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 Entre Lions. [Pv Elea*]

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MessageSujet: Entre Lions. [Pv Elea*]   Mar 5 Oct 2010 - 12:33

Quatorzième semaine,
Septième jour, au soir.




Affalé dans son bain, une serviette d'eau chaude sur les yeux, Asandir avait pourtant bien du mal à se détendre. Visiblement, ses tortionnaires -plus communément appelés « seconds »- avaient prévu que les discussions avec Marcus Graybach dureraient au moins tout l'après midi, car personne ne vint plus le déranger. Et, une fois n'était pas coutume, le chef des armées le regretta amèrement. Par Mani, que n'aurait-il donné pour que cet entretien sorte de son esprit une bonne fois pour toute. Cet homme... Bon sang! Asandir avait été à deux doigts de lui broyer la gorge! Étrangement, songea-t-il, si cela était arrivé, il ne l'aurait pas regretté. Personne, qu'il fusse général ou paysan, absolument personne n'était autorisé à parler aussi légèrement de l'annihilation d'un peuple entier. Ce que Marcus avait proposé, était tout bonnement de cracher sur l'œuvre des sept Dieux, un blasphème comme nul n'en avait jamais commis. Comme seul Loki pouvait en souffler l'idée à un de ses fils... Avait-il bien fait de le laisser repartir en vie? Asandir n'avait pas encore eu vent de ce que Niarus et Graybach s'étaient dit, mais à peine l'humain hors de ses quartiers, le doute l'avait de nouveau pris. Le vieux conseiller parviendrait-il à convaincre ce soldat? Graybach était-il assez orgueilleux pour ignorer le bon sens de Niarus? Asandir aurait-il droit à être décapité lorsque la sentence de mort serait prononcée, ou bien serait-il pendu comme un traître? Toutes les questions sauf cette dernière restèrent sans réponse. Son vieil ami réussirait sans doute à plaider sa cause auprès du tribunal, lui permettant de laver son honneur dans une mort propre. Après tout, il aurait agi pour le bien du Gwendir, même si personne n'oserait le dire à haute voix.

Asandir ôta la serviette de son visage et sortit du bain. Les longs moments d'inactivité l'amenaient toujours vers des sujets de réflexion complètement stupides. Enfilant un pantalon, le chef des armées s'observa à travers le miroir avant de grimacer et de maudire une énième fois le borgne à qui il devait ses cicatrices, encore douloureuses par temps froid.
Il t'aurait tué, songea-t-il. Il t'aurait tué si Mani n'avait pas été de ton côté.
Asandir chassa vite cette pensée de son esprit. Il n'était pas d'humeur à s'apitoyer sur son passé. Se versant une coupe de vin rouge, le général alla se camper devant sa fenêtre. Celle ci donnait vu sur un terrain d'entrainement qui se vidait au fur et à mesure que le ciel s'assombrissait. Les soldats se dispersèrent à grand coup d'éclats de rire et de claques amicales dans le dos. Asandir pouvait presque entendre leurs plaisanteries, et, durant un instant, se demanda si sa promotion avait réellement été une bonne chose... Durant un instant seulement. Car sa mère lui avait longuement répété qu'il ne fallait jamais regretter un cadeau des Dieux, ceux-ci pouvant tout reprendre du jour au lendemain.
Le Chef des armées porta la coupe à ses lèvres quand une scène attira son attention. Un grand druide ne suivit pas ses camarades aux dortoirs. Sautant au dessus de la barrière de bois, il planta un genou à terre et écarta les bras. Une frimousse blonde bondit aussitôt et l'enlaça avec toute la force que ses petits bras lui permettaient. Derrière l'enfant, une femme et un jeune adolescent l'accompagnaient. Le soldat déposa alors son petit et vint embrasser sa femme. Outre le fait de lui démontrer par A plus B combien sa vie affective était pitoyable, cette scène quelque peu touchante, lui donnait l'impression de passer pour un affreux voyeur. Buvant un gorgée de vin, Asandir fit mine de se détourner lorsque quelque chose d'autre l'interpella. L'adolescent, dans un grand éclat de rire, se changea en smilodon et se mit à poursuivre son petit frère, hurlant de terreur. Ce dernier vint bien rapidement se réfugier dans les bras de son père qui sermonna le jeune druide avant de reprendre la discussion qu'il avait avec sa femme.
La banalité de ce moment arracha un sourire au général, qui y voyait là un parallèle parfait avec le contexte politique actuel du Royaume. Les druides étaient le petit garçon effrayé, courant se mettre à l'abri, tandis que les hommes s'identifiaient plutôt au prédateur. Enfin, « les Hommes », c'était davantage le Seigneur Nordique qui inspirait tant de crainte. Quelque peu comique d'ailleurs, quand on se rendait compte à quel p...

