanmoins un semi-sourire au salut pour le moins original d'Elönia. Cela eut pour effet immédiat et désiré de détendre Elianä de façon très sensible. Comme quoi, même si la grande sœur ne le montrait pas beaucoup (et surtout, même si elle ne voulait pas spécialement l'avouer), elle tenait à sa petite sœur. C'était mignon.

    Un rapide coup d'oeil lui permit quand même de savoir que le Général ainsi qu'Elianä n'étaient tout de même pas entièrement remis de leurs blessures. Il passa machinalement une main sur son flanc, où une semaine plus tôt, il avait reçu une blessure d'un criminel qu'il pourchassait. Et oui. Les blessures ne guérissaient pas si vite.
    Elianä fit une petite remarque à sa sœur, mais qui allait dans son sens. On pouvait sentir le soulagement de la présence de sa sœur presque physiquement, comme si l'air s'était adouci autour d'elle. La réponse du général fut immédiate, et Lenhar perçut quelque chose d'étrange, comme... De l'amertume ? Il ne parvenait pas à définir ce que c'était, mais il sentait que la remarque s'adressait bien plus à la petite qu'à la grande sœur. Il préféra ne rien dire.
    Et puis d'un coup, il eut la grande envie de dire quelque chose face au persifflage de Fanel'Za. Elle s'attaquait à ses trois interlocuteurs en même temps, se servant de diverses ragots et témoignages pour se façonner une petite attaque qui lançait des piques à tous. Le Général semblait beaucoup s'amuser. Mais ça ne le changeait pas de d'habitude, et même si Lenhar avait une très grande estime pour les talents guerriers et tacticiens de son supérieur, il n'appréciait que moyennement qu'il se laisse autant aller à la cour. Mais là-dessus aussi, Lenhar n'avait rien à faire remarquer, car en bon soldat qu'il était, cela faisait plusieurs années qu'il lui arrivait (souvent, peut-être) d'aller faire la fête avec ses troupes, ou encore d'avoir des aventures d'une nuit, ou tout au plus quelques mois, un peu partout dans le Gwendir. Le Général ne faisait que transposer cela qu'au niveau de la cour. Donc techniquement, il ne fallait rien dire. Prudence est mère de sureté, et Lenhar connaissait trop son Général pour qu'il fasse l'erreur de lui faire une remarque.
    Par contre, il réfléchit à quelque chose à répondre à Camelia Fanel'Za. Il ne voulait pas être agressif, mais voulait choisir ses mots de telle façon qu'elle comprenne que parfois on peut s'abstenir de parler, surtout pour déblatérer des cancans.


    "Il n'y a rien à redire sur la conduite de Lady Elianä, qui a bravé les dangers ce jour-là. Elle était la première près de notre Général quand il a été blessé, et elle a mis sa vie en danger pour sauver un enfant. Certes, elle avait peur. Mais elle a eu le courage de faire des actions de bravoure qui lui auraient été impossibles si elle était tranquillement restée au Palais."

    Et pof, petite aiguille lancée finement à la noble qui elle, visiblement, n'avait rien fait de vraiment utile, à part se pâmer de douleur à la place des blessés. Il doutait même qu'elle ait réellement aidé à soigner les blessés, se demandant si elle avait une quelconque connaissance en matière de premiers soins.
    Pour ce qui était de la pique qui lui avait été personnellement lancée, elle était bien plus dirigée vers Elönia, et Lenhar eut la courtoisie de laisser à sa cavalière le soin de répondre à ce qui lui était destiné. Elle le ferait bien mieux que lui, et avec brio, il n'en doutait pas une seconde. Et puis, s'il répondait, elle lui en voudrait. Alors il fallait juste se taire, cela valait mieux. Et s'amuser comme on le pouvait de la situation, n'est-ce pas.

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Mar 21 Déc 2010 - 16:36

« En effet chère petite soeur, les ragots sont souvent médisants, mais ce n'est pas toujours le cas, crois-moi... »

Lady Fanel'Za ne manquait décidément pas d'air. Pour qui se prenait-elle avec ses petites remarques ? Qu'elle s'en prenne à Elönia était une chose, plus ou moins banale et bien cherchée, mais pourquoi en vouloir à Elianä ? Sa petite sœur se fichait bien de la cour et de ses habitudes. Plus elle s'en tenait éloignée, mieux elle se portait, car, comme elle le disait parfois, fréquenter les êtres perfides, dont Lady Fanel'Za était l'un des meilleurs spécimens, soit dit en passant, avait tendance à pervertir l'esprit. Ces remarques à l'encontre de sa sœur étaient peut-être un moyen supplémentaire pour ébranler Elönia, elle n'en savait rien. Peu importe, les mégères étaient des êtres incompréhensibles.


Nuran semblait s'amuser de la situation. Il y avait, peut-être, de quoi rire en effet. Étrangement, il restait en retrait, laissant l'autre rapace faire la conversation. Quant à Elianä, elle semblait avoir retrouvé un semblant de sourire. Visiblement, elle avait été importunée par ces deux zigotos. Ce Nuran ne perdait décidément rien pour attendre. N'était-il pas un minimum ami avec sa cadette, selon ses propres dires, pour ne pas vouloir l'humilier en public ? Lui non plus Elönia ne le comprendrait jamais.


