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 Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]

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Arvaël Al'Nyr
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MessageSujet: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Ven 10 Juil 2009 - 20:56

12ème semaine de l’an 835
4ème jour
Dans la matinée




Un sourire avenant accroché aux lèvres, plus fringant que jamais dans ses tout nouveaux atours taillés spécialement pour l’occasion, le sieur Arvaël Al’Nyr ne perdait pas une miette du spectacle qui s’offrait à ses yeux. C’était en effet la première fois qu’il visitait le palais royal du peuple amazone, et pour tout dire, la première fois qu’il mettait le pied hors des territoires humains. En repensant à la façon dont il avait atterri là, l’amusement le gagna.

En effet, cela n’avait pas été une mince affaire de quitter le douillet cocon familial, et le petit peuple d’Yswllyra se gaussait encore de l’impressionnante caravane qui avait quitté la capitale humaine un certain matin et des tout aussi impressionnantes piles de malles de toute sorte contenant les effets personnels du jeune homme.

La raison de ce soudain désir de prendre le large ? Une aimable proposition émanant d’un important aristocrate issu du peuple de Freyja, invitant le jeune noble à venir admirer les magnifiques chevaux élevés dans les plaines de Fazor, et pourquoi pas, faire l’acquisition de quelques uns. Arvaël avait quelque peu hésité à y répondre, eu égard à la situation géopolitique plus que tendue entre leurs deux peuples, mais il était finalement arrivé à la conclusion que les affaires étaient les affaires, et qu’il ne laisserait pas le climat ambiant décider pour lui de ses projets et de ses déplacements. Raisonnement un peu présomptueux, mais qui justifiait pleinement son désir de voyage, plus ou moins latent depuis quelques temps.

Et puis … Le jeune noble désirait aussi secrètement voir de ses propres yeux ce peuple qui avait osé entrer en dissidence ouverte avec le seigneur nordique, dont par ailleurs il approuvait de moins en moins les actes.

C’est donc avec un grand plaisir qu’il répondit favorablement à son homologue amazone, ce qu’il ne regretta pas le moins du monde. Son hôte, une ancienne connaissance de son père, s’était révélé des plus charmants, et un accord tacite avait été conclu de telle sorte que les sujets relevant de la politique n’étaient pas évoqués.

La veille s’était déroulée de très agréable façon. Le noble amazone avait fait visité à Arvaël le Haras où étaient dressées les plus belles bêtes qu’il avait été donné de voir au jeune homme. Celui-ci, favorablement impressionné, avait décidé de prendre une journée de réflexion avant de se décider, mais il savait déjà qu’il ne repartirait pas les mains vides de ce voyage.

N’ayant guère eu le temps de profiter de son environnement depuis son arrivée, et son hôte ayant du le laisser seul la journée, Arvaël avait décidé de mettre à profit ce temps libre pour visiter un peu le Palais, et pourquoi pas ? faire des rencontres intéressantes. C’est donc d’un pas nonchalant qu’il parcourait les couloirs, réservant ses plus beaux sourires aux jeunes dames qui croisaient sa route et saluant d’un signe de tête les diverses personnes qu’il rencontrait, faisant fi des regards parfois hostiles qu’il soulevait à cause de son statut d’humain.

A moitié plongé dans ses pensées, il ne remarquait que distraitement les couloirs qu’il empruntait, tournant un coup à droite, puis à gauche, sans aucune logique. Ce n’est que lorsqu’il déboucha dans un petit hall entièrement désert qu’il se rendit compte qu’il était complètement perdu.

C’était trop stupide. Arvaël sentit ses joues s’empourprer tant il se sentait ridicule, sentiment qu’il abhorrait par-dessus tout. Tournant lentement sur lui-même, il constata que quatre couloirs s’ouvraient sur ce hall, menant dans quatre directions totalement différentes. Hésitant sur la marche à suivre, il opta pour une autre solution. Avisant une chaise qui trônait dans un coin, le jeune homme s’assit en prenant bien soin à ne pas froisser sa somptueuse tunique bleu ciel qui faisait ressortir ses prunelles de même couleur, et pria fiévreusement pour que quelqu’un apparaisse et lui indique le chemin. Puis, adoptant l’air le plus hautain dont il était capable, comme si seule sa volonté expliquait sa présence en ce lieu insolite, il attendit.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Sam 11 Juil 2009 - 9:13

La matinée était propice aux discussions sérieuses selon l’opinion de la nouvelle Reine qui guidait à présent le peuple de Freyja. Aussi, elle souhaitait autant que possible que les réunions avec ses ministres et ses conseillers se déroulent avant que le soleil n’ait atteint son zénith. Et pour l’heure, la discussion devait être centrée sur les nouvelles inquiétantes ramenées par ses sujets : la « maladie du bétail » comme l’avaient très rapidement surnommée son entourage. L’épidémie n’était pas encore arrivée jusqu’à Eralo mais Idril savait que si le virus se propageait aux chevaux du Haras, les conséquences seraient terribles, tant sur le plan commercial que sur le plan militaire. Les chevaux amazones étant réputés comme les meilleurs de tout le continent, les ventes se destinaient à toutes les zones, produisant ainsi une recette financière considérable pour le peuple de Freyja. Les pertes à grande échelle étaient donc un souci relativement préoccupant, qu’il fallait prendre en compte avant même sa réalisation.

Au sein de ses appartements, les domestiques s’afféraient autour de sa royale personne, pour la parer d’une tenue convenable, la parfumer du plus délicat parfum, la coiffer comme l’exigeait son rang. C’est ainsi vêtue d’une robe aux teintes amarantes, de constitution simple mais d’étoffe précieuse, ornée de rubans couleur crème lui enserrant le dessous de la poitrine pour donner un effet ample au tissus se situant en dessous, que la jeune femme sortie de sa chambre. Ses longs cheveux rappelant la couleur des blés cascadaient librement sur ses épaules laissées nues. Bien évidemment, le médaillon offert quelques années plus tôt par son plus proche ami et assorti à la couleur de ses yeux, ornait son cou fragile. Le bijou, objet de rumeurs et de réprimandes de la part de ses Conseillers, ne perdait jamais une occasion d’être fièrement mis en avant, au plaisir de sa maîtresse.