« Par la lune et les neuf mondes! »
s'écria Asandir.

Une idée le gifla avec tant de force qu'il en resta stupéfait. L'épidémie étant, les famines n'allaient plus tarder à présent, et la situation économique de Sudorna serait plus que houleuse pendant quelques temps encore... Et une guerre allait éclater sous peu, malgré tout ce que disait les plus optimistes des ministres. Marcus Graybach n'était pas venu lui rendre visite pour honorer la mémoire de Galdor. Non, il avait un jour de retard pour cela. Son seul but était de se rendre compte par lui même si les druides seraient présents sur le champs de bataille, à ses côtés. Mais qu'est ce que ce conflit apporterait aux enfants de Mani à part plus de morts et de ventres vides? Strictement rien.
Strictement rien, pour l'instant.
Le général humain n'était venu le voir qu'aujourd'hui. Autrement dit, le fait que les druides suivent docilement Ardiosis Bennefoy coulait presque de source pour lui. Pire, sa visite ne se traduisait pas par quelques arrangements conclus afin d'aider le peuple de la Lune; Il avait simplement évoqué le fait d'user de ce fléau contre leurs « ennemis ». Mais les amazones ne s'était rendu coupable d'aucun crime contre Sudorna. Ni les ombres, et encore moins les elfes. Cependant, l'allégeance du royaume n'était pas de son ressort, et sentant sa fureur s'embraser de nouveau, Asandir préféra se concentrer sur d'autres questions.
Sudorna était directement au sud d'Yswllyra. Si les humains perdaient cette alliance juste avant la guerre, ils se plantaient une dague dans le pied. Aussi, la possibilité de négocier plusieurs traités entre les deux peuples ne devait pas être trop demander... D'autant qu'il ne s'agirait pas de cupidité, mais de survie. Seulement Ardiosis était un homme imprévisible, Asandir ne le croyait pas orgueilleux au point de se mettre en danger, mais qui savait? Le Souverain avait déjà prouvé jusqu'où il était capable d'aller. Toute la subtilité serait donc de ne pas outrepasser la limite entre négociation et menace de trahison... Mais cela pouvait être jouable, et si le Seigneur Nordique acceptait, Sudorna pourrait enfin sortir de cette crise.
Une mise en scène commençait à germer dans l'esprit du général lorsqu'on toqua à la porte.

« Entrez. »

La porte s'ouvrit, donnant vu sur un jeune page quelque peu mal à l'aise, et n'osant pas croiser le regard d'Asandir. Les rumeurs allaient bon train sur lui. Le pire, sans doute, était que certaines d'entre elles n'étaient pas totalement infondées.

« Le Conseiller Niarus Faldor vous invite à sa table, général. Le dîner doit être servi dans quelques minutes. »