Sans surprise, Lady Fanel'Za évoqua l'épisode de la Forge, le seul sujet de conversation ces temps-ci à la cour. Qu'est-ce qu'elle pouvait vanter les mérites de ce bon à rien de Général. Et elle en rajoutait des couches. Visiblement, elle devait bien se tenir au chaud et loin de ce chaos pour réécrire les évènements ou alors, elle ne parlait pas du même incendie ! Elönia allait lui répondre, l'attaque concernant sa sœur ne lui plaisant guère, mais le Capitaine, qui était resté silencieux jusqu'alors, la précéda, vantant le courage de sa petite sœur d'une bien belle manière, tout en renvoyant la balle dans le camp adverse. Décidément, elle l'aimait de plus en plus son Capitaine, trop heureuse d'avoir un allié supplémentaire dans cette bataille. Cependant, Elönia retint un clin d'œil qui aurait été trop flagrant et se contenta juste de sourire, fièrement, en repensant au courage, mais aussi à la bêtise de sa cadette, avant de prendre à son tour la parole :


«Il est vrai que cet incendie a été des plus horribles ! Mais vous avez raison Lady Fanel'Za. Qu'aurions-nous fait sans notre grand Général ? Je n'ai jamais vu un aussi fin stratège et un si grand magicien ! La forge et la population n'ont été sauvées que grâce à sa magnifique personne et non pas grâce aux centaines de soldats qui ont perdu la vie dans l'incendie ! Le plus fort dans toute cette histoire, c'est que notre Général était capable de diriger ses troupes et de sauver la population alors que la majorité du temps il était inconscient ! Un magicien je vous dis ! Oh ! Ne faites pas cette tête ma Lady ! Je plaisante ! »

À moitié.

« J'ignorais d'ailleurs que vous étiez présente pour secourir les blessés ! Vous savez donc, sans doute, que c'est mon père qui a organisé les secours à la Forteresse, mais il ne m'a nullement fait part de votre présence. Un oubli certainement. »

Sérieusement... À quoi pouvait-elle bien servir ? Elönia pouvait parfois être prétentieuse, mais elle ne se prêtait pas des qualités qu'elle n'avait pas réellement. Dans cette logique, elle n'aurait pas inventé une histoire où elle irait au secours des blessés... Mais bon, après tout, peut-être que la Lady ici présente avait réellement aidé les victimes de la Forge à se relever et, si c'était bien le cas, ce geste était tout à son honneur, mais Elönia préférait croire qu'elle en rajoutait un peu trop...

Piquée par cette dernière remarque, Lady Fanel'Za répliqua encore, faisant cette fois référence au sauvetage de sa petite personne. La noble n'en était pas très fière, être un fardeau pour son Roi n'était pas une chose qu'elle avait appréciée... Étrangement, elle ne savait que répondre. Non pas que les idées lui manquaient, mais parler du Roi maintenant allait devenir gênant et cela, pour plusieurs raisons. D'une part, à cause de l'enterrement chez les Elfes et de l'attitude de son Roi envers sa sœur qu'elle ne savait trop comment qualifier, même si la jeune femme se montait certainement plus la tête qu'autre chose. Puis d'autre part, la rumeur, qui la prétendait déjà mariée au Roi, commençait à mettre du temps à se concrétiser et Elönia préférait ne pas trop s'en vanter.

« Inutile de s'inquiéter. Il faut bien plus que cela pour déstabiliser notre bon Roi, comme vous dites. Néanmoins, je suis bien heureuse d'avoir croisé sa route à ce moment précis, croyez-moi ! »

Elle aurait pu répondre bien d'autres choses comme, par exemple, que l'on reconnaissait l'héritier légitime d'une grande famille en la personne du Roi. Cette remarque faisait ainsi écho à l'enfance de Nuran, considéré longtemps comme un bâtard. Mais il fallait savoir s'arrêter. Attaquer trop directement Nuran pouvait nuire au Capitaine, à sa carrière et cela, elle n'y avait pas pensé avant. Alors, la noble se retint, ne voulant pas mêler à ses histories ce pauvre Lenhar qui n'avait rien demandé, sauf d'éviter ces deux prétentieux.
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Jeu 23 Déc 2010 - 20:09

Comme quoi, quoi qu'on en dise, Elianä avait souvent raison. Elle haussa les sourcils de manière ironique, alors qu'un léger sourire incurvait ses lèvres. Comme en témoignait la réflexion de Nuran, c'était son égo plus que ses sentiments qui en avaient pris un coup quand elle avait refusé ses avances et avait préféré un retour à la normale. Elle avait un cœur de pierre parce qu'elle ne voulait pas être comme la majorité des femmes qui se pâmaient à ses pieds ? Alors soit !

- Et bien, sachez alors que je préfère avoir un cœur de pierre qu'être une idiote, répondit-elle sèchement, tout en se permettant un regard vers celle qui accompagnait le Général.

Car c'était ce qu'elle serait devenue si elle n'avait pas suivi la voix de la conscience. Il ne l'aimait pas comme elle commençait à l'aimer, non, elle était juste une conquête de plus à accrocher à son tableau de chasse, une conquête qui, croyait-il, n'espérait de lui qu'un peu de plaisir, quelques mots doux et adieu ! Mais il se trompait. Elianä ne voulait pas de demie mesure, c'était tout ou rien, et elle savait pertinemment qu'elle ne serait jamais la première avec Nuran, elle viendrait toujours après les plaisirs qu'il retirait à voir les femmes soupirer après lui. La jeune fille ne valait rien face à cela...

Elianä était bien obligée de faire semblant d'écoutant la lady quand celle-ci lui adressa la parole. Grand mal en prit la cadette, qui haussa de nouveau les sourcils en écoutant l'idiote bavassait sans réfléchir. Dommage qu'elle n'ait pas continué à suivre les principes de survie de la sangsue, cela lui aurait évité de dire des âneries. La jeune fille ouvrit la bouche, prête à faire ravaler ses paroles dédaigneuses à la sangsue, mais Lenhar lui coupa l'herbe sous le pied en remettant à sa place leur pair, dressant un portrait plus que flatteur de sa personne pour parvenir à ses fins. De telle manière qu'Elianä lui adressa un discret sourire de remerciement, son moral remontant soudainement.

- Mais nous comprenons qu'il fallait également des personnes de bonne volonté bien à l'abri à la Forteresse, lady Camélia, conclut-elle la tirade de Lenhar, son sourire toujours aux lèvres.

