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 Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]

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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 27 Avr 2010 - 16:56

Troisième Jour,
Quatorzième semaine de l'an 835,
En matinée

PV


D'excellente humeur, Elianä dévala les escaliers, ayant terminée de se vêtir et de souffrir entre les mains de sa camériste, qui l'avait coiffé. Mais à n'en pas douter, la jeune fille ressemblerait à un épouvantail avant le midi, au grand malheur de la servante, qui avait pourtant mis de l'ardeur à la tâche, comme bien souvent. Mais les cheveux de la noble étaient aussi indomptables que son envie d'en finir, ce qui rendait caduc la perte de toutes les épingles qui retenaient ses mèches en un ensemble ordonné.

Elle se présenta souriante à la salle réservée aux petits déjeuners, la trouvant vide de tout occupant. Les plateaux étaient malgré tout disposés sur une petite table, sur le côté, et les mets, café et lait étaient encore chaud (froid aussi, pour le lait), régulièrement contrôlés par les petites mains des cuisines. Elianä posa sa lecture matinale sur la table principale pour avoir les deux mains libres pour se servir une généreuse rasade de café, avec du lait et des croissants. Elle allait engloutir son petit déjeuner tout en profitant de l'ouvrage qu'elle avait pensé à prendre avec elle (les interventions des cultes dans les grandes décisions de ces dernières décennies, passionnant !), quand la mère de la jeune femme fit son entrée, lady Marelie Aziel'Da, noble dame dans le force de l'âge, mais au caractère toujours aussi entier.

- Bonjour maman, salua Elianä en se levant, par respect.
- Bonjour. Quelle est donc la dernière trouvaille ?
- Oh, s'exclama-t-elle, comprenant immédiatement le sens de la question de sa mère, partie se servir à son tour, cela parle des interventions des plus hautes autorités ecclésiastiques dans les grandes décisions prises ces dernières décennies, ce qu'elles ont apportées et la part de mérite des cultes dans celles-ci. Par exemple...
- Je vois, coupa gentiment la voix de la duchesse, peu désireuse surement d'écouter sa cadette monologuait sur sa lecture du moment.

Elianä sourit en retour, sans s'offusquer le moins du monde de ce manque de considération pour ce qu'elle racontait. Elle savait que la question (de pure politesse) ne demandait pas un exposé complet et précis, et l'un dans l'autre, mieux valait l'arrêter au début que quand elle était lancée depuis un bon moment.

- Tu es bien matinale, as-tu prévu quelque chose ce matin ?
- Oui, je pensais aller au marché, en ville... je serais bien sûr accompagnée par Aldarik, qui ne me lâchera pas d'une semelle ! compléta-t-elle avant même que sa mère n'ouvre la bouche pour lui faire la leçon.

Depuis les derniers événements qui avaient secoué leur famille, la matriarche portait une extrême attention sur les sorties de ses filles et opposait un non catégorique si plusieurs conditions n'étaient pas préalablement remplies : connaître les heures de départ et de retour, être accompagnée d'une escorte (Elianä d'Aldarik, Elönia d'un ou plusieurs gardes attachés à leur famille), connaître l'itinéraire utilisé, connaître la liste des personnes présentes lors de cette sortie et mettre éventuellement son véto si l'un d'eux ne plaisaient pas à Marelie. Ensemble d'informations qu'Elianä se dépêcha de fournir à sa mère, en omettant simplement de préciser une chose, minuscule, vraiment, mais qui amènerait forcément ce non catégorique que la jeune fille voulait éviter.

Mais cela faisait presque deux semaines... Depuis, Elianä craignait un retour en force, juste pour le plaisir de la mettre dans l'embarras alors qu'il (ce mystérieux 'il') n'était pas dans la liste verte des hommes de bonne compagnie pour une jouvencelle de bonne famille, à fortiori Elianä, d'après l'avis de sa mère. Deux semaines depuis son enlèvement par un chasseur de prime elfe, avec l'aide de son griffon qui lui avait lacéré les épaules pendant la balade dans les airs et qui lui avait tordu la cheville après l'atterrissage tout sauf en douceur. Puis les jours de fuite en forêt, aux abords d'Yswllyra, l'emprisonnement de son père alors qu'Elianä se trouvait encore éloignée des siens. Heureusement pour elle, cela n'avait pas duré.

Les hommes de son père l'avaient finalement retrouvé, sans devoir dépensé un tiwaz, et l'avait ramené en sécurité, dans la demeure de la famille à la capitale humaine. Les quelques jours qui suivirent ne furent pas de tout repos. Elianä s'était battue bec et ongle pour obtenir une audience en vu d'avoir des explications pour la conduite honteuse du seigneur Nordique, sans résultat. L'espoir lui était revenu quand elle avait appris que Morzan, abandonnant tout, s'était déplacé jusqu'à Yswllyra pour les mêmes raisons. Espoir à nouveau déçu, elle se voyait contrainte de rester à demeure, comme une enfant récalcitrante, ce qu'elle ne s'était pas gênée de devenir, avec les conséquences qu'elle ne connaissait que trop bien aujourd'hui.

Et enfin, la délivrance. Le procès gagné à peu de frais en comparaison du soulagement de retrouver Kadarin Aziel'Da et le retour à Eray. Tout cela sans l'avoir jamais vu, lui et son absence de culot qui lui donnait envie de hurler parfois, ou de le gifler comme il lui était arrivé de faire, par le passé. Ou qui donnait des envies de meurtre à Marelie, pour peu qu'il s'approche de trop près à ses précieuses filles. Mais c'était une habitude de la cadette, ne jamais écouter les conseils de sa mère. Contre toute attente, Elianä l'appréciait et avec lui, elle avait l'impression d'être vraiment une femme et non pas qu'une jument poulinière avec une forte dot, tout cela parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de flirter avec tout ce qui portait un jupon.

Marelie donna son accord et sa fille se leva, petit déjeuner avalé, pour l'embrasser sur la joue et se précipita pour rejoindre Aldarik qui l'attendait. Dans la confidence de la cachoterie de sa protégée, le soldat avait accepté de garder le silence, seulement parce qu'il savait qu'il l'aurait à l'œil, plus lui qu'elle. D'un bon pas, la noble rejoignit le point de rencontre facile d'accès, à une ruelle de la place du marché, qu'elle avait indiqué dans la missive qu'elle avait fait envoyé discrètement à Nuran. Ne restait, maintenant, plus qu'à patienter.

Spoiler:
 


Dernière édition par Elianä Aziel'Da le Sam 2 Oct 2010 - 14:23, édité 1 fois
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 27 Avr 2010 - 20:21

Adossé au mur, une élégante silhouette patientait. Vêtue d’une longue cape sombre, dont les bords étaient brodés d’or et de rouge, elle semblait se fondre dans la semi-obscurité de la ruelle. Le bruit d’un marché tout proche couvrait n’importe quel son provenant des alentours. L’endroit était parfait. L’homme sourit. Un sourire de connaisseur. Carnassier. Vainqueur.
La seconde silhouette qui l’accompagnait, elle ne souriait pas. C’était même plutôt l’inverse. Elle semblait trembler de peur. Elle portait elle aussi une cape sombre, mais moins raffinée. Sobre mais de bonne facture, elle l’enveloppait presqu’entièrement. Seule dépassait la tête, dont la chevelure en bataille soulignait la présence d’un vent impétueux, mais aussi d’un réveil au saut du lit.

« Détends-toi Tovaràsh ! » fit la première silhouette, amusée par la frayeur de son compagnon.
« Mais Seigneur Terinfiel ! On est au cœur de la ville ! Il peut vous arriver n’importe quoi ! » s’exclama le plus discrètement possible l’infortuné camarade.

Nuran sourit à la façon dont eu son aide-de-camp de s’exclure des ennuis et de ne s’inquiéter que pour sa noble personne. Pourtant, le Général Ombre se trouvait particulièrement prudent en cachant ses riches et ostentatoires vêtements sous le drap de sa cape. Il portait également une simple paire de bottes que même le plus humble des soldats porterait. Sa longue chevelure d’ébène était cachée dans la capuche de sa cape. On ne pouvait distinguer de son royal visage que sa mâchoire carrée d’où un perpétuel sourire trônait.
Vallyn Tovaràsh de son côté s’était emmitouflé dans sa cape brune de simple soldat. Il avait les mêmes bottes que son supérieur, mais en beaucoup plus usagée. Ce qui était parfaitement normal vu que le jeune garçon avait du prêter ses nouvelles chaussures à son Général pour cette discrète escapade. Il pouvait sentir l’air frais entrer dans ses bottes et pourtant il ne pesta point contre son irrévérencieux Chef. Vallyn en était incapable, tout de dévotion qu’il était incarné.

« Et puis c’est une mauvaise idée… Vous allez vous faire repérer. Ca va encore jaser dans les chaumières… »
« Et tu vas encore être harcelé pour avoir tous les détails, mon pauvre Tovaràsh ! » ria Nuran.
« Ce n’est point drôle, Seigneur. » geignit le garçon, qui rentra sa tête un peu plus encore dans ses épaules au souvenir non agréable d’une ‘’discussion’’ qu’il avait eu avec les petites mains du château.

Quelle drôle d’idée tout de même ! Donne un rendez-vous galant à une gente demoiselle au marché d’Isandil ! Certes, ce marché valait le détour par tout ce qu’il pouvait bien vous proposer. Mais ce n’était certainement pas l’endroit le mieux approprié pour y entrainer une jolie jeune fille de bonne famille. Et surtout pas dans cette ruelle. Ca avait tout l’air d’un coupe-gorge. Et comme à son habitude, le Général y semblait parfaitement à son aise.
Nuran était capable de toute la patience du monde pour atteindre ses objectifs. Mais il n’empêchait qu’il avait hâte qu’elle arrive. Qu’il puisse à nouveau admirer à loisir sa jolie frimousse, ses courbes sensuelles, ses yeux de braises. Qu’il puisse enfin de nouveau s’amuser avec elle. Elle lui était d’un tel divertissement ! Bien que le dernier en date ne lui avait point plu... Bien au contraire. Il avait du ronger son frein et calmer ses ardeurs belliqueuses lorsqu’il avait apprit l’enlèvement de la belle. Les femmes Ombres étaient à lui et il ne supportait pas qu’on puisse attenter à leur vie ou leur sécurité – quand ce n’était pas lui qui était derrière la manœuvre. Heureusement, il n’eut pas besoin de moult stratagèmes pour convaincre son petit frère de se déplacer pour régler cette affaire qui devenait de plus en plus douteuses lorsque le père Aziel’Da fut emprisonné. L’affaire fut vite résolue et tout pu rentrer dans l’ordre. Ou du moins Elianä pu rentrer chez les siens. Car en effet, il s’agissait bien là de la cadette Aziel’Da. Nuran n’attendait personne d’autres ce jour-là dans sa ruelle favorite.

Soudain, Tovaràsh arrêta de greloter et se tendit comme un arc. Le sourire de Nuran s’accentua sous sa capuche. Deux silhouettes venaient à leur rencontre. Le parfum que portait le vent jusqu’à ses fines narines ne le trompait pas. Sa douce victime préférée s’était pouponnée pour lui. Il en était ravi.
Ils arrivèrent enfin à leur hauteur. Le jeu pouvait commencer.
Nuran se détacha souplement du mur et s’avança vers la jeune fille. Il se planta devant elle et lui fit une révérence digne d’une vraie princesse.

« Vous êtes en retard. » lui dit-il avant de relever la tête, les yeux pétillants, car elle ne l’était pas, et le sourire narquois de son prochain mouvement.

De sa main droite, il saisit le menton d’Elianä et susurra :

« Mais votre beauté si exquise vous pardonne... »

Plus loin derrière, Vallyn osa lever les yeux au ciel. C’était reparti pour un tour…
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Dim 2 Mai 2010 - 13:35

Quand elle fut reconnue, Elianä repoussa la capuche de sa cape en arrière, pour dévoiler son visage et le sourire qui étirait ses lèvres fines. Derrière elle, à quelques pas de la jeune fille, Aldarik avait les yeux rivés sur Nuran, bien qu'il s'était légèrement -très légèrement- détendu en apercevant l'écuyer du Général Ombre. Au petit jeu d'empêcher ce séducteur patenté de profiter de la gentillesse de la noble, il ne serait pas trop de deux.

Le sourcils se la jeune fille se haussèrent à la remarque sur son supposé retard et ils se froncèrent à le voir s'incliner (se prosterner ?) devant elle. Elianä risqua un regard autour d'eux, une telle grandiloquence aurait beaucoup de mal à préserver leur anonymat dans les rues de la ville. Elle avait déjà eu du mal à faire accepter cette sortie, elle avait même mentit à sa mère pour en arriver là, il ne manquait plus que quelqu'un, attiré par la manège de Nuran, s'approche et les reconnaisse (surtout lui), et s'en était finit. Nuran se retrouverai la tête sur un piquet et elle était envoyée dans un couvent pour le reste de sa vie, après s'être laissée séduire par un tel homme. Rien que d'y penser, Elianä frissonna.