Sur un hochement de tête, le chef des armées fit signe qu'il serait là, et congédia l'enfant. Cette invitation tombait à point nommé. Niarus pourrait l'entretenir de ce qui résultait finalement de son dialogue avec Graybach, et Asandir lui exposerait son plan. Enfilant ses bottes ainsi qu'une simple chemise ample, il savait que son ami ne lui en tiendrait pas rigueur. L'idée de passer une demi heure à s'habiller pour un simple dîner lui était insupportable. Le général s'engagea dans les couloirs, interceptant au passage un domestique pour demander à ce qu'on débarrasse son bain. S'il n'appréciait pas tellement le fait de déléguer son travail à autrui, Asandir fit une exception pour cette fois.
Le chef des armées ne mit pas longtemps à gagner les quartiers de Niarus et une fois devant, donna trois petit coups à la porte pour signifier sa présence. Être premier conseiller comportait plusieurs avantages, dont celui de posséder une salle à manger privée. Pas aussi faste que celle du souverain, certes, mais tout de même. Celle ci, était la deuxième pièce des appartements du politicien. La première étant son bureau, et la troisième sa chambre à coucher.
La voix grave qui caractérisait son vieil ami l'autorisa à pénétrer dans la pièce, et c'est ce qu'il fit... Asandir ne se considérait pas comme quelqu'un de particulièrement misogyne. Cependant, il dut avouer qu'il y avait là quelque chose de... déroutant à se faire dépasser de près d'une tête par une jeune femme.

Général Noctariam, je vous présente ma fille Elea, Chef des armées Amazones et Ambassadrice de la reine Calafas.

Se sentant quelque peu ridicule dans une tenue tout ce qu'il y avait de plus banale, Asandir articula un « Echanté. », se demandant si Niarus avait expressément omis de mentionner la présence de sa fille. Le chef des armées, de par les cernes dessinées sous les yeux du ministre, sut aussitôt que non. Le vieux cerf ne devait plus avoir la tête que dans les affaires du Royaume. Aussi, le dîner commença dans le plus grand silence. Silence qui fut dès lors de mise, seulement troublé par les bruits de couverts... Niarus s'abîmait dans la contemplation d'un verre, écarquillant les yeux puis hochant la tête, définitivement perdu dans ses pensés. Asandir lui jetait quelques coups d'œil furtif de temps à autre, qui savait? Il était capable de s'étouffer avec sa nourriture. Elea, de son côté, semblait tout aussi bavarde que lui... C'était une jolie femme, qui rappelait par bien des côtés son paternel. Droite sur son siège, même assise elle ne perdait rien de sa taille. L'hésitation dans la couleur de ses yeux semblait la seule chose qu'ait concédée Freyja à Mani. Car Asandir ne s'y trompa pas, ce n'était pas une semi-druide qu'il avait en face de lui, mais une véritable amazone. Une chef des armées ajouté à cela. Aussi, une question s'imposa très rapidement à son esprit; Sa visite était-elle uniquement guidée par la compassion des amazones à l'égard de Galdor? Deux semaines auparavant, le général aurait certainement répondu « oui », mais il n'était plus sûr de rien à présent. Commencer un sujet qui aurait fini orienté vers une question de sécurité nationale aurait été malséant à la table de Niarus. Asandir tint donc sa langue et le dîner prit bientôt fin.
Le général remercia son hôte et prit congé aussitôt fait. Il avait fait surveiller Elea pour éviter une quelconque tentative d'assassinat, mais n'avait pas poussé le vice à ce qu'on lui fasse des rapports sur ses déplacements. L'amazone n'allait plus tarder à quitter Unae, cette question devait donc être réglée ce soir même. Inviter une hôte de marque, qui plus est la fille du régent, alors que la nuit était tombée, repoussait toutes les limites de la bienséance. Ainsi, Asandir tourna en rond plusieurs minutes avant de se décider. Il fallait ce qu'il fallait, les réputations se refaisaient... D'un pas décidé, il prit la direction de l'aile des invités, demandant à un garde où se situaient les quartiers d'Elea Faldor. Ce dernier ne se rappelant plus vraiment, Asandir mit quelques temps à se retrouver devant les appartements de la générale. Il s'apprêtait à frapper à la porte lorsque celle-ci s'ouvrit à la volée.
Le chef des armées se retrouva nez à nez avec son homologue.
Les yeux écarquillés de surprise, mille phrases intelligentes pour expliquer sa présence défilèrent dans son esprit.

« Est ce que votre présence ici menace la sécurité de Sudorna? »

Un temps.

Mon Dieu... ai-je réellement dit ça... ? Sa lapida-t-il intérieurement...