Idril, escortée par deux soldates et un héraut, se dirigea d’un pas assuré à travers les couloirs de la zone du Palais réservée à sa suite, la Tour Est de la demeure, pour regagner le bâtiment central où se trouvait la Salle du Trône où elle se rendait. Mais lorsqu’elle s’engouffra dans un petit couloir, quelle ne fut pas sa surprise de tomber presque nez à nez avec un homme d’une vingtaine d’années, richement vêtu d’apparats aux couleurs chatoyantes et tout bonnement assis sur l’un des chaises disposées à l’intention de ceux qui voudraient se reposer. Son petit air suffisant semblait indiquer qu’il attendait quelque chose. Mais ce qui étonna l’Amazone, ce ne fût pas la tenue du noble, ni même son regard hautain, et encore moins sa présence en ces lieux ; non, ce qui surprit la jeune Reine, c’est de voir un humain dans son Palais. Et pas n’importe quel humain. Tout son être suintait la nouvelle noblesse. Idril, qui avait ralenti considérablement son allure, arqua un sourcil sans cesser de fixer l’inconnu. Elle essaya de refouler les préjugés qui grandissaient dans son esprit sur les enfants de Loki depuis les évènements récents mais la tâche n’était pas aisée. Et si elle avait secrètement accordé son soutien à Siran Bennefoy en lui proposant une aide financière, il n’était pas aussi facile de ne pas avoir d’a priori sur les Humains en général. Lorsqu’elle fût à une distance proche du jeune homme, elle s’arrêta et le fixa sans un sourire de ses prunelles d’émeraude. Le héraut qui l’accompagnait vint se placer devant l’inconnu qui visiblement ne savait pas devant qui il se tenait, pour lui indiquer précisément l’identité de la jeune femme. Il toussota légèrement et expliqua brièvement :

« La Reine, Monsieur. »

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Arvaël Al'Nyr
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Sam 11 Juil 2009 - 11:05

Arvaël n’eut pas à attendre bien longtemps pour voir arriver un petit groupe de personnes dans sa direction. Finalement, ce coin du Palais n’était peut-être pas si éloigné que cela des issues principales … Et puis, il se voyait mal passer toute la journée assis sur cette fichue chaise à attendre que quelqu’un daigne venir le secourir. C’est donc avec un certain soulagement qu’il observa les arrivants se rapprocher de lui d’un pas vif.

Mais plus ils s’avançaient, plus le jeune homme était perplexe. Une jeune dame somptueusement vêtue, à l’éclatante chevelure dorée et manifestement escortée par deux amazones en armes, se faisait précéder d’un individu à l’habit plus sobre et qui avait tout l’air d’être à son service. Mais pourquoi diantre une courtisane de ce Palais ressentait-elle le besoin de s’assurer les services d’une telle escorte entre les murs même du château ?

Le temps que ces pensées traversent son esprit, la dame en question était arrivée à sa hauteur et l’observait d’un œil qui n’avait rien d’engageant. Rien d’étonnant songea amèrement Arvaël ; vu la situation actuelle, ce n’était pas la première fois qu’il suscitait ce genre de réaction depuis qu’il avait mis les pieds ici. Mais la proximité de la jeune femme lui fit prendre également conscience de sa grande beauté.

Fidèle à lui-même, Arvaël se leva aussitôt et salua la noble inconnue avec une petite révérence :

- Je vous souhaite bien le bonjour ma demoiselle ! Permettez-moi de me présenter : Arvaël Al’Nyr, à votre service …

Mais avant qu’il n’ait le temps de continuer le petit numéro qu’il réservait à toutes les dames ayant frappé son regard, un léger toussotement l’interrompit dans son élan. Surpris, le jeune homme constata qu’il émanait du serviteur, lequel lui précisa alors l’identité de la demoiselle qu’il s’apprêtait à courtiser.

* Mince ! Evidemment, il fallait que çà tombe sur moi !! *

Sans hésiter, Arvaël tenta tant bien que mal de rattraper le coup :

- Votre Majesté, veuillez me pardonner mon impudence ! J’ignorais votre identité et je n’aurais jamais rêvé vous rencontrer … ainsi … enfin …

Encore sous le choc de la révélation du héraut, il prenait conscience au fur et à mesure qu’il parlait de l’implication de l’évènement, ce qui lui coupa tous ses effets. Dire qu’il attendait simplement que quelqu’un vienne lui indiquer le chemin de retour, et voilà que la Reine Idril Calafas en personne apparaissait ! Les dieux jouent parfois de drôles de tours aux pauvres mortels, et ils devaient bien rigoler à présent …

Mais le sieur Arvaël n’était pas homme à se laisser impressionner ainsi bien longtemps. Après un court moment d’hésitation, il se reprit et enchaîna aussitôt :

- De plus, j’ignorais que Votre Altesse était si jeune et si belle ! Peut-être est-ce là la cause de mon impardonnable erreur …

Puis, songeant qu’il s’adressait tout de même à l’un des sept souverains du Gwendir, il s’arrêta là, ne désirant pas indisposer la jeune femme qui le toisait froidement, songeant brutalement à sa situation plus que délicate d’humain au cœur du royaume amazone. Aussi réfréna-t-il ses ardeurs et s’astreignit-il à un comportement plus humble – chose dont il n’avait guère l’habitude – pour attendre la réaction de la souveraine, ainsi que les inévitables questions sur sa présence en ces lieux.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Mar 14 Juil 2009 - 9:18

Contre toute attente, le jeune homme au sourire charmeur et à l’œil malicieux se leva promptement pour saluer d’une gracieuse révérence la demoiselle qui était venue à sa rencontre. Sans ciller davantage, Idril plissa son œil droit qui se voulait scrutateur et toisa froidement l’inconnu s’étant montré dangereusement familier. La jeune femme était connue pour sa froideur et son tempérament belliqueux ; aussi, elle ne donnait pas cher de la peau de ce fougueux personnage s’il s’avisait de recommencer. C’est alors que le domestique zélé qui l’accompagnait toussota légèrement pour indiquer par la suite l’identité de la demoiselle en question au curieux étranger. Celui-ci se troubla à peine quelques secondes, pour finalement rebondir sur ses pattes grâce à une pirouette verbale plus ou moins habile, se fondant en excuses. Excuses qui ne durèrent guère longtemps puisque l’humain visiblement peu refréné dans ses ardeurs reprit son discours élogieux au sujet de la nouvelle Reine. Cette dernière, impassible, le jaugea à nouveau, le regard glacial. Était-il fou ou inconscient pour s’adresser ainsi à la Reine d’un peuple presque déclaré ennemi au Seigneur Nordique ? Cependant, Idril ne sut dire si ce fût l’amusement ou la colère qui la poussa à réagir et à répondre au nobliau humain. Certes, il était offensant et humain, mais son habilité verbale et son audace particulière semblèrent intriguer la jeune femme de sorte qu’elle ne se laissa pas aller à une colère sourde. Le héraut dont le front ruisselait à présent de quelques gouttes de sueur faisait les gros yeux au Seigneur Arvaël pour qu’il daigne se taire. Il connaissait trop bien l’opiniâtreté de la nouvelle reine et si l'étranger ne cessait de la provoquer, même involontairement, il risquait d’avoir de gros ennuis. De très gros ennuis. Le domestique ne saurait sans doute jamais si ce fût grâce à son conseil silencieux ou non, mais le courtisan finit par se taire et par adopter une position plus humble, plus respectueuse. Idril quant à elle, continuait de le regarder avec un petit air suffisant bien que son regard sembla s’être radouci. Finalement, ses lèvres remuèrent et sa voix cristalline résonna aux oreilles de ceux qui lui étaient proches.

Votre langue semble d’humeur obséquieuse. Est-ce là un attribut typique des Enfants du Septième Dieu ou est-ce seulement votre inexpérience qui vous pousse à me flatter l’ego sans ménagement, avec une proximité outrageante de surcroît ?