Oh, elle s'en voudrait certainement demain de ne pas avoir fait comme si elle n'avait rien entendu, cela lui aurait évité de se transformer en le même genre de créature que la dite lady citée précédemment, maniant les mots pour blesser ou médire. Mais Elianä commençait à comprendre pourquoi sa sœur pouvait apprécier ce genre de choses. Ça faisait parfois un bien fou de rabattre son caquet à une impudente !

Quand Elönia, justement, répondit à son tour aux jacassements de Camélia, Elianä se mordit les lèvres -se retenant de rire ou de tancer sa sœur, qui savait- en l'écoutant dresser un portrait peu flatteur de Nuran. Tout ce qu'elle disait était vrai, mais tout de même, il y avait une façon de dire les choses et celle choisie par son ainée n'était peut-être pas celle qu'aurait choisi la cadette pour revenir sur le rôle de Nuran. Elianä aurait pu rire, mais cela la renvoyait à trop d'images gravées au fer blanc dans sa mémoire pour qu'elle allège la tension par une boutade ou un changement adroit de conversation.

Elianä toussota, alors qu'elle effleura le bras de sa sœur, lui conjurant en silence de ne pas en rajouter sur le sujet :

- Mais heureusement, notre Général n'a pas rallongé la liste de nos concitoyens qui ont... péri dans l'incendie. Et ce sont les ordres qu'il a donné avant... avant l'explosion qui ont guidé nos soldats.

Comme du baume sur une plaie à vif. Elianä tenta un sourire mi amical, mi d'excuse vers Nuran. Chasser le naturel et il revient au galop, et la jeune fille ne pouvait pas s'empêcher de rattraper les mots de sa sœur qu'elle considérait comme des erreurs -de la façon dont elle les avait dit du moins. Mais elle reçut comme un coup de couteau la dernière mesquinerie de la Fanel'Za et Elianä serra un peu plus fort le bras de sa sœur, comme pour se retenir de sauter à la gorge de celle qui lui faisait face.

- Mais n'est-ce pas le devoir d'un roi que de venir en aide à ces concitoyens ? Voulez-vous dire que sa majesté aurait dû laisser ma sœur sur le bas côté de la route alors qu'il avait les moyens de lui venir en aide ?

Sous le ton policé, la fureur grondait dans les propos de la cadette. En une soirée, elle s'était souvenue de ce qui rendait cette vie intéressante pour certaine et insoutenable pour d'autre. Cela faisait peut-être du bien parfois d'être aussi méchante que l'était Camélia en cet instant, mais cela n'enlevait rien à la blessure infligée. Et s'en prendre à sa famille était de loin la chose la plus insupportable aux yeux d'Elianä.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Jeu 23 Déc 2010 - 20:42

« Actes de stupidité. » fit Camélia, perfide, lorsque le Capitaine Embral'Denh nota la bravoure d'Elianä en ville. « Aurait-elle su rester à sa place, comme les nobles gens de la Forteresse et Notre Général n'aurait pas été blessé. Dans une situation telle que la notre, montrer faiblesse peut se révéler bien plus destructeur qu'un vulgaire incendie ! » s'emporta-t-elle.

Nuran avait fini de rire. Il n'aimait pas la façon dont sa compagne traitait le sujet. Elle marquait certes un point, mais il était bon de le faire en un endroit plus propice. Un couloir bondé d'un théâtre n'était pas exactement assez intime pour se faire. Des oreilles indiscrètes trainaient ça et là. D'un rapide coup d'œil, Nuran put voir des conversations prendre une tournure moins énergique et plus plates pour laisser la concentration des intervenants se glisser à l'affut du moindre bruit. L'avidité morbide de cette populace écœurait le militaire. Ses gens étaient tous nobles. Sauf Lenhar, mais en tant que soldat et subalterne, il n'oserait certainement pas étaler son point de vue en place publique face à la ribambelle de personnes influentes qui croisaient leur chemin. Ces personnes qui n'avaient été touchés, en fin de compte, que dans leur orgueil par cet incendie. Ils n'y avaient pas perdu un être cher ou un toit étant donné qu'ils vivaient en retrait du centre ville.
Camélia en faisait une affaire d'orgueil. Comme toujours. Et elle essayait de marquer son territoire sur les plates-bandes des Aziel'Da. Comme toujours...
D'habitude le militaire restait neutre lors de ses affrontements, se contentant d'observer. Mais ce soir était différent. D'une part parce qu'il en voulait à Elianä et d'autres part, parce qu'Elönia venait d'entrer sur un terrain particulièrement glissant. Ses traits se figèrent. Son corps entier se tendit sous l'effet d'une sourde colère. D'un geste du doigt, il intima le silence à Camélia qui était ouvertement outrée de la condescendance de l'ainée des Aziel'Da. Mais au moment où il voulut prendre la parole, Elianä sut trouver les bons mots, passant un baume sur sa plaie à vif. Elle avait cet étrange don. Comme si elle devinait ce qui pouvait lui causer un chagrin et, grâce à sa douceur, son innocence et son intelligence, elle l'apaisait. Sa fureur retomba d'un cran. Malgré cela, Nuran ne voulut pas laisser passer l'affront que lui avait fait Elönia. Ce fut donc de sa voix grave qu'il imposa le silence.