Mais au delà de ce simple cauchemar éveillé, elle était flattée. Elle ne devrait pas, Nuran complimentait toutes les femmes qui passaient à sa portée, sans distinction de rang, pour peu que la dame soit bien faite de sa personne et qu'elle ait un air avenant qui laisser penser qu'elle accepterait de bon cœur les avances d'une si distinguée personne. Et Elianä n'était rien de tout cela, même si elle laissait penser le contraire, étant donné qu'elle continuait envers et contre tout d'accepter de côtoyer un tel homme.

Elianä salua d'un sourire celui qui accompagné Nuran et surprise du geste de celui-ci, n'eut pas le temps d'anticiper le premier désastre de la longue liste de désastre de cette matinée. Les doigts sur son menton, Aldarik fut en un éclair auprès d'elle, retenant la main sur son visage. La jeune fille retint un soupir mal avisé et retira délicatement son visage de la poigne de Nuran, avec un air d'excuse. Elle posa l'une de ses mains sur le bras d'Aldarik pour l'apaiser et après quelques secondes d'avertissement, le soldat relâcha sa prise et reprenait sa place derrière la noble, non sans lancer un regard assassin envers le fautif.

- J'aurais surement apprécié ce compliment à sa juste valeur si je ne savais pas que vous dites la même chose à n'importe quelle femme, messire, répondit-elle, l'air de rien, les yeux pétillant de joie. Mais je suis rassurée d'apprendre que je suis pardonnée pour une faute que je n'ai pas commise. Je vous manquais donc tant que cela ?

Elle jouait avec le feu et elle sentit Aldarik se contracter à entendre l'invitation à une autre démonstration de 'manque' de sa personne, mais c'était seulement quand elle était avec Nuran qu'elle avait vraiment des réactions 'normales' de jeunes filles à marier, cherchant le meilleur parti possible, qu'elle flirtait. C'était une chose à laquelle elle ne se serait jamais attendue à ressentir et à faire un jour, et dans le cas où elle aurait cru une telle chose possible, elle n'aurait jamais osé faire cela avec un homme ayant le caractère qu'avait Nuran. Ou peut-être était-ce justement parce que Nuran était tel que n'importe qu'Elianä le connaissait que la jeune fille ne s'embarrassait pas de scrupules ou de pudeur. C'était un jeu pour lui, ce n'était pas sérieux, elle le savait, il le savait et à partir de là, rien de ce qui se disait entre eux ne dépassait le stade de l'amitié saupoudrée d'une touche de séduction sans enjeux.

- Allons y alors, si je suis tant que cela en retard. J'ai entendu dire qu'une troupe de baladins animait le marché aujourd'hui, je ne voudrais manquer cela pour rien au monde ! s'exclama-t-elle en prenant le bras de Nuran et en l'entrainant de force avec elle, du côté de la route piétonne.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Ven 28 Mai 2010 - 11:24

Alors qu'il profitait pleinement de la vue qu'il s'était lui-même offert en prenant l'élégant visage d'Elianä entre ses doigts, un importun vint gêner sa contemplation. Le sous-fifre Aziel'Da lui attrapa fermement le poignet et le regarda d'un air mauvais et menacant. Nuran haussa simplement un sourcil hautain à l'encontre du gêneur et patienta. Elianä soupira et se dégagea. Nuran ne bougea point, observant son adversaire dans son prochain mouvement. Ce fut la demoiselle qui permit un dénouement sans heurt de ce petit accrochage. Elle sembla apaiser son suivant qui au bout de quelques secondes finit par lâcher le poignet de Nuran. Le Chef des Armées ne prit pas la peine de se masser l'articulation, montrant ainsi qu'il n'avait pas été malmené par l'importun.

Vallyn, derrière lui, déglutit enfin. C'était exactement le genre de situation qu'il n'aimait vraiment pas. Il savait son maitre calme et patient. Mais il le connaissait aussi impétueux et impulsif. L'écuyer avait eut peur l'espace d'un instant que son Général, dans un mouvement d'humeur, ne passe le palefrenier par la pointe de son épée. Car en effet, le Chef des Armées ne quittait pas la Forteresse sans son glaive. Encore qu'il était toujours armé. Une dague se dissimulait aisément dans l'amplitude de ses étoffes.

La voix de la demoiselle ramena l'attention des hommes sur elle et le sourire de Nuran.

« Vous n'avez pas idées. » répondit-il simplement à la question de la demoiselle.

Bien évidemment qu'elle lui avait manqué ! Son jouet préféré avait été très occupée ailleurs, voir trop, pour ne pas lui rendre une petite visite à lui ! Nuran ! Rien que pour se venger de cet indifférence passagère, il comptait bien s'amuser cet après-midi là.
Et apparement, autant qu'elle ! Joyeuse et pimpante, Elianä saisit le bras de Nuran et s'élança guillerette en direction de la rue piétonne. Le noble Ombre la suivit quelques pas, surpris par son action soudaine et par la force dont elle faisait preuve. Il se reprit néanmoins vite et avant que Vallyn ou l'autre écuyer n'eut le temps d'ouvrir leur bouche, Nuran se stoppa. Ses pieds bien encrés au sol, il n'avança plus et retint par la même occasion sa demoiselle déséquilibrée par le brusque changement de rythme. Il libéra son bras, passa derrière la jeune fille et posa ses grandes mains sur les frêles épaules. Nuran se pencha en avant.

« Tant de joie remplit mon coeur d'allégresse. Mais ne serait-il point mieux de couvrir nos identités avant de nous jeter corps et âmes en pâture à la populace ? » susurra-t-il à son oreille.

Toujours avec son sourire de propriétaire, il éloigna de quelques centimètres son torse, attrapa délicatement la capuche et la rabattit sur le haut du crâne de sa compagne. Il s'écarta enfin et saisit sa propre capuche pour la mettre en place également.

Derrière eux, Vallyn s'interposait entre le couple et le vassal furibond à force de gestes apaisants. L'écuyer du Général savait parfaitement que son maitre avait horreur d'être dérangé pour rien alors qu'il mettait en valeur la beauté d'une dame, selon ses propres mots. Mais il reconnaissait également la légitimité de la colère noire de son collègue.
Finalement, comme Nuran reprenait une distance courtoise avec la demoiselle, Vallyn put cesser son manège.

« Voilà qui est parfait. » fit le Chef militaire en regardant sa compagne dans son entier. Il lui tendit alors son bras droit pour qu'elle le prenne. « Allons donc voir la grande place. Vos baladins doivent s'y trouver. »
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Elianä Aziel'Da
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mer 9 Juin 2010 - 14:54

Elianä ne pouvait que remercier la présence d’esprit de Nuran et son manque de réaction quand Aldarik, prenant sa mission à cœur, l’avait empêché de trop s’approcher d’elle. La jeune fille ne désirait pas que les deux hommes en viennent aux mains pour des broutilles -pour elle- ainsi, en pleine rue. Elle ne se souvenait pas non plus d’avoir un jour parlé de son protecteur à Nuran, pour qu’il comprenne pourquoi le soldat se comportait de cette manière avec elle.

Aldarik n’avait rien d’un palefrenier. Ancien membre de l’armée régulière du royaume Ombre, il avait quitté les rangs pour une raison inconnue d’Elianä. A ce jour, hormis son propre père, personne dans la famille ne connaissait le pourquoi du comment, mais il avait été engagé sans autre forme de procès par son père, d’abord pour assurer sa sécurité à l’extérieur. Avec sa carrure, Aldarik faisait réfléchir à deux fois à toute personne voulant s’en prendre à Kadarin Aziel’Da. Puis Elönia était née, puis elle, Elianä. Sans perdre son rôle premier envers l’heureux père et à mesure que la petite fille qu’elle avait été grandissait, l’attention du soldat s’était portée vers elle. L’enfant qu’il n’avait jamais eu, supposait Elianä. Elle l’adorait comme le second père qu’il était pour elle et la jeune fille se rappellerait toujours de lui comme celui qui la grondait quand elle faisait une bêtise (après sa mère certes), celui qui lui avait appris à rester en selle sur son premier poney, celui qui pouvait la consoler à chaque peine… Assurément, ce serait stupide tant pour Nuran que pour Vallyn que de sous-estimer l’homme. Il savait manier l’épée et toute autre arme blanche bien avant qu’ils ne naissent tous et avait bien plus d’expérience qu’ils ne pourraient jamais en avoir.

La tension finit malgré tout par se dénouer d’elle-même, pour le plus grand soulagement de la noble. Elle se retrouvait impatiente de voir la troupe. Mais dire qu’elle avait été surprise par le brusque arrêt de Nuran était bien loin de la vérité. Elianä se voyait déjà le nez dans la poussière si les bras du général ne l’avaient pas retenu. Tant de prévenance (croyait-il donc sincèrement que tout à chacun se retournait sur son passage ou la reconnaissait dès qu’elle mettait le nez dehors ?) la fit rougir, plus encore quand elle remarqua le manège de l’écuyer avec ce cher Aldarik.

- Merci, mais vous savez, il y a plus de risques que l’on vous reconnaisse vous que moi… Je… il est bien rare que l’on fasse attention à moi, expliqua-t-elle en haussant les épaules.

Elianä repoussa une mèche de cheveux qui lui barrait le front et offrit un nouveau sourire à Nuran, acceptant de bonne grâce le bras qu’il lui offrait. Elle espéra même que cette politesse n’allait pas faire enrager son chaperon bien malgré lui, car après tout, ce n’était que la politesse élémentaire, il devrait être rassuré de voir que Nuran savait (parfois) bien se tenir et pouvait faire ce que l’on attend de tout gentilhomme envers une femme.

Et à mesure que leur étrange convoi s’approchait de la place du marché, l’excitation d’Elianä montait. Le bruit augmentait de volume, tout comme le nombre de badaud qui comme eux se dirigeait vers les étals des marchands. Dans leur cas (ou le sien ?), ce serait même plutôt l’estrade de fortune qui accueillait plusieurs hommes et femmes en costumes bariolés. Chacun devait parler haut et fort pour couvrir les harangues des commerçants vantant leurs produits.

Elianä serra sans le vouloir un peu plus fort le bras de son accompagnateur, les yeux brillant par avance du plaisir qu’elle avait de pouvoir profiter du spectacle de ses artistes itinérants.

- Est-ce la première fois que vous allez voir à l’œuvre ce genre de troupe de spectacle ? demanda-t-elle à Nuran, légèrement tournée par politesse vers lui, bien qu’en réalité, il était bien plus captivant d’observer les baladins.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 10 Juin 2010 - 19:25

Nuran était satisfait de son petit effet : Elianä avait rougit. Et elle n'en était que plus mignonne. Il profita un instant du spectacle. Ce fut à ce moment-là qu'Elianä prononça une phrase qui le surprit.
Malgré son étonnement, il fit comme si de rien n'était mais ne put s'empêcher de conclure plus pour lui même que pour sa compagne.

« C'est un mal qu'il faudra s'empresser de réparer. » chuchota-t-il.

Nuran eut comme un sourire espiègle. Il mijotait déjà quelque chose pour qu'Elianä reçoive toute l'attention qu'elle mérite. Elle saisit alors son bras et la petite troupe s'élança sur les pavés du marché d'Isandil.

Ce dernier était aussi bruyant qu'à son habitude. La vie y était le plus magnifiquement représentée. Des marchands vantaient leurs produits à grands cris, les visiteurs et potentiels consommateurs voguaient ça et là, se faufilant parfois pour avancer parmi la foule qui se faisait de plus en plus dense. Leur petit groupe dut se serrer un peu plus les uns au autres pour pouvoir passer par certains endroits. Nuran n'en était que plus ravi. Il jubilait même, certainement plus du fait de faire enrager le protecteur et chevalier servant de son amie que du contact chaleureux qu'il sentait contre son bras et son corps. La demoiselle resserrait sa prise et Nuran ne put s'empêcher de glisser un regard vers elle. Malgré la capuche de la jeune fille, il put voir son visage illuminé, ses yeux brillant de milles feux qui scrutaient et admiraient tout ce qui se trouvait autour d'eux. Le rose lui était resté aux joues. Le Général détacha son regard pour voir où ils mettaient les pieds. Il s'agissait quand même de rester debout malgré la cohue dans laquelle ils se trouvaient à présent qu'ils s'étaient rapprochés de l'estrade. Les baladins étaient là. Ils se préparaient pour leur spectacle. On pouvait les voir s'échauffer tandis qu'un homme déguisé en bouffon amusait la foule pour la faire patienter.
Nuran étudiait son costume lorsque la voix d'Elianä le ramena à de plus beaux paysages.
Ses yeux le fixaient et ses lèvres rosées bougeaient. Nuran se fit violence pour écouter ce qu'elle lui demandait. Il avait beau être habitué à contempler des merveilles, il lui arrivait encore de se perdre dans un élan de contemplation. Ce qui l'amusait. Ce fut donc avec un sourire en coin qu'il répondit à la demoiselle.