Elle plongea ses pupilles d’émeraude dans le regard de son interlocuteur et le fixa intensément, comme pour le mettre mal à l’aise. Il n’était pas nécessaire qu’il comprenne qu’elle avait trouvé son petit spectacle divertissant, son autorité aurait pu être discréditée devant ses subordonnées. Et il était hors de questions qu’un vulgaire humain la mette à mal devant ses sujets, aussi puissant fût-il. Après l’avoir rabroué, elle reprit sa marche et vint se mettre à sa hauteur. Puis sans afficher un sourire et sans détourner son regard du fond du couloir, elle fit un signe de l’avant bras invitant le courtisan à la suivre. Après tout, il pouvait être plus qu’amusant de s’entretenir avec lui et puis surtout, il avait peut être des informations sur la Capitale qui valaient la peine d’être entendues.

Sieur Al’Nyr, c’est bien cela ? demanda-t-elle en inclinant légèrement la tête de côté pour se montrer plus avenante. Qu’est-ce qu’un gentilhomme de votre rang est venu chercher au sein de mon Palais ? Je suis curieuse de connaître les motifs de votre visite.

Sans attendre la réponse de son interlocuteur, elle s’était remise à marcher mais d’un pas bien moins rapide que précédemment. Elle n’était plus tout à fait aussi pressée d’arriver à la Salle du Trône … Un humain à la Cour n'était peut être pas ce dont elle avait rêvé, mais cela avait sans doute quelques avantages dont elle pourrait tirer profit.

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Arvaël Al'Nyr
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Mar 14 Juil 2009 - 19:21

Une sourde appréhension s’empara peu à peu d’Arvaël tandis qu’il affrontait l’examen de la reine Idril. Comment avait-il pu faire une bourde pareille ? Il ne faisait aucun doute que la demoiselle qui lui faisait face était habituée à être obéie sans sourciller et à donner des ordres ; elle était royale jusqu’au bout des ongles. La condition d’humain du jeune homme le mettait en outre dans une position fort délicate à l’égard de la souveraine. Même si la guerre entre leurs deux peuples n’était pas officielle, les tensions étaient suffisamment explicites pour qu’il se sente comme une souris ayant pénétré dans l’antre d’un chat. Raison de plus pour ne pas provoquer l’ire de l’intimidante souveraine. Une seule parole de trop pouvait très bien le conduire en un aller-simple dans les cachots amazones.

C’était la première fois qu’il se trouvait dans une situation si délicate et les paroles de la reine ne firent rien pour le rassurer ; manifestement, elle n’avait guère apprécié la façon dont il s’était si cavalièrement présenté à elle. Mais il ne put s’empêcher de répondre à la remarque acerbe dont elle le gratifia :

- Est-ce donc de l’obséquiosité de dire la vérité ? Cependant, je reconnais volontiers que ma langue a parfois tendance à s’agiter avant que ma raison ne s’avise de la contrôler. Aussi je prie Votre Altesse de bien vouloir me pardonner ce malheureux écart de conduite. Je n’avais nullement l’intention de vous manquer de respect.

Arvaël avait mis dans ses paroles toute l’humilité dont il était capable, mais soutint le regard de la reine, dont les prunelles émeraude le fusillaient littéralement. Après tout, il n’avait rien à cacher, mais il se sentait comme un petit garçon pris en faute, et il pria fiévreusement pour que la question, pourtant prononcée avec douceur, presque comme une excuse, par laquelle il avait entamé sa réponse ne soit pas prise pour une autre impertinence. Cependant, il n’avait pu s’en empêcher, car il était sincère dans ses propos et avait la trop fâcheuse habitude de dire ce qu’il pensait.

Idril le surprit cependant en l’invitant à venir la rejoindre et à se tenir à son côté, mais sans pour autant manifester le moindre signe amical à son égard. Arvaël rejoignit en deux grandes enjambées la souveraine, affichant le large sourire qui ne le quittait quasiment jamais quand il était en public, de surcroît aux côtés d’une reine, et il commença à marcher aux côtés de la jeune femme. Voilà une bien étrange façon de retrouver son chemin, pensa-t-il, mais somme toute riche en expériences. De près, le jeune noble prit conscience de la richesse de la tenue de sa royale compagne et de la subtile fragrance qui émanait d’elle. Elle était vraiment une très belle femme …

Furieux contre lui-même, Arvaël se secoua mentalement. Ce n’était vraiment pas le moment de laisser ses pensées dériver dans ce sens, bon sang ! La moindre parole de trop pouvait lui être fatale ! Mais il n’eut pas le loisir de continuer son débat intérieur, car Idril lui posa la question fatidique qu’il attendait.

- Oh ! Eh bien, je sais que cela peut vous paraître quelque peu incongru en ce moment, mais je suis ici pour de simples raisons économiques. J’ai été invité par l’un de vos plus nobles sujets pour admirer les superbes montures que vous élevez dans votre Haras et sans doute acquérir quelques unes d’entre elles. Je l’ai visité en sa compagnie hier, et je dois dire que j’ai été vraiment très impressionné par la qualité de ces chevaux. J’avais dans l’idée de vous en acheter quelques uns …

Voilà. Une réponse simple, claire, sans emphase ni ambigüité comme il avait tendance à le faire d’ordinaire.

- Je dois vous avouer que j’apprécie beaucoup l’équitation, et les piètres montures que les humains élèvent font difficilement le poids avec les magnifiques bêtes qu’il m’a été donné de voir ici. Aussi n’ai-je pas hésité longtemps à répondre à l’invitation qui m’a été faite par un vieil ami de mon père …

Arvaël avait mis plus de passion qu’il ne l’aurait voulu dans ces dernières paroles. Il se tut, puis éclata soudainement de rire, ce qui par la même occasion lui permit d’évacuer la tension qui s’était d’un coup accumulé sur ses épaules.

- Dieux, je dois vous sembler bien futile, à parcourir moi-même la moitié du continent en période de troubles pour acquérir des chevaux à seule fin de me distraire ! Mais il est vrai que je ne suis pas vraiment connu pour ma grande modération …

Malgré l’extrême précarité de sa situation, le jeune homme n’avait pas pu s’en empêcher. L’atmosphère qui régnait lui pesait trop lourdement, et le rire qui lui avait échappé lui avait fait du bien. Il n’oubliait cependant pas à qui il parlait et c’est donc avec une apparente espièglerie mais les entrailles secrètement nouées qu’il se tourna vers Idril, espérant que son dernier éclat ne mécontenterait pas trop la souveraine.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Dim 19 Juil 2009 - 8:01

Il fallait bien avouer que le jeune homme intriguait fortement la nouvelle reine du peuple cavalier. Ses excuses semblèrent sincères aux oreilles de l’Amazone, aussi consentit-elle à passer outre ce petit écart de conduite en l’invitant d’un signe de bras à marcher à ses côtés. Mais il n’était quand même pas question de se montrer trop sympathique avec quelqu’un qui s’était un peu trop montré familier avec elle. Idril réalisa d’ailleurs qu’elle s’était évertuée depuis quelques semaines à mépriser un peuple dont en définitive, elle ne connaissait pas grand-chose. Peut être n’était-ce pas mal vu d’afficher une proximité pareille avec une Dame inconnue dans le royaume des Hommes. Somme toute, elle se rendit compte qu’il était parfois aisé de se méprendre sur les personnes à cause de leurs origines. Siran, la semaine précédente, lui avait clairement fait prendre conscience de ses erreurs et le Seigneur Arvaël semblait venir renforcer les propos du prince humain. Idril tâcherait d’être moins sotte à l’avenir sur ce point là car après tout, un mauvais monarque ne devrait pas être à l’origine d’un tel mépris envers tout son peuple. Ardiosis ne perdait rien pour attendre.