Quoi que... Ce n'était pas vraiment idiot, dans le sens où les militaires étaient en général étaient très mauvais menteurs. Suivant les différents attitudes qu'Elea arborerait dans les prochains secondes, Asandir serait peut-être fixé finalement...

_________________

"L'apanage du Chef de Guerre n'est pas de faire le bon choix, c'est de faire un choix lorsqu'il n'y en a aucun de bon."
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MessageSujet: Re: Entre Lions. [Pv Elea*]   Sam 16 Oct 2010 - 16:45


Elea avait essayé de retrouver l’ancien parfum de Sudorna toute la journée. Mais elle avait beau marcher dans ses vallons, explorer ses rues ou parler à ses habitants, ce n’était pas la cité qu’elle avait parcouru auparavant. Elle s’était métamorphosée et son visage était maintenant tout autre, plein de blessures et ayant presque déjà le goût du sang sur les lèvres. Ce changement abrupte rendait les bons souvenirs de la métisse d’autant plus vivaces, mais c’était comme si ils avaient eu lieu ailleurs. Par exemple, elle se souvenait que ’un de ses jeux préférés lorsqu’elle était petite et que son père l’emmenait quelques jours à Unae, c’était de faire la course avec un jeune druide qui pouvait déjà se transformer en un animal capable de faire preuve d’autant d’endurance et de rapidité que l’amazone. Elle avait adoré courir jusqu’à avoir le souffle coupé dans les forêts merveilleuses autour de la capitale.

Alors qu’elle marchait seule dans les rues en attendant l’heure où son père l’avait conviée à diner, Elea songea à quel point elle avait pu changer depuis le temps où elle était venu ici. La petite fille dont elle se rappelait avait de moins en moins d’influence sur la femme qu’elle devenait. Comme Sudorna, elle se métamorphosait lentement, et l’amazone en vint à se demander qui elle allait devenir, et quel serait son visage final. Elle avait grandi certes, et c’était chose naturelle, mais elle arrivait encore à percevoir en elle l’étincelle qui brillait en elle enfant. Quand elle était encore en vie, sa mère lui avait d’ailleurs souvent fait remarquer que son enthousiasme était quelque chose d’assez phénoménal, et que sa force se puisait en partie là dedans. La sage leçon que l’amazone en avait finalement tiré avait été apprise le jour de la mort de sa mère. Après les hurlements sans fin et les larmes intarrissables, elle s’était relevée, puisant désormais sa force dans autre chose que sa foi envers la vie : elle la puisait dans la perte et la force que lui donnait le fait de s’être redressée. Ce qui ne tue pas rend plus fort, c’était là la devise inébranlable de l’amazone. Si sa mère ne lui avait pas enseigné que tout avait un sens, que ce soit la mort, la vie ou d’autres choses moins puissantes, peut-être qu’Elea ne s’en serait jamais remise et l’aurait porté tel un lourd fardeau sur épaules. Heureusement, ce n’était pas le cas, et la fille de Freyja se sentait bien plus appuyée par cette perte que ralentie par elle. De fil en aiguille, l’amazone en vint à penser qu’elle aurait aimé que sa reine ait elle aussi pu comprendre le sens de cette leçon, mais il était peut-être encore trop tôt… Non pas qu’Elea pense que la vengeance était inutile, car pardonner le meurtre d’une mère aurait été une pure abomination pour un enfant Amazone. Elle-même n’avait jamais pardonné à ceux qui avaient mis fin à la vie de sa mère, elle leur avait fait payé ce seul acte de leur vie, mais le chemin dans lequel semblait s’engager Idril n’avait rien de comparable. Cette fois, c’était le continent entier qui menaçait de changer.