« Ma chère amie, je vous apprendrais que j'ai vécu ici ma tendre enfance. Ce marché est ma seconde maison. Ma première même. Ce genre de spectacle constituait alors le plus beaux de tout les divertissements. Je connais même certain des acteurs que vous allez voir. Tiens ! Et si on allait les saluer ? » conclua-t-il le sourire éclatant d'un garnement fier de sa prochaine bêtise.

Sans attendre de réponse, il attrapa le poignet d'Elianä et se mit à marcher à grand pas vers l'arrière de la scène. Bien évidemment, leurs deux acolytes les suivaient de près. Nuran pouvait même entendre Vallyn geindre derrière lui qu'il existait sûrement meilleur façon de montrer un chemin à une lady, tandis qu'Aldarik devait sûrement s'imaginer jouer aux fléchettes sur son portrait. Mais cela n'arrêta pas Nuran.

Ils réussirent finalement à franchir l'épais barrage humain que constituait la foule de spectateurs et ils atteignirent l'envers du décor sains et saufs. Là, au moins, ils avaient un peu plus d'espace pour se mouvoir. Sa capuche rabattue, Nuran étalait son identité comme un passe-droit, ce qui marchait remarquablement bien en l'occurrence. Soudain, il s'approcha d'un homme en costume et l'interpella.

« Hé là, mon ami ! »

Ce dernier se retourna, surpris. Puis son visage s'éclaira et un franc sourire parcourait ses traits.

« Nuran Terinfiel ! Petit vaurien ! Que fait sa majesté dans mes modestes coulisses... » il s'apprêtait à lui donner l'accolade quand il remarqua que le Chef des armées n'avait pas lâché la main de sa compagne. « … en si charmant compagnie? Mademoiselle. » salua le baladin d'une courbette.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 24 Juin 2010 - 10:50

La foule qui se pressait habituellement sur les parquets cirés des salles de bal de la noblesse n’était en fait rien comparé à celle qui se pressait sur la Grand’Place où se tenait le marché. C’était d’abord plus vivant en ville, car même si la musique était de bon ton pendant les soirées de la noblesse, personne ne se serait permis de parler haut et fort, comme les marchands derrières leurs étals. C’était ensuite tout autant coloré, mais les odeurs étaient plus nombreuses, plus vivaces, plus délicieuses.

Pour un peu, la jeune fille regretterait presque de ne pas avoir une ou deux paires d’yeux supplémentaires. Heureusement même que Nuran était présent pour la guider, car elle serait surement rester sur place, sans bouger, pour réussir à englober toute cette vie. Ce n’était pas la première qu’elle venait au marché de la cité. Mais à chaque fois, la noble se laissait happer par cette sensation induite par le manque d’habitude de côtoyer le petit peuple Ombre. Et toute entière tournée vers ce qui les entourait, Elianä ne prenait pas garde à ce que pouvait bien dire l’écuyer du général ou penser sa propre escorte du rapprochement entre sa protégée et l’homme à abattre.

Sa question trouva vite une réponse et Elianä se mordit la lèvre de ne pas avoir réfléchit avant de parler, bien que Nuran ne paraissait pas s’être assombrit en revenant sur son enfance, loin d’avoir été dorée. Sa reconnaissance en tant que fils de pairs du royaume s’était faite sur le tard et avait fait les choux gras de la noblesse et le délice des douairières qui raffolaient des ragots. Entre l’écart de conduite du noble père de Nuran, sa vie passée dans les rues avant d'être reconnu, en passant par sa nomination en tant que général des armées Ombres, tout avait été passé au peigne fin avec délectation. Elianä était bien jeune quand il avait été introduit à la Cour, mais cela revenait assez souvent dans les conversations mondaines (à chaque écart de conduite, généralement) pour qu’elle en sache tout autant que n’importe qui. Et elle trouvait ce rappel du passé assez indélicat de sa part.

Elle sourit, mais son sourire perdit peu à peu d’intensité quand il parla d’aller voir les acteurs qui constituaient la troupe de baladins. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise et Elianä ralentit instinctivement la cadence de leur marche.

- Comment cela ? Maintenant ?

Elle n’eut pas d’autre choix que de suivre Nuran, tandis qu’elle réfléchissait déjà à ce qu’elle allait bien pouvoir dire. Ce n’était pas le moment d’être timide et Elianä dut se faire violence pour ne pas faire demi-tour et attirer Nuran vers un autre coin du marché, moins dangereux. Elle ne fit pas plus attention à sa main dans celle de l’homme qu’elle n’avait fait attention au fait qu’elle avait été dans l’obligation de se serrer contre lui si elle ne voulait pas finir asphyxier.

Ils arrivèrent trop vite au goût de la jeune fille jusqu’à la scène qui accueillerait le spectacle et la noble ne jeta qu’un œil distrait vers le bouffon qui amusait la foule pour les faire patienter, alors que dans d’autres occasions, elle aurait prit plaisir à rire des facéties du baladin. Le chef de la joyeuse troupe arriva lui aussi trop vite à eux et par politesse, Elianä repoussa la capuche qui couvrait sa tête de sa main libre.

- Bonjour, Elianä, se présenta-t-elle, sans citer son nom. Elle savait l’effet qu’il faisait généralement sur les gens pour s’en passer. Excusez-nous de vous déranger, finit-elle, baissant les yeux à la fin de sa courte tirade, prise d’une soudaine timidité qui la paralysait.

L’homme était immense et la dépassait de plusieurs centimètres. Admirablement bien bâtit, il pourrait faire peur si il n’y avait eu le perpétuel sourire qui ourlait ses lèvres et la bonne humeur contagieuse qu’il distillait à ceux qu’il croisait. Mais ce talent ne fonctionnait visiblement pas sur la noble, qui s’était rapprochée de Nuran, qui connaissait bien mieux qu’elle l’homme.

- Que nous vaut le plaisir de cette visite surprise ? redemanda-t-il, plus respectueux maintenant qu’il avait découvert la petite chose qui accompagnait l’impénitent séducteur.

A n’en pas douter, le baladin était surpris, peut-être parce qu’il n’avait pas l’habitude de trouver le célèbre Nuran Terinfiel avec une si frêle et timide jeune fille, après les femmes d’expérience qui avaient la préférence de son invité.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 30 Aoû 2010 - 19:17

Nuran s'amusait follement de la situation, savourant à l'avance son méfait. D'autant plus qu'il sentit Elianä se rapprocher de lui tandis que Seamus, le chef baladin, se faisait plus inquisiteur.

« Et bien, vois-tu, mon amie ici présente rêve depuis toujours de fouler tes planches. Une comédienne cachée si on veut. Alors je me disais : pourquoi ne pas profiter de ce si beau jour pour réaliser un rêve ? Oui, je me fais l'effet parfois d'un bon génie. Quand dis-tu ? Cette demoiselle sierrait parfaitement dans ton ballet. »

Le baladin se releva et étudia Elianä. De la tête au pied. Et plus il avançait dans son inspection et plus son sourire se faisait franc et ses yeux s'illuminaient.

« Oh oui... Je vois... » murmura-t-il. Puis se tournant vers Nuran : « Entendu vaurien ! Ta belle peut monter avec nous. » Il se détourna un instant d'eux pour crier : « Esmeraldia ! Veux-tu venir ! J'ai une cliente pour toi ! »

Une élégante Ombre se détacha alors du rideau et vint à leur rencontre. Ses formes généreuses sautaient aux yeux autant que par leur présence que par les mouvements que faisait la femme pour se déplacer. C'était inhabituel de voir pareil spectacle chez cette race, mais pas impossible. Un bon nombre de maternité devait amplement suffire, se dit Nuran.

« Voyons voir Minette ! » fit cette dernière avec un accent et un argot digne d'une saltimbanque.

Nuran poussa Elianä vers la généreuse figure maternelle, sans se départir de son sourire. Il n'entendit rien de ses protestations, pas plus que les baladins. Le Général se tourna vers son ami un instant pour le remercier. Lorsqu'il voulut voir l'expression du visage de sa compagne, il s'aperçut qu'elle n'était plus là. Sans doute partie avec Esmeraldia dans des coulisses pour plus de discrétions. Nuran avait hâte de voir le résultat. En attendant, Seamus l'invita à s'installer aux premières loges.

Placé à l'angle gauche de la scène – pour les acteurs évoluant dessus – Nuran s'impatientait. Les regards meurtriers mais silencieux du chaperon de la cadette Aziel'Da n'aidaient pas. Vallyn n'aurait pu être aussi contrit qu'il ne l'était à ce moment-là. Il ne savait plus sur quel pied danser, lui qui voulait éviter à tout pris tout incident. Il n'avait définitivement pas prévu ce rebondissement et souhaitait de toute son âme que le vieil homme sâche garder son sang-froid.
Puis Seamus monta sur scène, dans son habit d'apparat. Il chassa ainsi les intermittents qui égayait la populace entre deux actes. La voix forte de baryton de l'ami du général s'éleva au-dessus de la foule, attirant son attention.

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs et vous autres brigands ! J'ai le plaisir de vous annoncer qu'aujourd'hui nous avons la joie et l'immense honneur d'accueillir une invitée parmi nous ! Elle nous fait le bonheur de partager avec nous ce moment de fête ! Faites lui l'accueil qu'elle mérite ! Je veux sentir la chaleur émaner de vos paumes ! Mesdames, Messieurs ! Que le spectacle commence ! »

De petites bombes explosèrent, créant un nuage de fumée. La cape rouge de Seamus virevolta et il disparut.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 9 Sep 2010 - 16:45

- Que... Quoi ?!

L'horrible mensonge proféré par Nuran mit du temps à remonter jusqu'au cerveau de la jeune fille, à être analysé, décortiqué et compris, finalement. Elle, montait sur les planches ? Qu'elle était encore cette idée ! Mais Elianä n'eut pas le temps d'approfondir plus avant cette réflexion, qu'une femme, diablement belle, était mystérieusement apparue et s'empressait déjà d'enlever la noble à l'attention des deux hommes. Même pas le temps pour un regard désespéré, non.

Tous les regards convergèrent vers elle dès qu'elle passa sous la tente qui servait de loges, où les différents baladins se préparaient et patientaient jusqu'à ce que cela soit leur tour de passer et de profiter des applaudissements du public. Elianä sentit ses joues chauffées sous l'examen attentif dont elle était l'objet de la part de toutes ses paires d'yeux braqués sur elle. Assurément, ils ne devaient pas avoir l'habitude de quelqu'un comme elle. Et comme elle, elle sous-entendait une noble. La jeune fille n'avait jamais remarqué comme la différence entre elle et d'autres de plus basses extraction était visible, quand bien même faisait-elle des efforts pour gommer ce contraste. Elianä ne se sentait pas au dessus de ces gens, loin de là.

D'une certaine façon, elle enviait leur vie de bohèmes. Si elle avait le privilège de l'argent, les baladins avaient le privilège de la liberté. Où que ce soit, ils étaient accueillis avec joie, pour le fugace instant de bonheur qu'ils offraient avec leur spectacle, cette joie de vivre qu'ils communiquaient à quiconque voulait bien les accepter. Leurs tenues bariolées ravissaient les pupilles d'Elianä qui se sentait rajeunir, quand elle s'émerveillait encore de peu de choses. Ils étaient simples, leur salutation était exempte d'une quelconque trace de servilité qu'elle pouvait parfois percevoir chez d'autres, l'intégrant dans leur étrange groupe avec une gentillesse désarmante, comme si elle n'était pas paralysée de peur face à eux.

Esmeraldia lui présenta son partenaire, ce qui eut le mérite de ramener la noble à des considérations plus urgentes. Son air de bête traquée fit rire la matrone Ombre et son camarade, qui firent de leur mieux pour la mettre à l'aise. Le second -Dehal apprit-elle- lui confirma même qu'il serait son cavalier. Mais cavalier de quoi ? En même temps qu'Emeraldia lui présentait diverses tenues (elle allait mourir de honte avant d'être montée sur scène !), Dehal eut la bonne idée de lui expliquer de quoi il en retournait. Les choses étaient simples, si on pouvait dire cela, elle n'aurait rien à faire, en dehors de se laisser conduire et de garder les yeux rivés sur lui.