Faisant fi de tout cela, elle questionna le courtisan qui s’était mis à sa hauteur, un large sourire illuminant tout son visage, sur les raisons de sa venue aux Plaines. Et si la première partie de sa réponse fut assez platonique, la seconde fut en revanche plus fougueuse, plus passionnée. L’œil curieux, Idril tourna la tête vers ce noble humain qui montrait tant d’ardeur dans ces propos. Jusqu’à ce qu’il éclate de rire. Un rire sonore et joyeux qui laissait supposer une grande nervosité, mais qui était teinté d’une sincérité flagrante. Il y avait longtemps que les murs du château n’avaient pas entendu un pareil rire, et la Reine non plus. Depuis l’annonce de la mort de sa mère, la jeune femme n’avait pas eu l’occasion de voir son entourage s’amuser. Tous ceux qui la côtoyaient affichaient des masques graves, sérieux tant la situation politique actuelle était tendue. Et lorsque les masques tombaient et que les sourires revenaient, il s’agissait souvent de timides sourires. En observant l’humain s’esclaffer, Idril ne put s’empêcher d’être gagnée par l’hilarité de la situation et ses lèvres s’étirèrent en un sourire délicat. Par Freyja, cet humain était vraiment imprévisible ! Après quelques secondes, il reprit la parole plus posément. Idril hocha la tête en l’écoutant, pour montrer sa désapprobation. Quand il eut fini, elle répliqua calmement :

C’est en conservant les occupations ordinaires que l’on parvient à ménager un présent troublé. Je suis ravie d’apprendre qu’il reste encore des personnes ne se souciant guère des rivalités inter-royaumes dans leurs démarches quotidiennes. Nous devrions tous pouvoir continuer de nous côtoyer comme cela, Sieur Arvaël. Avez-vous pu repérer quelques montures pour votre bon plaisir ?

Les discussions actuelles étaient souvent orientées sur les troubles et agitations qu’avait engendré la dissolution de l’Ordre ancien. Idril se demanda depuis quand elle n’avait pas eu une conversation sur un autre sujet ? Elle avait à peine vingt ans et déjà elle ne parlait plus que de son devoir de monarque. En quelques semaines, elle avait d’une certaine façon plus mûrie que ces dernières années. Mais à quel prix ?

A dire vrai, je suis également férue d’équitation et de longues balades à cheval. Cependant, les obligations de mon statut m’empêchent de pratiquer comme je le faisais auparavant. Et c’est bien dommage. J’espère que vous ne serez pas déçu par vos acquisitions. Les chevaux amazones sont en tout cas les plus fidèles montures qu’il puisse exister. Je n’ai jamais eu échos d’une trahison de leur part.

Le mot « trahison » aurait sans doute été incongru dans la bouche d’un autre, mais dans celle d’une Amazone, il ne l’était point. Les chevaux étaient leurs compagnons de prédilection et les enfants de Freyja avaient une grande considération pour eux. Puis, Idril changea de sujet alors qu’ils s’aventuraient dans une nouvelle aile du château.

Trouvez-vous la demeure royale à votre goût ? Il faut bien avouer que l’architecture amazone n’est guère semblable à celle de votre peuple et une telle dissemblance peut parfois frapper en premier lieu. Je garde un souvenir particulier de ma première visite de la cité Impériale. A ce propos, quelles sont les nouvelles de la Capitale ?

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Arvaël Al'Nyr
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Dim 26 Juil 2009 - 13:55

Attendant anxieusement la réaction de la souveraine à son brusque éclat d’hilarité, Arvaël fut soulagé de constater qu’elle ne s’en offensait pas. Au contraire, un délicat sourire vint se poser sur son fin visage, l’éclairant fugitivement. Ainsi, Idril n’était pas aussi froide qu’elle le laissait paraître au premier abord. Le jeune homme en fut soulagé ; au moins ne finirait-il pas dans une oubliette pour avoir laisser échapper un rire fugace. Il en connaissait plusieurs qui en auraient bien été capable à la place d’Idril.

Et puis … La jeune femme qui se tenait à ses côtés était à peu de choses près du même âge que lui. Considérant la situation sous cet angle nouveau, Arvaël ressentit une pointe de compassion pour la jeune souveraine. Avoir perdu sa mère dans de telles circonstances et devoir assumer le lourd fardeau de la royauté sans même bénéficier d’une période de deuil personnel requérait une personnalité d’une force peu commune pour ne pas succomber sous le poids de ces obligations. Le jeune homme ressentit alors une brusque bouffée de haine envers le seigneur nordique. Quelle cause justifiait de priver des innocents de leurs plus proches parents d’une manière aussi brutale ?

Arvaël émergea de ces sombres réflexions pour se concentrer sur ce que venait de dire Idril.

- Je suis d’accord avec vous, et c’est bien dans cette optique que je suis venu ici. Beaucoup parmi mes proches m’ont reproché ma témérité, voire mon inconscience, mais je n’avais guère l’intention de laisser cette peccadille qu’est une menace de guerre imminente m’empêcher de me rendre où je veux.

Un large sourire s’étalait sur le visage d’Arvaël tandis qu’il prononçait ces paroles sur un ton particulièrement ironique.

- Voyez-vous, je n’apprécie guère que la politique interfère avec mes affaires privées, et tant que les hostilités n’auront pas été ouvertement engagées, je ne vois aucune raison qui m’empêcherait de me rendre où je veux sur le continent. D’autant plus que j’ai la fâcheuse tendance de vouloir me faire mon opinion sur les gens moi-même, et non par l’intermédiaire de discours motivés par des intérêts politiques ou personnels.

Voilà, au moins sa prise de position était claire. Bien qu’il soutienne – pour le moment – le parti de son peuple, d’une façon certes assez tiède , il ne voulait pas laisser ces considérations interférer avec ses relations sociales.

Puis la conversation s’orienta sur les chevaux, but premier de la présence d’Arvaël en ces lieux.

- Et bien, je crois avoir en effet repéré des chevaux qui conviendraient parfaitement à mes besoins. Pour tout vous dire, j’ai en tête un superbe étalon alezan, jeune et particulièrement fougueux. Exactement ce qu’il me faut. Je trouve qu’il n’y a rien de tel qu’une monture vigoureuse pour profiter pleinement d’une bonne promenade.

Puis la reine avoua être elle-même adepte de l’équitation et loua les qualités des montures amazones.

- Ah, en effet c’est bien dommage que vous soyez contrainte de réduire vos balades! Je crois que c’est quelque chose dont je ne pourrais jamais me passer … Cette communion avec son cheval … Ces expériences vécues ensemble … Cette complicité …
Oui, c’est ce que je recherche chez mes montures, et c’est précisément la raison de ma présence ici.


Emballé par ses propres paroles, Arvaël s’était une nouvelle fois enflammé. Oui, s’il y avait bien quelque chose qui lui permettait d’évacuer la frustration qu’il ressentait parfois, c’était l’effort physique. Il pratiquait alors l’escrime ou l’équitation avec une fougue qui lui était propre.