« Plaisanterie de mauvais goût, ma Dame. Que savez-vous d'un champ de bataille ? Que savez-vous des blessures que l'on peut y trouver ? Ne pensez-vous pas que je suis touché aussi bien dans ma chair que dans mon cœur ? Ce sont mes hommes qui sont morts dans cette lutte. Autant que d'innocents civils. Ce sont mes hommes que je n'ai pu épauler jusqu'au bout. Mais également parce que ce sont mes hommes, ils ont su trouver la force et le courage de continuer à se battre malgré mon... absence. Alors, ma Dame, je vous serais gré de ne point emprunter ce chemin. Il y a des choses dont il ne faut pas rire. »

Ce n'était pas pour rien que Nuran était Général. Il possédait un tel charisme qu'il pouvait faire taire une foule rien que par son physique, ou l'enflammer d'un discours. L'effet voulu, cependant, ici, était l'intimidation. Nuran n'était pas un noble de la Cour. Il n'avait pas leur rhétorique. Ou du moins, il ne la maitrisait pas autant qu'Elönia ou Camélia. Lui résolvait ses conflits par l'épée, son domaine de prédilection. Alors, lorsqu'il émettait des menaces, elles étaient prises au sérieux. Les trois femmes, en tout cas, y furent sensibles.
Pour Lenhar, Nuran se doutait que cette mise en garde ne l'influencerait pas.Il jugea que son autorité lui imposerait le respect qui lui était du, au regard de son rang. Et cela lui suffisait. Le Général n'était pas en conflit avec son Capitaine, mais bien avec ces dames. Comble de l'ironie. Lui, qui adorait les aimer, avait une envie folle de gifler l'une d'entre elles.

« Quand à sa Majesté, lui non plus n'aurait pas du se trouver si près du danger. Mais ce qui est fait est fait. Nous avons pu tous nous sortir de cette situation. Et c'est bien cela l'essentiel. N'est-ce pas ? »

Nuran avait clos l'incident. Il posa alors son regard sur Elianä. Son cœur battait toujours fort contre sa poitrine. D'abord, il était en colère contre elle, pour avoir jouer avec lui. Ensuite, vexé, il avait voulu s'en prendre à elle en ayant Camélia à son bras. Finalement, c'était elle qui le calmait, l'empêchant de commettre l'irréparable sur sa sœur. L'Ombre était perdu. Il ne savait plus s'il devait lui en vouloir ou l'embrasser. Bien que la deuxième solution lui aurait valut coups et griffures de la part de l'érudite. Malgré lui, son trouble put se voir dans ses iris, une teinte ambrée se mélangeant au noir habituel. Cela ne dura que quelques instants avant qu'il ne se reprenne et ne reporte son attention sur les autres.

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Ven 24 Déc 2010 - 12:19

    Lenhar eut presque envie de se mordiller les lèvres à l'attaque d'Elönia. Si Elianä avait suivi sa cadence, sa cavalière avait poussé la plaisanterie un peu loin, et Lenhar craignait une réaction plus ou moins sèche de la part de son supérieur. Réaction qui serait totalement justifiée, il n'en doutait pas. L'attaque, sous couvert de plaisanterie, pouvait blesser profondément l'honneur de Nuran, qui pour sauver Elianä avait été contraint et forcé de sacrifier sa capacité de commandement pendant le restant de l'incendie ; et il était absolument certain que son honneur en avait pris un sacré coup. Quoi ! Un Général, devant abandonner le champ de bataille à cause d'une blessure ! C'était insensé, et Lenhar était persuadé que si Nuran n'avait pas perdu conscience, il se serait forcé à continuer de donner des ordres, même en se vidant de son sang.
    Elianä, qui s'était positionnée près de sa sœur, sembla se crisper. Elle aussi pensait que la réaction de Nuran allait se faire sentir, et qu'il fallait mettre de côté les différents afin de réparer tout de suite les blessures ouvertes. Lenhar préféra rester silencieux durant cet échange, conscient qu'il n'apporterait rien de bon à la conversation, qui était un échange entre les sœurs et son Général.
    Les paroles d'Elianä eurent pour effet immédiat de détendre subrepticement et Elönia, et Nuran. L'effet fut relativement immédiat, et Lenhar, qui se contentait d'observer, put observer à sa guise les réactions, et remarqua que Camelia semblait assez frustrée et étonnée de voir que les paroles de celle qu'elle considérait comme une sotte érudite préférant les livres à la Cour pouvaient avoir un tel effet sur l'un des hommes les plus improbables de la Cour. Car, quoi qu'on en dise, le Général était sacrément dur à cerner, car on ne savait jamais jusqu'à quel point sa plaisanterie se transformait en reproche, ou en colère masquée. Et l'instinct de Camélia devait lui souffler qu'Elianä réussissait à cerner ces subtilités bien mieux qu'elle n'en serait jamais capable.

    Lenhar s'amusait beaucoup de ces petites études comportementales. Mais il s'amusa moins des paroles abruptes de son Général, qui se défendait néanmoins de l'affront que lui avait fait Elönia, même s'il n'avait été là que pour venir en aide à sa sœur. Son ton se fit plus froid, ses paroles étrangement détachées et claires, comme s'il choisissait avec soin chacun de ses mots, et qu'il les liait ensemble pour les imprégner de plus de force et de majesté, dans le seul but de rabattre le caquet des trois jeunes femmes ici présentes. Lenhar, habitué à ces démonstrations de présence, se contenta de lever un sourcil au fur et à mesure que Nuran se laissait emporter par l'emphase de sa défense. Mais il s'agissait là d'une belle défense, et même si les mots et arguments n'étaient pas les meilleurs à choisir, ils étaient néanmoins solides car emprunts de vérité. Lenhar comprenait le sentiment d'incapacité qui avait du envahir alors son Général. L'idée qu'il avait du gérer une blessure grave, porter sur ses épaules son absence et le fait qu'Elianä ait quand même été blessée... La remarque d'Elönia avait dû être de trop pour son orgueil malmené, et il le démontrait ici même.
    Lenhar jeta des coups d'oeil furtifs autour d'eux, et se rendit compte que de nombreuses personnes les observaient à présent, la voix de Nuran portant beaucoup. Le Capitaine fut tenté d'intimer au petit groupe de converser de sujets de ce genre dans un endroit moins fréquenté, mais Nuran semblait parfaitement au courant de cela ; aussi, après avoir terminé sa tirade, il conclut en quelques mots à propos de son frère (d'ailleurs, on sentait l'amertume dans sa voix, témoin d'un autre soucis qu'il avait eu à gérer durant l'incendie), puis se tut, signifiant que la conversation, tout du moins sur ce sujet, était définitivement close. Un petit silence régna un instant sur le groupe. Lenhar se doutait que les mots de Nuran avait du faire effet, et que chacun y réfléchissait. D'ailleurs ce dernier avait, pendant quelques secondes, les yeux rivés sur Elianä. Préférant ne rien penser de cela, et réflexes d'observation mis à part, il détourna les yeux. C'étaient les affaires de son Général. Aucun intérêt d'y fourrer le nez.