- Tout est dans l'intensité du regard, expliquait-il. Contrairement à ce que l'on peut bien croire, ça n'a rien d'indécent, les gens ne comprennent rien aux langages du corps et à tout ce que l'on peut transmettre avec la danse !

Elianä voulait bien le croire, mais cela ne la rassurait nullement sur ce qui l'attendait.

¤¤¤¤

Elianä tremblait et sentant son appréhension, Dehal serra un peu plus fort ses mains qu'ils tenaient entre les siennes. Ni lui ni Esmeraldia n'avaient voulu lui donner plus d'explications, ni même une précision sur cette fameuse danse, encore moins sur la musique. Mais étrangement, alors qu'elle ne les connaissait finalement pas, la noble avait confiance. Elle aimait danser, même si elle avait plus l'habitude des valses et des quadrilles, et elle devrait bien pouvoir s'en sortir avec celle-ci, surtout si son implication se résumait à suivre les impulsions de Dehal et le regarder dans les yeux. L'Ombre était beau garçon, pas désagréable du tout, il avait de l'humour, de la prestance et Elianä se sentait bien avec lui.

La fumée finissait de se dissiper et lâchant ses mains, Dehal avait passé l'un de ses bras au creux de ses reins, tenant toujours fermement la seconde. Il était plus grand qu'elle et la jeune fille dut lever la tête pour faire ce qu'on attendait d'elle. Seamus avait disparut de la scène et la musique, invisible, se mit à s'élever.

Elle oublia immédiatement dans quelle vêture indécente elle se trouvait, ni en quelle compagnie elle était, ni même ce qu'elle faisait, les bras masculins enserrant sa taille, le corps à ses côtés évoluant avec grâce, toute entière concentrée à ressentir ce que la musique, les mouvements et les légers attouchements de Dehal faisaient naître en elle. De temps à autre, Elianä se retrouvait esseulée, son partenaire s'éloignant pour mieux revenir près d'elle, toujours plus près semblait-il à la jeune fille.

Un sourire avait fini par incurver ses lèvres, mais cela n'avait rien à voir avec le sourire d'une jeune fille bien élevée. La danse révélait pleinement le côté sensuel de la noble, réprimé par des années de rigide éducation. Si d'autres s'offusquaient, Elianä trouvait presque normal que les mains de Dehal parcourent son corps, de son visage au creux de son cou, en passant par son dos et s'aventurant même plus bas. Envolées les appréhensions, la bonne conduite, la décence. Dehal avait parlé d'intensité dans le regard, la danse, Elianä n'avait pas réellement compris sur le coup ce qu'il voulait dire, mais maintenant qu'elle en faisait l'expérience, elle trouvait aussi stupide tous ceux qui dénigraient cet instant de pure magie. Peut-être en aurait-il été autrement si la noble s'était trouvée en bas de la scène, simple spectatrice et elle aurait été à mettre dans le même sac que ses aveugles. Dorénavant, elle comprenait et l'expérience valait toutes les leçons du monde.

Comme si cela était ce qu'il attendait, Elianä avait finit par se mouvoir avec la même fluidité que Dehal. Les corps ondulaient, s'épousaient, s'éloignaient et se retrouvaient, avec une avidité rentrée. Quand la musique s'emballa, les gestes se firent plus empressés et saccadés, se firent plus doux et légers quand elle se calma, plus charnels quand elle se termina.

Sur les derniers accords, Elianä n'avait plus de souffle, mais elle se sentait divinement bien. La position finale ne laissait aucun doute sur le sens équivoque de la danse, une main à l'arrière de son cou, l'autre dans le bas de son dos, le visage tout proche de son cavalier. Et toujours ce même sourire aux coins des lèvres, comme si ils avaient partagé le pus merveilleux des secrets, rien qu'à eux.

Les applaudissements crépitaient tout autour d'eux et Dehal fut le premier à reprendre contenance. Il aida Elianä à se redresser et sous les vivats de plus en plus bruyants de la foule, déposa un baiser près des lèvres de la noble. Très proche des lèvres. Et dans une dernière inclinaison du buste, l'attira à l'abri, sous la tente. La jeune fille s'esquiva après les commentaires élogieux d'Esmeraldia qui l'avait décidément prise d'affection et les remerciements de Dehal, ravi que l'expérience lui ait plu. Mais elle avait besoin de se retrouver seule un instant et sans plus de cérémonie, sans même changer de vêtements, s'isola à l'extérieur, prenant appui contre un piquet de la grande tente, la main sur le cœur, déboussolée comme elle ne l'avait jamais été -ou plutôt jamais de cette façon.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Sam 18 Sep 2010 - 16:05

Le bruit fut soudain assourdissant et Nuran réprima un mouvement de sursaut. Diantre, il avait été tellement subjugué par le spectacle qu'il n'avait plus alors fait attention au monde extérieur. Comme si ses sens s'étaient uniquement concentrés sur ce qu'il voyait sur le scène et sur rien d'autres. Il n'avait pas applaudit, il avait autre chose en tête. L'Ombre avait suivit des yeux la silhouette gracile s'échapper derrière les rideaux, pour retourner dans les coulisses. Il ne pouvait pas se détâcher. Et cette sensation au creux de son ventre ne l'y aidait en rien.

« Plan D. » fit-il soudain.
« Plan D ? » s'enquit Vallyn, à ses côtés. « Je préfère le plan F moi... Mais pourquoi on parle du plan D ? »

Nuran se retourna, avec un sourire d'enfant sur le visage et poussa soudain son aide de camp... dans les bras du chaperon d'Elianä.

« Oh pardon ! » s'excusa Vallyn alors qu'il tentait plus au moins de retrouver son équilibre, en profitant des larges épaules de son nouveau pilier. « Ce que je peux être maladroit ! Je ne voulais pas froisser vos habits. Laissez-moi arranger ces mauvais plis ! »

Et tandis que Vallyn babillait, que le chaperon grognait en se demandant ce qu'il se passait, Nuran s'était enfuit. Dissimulé dans la foule, il avançait à bon rythme, mais les gens, excités, ne lui facilitait pas la tâche. Finalement, il atteignit les coulisses. Il scruta les alentours. Personne. Du moins pas la personne qu'il cherchait. Il s'aventura plus loin encore et la trouva.
Appuyée contre un poteau, essoufflée, les joues rosies par l'effort et sûrement la horde de sentiments qui devait la traverser, Nuran la trouva plus magnifique encore que lorsqu'elle lui était apparue dans la ruelle. Il s'approcha doucement. A pas sûr, décidé. Il dégrafa sa cape, la laissant couler le long de ses épaules et de son dos. Arrivée à la hauteur de la noble, d'un geste doux et expert, il glissa la cape dans le dos et sur les frêles épaules de la demoiselle. Il n'avait dit un mot. Il n'en ressentait pas le besoin. Ses mains descendirent lentement sur les bras blancs d'Elianä, laissant une vague de chaleur derrière elle. Arrivées à ses mains, il les serra brièvement. Nuran ne la quittait pas des yeux. Mais il semblait ailleurs. Il n'avait plus l'air d'un adolescent avide de faire le plus de bêtises possibles, ou bien d'un fieffé séducteur. Ses traits ne montraient que sérieux et assurance. Maturité. Son attitude ? Impériale.
De ses deux mains, il dégagea le visage de la noble des mèches de cheveux qui la cachait presque. Il les replaça derrière ses oreilles. Il était proche. Peut-être trop proche. Mais sûrement suffisamment pour ce qu'il avait en tête. Doucement, il se pencha. Tendrement, il déposa un premier baiser à la commissure des lèvres, à droite, puis à gauche. Enfin sur les lèvres. A peine effleurées. Un autre doux baiser sur la lèvre supérieur, puis sur la lèvre inférieur. Nuran ne jouait pas. Ou presque. Il savourait la douceur de sa peau sous son toucher. Puis, il se fit plus ferme. Ses lèvres conquérantes. Ses mains qui encadraient le visage d'Elianä glissaient. La droite vint descendre sur la nuque, tandis que l'autre trouva naturellement sa place sur la hanche. Il colla leur corps, transférant sa propre chaleur. Ses baisers se faisaient plus fiévreux. Sa langue, inquisitrice, avait fini par réussir à trouver son chemin entre les lèvres sensibles. Trouvant sa partenaire, elle l'entraînait dans un ballet travaillé et sensuel. Nuran sentait des frissons le parcourir. Il passa ses bras autour d'elle, possessif.
Puis la passion, enfin assouvie, retomba. Et le souffle court, il se sépara légèrement d'Elianä. Il colla son front contre le sien et sans le vouloir, sa respiration se cala sur celle de la jeune fille.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Dim 17 Oct 2010 - 21:48

Elianä se sentait affreusement mal, mais ses jambes n'acceptaient plus d'obéir aux ordres. Elle se sentait mal, mais cette sourde contraction dans sa poitrine n'avait rien de douloureux. Au contraire. Mais comme tout ce qu'elle ne comprenait pas, Elianä en avait peur, le genre de peur qui lui donnait envie de s'enfuir. Si elle en avait eu les capacités.

La jeune noble frémit quand elle s'aperçut qu'elle n'était plus seule avec ses sentiments contradictoires et de tous ceux qui auraient pu la rejoindre ici, Nuran était bien le dernier auquel elle s'attendait. Après la performance qu'elle venait d'accomplir devant tout Eray, avait-elle l'impression, elle pensait plutôt voir Aldarik apparaître au pas de charge, comprenant instantanément ce qu'elle avait, comment effacer les tensions. Mais c'était Nuran. Elianä ne savait pas comment réagir face au Général. Elle s'attendait à une réplique moqueuse qui aurait le don de dédramatiser la situation, un commentaire typé don juan et dont il était un habitué. Elle ne savait pas si elle aurait préféré cela plutôt que le premier baiser de sa vie.

Elle avait l'esprit encore complétement engourdis, il aurait été préférable qu'elle ne sache pas ce qu'elle faisait, au lieu de s'accrocher aux effleurements physiques qui lui rappelait qu'elle était vivante et faite de chairs et de sang. Bien sûr, elle n'était pas la première, Nuran avait une solide expérience de la meilleure façon pour rendre n'importe quelle femme aussi consentante qu'une poupée de chiffons et Elianä ne faisait pas exception. Il y avait juste un petit quelque chose de différent.

La première idée d'Elianä avait été de se soustraire pudiquement à la vue du Général. Elle portait toujours la tenue de spectacle empruntée à la troupe, qu'elle n'avait pas pris le temps d'enlever. Elle était superbe, mais pas vraiment adaptée à une personne comme elle. Si elle était composée d'une multitude de voilage, elle n'en restait pas moins horriblement près du corps, Elianä l'avait oublié pendant qu'elle dansait avec Dehal. Mais sa vêture ne parut pas choquer le Général, qui eut la gentillesse de couvrir sa nudité de sa cape, calmant un peu les battements de son cœur. Qui repartirent de plus belle. Ses mains tremblaient légèrement dans celles de l'homme, mais elle ne pipait mot et soutenait vaille que vaille le regard absent de l'Ombre. Elianä allait l'interpeller, il lui paraissait si sérieux et elle, apeurée par son mutisme prolongé. Mais il bougea. Et elle fut perdue.

Elianä ne le repoussa pas ; elle ne savait comment s'y prendre sans le froisser. Elle ne répondit pas à la sollicitation, pour l'instant ; elle savait encore moins comment s'y prendre dans ce domaine. Elle oublia instantanément toutes les conséquences possibles de ses actes. Ce n'était pas différent de l'intermède avec Dehal, sur scène, et par commodité, elle associait les deux moments pourtant différents ensembles. La noble se sentait gauche et empruntée, dans son inexpérience, mais si Dehal lui avait appris quelque chose, c'était bien que l'on finissait toujours par se faire à tout, quand on avait quelqu'un de compétent pour accompagner les premiers pas. Et pour un premier baiser, qui dénigrerai Nuran Terinfiel ?

La noble savait maintenant pourquoi elle avait trouvé à Nuran une mine aussi sérieuse. Pour une fois, ce n'était pas le prédateur qu'elle avait eu en face d'elle, mais juste un homme. Ce n'était pas le séducteur qui l'embrassait et qui la retenait comme si elle allait s'envoler d'un instant à l'autre, mais l'être humain sous la carapace que tout le monde connaissait de lui. Elianä se sentait bêtement heureuse de cette découverte, stupidement enivrée par la nouveauté et plus surement folle de désirer qu'elle ne s'arrête jamais.

Mais tout avait une fin et Elianä était tout autant essoufflée que son partenaire. Elle remarqua à travers un voile cotonneux qu'elle avait enlacé sans le sentir Nuran, un juste retour de son étreinte. La jeune fille desserra sa prise, effleura le visage masculin au passage et resserra les pans de la cape qui la couvrait toujours. Même si elle l'aurait voulu, ils ne pouvaient pas rester ici, comme cela, quelqu'un allait bien finir par s'inquiéter de leur absence et chercher à les débusquer. A commencer par Aldarik, retenu elle ne savait où, même si la jeune fille avait quelques doutes sur ce qui pouvait bien empêcher sa garde personnelle de partir à sa recherche. S'il trouvait Nuran à moins de dix pas de sa protégée, elle ne savait pas ce qu'il ferait au Général.