Mais le jeune noble n’eut guère le loisir de laisser ses pensées s’attarder sur ses souvenirs car Idril avait changé de sujet. Voilà qu’elle lui demandait ce qu’il pensait de l’architecture amazone. Cela interpella Arvaël ; le changement de conversation avait été plutôt brutal. Mais il n’eut guère le loisir de s’attarder là dessus car la reine en venait au cœur du sujet ; elle lui demandait des nouvelles de la Capitale. La question était venue tout naturellement, posée sur un ton presque innocent.

Aussitôt, il sentit son cœur s’emballer. A nouveau, il ressentit avec une force décuplée l’extrême délicatesse de sa position. Il lui fallait répondre à Idril bien sûr, mais que pouvait-il lui raconter qui ne passe pas pour de la haute trahison là d’où il venait ? Arvaël se sentit proprement coincé entre son allégeance à son roi et la situation présente. Pour se donner le temps de la réflexion, il commença par d’abord évoquer l’architecture :

- Oh, je trouve ce Palais fort harmonieux, autant dans le style même du bâtiment que dans la décoration. J’apprécie beaucoup la pureté des lignes et les délicates sculptures qu’il m’a été donné de voir jusqu’ici. Certes, vous avez raison, cela n’a rien à voir avec les normes en vigueur à Yswllyra, mais votre peuple a parfaitement su trouver son propre style. Voilà d’ailleurs l’un des aspects secondaires de ce voyage que j’aime beaucoup : la découverte d’une autre culture. Jusqu’à présent, je n’avais eu que des livres pour m’en donner une idée, mais rien ne vaut un déplacement sur place pour voir les choses de ses propres yeux …

Arvaël marqua une pause, autant pour souffler que pour réfléchir à la manière dont il allait répondre à la reine sans l’offenser. Après une longue hésitation, il se lança, espérant satisfaire les attentes d'Idril sans s'aventurer sur un terrain trop glissant.

- Eh bien, je puis vous dire que l’atmosphère est pour le moins tendue à la capitale. Chacun y va de son pronostic pour deviner quand la guerre éclatera pour de bon. La vie suit son cours, bien sûr, mais l’inquiétude est là.

Voilà une réponse qui n’engageait le jeune homme à rien. La reine aurait pu aisément deviner cela elle-même.

- Sinon, vous n’êtes pas sans savoir que le procès du ministre ombre lord Aziel’Da fait grand bruit à Yswllyra. Je n’avais jamais vu un tel engouement parmi la populace. Chacun prend partie, des paris sont faits pour deviner quelle sera la peine prononcée. Le procès a lieu d’ailleurs aujourd’hui si je ne m’abuse. J’ai peut-être bien fait de partir, car les tensions vont être à leur comble.

Arvaël s’était bien gardé de donner son opinion personnelle dans cette affaire, bien qu’elle soit arrêtée depuis le début. Mais il tenait à se sortir de ce délicat moment le plus rapidement possible, et craignait de lâcher une bourde s’il en disait trop. Il se sentait déjà bien trop nerveux comme cela.

Tendu comme un arc, il attendit la réponse de la reine, priant fiévreusement pour qu’elle ne lui demande pas plus de détails sur la capitale.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Mer 5 Aoû 2009 - 19:36

A présent, Idril ne pouvait s’empêcher d’observer le jeune homme qui marchait à ses côtés d’un œil curieux. Elle n’aurait su dire pourquoi mais le gentilhomme l’intriguait de plus en plus au fur et à mesure que sa personnalité se dévoilait à travers ses propos et ses mimiques particulières. Attirée inexplicablement vers lui, elle ignorait pourquoi son comportement la rendait perplexe. Il était certes exaspérant au premier abord, mais en définitive, elle finissait par trouver sa compagnie plaisante, presque charmante. Il avait comme un attrait exotique, quelque chose d’indéfinissable qu’Idril n’avait encore jamais rencontré chez un Courtisan. Quand il expliqua fiévreusement les raisons de son choix de venir en Royaume presque déclaré ennemi, la jeune Reine se pencha de son côté et souffla en guise de réponse :

Disons simplement qu’être Humain à la Cour Amazone n’est pas toujours bien vu ces temps-ci.

Un pâle sourire s’était dessiné sur ses lèvres, moitié amusé, moitié sérieux. Si elle prenait conscience de l’étroitesse de son jugement, d’autres n’en faisaient pas autant. Et il fallait bien avouer que certains en étaient même devenus extrémistes. Quelques Amazones conservateurs siégeant à la table du Conseil de la reine Idril avaient d’ailleurs tenus des propos particulièrement violents à l’égard des Humains, mais aussi des Orthodoxes et des Druides et parfois même des Nymphes qui n’avaient pas « l’audace » de se prononcer. Idril elle-même n’avait pas été tendre, quand, encore aveuglée par les sentiments négatifs qu’avait engendré la disparition de sa mère, elle avait eu l’occasion de parler du peuple de Loki. Et si des Amazones avaient ce comportement, d’autres Gwendiriens devaient également être radicaux dans leurs opinions. L’échange s’orienta tout naturellement sur les chevaux et l’équitation, passion visiblement commune aux deux interlocuteurs. Arvaël ne mâchait pas ses mots quand il s’agissait de parlementer d’une activité qui lui tenait à cœur, ce qui fit sourire à plusieurs reprises Idril. Il était amusant de constater avec quelle fougue le jeune homme décrivait sa passion à une étrangère à peine rencontrée.

Tout cela est fort vrai. Je pense sincèrement que vous devriez trouver ce que vous cherchez en ce domaine. Et si ce jeune étalon est quelque peu trop fougueux, il n’est pas une monture que les Amazones ne réussissent à dresser. Avez-vous eu l’occasion de monter l’un de nos chevaux ? Vous verrez à quel point ils sont supérieurs aux autres. Leur puissance et leur rapidité sont sans égales. Lorsque vous vous élancerez au galop avec votre nouvelle monture, vous comprendrez de quoi je parle. Tout semble amplifié : du raclement des sabots sur le sol foulé jusqu’au vent fouettant votre visage nu.

Alors qu’ils arrivaient dans une nouvelle aile du château, la jeune suzeraine détourna le sujet de conversation, s’appuyant sur le décor environnant pour parler de l’architecture ; et enfin dériver sur la Capitale. Arvaël se tendit légèrement. La question de la Reine était sans équivoque et il ne pouvait pas la contourner, au risque de paraître outrageant. Cependant, il lui fallait peser ses mots pour éviter d’offusquer son interlocutrice. Cette dernière l’écouta avec un intérêt vif. Le courtisan commença d’abord par expliquer son intérêt pour les autres cultures, et à cela, Idril ne put que répondre d’une voix calme :

Vous devriez alors sans doute vous rendre au royaume des Enfants de Baldr. Si la richesse de leur civilisation a attiré votre attention au travers de manuscrits, il n’en sera rien comparé à l’émerveillement que la vue de leur contrée vous procura. A moins que cela ne soit déjà fait.

Puis le Seigneur Al’Nyr aborda des sujets plus délicats, au cœur même des tensions qui existaient. Les sourcils d’Idril se froncèrent. Les personnes devenaient méfiantes, mais qui pouvait les en blâmer ? Sûrement pas elle.