    Puis il se dit qu'une soirée sans les voix cristallines de gentes demoiselles n'était pas une soirée agréable. Il s'éclaircit la gorge, et déclara doucement, permettant sur le même coup au groupe de redevenir quelque chose de commun aux oreilles indiscrètes :


    "Il est en tout cas assez plaisant et coquasse de se retrouver ici. Non pas qu'aller au théâtre soit étonnant, mais avec tout ce monde, nous aurions pu ne pas nous croiser. Je ne sais pas vous, mais je n'avais pu me mettre au courant de l'état du Général Nuran, ainsi que de Lady Elianä, et je suis enchanté de voir que vos blessures guérissent. Sinon, j'espère que la soirée vous est agréable."

    Il n'osa pas demander si Nuran était avec les deux demoiselles. Il ne précisa pas non plus qu'il n'avait pu prendre de nouvelles à propos des blessés car il avait passé son temps entre sa mère blessée et ses troupes pour réparer les nombreux dégâts, et sauver ceux qui auraient été piégés par les flammes et seraient encore vivants. Il pria doucement Snotra pour que Camelia ne fasse pas de remarque là-dessus, et comprenne toute seule qu'il voulait tout simplement détendre quelque peu la situation. Il allait ajouter quelque chose, et un sourire calme s'était peint sur son visage. En fait, tous ces nobles se lançaient des piques à longueur de journée, mais il était certain qu'un peu de paroles affables ne leur faisaient pas de mal.
    Mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, une cloche cristalline se mit à retentir. Il eut un rire aimable.


    "Eh bien ! Nous n'avons pas vu le temps passer. Il serait temps de rejoindre nos places, qu'en dîtes-vous ?"

    Il ne proposa ni ne rajouta autre chose, laissant à Elönia le soin d'inviter sa sœur si elle le voulait, ou encore de partir quand elle le désirait. De toute manière, il n'avait supposément rien à dire, n'est-ce pas ?"

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Mar 28 Déc 2010 - 12:08

Visiblement, sa réflexion avait fait mouche. Était-elle allée trop loin ? C'était possible, mais si on lui demandait de rejouer la scène, elle se déroulerait exactement de la même manière, trop heureuse d'avoir touché une corde sensible. Nuran avait cependant raison et il avait bien parlé, mais Elönia ne reconnaitrait jamais cela. Non pas qu'elle prenait les évènements passés à la légère, bien au contraire, mais sa fierté l'en empêchait. L'intervention de sa sœur sonnait comme une première tentative pour détendre l'atmosphère qui était devenue pesante. Ce fut le Capitaine et le tintement de la cloche, annonçant la reprise de la pièce qui mirent définitivement fin à cette rencontre hasardeuse et mouvementée.

La noble ne répondit pas à son chaperon, préférant pencher la tête en direction de l'oreille de sa cadette pour l'inviter à les rejoindre si elle le désirait, car, même après toutes ces histoires, Elönia ne savait toujours pas avec qui la plus petite était venue ici. Des amis peut-être... mais pas avec Nuran, cette fois c'était certain ! Elle n'allait pas non plus l'obliger à venir, Elianä étant tout de même une grande fille. Ce qu'Elönia ne voulait pas, c'était qu'elle reste avec ces deux... enfin voilà.


« Nous sommes à la loge 8 côté Ouest si tu souhaites nous rejoindre, mais je ne te force pas... »

Cette journée fut décidément éprouvante, sur bien des points, et la noble ne souhaitait maintenant plus qu'une chose : qu'on lui fiche la paix. Si la pièce de théâtre pouvait trouver une fin heureuse, cela la ravirait pleinement, histoire qu'elle puisse s'endormir ce soir sur une note positive. Par pitié, plus de mauvaises nouvelles pour la soirée...

Finalement, Elönia fut la première personne qui quitta le petit groupe pour retourner à sa place mais, avant de les abandonner, la jeune femme se mit à hauteur de Nuran, du côté où Lady Fanel'Za n'était pas pendue, histoire de lui murmurer quelques mots à l'oreille :


« Pour avoir été présente au cœur de cet incendie, je peux vous garantir que cette situation ne m'amuse guère. Je vous ferai simplement remarquer que ce n'est pas moi qui ait une vision idéalisée de ces évènements.»

Cette remarque faisait évidemment référence à la demoiselle pendue à son bras. Ne s'attardant pas plus, et ne voulant surtout pas de réponse, Elönia laissa les quatre jeunes gens, partant en direction de sa loge. Elle s'en voulait un peu, tout de même, de laisser ainsi le Capitaine planté là, préférant une sortie théâtrale en solo... Néanmoins, elle fut prise, légèrement, de remords, car le pauvre n'y était pour rien dans cette histoire... Se retournant finalement vers le petit groupe, tandis que les différentes personnes, qui remplissaient ce théâtre, retournaient tranquillement à leurs places respectives, Elönia afficha un grand sourire et tenta de retrouver sa bonne humeur, comme si rien ne venait de se passer, ou peut-être, faisait-elle abstraction du monde qui l'entourait, allez savoir...

« Alors Capitaine vous venez ? ! La pièce va reprendre et nous allons manquer le début !»