- Il faut que je me change, dit-elle avec une petite voix.

Elianä ne savait plus quoi faire de ses mains, qu'elle gardait contre sa poitrine, tenant fermement les pans de la cape. Ni où regarder, aussi gardait-elle les yeux baissés. Elle se tortilla contre Nuran pour lui faire comprendre qu'elle voulait qu'il s'éloigne pour pouvoir rejoindre l'intérieur de la tente et ses vêtements.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 18 Oct 2010 - 11:10

Nuran était légèrement confus. Et cela ne venait pas du fait qu'il tenait une magnifique jeune femme dans ses bras. Ça, il en avait l'habitude. Non, le plus perturbant pour sa majesté c'était qu'il avait répondu à une demande, une invitation, même inconsciente de son amie et que maintenant il se demandait s'il avait bien fait. Non pas que Nuran regrettait son geste. Il vivait sa vie de façon à ne jamais rien regretter. Mais la façon dont Eliäna tremblait dans ses bras, la façon qu'elle eut lentement de retirer ses bras de son cou, pour se recroqueviller sur elle-même, tenant les pans de sa cape contre elle, tout cela lui faisait penser à une fragile créature sur le point de se casser en une multitude de morceaux.

« Il faut que je me change, » dit-elle avec une petite voix.

Elle remua doucement et Nuran se rendit compte qu'il la tenait toujours, plus que de raison. Alors soudainement, il la relâcha.

« Pardon. Oui, bien sûr. » fut tout ce qu'il pu lui dire, tandis qu'elle partait – s'enfuyait ? - déjà vers les tentes.

Lui ne bougea pas. Il plaça simplement ses mains dans son dos dans une attitude très martial. Une position que des heures et des heures de pratique lui était devenue naturelle. Il n'y avait qu'une seule chose qui lui revenait sans cesse en tête : Elle l'avait envoûtée. Sa danse, ses mouvements, son corps. Il avait été subjugué et avait perdu sa maitrise de lui-même. Ses sourcils se froncèrent. Nuran n'aimait pas ça. Garder son sang-froid et sa capacité de réfléchir était ses meilleurs atouts et sans conteste ce qui faisait de lui un excellent Général. Et là, tout perdre pour une simple danse ? Pour une simple femme ? Non. Non, pas une simple femme. Eliäna était bien plus. Elle était la seule femme pour qui il avait de la considération. Une amie ? Elle était ce qui pouvait s'en rapprocher le plus. Et maintenant ? Avait-il tout foutu en l'air pour un stupide baiser ? Pour une stupide impulsion charnelle. Il se maudit une seconde avant de prendre une profonde respiration et d'apaiser ses nerfs. Nuran ne savait pas encore comment Eliäna allait véritablement réagir à ce baiser mais il ne voulait pas que leur relation change. Il aimait leur complicité, faite de taquinerie et chamaillerie. Alors dès qu'elle reviendrait, il lui dira une de ses moqueries favorites et tout rentrera dans l'ordre...

« Non mais non ! Mais qu'est-ce qui vous fait dire ça voyons ! Je n'ai jamais voulu vous empêcher de faire votre devoir, Monsieur Aldarik ! Certainement pas ! Il se trouve simplement que j'ai trébu...
-Oui, ca, vous l'avez déjà dit. » coupa le dénommé Aldarik. « Mais il n'empêche que votre compagnon en a profité pour... ah ! Le voilà ! »

Nuran s'était retourné au son du duo comique qui rappliquait. Il ne put empêcher un sourire de renaître sur ses lèvres. Vallyn avait toujours l'air d'être en détresse et le chaperon d'Eliäna avait toujours cette petite lueur meurtrière qu'il seyait au surveillant d'avoir.

« Et bien mes amis ! Qu'est-ce qui vous a retenu ! »
« Alors vous ! Vous ! » fit Aldarik en pointant son doigt sur le Général.
« Oui, moi ? » s'amusa Nuran.

Provoquer le vieil homme saura le distraire en attendant le retour de sa demoiselle.

« Ah, Général ! Je suis heureux de vous retrouvez ! Je craignais de vous avoir perdu dans la foule. » s'empressa de couper Vallyn tandis qu'il se plaçait entre les deux hommes.

Le jeune soldat avait comme l'impression qu'il ne manquerait pas grand chose pour que cette confrontation vire à l'échange de coup de poing.

« Vous ne devriez pas partir ainsi ! Je dois veiller sur vous, moi. »

Bon, la plainte était peut-être un peu trop enfantine mais elle ferait son office. Concentrer leurs attentions sur lui.

« Allons, Tovaràsh ! Rien ne peut m'arriver voyons. »
« Et à Mademoiselle Aziel'Da, si ? Où est-elle ? Qu'avez-vous fait ? »
« Qu'insinuez-vous par là, Monsieur ? Aurais-je fait quelque chose que la bienséance réprouverait ? »

Aïe ! Ça se gâtait. Vallyn déglutit. Tout ça allait mal finir...
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mer 20 Oct 2010 - 20:25

- Tu es aussi rouge qu'une pivoine, ma petite ! s'esclaffa Esmeraldia quand elle aperçut Elianä qui retrouvait la réconfortante sécurité de l'intérieur de la tente.

La jeune fille accueillit avec joie l'arrivée de la pétulante Ombre, de son sourire et de ses manières franches. Esmeraldia s'était postée en face de la noble, une moue relevant les coins de ses lèvres. Bien malgré elle, Elianä se sentit répondre au sourire de la matrone et s'envoler ses soucis, pour quelques instants au moins. Pour ne pas qu'elle s'inquiète, la cadette accentua son sourire et montra à son ainée la robe qu'elle portait toujours, cachée sous la cape dont elle gardait les pans serrés contre elle.

- Je crois qu'il est temps que je me change, à moins que vous ne vouliez m'embaucher dans votre compagnie ?
- Allons bon, et subir le courroux de votre famille pour vous avoir enlevé à eux ? Je crois que nous nous passerons de cette joie.

Elianä se mit à rire de l'air tragique qu'afficha Esmeraldia à la fin de sa tirade, tandis que celle-ci attrapait sans cérémonie son bras pour l'amener en lieu sûr, là où elle pourrait se changer sans risque d'être déshabillée du regard par le tout venant. Certes, tout Eray venait juste de la voir à moitié déshabillée, se pâmant dans les bras d'un danseur inconnu, mais elle tenait à sauvegarder les apparences, pour ce qu'il en restait. Elianä n'accepta que la présence d'Esmeraldia, qui l'aida à revêtir ses atours de jeune fille de bonne famille, après la scandaleuse robe en voile. Elle retrouva le confort à désirer du corset et de la lourde robe avec un petit soupir, qui tira cette fois un rire à Esmeraldia.

- On regrette déjà la vie de saltimbanques ?
- Je me sens affreusement lourde, tout à coup.

Elle appréciait cette femme, constata Elianä, tandis que l'Ombre se remettait déjà rire. Parce qu'elle n'avait pas besoin de faire semblant devant elle, la femme avait déjà compris, en la voyant, que les obligations de son monde étaient pesantes. Avec un(e) autre, cela aurait pu se passer mal. On compatissait rarement pour quelqu'un qui se plaignait d'avoir tout ce qu'il voulait, quand il le désirait et sans avoir besoin de se lever pour l'avoir. D'autres se chargeaient même de cela pour lui. Mais on ne pouvait pas s'empêcher de rêvasser de tout autre chose et Esmeraldia l'avait compris, sans la condamner.

Elles sortirent toutes deux de l'espace clôt où elles s'étaient réfugiées et l'étreinte de la matrone surprit un instant la noble qui ne s'y attendait pas.

- Vous me plaisez, petite. J'espère que l'on aura un jour l'occasion de se revoir.
- Moi aussi, pria-t-elle, la gorge nouée.

L'arrivée de Dehal empêcha la scène de devenir un mélodrame avec larmes et adieux émouvants. Il paraissait plus amusé que réellement soucieux quand il lui annonça que son escorte avait pris à parti ce "gredin de Général", là où il l'avait rejoint avant qu'elle ne parte.

- Je crois que ça va barder, jolie cavalière.

Si même Dehal le disait, alors qu'il ne savait rien de l'antipathie naturelle qu'éprouvait Aldarik envers Nuran, Elianä avait réellement de quoi s'inquiéter. Esmeraldia comme Dehal la suivirent, la première pour jouer de son autorité si les choses dégénérées, le second pour profiter du spectacle si les choses dégénérées. C'était bien les hommes, ça ne disait jamais non pour profiter d'une belle bagarre ! Mais si elle pouvait l'éviter, la noble allait tout faire pour que les deux hommes ne s'entretuent pas pour elle. Par Snotra, elle ne valait pas un bain de sang tout de même !

La petite compagnie arriva juste au moment où Nuran parlait de faire quelque chose qui allait à l'encontre de la bienséance. Elianä sentit ses joues s'empourpraient alors que ce qu'elle avait ressentis pendant leur baiser remonter à sa mémoire. Était-elle une dévergondée, maintenant qu'elle savait qu'elle ne regrettait pas cet écart et pire encore, qu'elle l'avait apprécié ? La jeune fille chassa ses questions parasites, les gardant pour plus tard, et se concentra à englober du regard la scène devant elle. Le soldat qui avait accompagné Nuran jouait encore le rôle de tampon entre son maître et Aldarik.

- La bienséance aurait donc été mise à mal pendant mon absence ? Ne me dites pas que vous n'avez pas résisté à l'envie de compter fleurette à une dame alors que j'étais présente ?

Elianä souriait et rien ne laissait deviner son trouble. Car ce n'était pas simple de parler aussi légèrement et de dédramatiser une situation qui n'avait pas fini de la tourmenter. Mais on lui avait appris à mettre de côté ses états d'âme quand il le fallait et c'était le bon moment pour cela.

- Je suis prête, déclara-t-elle finalement, sous l'œil courroucé d'Aldarik. Il n'en avait pas fini avec elle, la jeune fille le savait, mais elle savait aussi que ce n'était ni le lieu ni le moment de provoquer un esclandre. Et elle en profitait.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 29 Nov 2010 - 13:23

« Est-ce le cas ? » fit Aldarik.

Il voyait rouge. Vallyn qui opposait bravement son corps entre les deux forces de la nature qu'était son Général et l'ancien mercenaire, mettait toute sa force qui contenir l'élan d'agressivité du chaperon. Voyant naître un sourire de défi sur le visage de son supérieur, Vallyn craignit le pire et s'apprêtait à supplier son seigneur de ne pas franchir cette ligne. Heureusement pour le valet, ce fut une voix féminine qui fit retomber quelque peu la tension des deux hommes.
Aldarik cessa de se presser contre le jeunot et reprit un peu de tenue.
Nuran quand à lui s'était retourné vers Elianä.

« Non, bien sûr que non. Il n'y a qu'à vous que mes lèvres se sont portées. » sourit-il.

A ces mots, Aldarik porta sa main à son épée, à une seconde de dégainer. Vallyn, incroyablement rapide, se retourna et posa sa main sur la sienne et l'empêcha d'attaquer le Général Ombre.

« Ah taratata ! Mauvaise idée monseigneur ! Je vous le déconseille fortement. » lui chuchota-t-il en maintenant sa prise.
« Lâchez-moi ou je vous passe, vous aussi, par le fil de mon épée. » grogna le chaperon entre ses dents.

« Je suis prête. » conclut Elianä comme un cheveu sur la soupe.

Aldarik lui lança un regard colérique. Elle aussi allait devoir répondre de ses actes.

Nuran proposa galamment son bras à la noble demoiselle.

« Et bien allons-y. » Puis se tournant vers les baladins : « Merci mes amis pour le spectacle ! Ce fut un plaisir que de passer du temps avec vous ! A très bientôt ! »

« A une prochaine fois, votre seigneurie ! » railla Dehal.

Puis le quatuor quitta les coulisses.




« Venez, je vous raccompagne chez vous. Vous devez être épuisée après tant d'émotions. » fit doucement Nuran à Elianä qui se tenait à son bras plus par politesse que par réelle envie, tandis qu'ils remontaient l'artère principale.