Les temps sont propices à la méfiance. Il est fort regrettable que la situation politique se soit envenimée à ce point, souligna t-elle avec lassitude, sans oublier que sa propre réaction aux agissements de Bennefoy avait peut être contribué à alimenter ce climat de tensions. Quels sont les chefs d’accusation retenus contre le ministre Aziel’Da ? J’ai cru comprendre qu’il avait offensé votre monarque. Est-ce vrai ? Si c’est le cas, je ne pense pas qu’il soit en mesure de quitter la capitale la tête haute. Quelles sont ses chances d’être acquitté, à votre avis ?

D’après ce qu’avait entendu la jeune femme, le roi Morzan avait réussi à obtenir du Seigneur Bennefoy que le Tribunal soit présidé par des juges humains et des juges ombres. Si cela était exact, le ministre pouvait encore évité d’être sanctionné trop lourdement. Mais Idril savait qu’il était peu probable qu’il soit déclaré innocent. On ne se moquait impunément du soit disant Seigneur Nordique …

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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Dim 9 Aoû 2009 - 16:11

Au fur et à mesure qu’Arvaël répondait aux questions de la reine Idril, il ne put s’empêcher de constater une évolution dans son comportement. Elle se montrait en effet moins froide, plus à son aise, et lui jetait de temps en temps des coups d’œil curieux, comme si elle essayait de le cerner plus précisément. Cela le fit sourire intérieurement ; malgré l’apparence d’autorité distante qu’elle semblait cultiver comme une carapace, elle n’en restait pas moins au fond une jeune femme comme les autres, capable de prendre plaisir à une conversation comme tout un chacun. Il songea brièvement qu’on avait trop tendance à oublier que les têtes royales étaient des êtres somme toute ordinaires, et que seule leur naissance et leur éducation les prédisposaient à des fonctions uniques. C’est ainsi que le jeune noble se détendait de plus en plus au fur et à mesure que les deux jeunes gens parcouraient les couloirs du palais royal. Il se surprit même à ralentir le pas, de peur d’arriver trop tôt à la destination initiale de la reine et de devoir interrompre cette intéressante rencontre.

La discussion, qui s’était tout naturellement orientée vers l’équitation, révéla toute la passion typiquement amazone qu’entretenait Idril pour ce sport. C’est d’un ton enjoué qu’Arvaël répondit à sa question :

- Non, je n’ai pas encore eu le plaisir de monter l’un de vos étalons, mais j’en ai entendu de nombreux témoignages, tous particulièrement laudatifs sur le dressage exceptionnel que vous leur administrez. Je suis impatient d’expérimenter par moi-même l’excellence de vos chevaux. Mais je suis sûr que je ne serai pas déçu.

Cependant, le changement brutal de sujet et la mise sur le tapis de la politique eurent rapidement raison du sentiment trompeur de sécurité qu’Arvaël commençait à ressentir. Lancé sur le thème des chevaux, il se sentait à son aise, parlant avec Idril comme avec n’importe qui d’autre, mais elle venait clairement de lui rappeler qu’elle n’était pas précisément n’importe qui. C’est donc particulièrement anxieux qu’il lui donna les dernières nouvelles de la capitale des humains tout en tergiversant un peu avant.

A la réponse de la reine au sujet de l’intérêt du jeune homme sur les autres cultures, il répondit en esquissant un petit sourire en coin :

- Non, je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de me rendre dans le Bois Blanc ni de contempler de mes propres yeux la Tour Céleste. Et pourtant, je pense que je m’y rendrai un jour pour rencontrer les membres de ma famille maternelle …

Cet aveu indirect de ses origines elfiques n’allaient certes pas manquer d’interloquer Idril, et Arvaël attendait curieusement sa réaction à son annonce. Nul doute que dans ces temps difficiles, la découverte du fait qu’il n’était qu’à moitié humain risquait de modifier la perception qu’elle avait de sa personne. Mais il relégua rapidement cette question à l’arrière-plan, car le sujet épineux de la situation politique d’Yswllyra retenait à présent toute son attention. Malgré ses ferventes prières, la reine semblait vouloir s’épancher plus longuement sur le procès du ministre ombre, au grand dam du noble humain qui se sentait à présent particulièrement mal à l’aise, d’autant plus que la jeune femme requérait son avis personnel. Son avis personnel ! Avait-elle seulement conscience de la position dans lequel elle le mettait ? songeait furieusement Arvaël.

Son énervement né de sa peur avait donné à ses pommettes une délicate nuance écarlate, mais c’est d’une voix parfaitement maîtrisée qu’il répondit à la souveraine, pesant soigneusement chaque mot qui franchissait ses lèvres :

- Il est exact que Lord Aziel’Da est accusé d’outrage au roi Ardiosis. D’après les bruits qui circulent, il s’en serait rendu coupable alors qu’il sollicitait de mon souverain son aide pour retrouver l’une de ses filles, enlevée en pleine capitale. Cependant, je n’étais pas présent à cette funeste entrevue, et de nombreuses rumeurs circulent à ce sujet, rendant la vérité difficile à discerner.

Avait-il déjà dépassé les limites de ce qu’il était autorisé à révéler ? Le jeune homme ne s’était jamais senti aussi inquiet pour sa propre sécurité et celle de sa famille. Comment savoir si ses paroles, d’une façon ou d’une autre, n’allaient pas tomber dans une oreille indiscrète et se retourner contre lui ou les siens ?

Oui, mais voilà, d’un autre côté, il se sentait enclin à accéder de tout cœur aux instances d’Idril, car ses propres vues n’étaient pas à proprement parler en adéquation avec ce que l’on pourrait attendre d’un noble humain fidèle à son roi. En effet, il était intimement persuadé que tout cela n’était que le fruit de l’arbitraire autorité d’Ardiosis, et Arvaël avait été proprement scandalisé d’apprendre qu’on avait arrêté un homme qui était venu requérir l’aide du souverain pour retrouver sa propre fille. Quel roi digne de ce nom pouvait profiter aussi honteusement de la détresse de son prochain pour arriver à ses fins ?

Cet épisode avait fortement ébranlé ses convictions politiques, et depuis, il lui arrivait de plus en plus fréquemment de s’interroger sur son serment de loyauté au trône des Hommes. Et voilà qu’à présent, il se baladait dans les couloirs du palais royal amazone, en devisant avec l’une des ennemies déclarées de son suzerain légitime. Cette situation mettait fortement à l’épreuve ses capacités d’analyse et de réaction.

En proie à un furieux débat intérieur, Arvaël mit quelques minutes à peser soigneusement chaque mot de sa réponse :

- Personnellement, je pense que le ministre ombre a pris un grand risque en allant s’adresser lui-même au roi des humains, même si je comprends et respecte sa décision, car elle témoigne d’un grand courage. Je ne pense pas que supplier son ennemi déclaré, et ce, sur son propre territoire, soit à la portée d’un lâche et d’un fourbe, et j’espère de tout cœur que cet aspect des choses sera pris en compte, de même que sa douloureuse situation familiale au moment des faits.

Mais si dans sa douleur lord Aziel’Da a laissé échappé des paroles propres à offenser le roi, et les dieux savent combien la difficile position de mon monarque le rend … ombrageux ces temps-ci, alors je crains qu’il ne doive subir de lourdes conséquences.