Et en parlant de choses suceptibles de changer, l’amazone n’arrivait pas plus à s’hôter de la tête le dîner auquel elle se rendait maintenant, l’heure étant venue. C’était timidement que son père l’avait invitée à manger à son côté, conscient qu’il ne devait pas froisser sa fille mais inquiet de savoir comment les choses allaient se dérouler, de quoi le père allait bien pouvoir discuter après tout ce temps, comment éviter le sujet fâcheux du déséquilibre entre royaumes et revenir à des choses moins funestes… En somme, comment appréhender Elea cette fois. L’amazone était elle-même nerveuse à l’idée de se retrouver seule face à lui, le cerf fier et blessé qu’elle aimait et respectait tant, peut-être jusqu’au point du mutisme, de la simple contemplation. Si Elea était forte, elle n’était pas insensible. Et s’il lui restait encore un point très sensible, c’était bien son père, vestige de son monde instable. Elle s’imaginait souvent comment serait l’avenir si son père – ou plutôt les Druides – faisaient un mauvais pas, et si par malheur ils tombaient aux pieds de Bennefoy… Cette pensée terrorisait Elea et s’était faite plus insistante depuis son arrivée à Sudorna. Elle sentait que quelque chose perdait son équilibre et que la chute était quasi-inévitable. Mais peut-être était-ce simplement la peur qui parlait… L’amazone l’espérait plus que tout. Car autant qu’elle sentait qu’un malheur était vite arrivé, elle savait dur comme fer que si son père s’alliait aux Humains, cela ne stopperait pas la Chef des Armées qu’elle était. Ce qu’elle redoutait davantage… c’était la fille de Niarus. Lever la main sur son père était impensable.

Elea secoua vivement la tête pour chasser ses idées noires. Elle était pour l’heure l’ambassadrice de sa reine et le gage de l'amitié des amazones, l’enfant du druide en elle devait se taire ou faire bonne figure. Elle dévora les derniers pas avant le Bastion comme un seul, car elle avait beau être angoissée, elle ne voulait pas être en retard à ce dîner.

* * *
Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, Niarus et Elea ne profitèrent pas de leur solitude pour échanger quelques souvenirs, ni rien de ce genre. Ils se contentaient de se regarder avec la pointe d’un sourire gêné, attendant patiemment le troisième invité. Briser la glace était décidemment plus dur qu’elle l’avait envisagé, et l’amazone avait même hâte que ce silence irritant prenne fin avec l’arrivée de son homologue. Aucun mot ne franchit donc la muraille de leurs lèvres jusqu’à ce qu’on toque à la porte. Constatant la fatigue du cerf, Elea se leva d’un bond pour le dissuader d’ouvrir lui-même la porte.

Elle tomba nez à nez avec des yeux stupéfaits et une bouche incapable de la saluer. L’amazone avait tendance à oublier sa taille conséquente, même si elle avait récolté des réactions similaires par dizaines depuis son arrivé à Unae. Certes, chez elle elle n’avait pas vraiment à faire à ce problème, sa hauteur étant à peu près dans la norme, mais quand elle voyageait, la différence se sentait !

Général Noctariam, je vous présente ma fille Elea, Chef des armées Amazones et Ambassadrice de la reine Calafas.
Son père s’était levé et adressait à Asandir un sourire pour lui intimer subtilement qu’elle ne mordait pas, ou presque. Le Chef des Armées avait l’air embarrassé par la tenue qu’il portait, et cet effet s’accentua sans doute lorsqu’il la compara à la tenue officielle d’Elea. Elle n’était certes pas en armure, mais portait un habit élégant dans les tons beiges, et tout de même rehaussé d’un corset de métal flamboyant qui renvoyait à la discipline froide des amazones, tout en mettant en avant le côté martial féminin typique du peuple. Un attirail parfait pour les sorties protocolaires qu’Elea portait avec fierté et qui lui allait comme un gant.

L’amazone sourit doucement à l’entente du salut gêné du général.

- Ravie, dit-elle simplement.

Lorsqu’ils furent tous installés, et une fois avoir échangé les banalités sociales inhérentes à ce genre de dîner, ils se turent de concert, gênés par la situation. Un curieux triangle pouvait se remarquer, car en vérité, tous auraient pu parler longuement si un autre avait été absent. Par exemple, Elea aurait pu se montrer très bavarde avec son homologue si son père ne la rendait pas anxieuse, de même qu’Asandir aurait pu être loquace avec le cerf sans la présence imprévue de l’amazone, et que son père aurait peut être trouvé les mots pour parler à sa fille s’il n’avait pas invité Asandir. En bref, le blocage était mutuel et quelque peu irréversible. Ils cessèrent donc tous d’espérer un revirement de situation et se contentèrent de complimenter poliment les plats en attendant la fin du repas.