Il se doutait bien qu'elle n'avait pas particulièrement envie de se trouver si près de lui après ce qu'il s'était passé. Mais en même temps, si lui changeait de comportement, le cerbère aurait véritablement de quoi se poser des questions. Et pour le moment, le Général ne souhaitait pas se lancer dans un duel. Il préférait ne pas prolonger cette sortie et ramener la demoiselle dans un endroit où elle se sentirait en sécurité. Et apparemment, ce n'était plus à ses côtés, pour cette journée. Il l'acceptait. Il le méritait. Mais cela n'empêchait pas qu'il n'aimait pas ça.

Vallyn retenait encore et toujours Aldarik un peu en retrait derrière le couple.

« Vous voyez ? Il n'y a pas de soucis ! Mademoiselle Elianä se porte comme un charme. Et puis, il n'y a pas eu de mort d'hommes, après tout. » lança le valet en une tentative maladroite d'apaisement.
« Pas encore... » bougonna le vieil homme. « Pas encore... »

Vallyn déglutit. C'était pas gagné.

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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 29 Nov 2010 - 20:20

Pauvre Aldarik. La seule personne qui aurait pu l'aider était également celle qui tenait le plus à ce qu'il ne sache rien de ce qui s'était passé et pour cela, Elianä ne voyait rien d'autre que de se mettre du côté des menteurs. Car contrairement à ce disait Vallyn, elle n'allait vraiment pas bien et il y avait un gros soucis, pour peu que l'on sache interpréter les signes de malaise. C'était comme si clignotait au dessus de la tête de la noble un grand panneau scintillant qui expliquait à tous les badauds que, comme toutes celles avant elle, la froide et insensible Elianä Aziel'Da avait succombé au don Juan Nuran Terinfiel et pire, qu'elle y avait pris grand plaisir (comme toutes celles avant elle, bien entendu).

D'une oreille distraite, la noble restait à l'affut de la conversation derrière elle, pour juger de la colère d'Aldarik, qu'elle s'emploierait à apaiser et à calmer les ardeurs belliqueuses. Si après cette matinée, elle avait encore envie de se retrouver en tête à tête avec Nuran, dangereuse perspective s'il en fallait, Elianä ne pourrait plus compter sur son second père pour jouer les chaperons et couvrir son escapade. Les appréhensions du soldat avaient eu leur compte de confirmation aujourd'hui, l'attitude tant de Vallyn que de Nuran aidant grandement l'homme à les cataloguer dans le groupe des parasites et par conséquent qu'il fallait éloigner de la cadette de la puissante famille.

La dite cadette ne savait toujours pas quoi en penser. Tout ce qu'elle savait, pour l'instant, c'est qu'elle agréait de bonne grâce à la perspective de rentrer chez elle et de s'éloigner, pour un temps, de la source de tant de questions. Il fallait préserver les apparences et la jeune fille se retenait à grand peine de ne pas faire sentir à Nuran qu'intérieurement, elle bouillait, ce qui aurait eu pour conséquence, si elle ne se maitrisait pas si bien, de trembler. C'était affolant de constater qu'elle percevait comme une brûlure ce contact pourtant normal : elle ne faisait que lui tenir le bras, pardi ! Mais c'était comme si, encore une fois, elle était prisonnière de l'étau de ses bras et qu'elle... Non, mauvaise pente, pensa-t-elle en fronçant les sourcils. Arriverait-elle à repenser à ce moment sans rougir comme une tomate trop mûre et ressentir cette folle envie de s'enfuir en courant ? Difficile à dire et si la noble devait malgré tout y apporter une réponse, celle-ci serait claire, nette et précise : non. Trop sensible, se morigéna-t-elle, regrettant de ne pas avoir le même toupet que sa sœur. Surement que son ainée aurait déjà trouvé une façon de dédramatiser la situation.

En même temps, Elianä se demandait si Elönia aurait eu la stupidité de se laisser entrainer dans la même galère que sa cadette. C'était pourtant elle qu'on disait réservée et consciente de la limite à ne pas franchir, pas Elönia. Et ce matin, c'était elle qui s'était laissée embrasser, pas Elönia. Le soupir qu'elle poussa aurait pu s'entendre de l'autre côté du continent. Et derrière elle, le regard d'Aldarik se fit plus scrutateur, sombre et déterminé. Bien sûr, le soldat était le premier à avoir perçu les sentiments conflictuels de sa protégée et de sa position, il fusillait du regard le dos du général. Il ne savait certes pas ce qu'il s'était passé, mais ce dont il était certain, c'était qu'il n'avait jamais connu cette attitude à sa presque fille, pas même lorsque qu'ils étaient encore à Yswllyra, se rongeant les sangs pour la liberté de son géniteur. Quelque chose qui ressemblait à de l'abattement et le soucis qui barrait le front de sa protégée n'était pas pour le rassurer. Si il avait pu, il aurait tordu le cou à ce stupide et jeune idiot, avant de faire son affaire du second, général ou non.

Du côté de la cadette, les choses ne s'étaient pas améliorées. Sauf peut-être qu'Elianä était consciente qu'à continuer ainsi à ne rien dire, le reste du chemin jusqu'aux résidences des notables de la ville n'allait pas être des plus joyeux et moins encore susceptible de faire retomber la pression.

- J'ai passé un agréable moment, je vous remercie de m'avoir accompagné.

Ce n'était pas totalement faux, pour la conscience de la noble. Elle avait aimé la 'surprise' de devoir être la cavalière surprise d'un homme qui, en plus d'être beau garçon, était aussi doué dans son art, et ce même si au début, la jeune fille n'aurait jamais cru pouvoir apprécier cette soudaine mise en lumière de sa personne. Cela resterait un souvenir cher à son cœur, tout comme sa rencontre avec la pétulante Esmeraldia. La cadette était presque certaine de s'être fait une amie aujourd'hui et il lui tardait de la revoir, pour oublier un peu de quel milieu elle venait.

Quant à ce qui s'était passé ensuite, si c'était problématique, cela restait une expérience... plaisante, mais à ne surtout jamais renouvelé ! Car, prenait-elle conscience, elle aurait le cœur brisé si elle s'attachait trop au trop séduisant, mais surtout volage, Général des armées Ombre.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 29 Nov 2010 - 21:33

Au fur et à mesure qu'ils avançaient dans le dédale des rues d'Isandil, Nuran réfléchissait. Il comprenait qu'Elianä souhaitait avoir un peu d'intimité pour remettre de l'ordre dans ses pensées. C'était ce que demandaient toutes les femmes après tout, quand il en avait fini avec elles. Il avait ce talent pour faire chavirer le cœur de ses demoiselles et brouiller leurs esprits afin qu'elles ne soient plus que marionnettes entre ses doigts agiles. Et il fallait avouer qu'il adorait ça. Ce pouvoir sur elles.
Sauf en cet instant. Elianä n'était pas la fille du boulanger ou bien une courtisane qu'il aurait pu croiser dans l'un des innombrables couloirs du Palais ou en d'autres termes, une fille quelconque. Malgré les apparences, elle était véritablement son amie. Et bien que d'ordinaire, il aurait juste raccompagner sa victime chez elle, l'aurait saluer d'un élégant et raffiné baise-main avant de s'éclipser à jamais de sa vie, là, il ne pouvait pas se le permettre. D'ailleurs, il ne le voulait pas.
Le comportement totalement inconstant de sa compagne l'inquiétait. Elle d'ordinaire si sûre d'elle, si fière et catégorique, n'était plus que doute et profondes pensées. Nuran pouvait se féliciter. Il avait réussit, comme toujours, à troubler le cœur d'une jeune fille. Le problème résidait dans le fait qu'il avait également perturbé le sien. Et ca ne lui plaisait pas outre mesure. Il fallait qu'il mette les choses au clair.
Mais pour cela, il allait encore une fois nécessité un peu de distance entre eux et les deux troublions qui leur servait d'escorte. Alors que Nuran formulait déjà un plan pour leur échapper, Elianä retrouva sa voix.

« J'ai passé un agréable moment, je vous remercie de m'avoir accompagné. »

Nuran tourna sa tête vers elle et étudia un moment son visage. Il y vit nettement la contrariété et l'abandon. Comme si elle avait perdue toute combativité, toute force dans la bataille. Un peu plus et il la penserait à bout. Le Général jeta un bref coup d'œil derrière lui et prit sa décision.

« Tout le plaisir fut pour moi. »

Puis il se pencha un peu plus vers elle et lui chuchota à l'oreille.

« Je suis désolé de vous demander de faire encore un effort mais il y a quelque chose que nous devons éclaircir sans attendre. Battons le fer tant qu'il est encore chaud, comme dirait le forgeron. Alors à la prochaine intersection, je souhaiterais que vous me suivez. S'il vous plait. »

Nuran s'écarta un peu pour pouvoir la regarder dans les yeux un instant. Derrière lui, Aldarik grogna quelque chose un peu plus fortement que la politesse ne le conseillait mais le Général ne s'en préoccupa pas. Comme il ne laissa pas le choix non plus à Elianä quand il se mit soudain à lui prendre la main et à courir dans la rue sur leur droite. Des cris étouffés leur parvinrent mais cela ne ralentit pas le soldat. Quand il avait une idée en tête, pratiquement rien ne pouvait l'en faire démordre. Conscient qu'il n'était pas seul dans la course, il n'alla pas à fond de train, et connaissant les lieux comme sa poche, il trouva une petite niche dans un recoin et les y entraîna. Nuran ralentit le rythme de leur marche pour enfin reprendre un chemin tranquille. Après deux minutes, ils débouchèrent sur un petit parc. Les allées, en étoiles,bordées de haies parfaitement taillées, menaient toutes à un immense arbre qui protégeait une fontaine des intempéries. Des bancs étaient parsemés dans tout le jardin afin que les promeneurs puissent se reposer et profiter de la vue. C'est là que Nuran emmena Elianä et l'invita à s'asseoir.

« Encore navré pour la petite scène mais j'avais - nous avions - besoin d'un peu d'intimité pour discuter tranquillement de l'affaire qui vous préoccupe. » commença-t-il.

Il se plaça à la hauteur de la demoiselle et poursuivit :

« Est-ce que ca va ? »

Certes, il aurait pu trouver mieux pour débuter ce qui s'annonçait comme l'une des plus importantes conversations de leur relation mais sur le coup, c'était tout ce qui lui était venu à l'esprit. L'inquiétude le taraudait. Elle était trop importante à ses yeux pour qu'il laisse passer ça comme ça.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Lun 29 Nov 2010 - 22:24

Que Snotra le préserve de la fureur d'Aldarik ! Et préserve l'intégrité physique de la noble qui n'était pas vêtue de telle manière qu'une course effrénée était conseillée. Elianä portait quantité de jupon et autres objets de torture spécialement inventés pour empêcher toute dame de noble lignage de s'adonner à une chose aussi étrange que la course ! Si on ajoutait à cela un corset peu de temps auparavant retrouvé (et donc très bien serré), autant dire que la cadette ne goûta pas l'idée de la fuite éperdue avec tout le calme voulut.

Mais courir ou parler, il fallait choisir et présentement, courir était la meilleure chose à faire pour que Nuran puisse profiter encore un peu du goût de la vie. Derrière eux, Elianä entendit Aldarik criait quelque chose, mais elle ne savait pas quoi. Surement quantité d'insultes et menaces de mort à l'encontre du Général. Celle qu'il devait protéger se faisait enlever juste sous son nez, pas de quoi sourire et compter les pâquerettes tout en chantant la sérénade. Au moins, ce nouveau rebondissement amenait une certitude : Elianä n'aurait plus à craindre de tête à tête après celui-ci, elle n'aurait plus l'occasion de rester seule plus de dix secondes avec lui, pas après ce qui venait de se passer.

La folle escapade trouva son final dans un petit parc, qui avait le mérite d'être calme... et désert. Elianä tomba plus qu'elle ne s'assit sur le banc galamment proposé, la main sur le cœur et le souffle court. C'était comme si elle avait couru un marathon. Ou même deux. Mis à part l'équitation, ce n'était pas comme si la noble était très sportive, le nez toujours plongé dans un livre comme elle l'était. Elle n'avait tout simplement pas l'habitude d'une telle débauche d'énergie sans prévenir et surtout dans cette tenue. Note pour plus tard : ne pas s'engager dans une course à pied en jupe et corset.

Et en cet instant, si sa fierté manquait à Nuran, Elianä releva la tête pour planter son regard lançant des éclairs dans celui de l'Ombre en face d'elle, sa respiration reprenant peu à peu un rythme normal :

- J'espère que vous vous rendez compte de ce que vous venez de faire ! Si Aldarik vous passe au travers de son épée, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous même !