Mais le procès sera mené par un nombre égal de juges ombres et humains, ce qui peut laisser espérer un dénouement moins sévère que ce que l’on craint. Même si les risques de manipulation existent, je crois que l’ampleur qu’a pris ce procès dans la société, que ce soit parmi la noblesse que les masses populaires, encouragera les juges à réfléchir à deux fois avant de prononcer leur verdict.


Arvaël se tut au bout de cette longue tirade. Idril voulait son opinion ? eh bien elle l’avait eue, mais à présent le jeune noble espérait qu’elle s’en satisferait et ne pousserait pas plus loin la discussion. Il espérait vraiment que sa réponse ne transpirait pas trop la colère que lui inspirait cette affaire, mais le seul fait qu’il ne donne à aucun moment à Ardiosis son titre d’empereur nordique soulignait bien les doutes qu’entretenait le jeune Al’Nyr sur sa légitimité à ce titre.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Mar 18 Aoû 2009 - 9:05

En définitive, la discussion prit une drôle de tournure, ce qui ne manqua sûrement pas de frapper le courtisan humain. Idril n’était pas une jeune femme comme les autres, et si elle pouvait prendre part à une discussion ordinaire, son attachement naturel à son devoir de monarque la conduisait inévitablement à parler politique. L’Amazone n’en n’avait peut être même pas conscience, tant cela se faisait naturellement pour elle. L’échange s’orienta un temps sur les cultures et les voyages, permettant ainsi au Seigneur Arvaël de faire une confidence pour le moins inattendue à la dame qui se tenait à ses côtés. Cette dernière le jaugea d’un œil curieux pendant quelques secondes, comme si elle cherchait un élément physique qui aurait pu confirmer le propos de son interlocuteur. Pourtant, elle n’en trouva pas. Arvaël avait certes un visage délicat et agréable au regard, mais la finesse de ses traits était encore bien trop grossière en comparaison de celle des Enfants de Baldr. Idril détourna son regard et ne répondit rien, ne voulant pas se montrer discourtoise avec son hôte, se contentant d’hocher la tête poliment. Le noble dût comprendre à son silence qu’elle attendait plutôt une réponse à ses autres interrogations, concernant le procès du ministre ombre. A bien l’observer, la jeune femme eut le sentiment que l’humain avait pris des couleurs, ses joues étant plus roses qu’au début de l’entretien. Son agitation était nettement perceptible, bien que ce fut d’une voix particulièrement posée qu’il répondit et Idril le félicita intérieurement pour cette prouesse. Non pas qu’elle avait volontairement entraîné son interlocuteur sur un terrain dangereux et glissant, mais maintenant qu’elle l’entendait se prononcer, elle prenait conscience de la précarité de sa situation. Pourtant, le gentilhomme fit preuve d’une grande dextérité verbale et la souveraine en déduisit qu’il devait être habitué aux jeux de la Cour pour réaliser un tel exploit. Il commença d’abord par expliquer la situation d’un point de vue impartial, en posant de nombreuses précautions verbales, puis s’évertua à donner sa propre opinion, en tâchant de ne pas prononcer de formules malheureuses. Il eut d’ailleurs la délicatesse de ne jamais prononcer le titre d’Empereur ou de Seigneur Nordique pour parler d’Ardiosis Bennefoy, ce qui était très habile de sa part, sachant que la suzeraine qui marchait à ses côtés avait précisément remis en cause ce titre, cette autorité. Lorsqu’Arvaël eut terminé son monologue, Idril parut satisfaite des révélations qu’il lui avait faites, tant sur le fond que sur la forme. Aussi, bien qu’elle mit quelques minutes à répondre, elle reprit la parole d’une voix amicale et sereine :

Contrairement à vous, je qualifierais plutôt le comportement du ministre Aziel’Da comme irréfléchi, inconséquent et inintelligent. Ses actes ont obligé son souverain à se placer dans une situation des plus inconfortables et qui sait quelles répercussions auront son jugement et sa peine ? Cependant, comme vous le dites, l’issue du procès risque fort de surprendre. J’ignorais que cet évènement avait pris une telle ampleur et que le Tribunal allait être présidé par une assemblée mixte. Je vous remercie de m’avoir informée convenablement, croyez bien que je saurais m’en souvenir. Et à ce propos, à quelle date est prévue le jugement ?

Ce fut la dernière question de la souveraine concernant le procès du Lord Aziel’Da, ayant obtenu les informations qu’elle souhaitait et ne souhaitant plus importuner son hôte … pour le moment. Au fond du couloir dans lequel la compagnie venait de s’engouffrer, les hautes portes de bois d’ébène portant le symbole du peuple de Freyja, une tête de cheval casquée, se dressaient dans toute leur splendeur. Idril s’arrêta et se tourna vers Arvaël, un demi sourire peint sur ses lèvres. Sa destination était au bout du corridor et il était temps pour elle de prendre congé de son interlocuteur. Cependant, elle avait en quelque sorte une dette envers lui, une envie de le remercier de son amabilité et de son dévouement. Elle reprit alors la parole doucement :

Nos chemins se séparent ici, Seigneur Arvaël, car à l’autre bout du couloir, vous apercevrez les portes de la Salle du Trône. Précisément, ma destination. Une de mes gardes vous accompagnera jusqu’à ce que vous ayez retrouvé votre chemin, cela va sans dire. Me feriez-vous l’honneur d’accepter une invitation à souper à ma table, ce soir ? Je suppose que vous n’aviez pas encore l’intention de quitter nos terres si tôt ?

L’œil malicieux, un sourire un peu plus prononcé avait étiré les lèvres roses pâles de la jeune Reine qui fixait intensément son interlocuteur, ses yeux d’émeraude plongés dans son regard de glace. Ce ne fut qu’à ce moment là qu’elle remarqua que ses prunelles étaient des plus magnifiques et des plus envoûtantes.

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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Sam 22 Aoû 2009 - 14:09

Affolé, le cœur d’Arvaël battait à tout rompre, menaçant de s’échapper de sa poitrine à chaque nouveau battement. Comment diantre se pouvait-il qu’Idril ne l’entendait pas se démener ainsi ? Le silence qui s’était installé après la prise de position du jeune noble lui pesait douloureusement, et si il avait mis dans ses paroles toute la prudence et tout son savoir faire pour ne pas commettre de faux pas qui aurait pu lui être fatal, il attendait à présent de voir si ses efforts avaient payé. Glissant un regard sur le côté, il observa la reine à la dérobée. Nulle hostilité ne se lisait sur son visage, nulle insatisfaction ou déception. Non, la jeune femme semblait surtout songeuse, méditant les nouvelles que l’Humain venait de lui donner. Mais aussi rassurantes ces constatations fussent-elles, cela n’empêchait nullement Arvaël de trembler intérieurement en attendant le verdict. Extérieurement, rien ou presque ne transparaissait des doutes qu’il affrontait, si ce n’était ses pommettes peut-être un brin trop rouges ou bien sa respiration un brin trop rapide, un peu comme s’il tentait de reprendre son souffle après une course effrénée. Une éternité lui sembla se passer avant qu’Idril ne reprenne la parole.