C’est attristée qu’Elea regagna sa chambre après avoir lancé un simple « bonne nuit » d’une voix frêle à son père. Déçue, ça elle l’était. Ne pas savoir quoi dire à son géniteur la mettait mal à l’aise et lui donnait l’impression d’échouer, quelque part. Elle avait imaginé leurs retrouvailles autrement. Mais elle avait beau être triste, elle devait avouer être vraiment fatiguée de penser à ça, ces histoires de père et fille bloqués dans leur gêne commençaient à lui mettre les nerfs à fleur de peau. C’est donc balancée entre ces deux émotions contraires que l’amazone décida de ne plus y penser, de laisser cette histoire dans un coin de son esprit. De toute façon, elle rentrait le lendemain, et la perspective de l’au revoir la laissait de marbre. Elle en avait assez de se torturer l’esprit... C’était quand même un comble qu’en ces temps troublés son père soit la principale cause de sa frustration !

La descendante d’Eralo avait besoin de quelque chose de frais. Elle opta pour se passer un peu d’eau froide sur le visage et la nuque, et desserra l’emprise du corset ferré qu’elle avait porté au dîner pour garder simplement sa tunique. L’amazone enfila rapidement son manteau de cuir marron raccommodé par ses soins et resserra ses cuissardes de daim.

Fin prête, elle ouvrit la porte de sa chambre. Elea resta quelques secondes paralysée par la surprise. Qu’est ce que son homologue faisait là à cette heure, par Freyja ?

C’est avec de grands yeux que l’amazone accueillit la réplique intelligente du général. Qu’est ce que ça voulait dire, de commencer une conversation comme ça ! Elle regarda le druide d’une manière qui résumait assez bien son mélange de surprise et de début de colère. Ce n’était pas vraiment le moment de l’accuser d’hypocrisie envers le peuple avec lequel elle essayait de renouer des liens. Son expression dure ne dura pas cependant, car Elea n’était pas de ces gens à s’énerver facilement, et encore moins à juger quelqu’un qui parle dans l’ignorance. Le général ne savait après tout quasiment rien d’elle, et l’amazone en ses propres terres aurait sans doute poser le même genre de questions aux représentants d’autres peuples. Elle inspira longuement.

- Ainsi donc vous croyez que ma venue ici, dans un royaume qui m’a vue grandir, dont le sang de votre régent coule dans mes veines, est un acte condescendant de la part de mon peuple ou pire, une promesse de conflit ?

Elea avait encore du mal à croire à l’audace du général, mais il avait eut l’air de parler sous le coup de la surprise. Quoique cette question irritante serait sans doute venue dans la conversation tôt ou tard, la méfiance étant de mise entre les deux peuples du Gwendir. L’amazone ferma la porte de ses appartements et se tourna de nouveau vers le général, une petite pointe d’affliction dans les yeux. Elle détestait déjà l’idée de devoir un jour combattre les idéaux des druides, qu’elle considérait comme une partie d’elle même depuis toute petite, mais l’idée qu’on puisse soupçonner son peuple de se mettre à dos d’eux sans raison valable, c’était sans doute pire. Les amazones formaient un peuple vaillant et loyal, il n’y avait aucune raison pour qu’ils soient une menace pour les druides, de quelque manière que ce soit, tant que ceux si ne rejoignaient pas les rangs de ce Traître de Bennefoy.

L’amazone tourna le dos à son homologue un instant, mais à quelques mètres, elle finit par se retourner.

- Allons marcher, voulez-vous ? J’ai besoin de prendre l’air et de me dégourdir les jambes. J’aimerais entendre vos opinions et celles du peuple dont la sécurité vous tient tant à cœur.

Patiemment, elle attendit que le druide la rejoigne dans le couloir.
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