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 Petit salon

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Ardiosis
Gwendirien
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MessageSujet: Petit salon   Jeu 24 Avr 2008 - 20:13

2ème jour de la 8ème semaine, à l'aube
an 835


Accoudé au rebord d'une grande fenêtre, le roi scrutait le ciel nuageux d'Yswllyra, comme s'il espérait y trouver une réponse à ses vaines interrogations.
Un messager était entré, il y a moins d'une heure de ça tremblant et impressioné. Le gratifiant d'un demi-regard, ce qui en soit était presque une faveur, le roi s'était emparé de la missive et l'avait congédié. La missive était toujours là, posée, pas même dépliée, toujours cachetée, sur la petite table de marbre. Blanche et glacée, et pourtant l'effleurer lui avait presque brûlé la main. Au coin de la pièce ronflait un feu vorace, dans une cheminée délicate, de marbre blanc également, éclairant avec douceur des sièges et un canapé ivoire, aux tissus relevés de fils d'argent encerclant la petite table. Mais tout ce confort le dégoûtait, il n'avait pas plus envie de sentir la chaleur du feu que la douceur du tapis de fourrure fauve sous ses pieds. De même que l'alcool n'avait jamais apaisé ses tourments. Tout cela lui semblait futile, dérisoire, tandis que l'air frais qui parvenait à franchir la fenêtre, lui semblait bien plus revigorant. Et ses morsures cruelles lui semblaient bien plus assorties à son humeur.

Car le confort et la douceur était un luxe qu'il n'avait pas pris la peine d'accorder à ses ennemis. Certes ils étaient félons et traitres à leur seigneur, mais avaient-ils mérité une fin si effroyable? Car c'était cela qu'annonçait la lettre, leur mort, inéluctable. Et c'était leur sang qu'il avait sur les mains. Car qui fait tuer par d'autres ses adversaires, est soit lâche soit coupable, car ils ne sont alors que l'ignoble outil de ses désirs meurtriers. Et lâche, le seigneur du Nord ne l'était pas.
Cette pensée l'agaçait, le haranguait, le titillait, comme une mouche un fauve blessé, et il se surprit à faire les cents pas.

Furieux d'une rage sourde, il s'obligea à se calmer et à reprendre son poste près de la fenêtre, sans se résoudre à l'ouvrir. C'était stupide, le vent était glacé. Et le froid non plus ne tuerait pas ses remords.
Il n'y avait rien de loyal à tuer ses ennemis de la sorte. Il ne pouvait que l'avouer.
Ruminant de mornes pensées, la lettre le narguant sur sa table immaculée. Il aurait voulu la brûler sans la lire, mais c'eut été là, agir en dément.
Bientôt la nouvelle se répandrait, si ce n'était pas déjà fait, et ce n'était pas en refusant de lire la constation de ses propres méfaits, qu'il repousserait l'échéance. Et dès lors, il n'aurait plus que des ennemis.

°Comment en suis-je arrivé là?°

Mais le jour de son élection au rang de seigneur du Nord, lui semblait remonter à des nuits et des nuits. Il n'avait jamais brigué un tel honneur. S'il avait su où cela le mènerait... Il n'eut pas la vanité de prétendre qu'il aurait refusé cet honneur pour autant... Mais tout de même...
Il tournait résolument le dos, à la lettre et au foyer ardent, s'abandonnant à la contemplation de sa cité. Avec l'art des gens qui ont la tête ailleurs, c 'est à dire en regardant sans voir.

[HRP/ Je considère tous les sujets que j'ouvre comme libre, laissant aux joueurs le soin de juger de la cohérence de l'arrivée innopportune de leur personnage Razz En l'occurence, j'attends Eleade... /HRP]


Dernière édition par Ardiosis Bennefoy le Jeu 24 Avr 2008 - 20:54, édité 2 fois
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Eleade-Bennefoy
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MessageSujet: Re: Petit salon   Ven 25 Avr 2008 - 15:31