Et elle partie pour de bon, sans attendre, s'efforçant de garder un brin de bonne humeur en montant les marches qui la menaient à sa loge. Malheureusement, cette légère euphorie se dissipa très rapidement. En réalité, elle était fatiguée, fatiguée de cette maudite semaine dont les évènements imprévisibles ne cessaient de la perturber, même ici au théâtre, qui devait être un lieu de repos et de détente.

Prenant place, elle récupéra la rose laissée sur son accoudoir avant de l'observer quelques instants et de la sentir. Puis, elle reporta son attention sur les épines avant qu'une nouvelle idée farfelue ne lui passe par la tête : les arracher. Unes à unes, la jeune femme les sépara de la tige, jusqu'à que la fleur blanche ne représente plus aucun danger pour ses petits doigts. Ainsi, elle put se la mettre dans les cheveux au moment même où le rideau se levait de nouveau.
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Jeu 6 Jan 2011 - 19:59

Son intervention (désespérée) n'avait pas totalement eut l'effet désiré, même si elle avait réussit à amoindrir subtilement la situation tendue. Elianä s'était attendue à bien pire de la part de Nuran face aux paroles assez maladroites de son ainée et elle retint le soupir de soulagement qui lui montait aux lèvres. Heureusement, Elönia ne surenchérit pas. Parfois, sa sœur ne savait pas s'arrêter à temps, ce n'était pas le cas ce soir. La conversation s'arrêta d'elle-même quand sonna la reprise de la pièce. La cadette offrit un sourire de remerciement à sa sœur quand elle lui proposa des les rejoindre, sans pourtant rien répondre immédiatement. Il lui fallait d'abord trouver son propre chaperon, qu'elle avait esquivé durant toute la durée de l'entracte. Elianä espérait que la pauvre femme n'était pas en train de s'arracher les cheveux en la cherchant...

- Je crois que l'on vous appelle Capitaine...

Sa voix était légèrement joyeuse, beaucoup plus détendue qu'au début de l'entretien, même si elle allait se retrouver brièvement seule en compagnie de la sangsue et de Nuran. Ce n'est que quand elle se retrouva définitivement abandonnée qu'elle s'inclina brièvement devant les deux restants, s'attardant peut-être plus devant Nuran que sa compagne. Celle-ci ne méritait pas tant de politesse de sa part.

- Bonne fin de soirée.

Et elle s'éclipsa sans attendre de réponse, avant de ressentir le malaise récurrent à chaque fois qu'elle pensait ou se trouver en présence du Général Ombre. Elianä avait fini par oublier sa déception pour se concentrer sur des choses plus importantes, mais qui, surtout, lui occupaient l'esprit. La cadette était toujours accaparée par ses obligations, mais elle s'était aussi beaucoup investie dans l'aide apportée aux victimes et elle ne manquait jamais de rendre visite au bonhomme et sa mère avec qui elle avait vécu le drame de l'incendie.

Sa nouvelle tâche dorénavant était de retrouvée son chaperon et ses filles. Si le hall était moins encombré que précédemment, au plus fort de l'entracte, il n'en restait pas moins que tout le monde ne paraissait pas aussi pressé que sa sœur de retrouver sa place dans le théâtre proprement dit. Elianä n'oubliait pas de sourire à tous ceux qu'elle croisait, elle se retenait surtout de ne pas se hausser sur la pointe des pieds pour voir par dessus toutes ces têtes et ces épaules qui l'empêchaient de trouver son chaperon. La jeune fille contournait des groupes de nobles rassemblaient et qui devisaient calmement en attendant de pouvoir retrouver sans encombre leur place. Elle ne retrouva au final par la personne qu'elle cherchait, mais les ennuis, eux, l'avaient trouvé.

Les dits ennuis avaient pris les traits, plutôt agréables, d'un homme en tenue de soirée, comme tous les hommes présents au théâtre ce soir là. On ne pouvait pas nier qu'il avait un certain charme, quand on était sensible à ce genre de beauté. Et quand on oubliait de regarder l'individu dans les yeux. Ou encore quand on le rencontrait dans d'autres circonstances qu'une pièce de théâtre où l'alcool était servi sans regard sur la quantité pendant la durée de la pause. Elianä n'aurait jamais cru qu'il soit possible d'être ivre en si peu de temps ou était-ce sa perception du temps qui avait été altérée ? La jeune fille n'aurait su le dire. Mais son vœu le plus cher en cet instant était surtout de ne pas se retrouver encore une fois en la présence de cet homme. Il l'avait bien assez importuné lors de son arrivée.

Courir était indigne d'une lady, surtout en public, surtout quand on avait été élevée correctement. Aussi naturellement que possible, Elianä fit un demi-tour sur elle-même, donnant l'impression de balayer du regard les alentours -encore à la recherche de son chaperon. Quand son demi-tour fut terminé, il ne lui restait plus qu'à reprendre sa marche en sens inverse et rejoindre sa place -ou la loge de sa sœur-, tout cela très naturellement, toujours. Un long frisson la traversa quand elle sentit qu'on lui attrapait le bras. Elianä cilla un instant, la douleur, instantanée, fusant à travers ses membres avant qu'elle ne sente l'haleine aviné du dandy. La cadette s'obligea à sourire, mais son cœur faisait des bonds dans sa poitrine et ce qui ressemblait très certainement à du dégoût lui donnait la nausée. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était que ses sourires ne faisaient que conforter son soupirant dans ses actions.

- Ça ne peut être que la providence qui fait que nous nous retrouvions, gente demoiselle !

L'emphase alcoolisée de la déclaration n'arracha même pas une réplique spirituelle à la noble. L'homme maintenait fermement sa prise sur son bras, comme si il avait peur qu'elle ne s'enfuit encore, accentuant plus encore l'inconfort (pour ne pas dire la douleur atroce) de sa blessure.