Et pour un peu, il l'aurait mérité ! Son courroux s'apaisa malgré tout à la perspective de devoir discuter de "l'affaire qui la préoccupait". Si il lui avait demandé son avis avant, Elianä aurait pu lui dire qu'elle n'avait aucunement envie de parler de cette affaire avec lui. Elle avait toujours réglé ses cas de conscience elle-même et elle ne doutait pas de réussir une nouvelle fois cette tâche. Surtout quand il s'agissait d'une affaire de ce type. La jeune fille n'en avait pas l'habitude. Par Snotra, comment devait-elle se comporter dans des situations de ce genre ? Aucune de ses leçons de bonne conduite n'expliquait la conduite à tenir en pareille situation ! Simplement, dans le débordement d'émotions consécutifs à ce satané baiser, elle en avait oublié une d'importante : une jeune fille de bonne famille doit savoir sourire en toute circonstance et cacher ses pensées réelles à ses interlocuteurs, pour ne pas les indisposer. Leçon qu'elle n'avait pas suivi à la lettre et qui était la source de son désagrément actuel.

Pour se donner une contenance, Elianä entreprit de remettre en place quelques pinces et ramener ses cheveux en un chignon correct. Encore une raison de penser à sa mère en train de pousser de hauts cris contre sa tenue débraillée indigne de son rang. Mais mieux valait quelques cris qu'une tenue complètement débraillée, décréta-t-elle en se relevant, sa tâche terminée.

- Je ne vois pas de quoi vous voulez que nous parlions. Je pensais simplement à... à la manière dont j'allais m'y prendre pour empêcher Aldarik de s'en prendre à vous. Ce n'est pour aucune autre raison que je ne parlais pas et que j'étais... concentrée ! Oui, c'est cela, concentrée, répéta-t-elle avec force, pour s'en convaincre et convaincre Nuran. Et maintenant, je dois retrouver mon escorte et rentrer chez moi, mes parents doivent s'inquiéter. Vous, vous restez ici, parce que quoi que vous le méritiez pour m'avoir enlevé, je ne veux pas avoir votre mort sur la conscience. Bonne journée.

Et ses fausses vérités assénées, Elianä tourna les talons dans le but manifeste de partir retrouver Aldarik. Aussi vite qu'il était humainement possible dans les conditions qui étaient les siennes. C'est à dire, pas vite en comparaison d'un soldat entrainé.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 30 Nov 2010 - 12:23

Apparemment la course lui avait fait retrouver sa fraicheur initiale. A la voir râler, pester, le tout poliment bien sûr, Nuran se dit finalement elle n'était pas si perturbé que ça. Elle alla même jusqu'à refaire sa toilette. Lui se releva et sourit au spectacle. Il savait que ce n'était que pour se donner contenance. Elles faisaient toute ça. La coiffure, ou bien défroisser leur robe. Tout pour les occuper quelques secondes, juste le temps de trouver quoi dire ou comment réagir proprement à une situation donné. Nuran, et les hommes en général, ne se donnait pas cette peine. Ils disaient ce qu'ils avaient à dire, point. Après l'éducation faisait le reste concernant la politesse et les manières. Or Nuran, lui, nageait entre deux eaux. Ayant été élevé par un prêtre puis par les hautes ouailles de la noblesse Ombre. Le mélange était détonnant parfois. Comme le prouva cette petite course qu'un noble n'aurait jamais entreprit. Un véritable seigneur aurait raccompagné sans histoire la demoiselle jusque chez ses parents et l'aurait quitté ainsi. Nuran s'accorda une pensée pour se dire qu'un véritable noble n'aurait pas embrassée Elianä dans les coulisses d'un spectacle de rue. Mais ça, il ne s'en préoccupa pas.
Puis Elianä se releva.

« Han ! Votre manque de confiance en ma personne me blesse énormément ! » enphasa le Général, en portant ses mains à son coeur, comme touché en pleine poitrine.

Même si Elianä lui tournait le dos, le ton bien trop théâtral qu'il avait employé devait bien la renseigner sur le sérieux de sa remarque. Mais comme elle faisait mine de poursuivre son chemin, il la rattrapa par le bras.

« Attendez, jeune fille. Vos parents n'ont pas à s'inquiéter. » Dit-il en reprenant son sérieux. « Vous êtes de sortie pour la journée, et il est à peine l'heure du déjeuner. Quand à votre chaperon, je l'occis quand je le désire. Mais comme cela vous chagrinerait, je ferais en sorte de ne pas trop l'abîmer s'il a l'impudence de se croire supérieur en arme face à moi. » fit-il avec toute la sévérité d'un homme de son rang et de son statut.

Il avait rapproché Elianä près de lui et ne lui lâchait pas le poignet.

« Je voudrais juste savoir si l'incident de toute à l'heure affectera notre relation. Je sais, c'était un acte stupide. Moi et mes foutues habitudes ! Je suis désolé et je regrette si cela t'as importunée. Mais sache ceci : je ne regrette pas de t'avoir embrassé. Je ne vois pas pourquoi j'aurai à m'excuser d'avoir rendu grâce à ta beauté. »

Nuran ne la quitta pas du regard. Il était on-ne-peut-plus sincère. Et c'était rare lorsque cela atteignait une telle intensité. Il se contentait de rester léger, en général, avec les femmes. Il se servait d'elles autant qu'elles se servaient de lui. C'était une sorte de marché tacite entre eux et cela lui convenait parfaitement. Mais avec la cadette des Aziel'Da, c'était une autre histoire. Ils n'avaient pas ce genre de relation. A vrai dire c'était la seule relation amicale que l'Ombre entretenait avec une femme, sans véritable arrières-pensées. Ou du moins jusqu'à présent. Car maintenant, après avoir goûter le fruit défendu, il lui paraissait bien difficile de faire machine arrière. Mais surtout, il ne souhaitait pas oublier pareil événement. Et tant pis si cela allait faire mal. D'ailleurs, ça faisait déjà mal. L'impression que cet écart de conduite allait creusé un fossé entre eux,ca il ne pourrait le supporter.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 30 Nov 2010 - 19:45

D'abord, Elianä ne put que hausser les sourcils en réaction à la tirade de Nuran. La jeune fille l'écouta sans piper mot, mais sans pouvoir s'empêcher, à la mention d'Aldarik, d'éclater de rire. Le reste de tension dans les muscles de la noble se désagrégea sans effort alors qu'elle laissait libre court, après les questionnements, à son hilarité subite et déplacée. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher ! Même si elle ne croyait qu'à une bravache du Général Ombre, l'entendre si sérieusement espérer porter atteinte à Aldarik avait de quoi faire rire celle qui connaissait le mieux le vieux soldat.

- Excusez-moi, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Croyez bien que je ne me moque pas de vous, expliqua-t-elle en même temps que ses yeux pétillants démontrés le contraire, mais Aldarik savait déjà comment manier une épée alors que vous commenciez seulement à apprendre à marcher. Et si vous avez pris votre journée, sachez que ma mère m'attend, comme il a été convenu pour que je puisse être en votre compagnie ce matin.

Son sourire et ses yeux brillants ne tardèrent pourtant pas à disparaître, au fur et à mesure que la discussion se dirigeait vers d'autres chemins. Pas de ceux qui pouvaient expliquer un sourire. A la fin des explications sincères de son vis à vis, Elianä avait complètement oublié de quoi il était question auparavant ou de qui. A combien d'autres avait-il sorti le couplet de la grâce rendue à la beauté d'une femme, de l'absence de regret pour finir d'amadouer la naïveté confondante de la victime ? Mais ce n'était pas tant ces mensonges qui blessaient la noble, c'était plutôt qu'elle n'était rien d'autre que le résultat de ses habitudes. Ce n'était pas quelques sentiments différents qu'il éprouvait à son égard qui l'avait poussé à prendre une telle privauté avec elle, mais simplement l'habitude. Elianä, comme toutes les femmes, faisait partie du bétail chargé de satisfaire les pulsions physiques qu'il éprouvait, n'importe quand, n'importe où.

Dire qu'elle avait pris le risque de compromettre sa réputation, de jeter le discrédit sur sa famille pour lui, en le laissant faire, simplement parce qu'elle pensait qu'elle était différente, autre chose que toutes ces créatures dont il avait l'habitude et dont il se vantait ! Quelle erreur ! Finalement, une femme restait une femme, simplement, dans son cas, Elianä était juste assez au dessus de ses femmes pour avoir droit à de (fausses) excuses et de l'intérêt pour sa réaction et ce qui les avait, jusqu'à ce jour, lié. Finalement, elle n'était rien de plus que la fade héritière d'une des plus grandes fortunes Ombre.

Défaisant l'étreinte sur son poignet, Elianä recula de quelques pas, sans plus donner l'impression d'être autre chose qu'une étrangère. Elle avait le cœur en miette ou pas loin, le savoir-vivre avait pris le relais. La noble était en pilote automatique

- Moi aussi je suis désolée. Mais tout va bien, ce n'est pas comme si j'y attachais de l'importance ou que vous représentiez le prince charmant et que, par conséquent, ce baiser avait un quelconque intérêt.

Aucun intérêt, ni maintenant ni jamais. Elianä avait bien appris sa leçon du jour et on ne l'y prendrait plus. Elle ne pouvait pas répondre sur les changements possibles ou à venir dans leur relation, il fallait qu'elle y réfléchisse et qu'elle démêle ce qu'elle voulait de ce qui n'était plus possible. Sa tête était un véritable fourbi, mais au moins, cette fois, elle la gardait haute et on ne pouvait pas lire sa détresse dans sa posture ou son regard. Il n'était jamais trop tard pour mettre en pratique les principes inculqués depuis l'enfance. Elle s'était laissée prendre à baisser ses barrières, elle ne pouvait que constater les dégâts. Et les bénéfices.

Elle se souvenait maintenant pourquoi elle ne s'engageait jamais émotionnellement. S'attacher à quelqu'un, c'était prendre le risque d'être déçu, et cela arrivait plus souvent qu'on le pensait. Et Elianä n'était pas assez forte pour supporter d'être déçue tout le long de sa vie, alors elle ne prenait pas la peine d'espérer beaucoup des gens qu'elle côtoyait, pour être sûre de ne pas finir dans le même état qu'aujourd'hui. Avec un frère ou l'autre, elle n'était pas douée et pour l'instant, mieux valait qu'elle s'arrange pour conclure cette conversation au plus vite.
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Nuran Terinfiel
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Mar 30 Nov 2010 - 21:15

La soudaine distance qui s'installa entre eux lui fit froid dans le dos. Elle s'était reculée, s'échappant de sa prise. La tête haute, elle semblait lutter pour que ne se brise pas sa voix. Et ses mots. Ses mots ! Ils lui firent l'effet d'un poignard. Nuran serra les dents et accusa le coup. Elle n'avait pas compris son intention. Sa réputation le desservait aujourd'hui. Lui qui comptait toujours sur elle pour le dépêtrer d'éventuelles situations inconfortables, maintenant il se trouvait au cœur d'une d'entre elles à cause de cette dernière. Le revers de la fortune était particulièrement amer au goût du Général.

« Elianä... »

Nuran ne pouvait cacher sa peine. Il tenta de nouveau de tendre la main vers elle, mais retint son geste et laissa pendre son bras contre lui, défait.
Il était confus et avait la nette impression de marcher sur des œufs. Il avait surtout oublié combien Elianä pouvait être jeune et innocente dans ce domaine. Et tout ce qui arrivait à présent était entièrement sa faute. L'Ombre allait se maudire toute la journée pour ça et bien plus encore. Mais s'il pouvait sauver quoique ce soit de ce gâchis, il allait tenter le tout pour le tout.

« Mais ça a de l'importance, n'est-ce pas ? »

Même si cet espoir était mince, il n'allait pas le laisser filer. Il avait bien réussi à le saisir au vol. Évidemment qu'elle croyait au Prince charmant, la tête toujours penchée dans l'un de ses innombrables bouquins. Elle devait avoir lu quantité de chose sur le sujet. Mais le vivre était une autre histoire. Elle l'apprenait, et Nuran n'était pas le professeur qu'on lui aurait choisit. Pour sûr. Il était loin d'être la coqueluche des instances parentales pour ce qui était de faire la cour à leur fille. Mais présentement, il n'avait encore de compte à rendre à personne. Cela ne saurait tarder, certes. Mais il s'en occuperait le moment venu.

« Et ce baiser, il compte à tes yeux. C'était le premier n'est-ce pas ? Bien sûr que c'était le premier... »

Il ne pouvait en être autrement. Elianä n'était pas la plus courtisane des sœurs Aziel'Da. Elle n'échangeait pas des baisers comme des bonbons. Elle ne séduisait pas ou ne se laissait pas séduire par un parti, bon ou non. Elle, c'était l'effacée du lot. Celle qui restait sagement en retrait tandis qu'on exhibait la beauté et les charmes de l'ainée dans la course au trône. Nuran ne connaissait que trop bien les règles de la Cour. Il jouait avec. Toute le monde jouait avec. Mais ce n'était pas le cas de la cadette. On la disait peu concernée par ce genre de choses, et les rumeurs avaient raison. Nuran le savait. Elle restait souvent à une distance raisonnable de ce genre d'affaires. Et elle faisait bien.