Contrairement à ses espérances, son trouble s’accrut encore. Des sentiments contradictoires naquirent d’un coup en lui et s’affrontèrent impitoyablement pour prendre possession de son pauvre esprit. D’un côté, la dureté des paroles de la reine l’inquiétèrent. Elle venait clairement de lui faire comprendre que son opinion différait totalement. Sa prise de position était tranchée et dénotait un esprit volontaire. Venait-il donc de faire une bourde en exprimant un avis contraire à celui de la souveraine ? Avec Ardiosis, nul doute que ce seul évènement aurait suffi pour qu’il finisse ses jours dans une oubliette du palais.
Pourtant, Idril s’exprimait d’une voix douce, sans aucune animosité, ce qui contrastait fortement avec la teneur de ses paroles, provoquant un immense sentiment de soulagement chez Arvaël. Elle ne semblait pas se formaliser plus que cela que son invité ait exprimé une opinion contraire, et même poursuivait la discussion aussi amicalement qu’auparavant, ce qui acheva de rassurer le jeune homme.

Une fois qu’il eut mis ses peurs au placard, il se sentit aussi léger qu’une plume, soudain soulagé d’un grand poids. Il avait passé cette épreuve avec réussite, il n’avait pas mécontenté la reine, sans pour autant dénigrer son propre roi ! Il n’était pas peu fier de s’en être sorti à si bon compte. Cependant, son soulagement se mêla d’une certaine gêne quand la souveraine souligna qu’elle saurait se souvenir des informations qu’il lui avait divulguées. Cette simple petite remarque, qui se voulait un remerciement sincère, résonna pourtant à ses oreilles étrangement. Il se sentait un peu dans la peau du traître qui venait de vendre des informations confidentielles à l’ennemi. Bien que ce ne fusse absolument pas le cas et qu’il n’ait rien divulgué de secret, bien qu’il reconnaisse lui-même l’absurdité de ce sentiment, il ne pouvait s’empêcher de se sentir légèrement mal à l’aise. Néanmoins, son habituel sourire refit son retour sur son visage, plus éclatant que jamais, et c’est d’une voix beaucoup moins tendue qu’il répondit à la dernière question d’Idril sur le sujet :

- Eh bien, si ma mémoire est bonne, le verdict devrait être rendu cet après-midi même.

Sur ces paroles, les deux jeunes gens arrivèrent devant un couloir qui débouchait sur une somptueuse porte à double battant ornée d’une tête de cheval casqué. Idril s’arrêta devant et informa son visiteur qu’elle était arrivée à destination. Arvaël hocha alors la tête, légèrement déçu que cette rencontre ne puisse se prolonger. En effet, malgré la conversation étrange qu’ils venaient de tenir, la jeune femme s’était peu à peu mise plus à son aise à son endroit, et la glace avait commencé à fondre entre eux. L’Humain ne voulait pas la quitter si vite, car, il devait bien se l’avouer, sa compagnie lui plaisait.
Mais son devoir de monarque l’appelait vers ses responsabilités, et il ne pouvait l’en empêcher. C’était sans doute la première et la dernière fois qu’il aurait l’occasion de voir et de parler aussi naturellement avec la souveraine, les circonstances actuelles ne favorisant guère de nouvelles rencontres entre l’Humain et l’Amazone.

Toutes ces pensées eurent le temps de lui traverser l’esprit avant que la jeune femme, l’œil pétillant, ne lui fasse son invitation. Foudroyé, Arvaël se retrouva un moment sans voix, ce qui ne lui était quasiment jamais arrivé jusque là. La reine pouvait se targuer d’être la première à aussi proprement le jeune homme. Quelques secondes lui furent nécessaires pour qu’il referme sa bouche qui s’était légèrement entrouverte de stupéfaction et qu’il reprenne tous ses esprits. C’est ensuite d’une voix enthousiaste qu’il répondit :

- Certes non ! Votre invitation m’honore et me comble de joie, Reine Idril ! Je ne puis vous exprimer tout le plaisir que me procure cette heureuse perspective !

Puis, craignant que son enthousiasme ne gâte les bonnes dispositions de la jeune femme à son égard – après tout, il avait encore en tête la façon dont ils s’étaient rencontrés – il toussota, recula de quelques pas, s’inclina et repris :

- Votre Majesté, je ne vous retiendrai pas plus longtemps loin de vos obligations. Jamais je n’aurais osé espérer, en venant ici, avoir la chance insigne de vous rencontrer. Mais à présent, je remercie tous les dieux du Gwendir de m’avoir accordé cette joie. J’attends ce soir avec impatience ! Bonne journée à vous.

Puis, sur une dernière révérence, il recula de trois ou quatre pas en gardant son regard rivé sur les magnifiques prunelles émeraude de la reine. Enfin, il se redressa, se retourna et s’en alla, suivant le garde qui devait le raccompagner, sans un regard en arrière.
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Péripéties d'un humain à la cour des Amazones [Pv Idril Calafas *]   Ven 28 Aoû 2009 - 21:31

L’invitation de la Reine eut un effet des plus inattendus, ce qui continua d’étirer ses lèvres menues et de faire pétiller son regard. Visiblement interloqué et décontenancé par la demande de son hôte, le courtisan humain prit quelques secondes avant de reprendre une posture digne de son rang. La joie, sans doute mêlée à l’excitation et à la fierté d’être invité à la table royale amazone malgré les temps de crise, avait illuminé son visage, rendant ses traits plus fins et son air plus charmant. Comme précédemment, il s’enflamma et ses paroles, peu maîtrisées d’abord, se déversèrent avec enthousiasme. Puis, se rappelant sans doute la brimade précédente, il recula et adopta une pose courtoise et plus discrète, pour prendre congé aimablement. Idril, ne cessant pas de le fixer intensément de ses prunelles d’émeraude, le regarda s’éloigner de quelques pas, non pas sans reprendre la parole une dernière fois :

Ce sera donc avec un immense plaisir que je vous retrouverai ce soir, à ma table. J’ose espérer que d’ici là, vous vous serez familiarisé avec les lieux. Bonne journée à vous, Sir Arvaël.

Un timide sourire s’était dessiné sur ses lèvres. Ephémère, il disparut presque aussitôt lorsque le courtisan s’inclina pour saluer la Reine. Cette dernière dont les pupilles étaient toujours rivés sur le noble, pencha légèrement la tête vers l’avant pour rendre à son hôte des salutations avenantes et polies. Elle le regarda se redresser et tourner les talons, suivi de près par la soldate dépêchée par ses bons soins pour servir de garde au Seigneur Arvaël. Et si l’invitation n’était pas tout à fait désintéressée – après tout, il était toujours bon de charmer un potentiel ennemi ou de séduire un éventuel allié – Idril devait reconnaître que la compagnie du courtisan l’avait mise dans d’excellentes dispositions et qu’il lui tardait presque de le revoir. Puis, lorsqu’il eut disparu au détour d’un couloir et que la jeune femme eut contemplé quelques secondes l’endroit désormais vide, elle fit volte face, entraînant sa longue robe dans une ronde peu ordinaire, et s’avança d’un pas déterminé vers les lourdes portes situées au fond du large corridor : sa destination. Les battants furent poussés par deux soldats postés à l’extérieur de la salle et un héraut annonça la venue de la Reine, tandis que l’Assemblée déjà constituée se levait pour l’accueillir dignement ...



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