- Vous me faites mal, lâchez-moi.
- Pour que vous vous sauviez encore une fois ? répliqua-t-il, menaçant malgré le sourire tordu qu'il lui offrit.
- Je vous en prie, nous sommes dans un lieu public, lâchez-moi. On m'attend et...

La menace voilée ne lui fit aucun effet et à la plus grande consternation d'Elianä, il se serra encore un peu plus contre elle, son haleine accentua ses nausées. Une large matrone passa à leur côté à ce moment là. Un rire puissant et haut perché salua son passage à côté de la menue Aziel'Da, bousculant par mégarde l'homme ivre qui poursuivait la jeune fille. Son élocution était déjà hésitante, que dire alors de sa capacité à rester debout sans aide. C'était sa chance. Dérouté et déstabilisé par le choc de l'imposante dame, Elianä en profita pour se sauver, fendant la foule éparse, la peur au ventre. Quelle idée de s'éloigner de la lady et ses filles...! Elle se risqua à un regard en arrière, pour constater que flageolant ou non, ce rustre marchait sur ses talons. La noble ne put qu'accélérer le pas, quitte à être la victime de quelques regards en coin. Elle marchait droit devant elle, sans se soucier de rien, sauf de trouver une échappatoire.

Elianä pensa que le soulagement allait définitivement lui couper les jambes avant qu'elle ne soit réellement à l'abri. Mais elle réussit, tant bien que mal, à parcourir les quelques mètres qu'il lui restait à parcourir avant de balbutier, la gorge nouée, inconsciente que son affolement était clairement visible :

- Nuran... je vous en prie...
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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Lun 28 Fév 2011 - 10:15

Nuran stoppa une réplique acerbe d'une forte prise sur le bras de Camélia qui aurait bien voulu en rajouter une couche tant elle était furibonde. Elle le fusilla d'ailleurs du regard pour l'empêcher de dire le fond de sa pensée sur ces gourgandines. Le Général n'y prêta guère attention et salua poliment le départ d'Elönia et Lenhar. Lorsqu'Elianä se tourna vers lui, il se retint de faire le moindre geste qui le trahirait. Ses lèvres se scellèrent et ce ne fut que d'un hochement de tête qu'il la vit partir et se fondre dans la foule. Il suivit sa silhouette un petit moment avant qu'un sec mouvement de dégagement ne le ramène sur terre.

« Nuran Terinfiel ! Vous êtes un odieux personnage ! Comment avez-vous pu les laisser me traiter ainsi ?! »
« Il serait temps, ma chère, que vous appreniez à tenir votre langue, et votre place. »

Offusquée, elle sembla prise de cours. Nuran en profita pour la congédier.

« Et en parlant de ça, pourquoi ne rejoindriez-vous pas votre siège ? Il serait malheureux que vous manquiez la reprise. »
« Vous... ! Je vous jure que vous regretterez infiniment votre geste ! Cet affront ne restera pas impuni ! Votre inconstance vous perdra. Sachez qu'il serait temps que vous cessez de papillonner, vous n'êtes plus un enfant. Et cette attitude causera votre perte. Si ce n'est déjà fait. »

Sur ces mots, elle se détourna fièrement du militaire et pris le chemin de la salle. Nuran la regarda faire, un sourcil amusé mais désintéressé, relevé.
Il se sentait las. Sa petite sieste improvisée n'y était pour rien. C'était plus un sentiment général. Il était fatigué de toutes ces crises d'égo, de ses fanfaronnades, mesquineries et autres duperies. Nuran soupira en se disant qu'un bon camp militaire, planté en pleine cambrousse, lui manquait. Le palais avait son confort mais n'était pas reposant pour son esprit. Il songeait d'ailleurs à s'éclipser discrètement des lieux, quitte à laisser la donzelle seule – elle trouverait bien un pigeon pour la raccompagner, comme toujours – quand elle revint vers lui. Elianä. Nuran n'eut même pas le temps d'ouvrir ses lèvres pour tenter d'exprimer sa surprise qu'elle le regarda d'un air affolée et le suppliait de son aide.
D'abord perdu, il n'eut pas à attendre longtemps avant de comprendre le pourquoi de la situation. Un homme à l'air ivre se frayait tant bien que mal un chemin vers eux tout en appelant la demoiselle de noms particulièrement inappropriés en public, en soirée, ou bien même pour n'importe quel moment. Nuran s'interposa entre l'homme et Elianä, n'ayant même pas à réfléchir avec qui prendre parti.

« Monsieur... Il me sembla que vous importunez la demoiselle. »
« Et alors ? Qu'est-ce que ca peut vous faire... Cette intrigante joue les effarouchées, mais moi j'vous dis qu'elle en veut.. »
« Et moi, je vous dis que non. »
« Poussez vous de mon chemin ! »

Très peu patient avec ce genre de personnage, Nuran le saisit au cou en une fraction de seconde et se fit menaçant.

« Écoutez, espèce d'outre aviné, vous faites déshonneur à votre race et à votre rang. Votre vue m'insupporte. Et si je n'avais pas peur de salir ce magnifique tapis sous nos pieds, je vous passerais volontiers par le fil de mon épée. Au lieu de ça, je me contenterais de vous faire escorter vers la sortie. Mais sachez que si je vous reprenais à ennuyer mon amie, je me ferais une joie de me servir de votre tête pour un exercice de tir au canon. »

S'éloignant un peu de l'homme, mais le tenant toujours, Nuran héla deux soldats qui emmenèrent le noble hors des lieux. Puis il se tourna vers Elianä, il voulut la toucher mais retint sa main en l'air, hésitant.

« Est-ce que ca va aller ? » ne put-il s'empêcher de demander, inquiet.