« Il compte pour moi aussi, tu sais. Tu me penses donc si insensible ? Tu es mon amie, Elianä. Tu comptes à mes yeux. »

Nuran insista bien sur le tu de sa dernière phrase. Il déglutit puis, chassez le naturel et il revient au galop.

« Ah bon sang ! J'aurais jamais cru devoir dire toutes ses choses.  » fit-il en se passant une main dans ses cheveux.

Nuran était troublé et il ne pensait plus à le cacher.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 2 Déc 2010 - 20:14

La dite Elianä se braqua plus encore, un peu plus à chaque fois que Nuran ouvrait la bouche pour parler. Il ne comprenait pas que plus il s'entêtait, plus il s'enfonçait, plus il enfonçait le couteau dans la plaie. Et plus il se ridiculisait. Le prince charmant était une invention d'auteur trop sensible qui ne comprenait rien à la vie et des deux sœurs, Elianä était bien celle qui y croyait le moins. Elle ne s'attendait pas à voir apparaître au détours d'une rue un chevalier en armure sur son cheval blanc qui l'enlèverait et avec qui elle vivrait heureuse et comblée le restant de ses jours. Non, elle savait qu'elle était destinée à faire un mariage politique où sa dot aurait plus d'importance que ses qualités. Tout comme le lignage de son futur époux aurait plus d'importance que les chances qu'il avait de la rendre heureuse. Le prince charmant n'était que balivernes pour des idiotes qui n'avaient rien de mieux à faire que de soupirer après l'impossible. Elianä était pragmatique et elle ne rêvait pas à l'impossible. Ou pas souvent. Aujourd'hui, elle s'était cru différente aux yeux d'un homme et, disons le, attirante. Aujourd'hui, elle avait bien rêvé à l'impossible.

Mais qu'importait, la jeune fille avait le talent pratique d'oublier ce qui n'était pas obligatoire de retenir. Elle finirait bien par oublier qu'elle s'était bercée d'illusions et que ses illusions stupides avaient été brisées sans effort, elle oublierait le frémissement de son être au premier baiser de sa vie. Le jour de son mariage, si ce jour arrivait, elle serait aussi vierge et pure que si cet incident n'avait pas eu lieu. L'adage le disait, quand on voulait, on pouvait, et elle voulait plus que tout oublier ce baiser. Dès demain, il n'y paraitrait plus. Elle ferait comme si il ne s'était rien passé, égale à elle-même avec Nuran, et au bout d'un moment, ces sensations divines seraient de l'histoire ancienne. Envolée, disparue, l'esprit en paix avec elle-même.

Qui Nuran croyait-il avoir en face de lui ? L'une de ses femmes de petite vertu dont il avait l'habitude et avec lesquelles il s'était taillé sa réputation de coureur ? Avant aujourd'hui, il ne serait jamais venu à l'idée d'Elianä d'embrasser ou de se laisser embrasser par un homme, quel qu'il soit. Embrouillée, elle ne savait plus que croire. Les excuses du Général étaient-elles sincères ou simplement destinées à calmer ses angoisses, dans le seul but de calmer la crise et ne pas risquer sa tête ? Mais ce qu'Elianä savait, c'était qu'elle avait partagé trop de choses avec Nuran pour mentir, même si l'envie ne manquait pas de faire semblant que tout allait bien dans le meilleur des mondes, que les oiseaux chantaient et que demain, le Gwendir serait en paix.

- Ça n'a plus aucune importance, répondit-elle, sans véritablement cacher que cela avait eu de l'importance, pendant un court moment, et il ne doit pas compter, ce n'était rien d'autre qu'une... erreur, qui ne se renouvellera pas. Jamais, précisa-t-elle pour faire bonne mesure. Et si vraiment je compte pour toi alors tu respecteras mon souhait et tu... on... ça n'arrivera plus, qu'importe les événements, termina-t-elle après une hésitation.

Finalement, autant être sincère, Nuran n'était pas le seul fautif. Elianä l'avait laissé faire et elle était donc également en partie responsable. Elle tenait plus à leur amitié qu'à une histoire sans lendemain, même si elle était loin de savoir ce que cela voulait précisément dire. Elle avait eu un avant goût malgré tout et pour ce qu'elle en connaissait maintenant, cela apportait plus de problèmes que de plaisir et entre deux maux, il fallait choisir le moindre. Le moindre était d'amputer une partie de sa mémoire, pour la bonne cause. Et Elianä était plus que consentante pour ce sacrifice, si elle avait la certitude que Nuran garderait ses distances et ne tenterait aucune approche qui compromettrait leur relation actuelle.
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Jeu 2 Déc 2010 - 21:34

Et je n'aurais pas du, pensa Nuran quand il entendit ses mots. Sa main redescendit lentement le long de son corps et il la regarda presque incrédule. Il n'y comprenait plus rien. Elle l'avait pourtant bien fait comprendre que ce baiser l'avait troublée ! Et dans le bon sens du terme troublée ! Il en était certain ! Nuran se trouvait bon juge en matière de pensées féminines. C'était une qualité indispensable pour exercer ses talents de séducteur. Mais apparemment, il s'était fourvoyé sur toute la ligne. Elianä venait de mettre les choses très claires. Et maintenant, il devait ramasser son cœur qui s'était retrouvé, il ne savait comment, sur le tapis et avec toute la dignité – fierté ! - qu'il lui restait en cet instant, Nuran lui répondit.

« Et il en sera ainsi. »

Nuran fit une brève révérence et reprit une distance courtoise. Un masque se plaça sur son visage, figeant ses traits en une expression neutre. Bien qu'une certaine tristesse teintait ses yeux d'une lueur bleuté. Il savait se maîtriser, contenir ses émotions, gérer ses sentiments, de façon à ce qu'elles ne transparaissent pas. Pour un Général, c'était un atout. Il n'osait imaginer les répercussions désastreuses que de telles effusions pourraient créer au sein de son armée ou pire, chez ses ennemis. Si on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, autant changer de carrière.
Mais il n'était pas au cœur d'une bataille. Ou du moins, elle n'était pas comme les autres. Il n'y avait que lui d'engager dans la confrontation, et donc le seul à faire les frais de la défaite.
Défaite ? En était-ce une ? Nuran décida de mettre cette pensée de côté et d'y accorder la réflexion qu'elle mérite une autre fois. Pour le moment, il allait ramener Elianä à son chaperon et la laisser entre ses mains. Quand à lui, il ira voir ailleurs s'il y est, comme on disait.

« Je vais vous... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que des cris se faisaient entendre de plus en plus fort.

« Mademoiselle Elianä ! »
« Je vous répète que c'est une mauvaise idée ! Vous serez tous les deux blessés, et on ne souhaite pas voir le sang éclabousser le pavé, n'est-ce pas ? »
« Mademoiselle Elianä !! » reprit Aldarik tout aussi fort, avant de baisser d'un ton pour s'adresser à la sangsue qui le suivait partout : « Oh que si ! Votre supérieur mérite une correction et je m'en vais la lui donner le cœur en joie ! »
« Je ne dis pas que vous avez tort ! Je dis simplement qu'il serait préférable de garder le Général de notre armée en un seul morceau. C'est bon pour le moral des troupes ! Et puis, c'est toujours mieux d'avoir son patron en pleine possession de ses moyens plutôt qu'un...»
« Mademoiselle Elianä !!! »
« Ca n'apporterait rien de bon, vous savez. Toute cette colère, c'est mauvais ! Ah mais oui ! » fit Vallyn comme s'il venait d'avoir une soudaine lumineuse idée. « C'est mauvais, monsieur ! Mauvais pour votre cœur ! Pensez à votre santé ! »
« Et si m'aidiez plutôt à les retrouver au lieu de... pleurnicher dans mes pattes ? » s'impatienta Aldarik.
« Je ne pleurniche pas ! » s'esclaffa l'aide de camp, avec un ton outré.

« … laisser. » finit Nuran tandis que la conversation des deux hommes se faisaient de plus en plus proche jusqu'à ce qu'un « Ah ! Les voilà !  » ne viennent la couper court.

Et le Général Ombre se détourna et remonta l'allée de l'autre côté de l'arbre d'un pas vif.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Matinée de retrouvailles* [Ne pas archiver]   Ven 3 Déc 2010 - 21:43

Était-ce la tristesse qui avait fait se rétracter Nuran ? Ou le dépit de constater qu'il était possible qu'une femme ne se pâme pas à ses pieds en lui suppliant de lui accorder ses faveurs ? Elianä n'était pas de ce genre et si l'égo du Général ne le supportait pas, la jeune fille n'y pouvait rien. On n'oubliait pas l'honneur de sa famille et les principes inculqués depuis l'enfance simplement pour les beaux yeux du premier homme venu. Elianä avait eu la promesse de Nuran qu'il ne tenterait rien et elle croyait en sa parole, et c'était tout ce qui comptait pour la noble.

L'affaire, de son côté, était maintenant et définitivement close. Les choses pouvaient reprendre là où elles s'étaient terminées, si c'était là un dénouement possible.

La retour d'Aldarik et de Vallyn empêcha le silence de s'éterniser. Elianä se raidit, consciente que tout pouvait basculer très vite avec le retour de son chaperon. Celui-ci se disputait toujours avec le second de Nuran et son prénom retentit plusieurs fois, écorchant les oreilles de la noble, qui n'avait pas fini de s'entendre appeler sur ce ton, voire de façon plus colérique encore. La jeune fille eut juste le temps de se retourner en entendant Nuran finir sa phrase pour le voir partir dans le sens inverse à celui des deux protestataires. Qui fuyait maintenant ?

L'aide et Aldarik rejoignirent rapidement la cadette qui n'avait pas bougé. Elle se tenait droite et le menton relevé alors que l'aide de camp s'exclamait déjà :

- Vous voyez, elle est ici et elle n'a rien ! Vous n'avez rien, n'est-ce pas ? demanda-t-il confirmation, pour se dédouaner et faire entrer cette certitude dans le crâne épais du soldat.
- Je vais très bien.

Vallyn afficha un sourire de circonstance avant de s'enquérir de son supérieur et de saluer la noble quand elle lui eut précisé qu'il était parti et lui indiquant la direction prise. Elianä se retrouva donc seule avec Aldarik, qui la couvait d'un regard ombrageux qui n'annonçait rien de bon.

- Alors ?

Elianä se retint de répondre 'Et alors quoi ?' qui n'aurait pas amadoué son second père. Au lieu de cela, elle baissa la tête et poussa un soupir, se sentant libre maintenant de se laisser aller à son émoi et de courber l'échine sous le poids des sentiments qui lui pesaient.

- Alors je veux rentrer à la maison.

Aldarik poussa un soupir également et observa encore un moment sa protégée qu'il n'avait jamais encore vu aussi peinée. A la voir si triste, il ne se sentait plus le courage de la gronder et d'en rajouter à son affliction. Le vieux soldat posa un instant sa main sur la tête d'Elianä, comme quand elle était petite et qu'il voulait lui montrer son attachement, sa fierté ou sa joie, avant de s'engager dans les rues de la cité pour rejoindre les beaux quartiers. Ils marchèrent ainsi et en silence un long moment, avant qu'il n'ose dire un mot :

- Tu ne veux toujours pas me dire ce qu'il t'a fait ?
- Pourquoi devrait-il automatiquement m'avoir fait quelque chose ?
- On ne peut s'attendre à autre chose de quelqu'un de son genre.
- Il ne m'a rien fait, je me suis fourvoyée toute seule. Il n'est pas responsable de ma bêtise.
- Tu n'es pas bête, tu es jeune, sans expérience et tu as accordé ta confiance et ton amitié trop vite.
- Il est toujours mon ami... je crois.
- Tu crois ?

Elianä ne sut que répondre à cette question en écho à son incertitude. Elle ne savait plus rien et seul le temps lui dirait si tout s'arrangerait ou le contraire. Alors la jeune fille ne répondit rien.

- Tu sais que je ne pourrais pas cacher ce qui s'est passé aujourd'hui à ton père ?
- Je le sais Aldarik, je le sais.

Et elle ne pouvait rien contre cela. Si Aldarik l'aimait comme si elle était sa propre fille, il était également loyal à son père et il ne pouvait moralement pas garder l'incident de la journée pour lui sans en référer à son employeur.

Ils retrouvèrent finalement les rues connues des quartiers résidentiels et la chaleur de la maison particulière des Aziel'Da. De retour chez elle, Elianä reprit sa place dans le déroulement de la journée en la demeure, comme si de rien n'était, pour ne pas inquiéter d'avance sa mère, qui aurait bien vite l'occasion de s'égosiller après son inconséquence.

- RP TERMINÉ -
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