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MessageSujet: Re: Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*    Sam 12 Mar 2011 - 21:12

    Et bien et bien, il fallait donc songer à rentrer. Lady Elönia précisa furtivement à sa sœur le numéro de leur loge (et secrètement il espéra que Lady Elianä refuse de venir, mais il se reprit bien vite quant à ses pensées), puis, après avoir lancée une dernière petite pique à Lady Camélia, elle s'en retourna vers la loge. Lenhar se retourna vers Nuran, Elianä et Camélia, et inclina la tête en guise de salut. Il fut appelé vivement par Elönia ; et Elianä lui signala malicieusement qu'il ne fallait pas tarder.

    "Oui, il ne faut jamais faire attendre une dame souriante. Passez tous une plaisante fin de soirée.", ajouta-t-il dans un demi-sourire. Il se demanda qui des deux jeunes femmes le Général allait finalement suivre pour le restant de la pièce. Mais il ne s'en inquiéta pas outre mesure, décidant que ce n'étaient pas ses affaires. Et puis il fallait se hâter. En passant dans les couloirs encombrés, il bouscula quelqu'un. Il s'excusa rapidement, mais se stoppa quand il entendit son prénom. Il se retourna ; une jeune Ombre, les longs cheveux noirs striés de bleu, le visage plutôt rond et les yeux grands et verts, s'approchait de lui.

    "Capitaine Embral'Denh, mais ça fait une é-ter-ni-té !
    - Bonsoir Lilina. Tu viens profiter du spectacle et des derniers cancans ?
    - Ohohoh, oui, et j'en ai toute une tripotée. De quoi satisfaire ma curiosité pour un long moment. Alors, ça fait quoi de fréquenter des dames de la haute ? On s'est pas vus depuis trois ans au moins, mais tu ne changes vraiment pas sur ce point.
    - Mais non, je heu..."

    La jeune femme rit, se trémoussa, et posa ses mains autour de ses hanches maternelles. Ils se connaissaient depuis l'enfance ; vers leur vingt ans, ils étaient même sortis ensemble. Mais les deux étant alors de nature très volage, cela n'avait pas duré. Ils étaient pourtant restés en bons termes, même s'ils ne se voyaient plus vraiment. Lilina s'était mariée peu de temps auparavant, et elle affichait où elle le pouvait son ventre déjà bien rond, cherchant des rumeurs nouvelles dans les endroits chics comme on va chercher son pain au coin de la rue. Lenhar se demanda vaguement si elle allait rester vraiment fidèle à son époux. Mais les gens changent.
    Elle continua.


    "Quoi, Lenhar, c'est quoi ce rouge aux joues ? Mmh, le rang est trop élevé ? Je vais me régaler je sens. Raconte tout à tata Lilina.
    - Heu, plus tard, tata Lilina. Pour l'instant je dois assurer la sécurité de la demoiselle, donc je n'ai pas tout mon temps. Et puis on va rater le début du spectacle.
    - Mmh, seulement sa sécurité ? Pff, je t'arracherai des confidences par la force s'il le faut. Lorsqu'on aura plus de temps. Tu n'as qu'à passer à la Forge. Et oui, j'ai drôlement envie de savoir la suite de cette folle histoire. C'est passionnant, et comme ils jouent bien ! L'acteur principal est drôlement mignon. (gloussements) Bon, je te laisse. A plus tard !"

    Il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle était déjà partie. Il soupira, et se rendit au pas de course vers la loge. Lorsqu'il arriva, Elönia retirait la dernière épine de sa rose, et la disposait joliment dans ses cheveux. Il la trouva ravissante ainsi. Il ouvrit la bouche pour lui offrir un compliment, mais à ce moment-là les lumières s'éteignirent, et il n'eut le temps que de reprendre place furtivement alors que le rideau se levait. Alors qu'il tâchait de s'assoir confortablement, sa main se posant sur l'accoudoir effleura celle d'Elönia. Il la décala, préférant rester sage.
    La Troisième et dernière épreuve commençait ; Jareid et Lothik, qui parmi les participants avaient été les plus remarqués, furent choisis en tant que finalistes. La belle Lewyllana soupirait d'ennui, assise sur son vaste trône, impatiente que les épreuves se terminent, que tout soit terminé, qu'elle congédie sèchement le vainqueur, et qu'on n'en parle plus.
    L'épreuve était de taille. Il fallait que les deux hommes s'affrontent sous leur forme animale, comme le faisaient les chefs Druide dans les anciens temps. L'attention de tous les participants -et de toute la salle- fut happée, alors que les finalistes se transformaient. Les armes et armures tombèrent à terre en un bruit sonore ; Lenhar siffla doucement d'admiration. Ils étaient parvenus à dénicher des acteurs ayant les mêmes totems que les guerriers de la légende. Lothik devint une hyène de taille disproportionnée, tandis que Jareid prenait doucement la forme d'un loup blanc. La reine hoqueta à cette vision ; le loup n'était pas sans rappeler celui qui poursuivait Mani sans relâche. Mais celui-ci était de la même couleur que la Lune, de la même couleur que son Dieu qu'elle aimait tant. Le Grand Prêtre annonça le début de l'épreuve. Les animaux grognèrent, et s'attaquèrent alors.

    Lenhar se pencha vers Elönia, sa voix n'étant qu'à peine audible pour ne déranger personne.

    "Pardonnez-moi de vous importuner, Lady. Mais une question me taraude ; quels sont les rapports du Général Nuran avec votre sœur ? Je sais que c'est un peu déplacé de vous demander, mais connaissant le caractère du Général vous devez comprendre que j'ai une certaine inquiétude là-dessus."
    Les rares fois où il avait croisé la jeune Aziel'Da avaient été lors de furtifs passages dans la bibliothèque, où elle était souvent afin de consulter un ouvrage. Il se demandait vaguement ce qu'une érudite telle qu'elle pouvait trouver chez le Général Nuran. Si ce n'était quelques aventures que l'on ne raconte pas, mais il doutait fortement que ce soit dans le caractère de la jeune femme.

_________________


"Remember when I told you how my kin is different in some ways?"
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Avez-vous déjà vu? ... Une soirée au théâtre chez les Ombres*

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