Eleade, jeune épouse d'Ardiosis, se réveillait tranquillement, n'ayant plus assez de sommeil pour rester encore endormie. Ce matin-là, en s'éveillant, elle eut une première pensée pour son fils qui les avait quittés. Son coeur meurtri, elle s'était d'abord sentie trahie. Puis elle avait réfléchi aux horribes circonstances dans lesquels ils vivaient puis elle s'était alors dit qu'il était mieux pour qu'il choisisse un chemin qui lui plait. Levée de bonne heure, elle fut bien surprise de ne point retrouver son mari à ses côtés, à la place qu'il tenait habituellement dans leur lit de couple marié. Elle posa une main pleine de tendresse sur la place encore chaude qu'il avait tenu durant cette nuit et esquissa un faible sourire empli de tristesse. Depuis un certain temps, elle devait s'attendre à tout avec l'homme qu'elle aimait. Elle ne put retenir une larme en pensant à celui qu'elle avait épousé. Il était si différent. L'homme d'aujourd'hui réagissait de manière distante et froide. Il n'y avait presque plus de tendresse entre eux-deux. Et cela, elle le regrettait amèrement. Sa femme de chambre étant encore endormie, elle décida de faire sa toilette seule pour une fois. Elle n'avait aucune réunion de prévue et ne devait pas, en conséquence, posséder cette coiffure parfaite qu'elle portait en temps normal.

Elle se leva avec le calme habituel qui l'habitait et chaussa ses chaussons confortables qui s'accordaient merveilleusement bien avec sa chemise de nuit. Elle enfila alors encore son long manteau qu'elle mettait toujours par-dessus ses vêtements de nuit. Elle s'asseya alors délicatement devant sa coiffeuse royale et se mit à se coiffer. Elle trempa ses mains dans l'eau qui se tenait à ses côtés et se rinça le visage avec soin. Lorsqu'elle se sentit plus propre, elle se sécha à l'aide d'une lingette et commença par coiffer ses longs cheveux bruns auxquels elle consacrait énormément de temps le matin. Elle les coiffa ensuite en une queue de cheval pour qu'ils ne la gênent point lors de la finission de sa toilette dans la salle de bain, à côté de sa chambre. Elle y passa donc ensuite un peu de temps pour finir de se laver. Elle ne maquilla que légèrement ses yeux et opta pour une robe de reine qu'avait toujours adoré Ardiosis. Elle n'oublia bien sûr point de se décorer de son collier et de sa parfumer d'un parfum qu'elle avait utilisé la veille de leur mariage. S'en souvenait-il? Des années en arrière, elle n'aurait guère douté. Mais Ardiosis Bennefoy avait tant changé. Elle poussa un long soupir avant de quitter sa chambre ...

Elle marcha tranquillement dans le couloir, vérifiant qu'il n'y ait aucun pli sur cette robe de qualité. Elle ne connaissait pas l'emplacement exact de son amant mais en avait une petite idée. C'est pourquoi, c'est d'un pas décidé qu'elle se dirigeait vers le petit salon. Lorsqu'elle parvint devant la porte, elle respira calmement, s'affichant une expression sereine et chaleureuse puis ouvrit délicatement la porte. Elle retrouva Ardiosis, dos à elle, plongé profondément dans ses pensées. Un sourire sur les lèvres, elle s'approcha de lui sans bruit et, lorsqu'elle fut assez proche de lui pour le toucher, elle posa une main pleine d'amour sur son épaule musclé.

-Bonjour, mon amour, susurra-t-elle en se glissant en avant de lui. Elle posa une tendre main sur sa joue et l'observa avec un regard brûlant d'amour. Son coeur s'enflammait chaque fois qu'elle le voyait. Cet instant magique perdurait et perdurerait jusqu'à sa mort, elle en était persuadée. C'est un regard pétillant qui pénétra le Seigneur Nordique à l'air bouleversé.
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Petit salon   Ven 25 Avr 2008 - 17:01

L'arrivée d'Eleade l'extirpa de sa torpeur. Un infime instant, il oublia les malheurs qui l'accablaient, comme au temps où Eleade était sa confidente et sa vie, en plus d'être son amante.

Bonjour, soleil de mes jours.

Elle était radieuse, et il se surprit à baisser légèrement les yeux, comme sous le coup d'une lumière trop vive. Mais au dehors, l'astre solaire, se montrait timide, et à peine apparaissait-il à l'horizon qu'il se glissait sous un nuage, préférant manifestement attendre le départ de sa royale rivale, pour faire son entrée.
Il lui adressa un faible sourire, distant mais sincère. Homme aux goûts raffinés, il pouvait se vanter de savoir reconnaître une femme élégamment vêtue.
Il prit dans sa main celle qu'Eleade avait glissé sur son épaule, et déposa un baiser sur son front parfumé. Cette odeur lui était vaguement familière, mais les souvenirs le fuyaient, et tout ce qu'il réussit à lui associer fut la tiédeur d'une nuit d'été.
Pareille réserve n'avait pas lieu d'être entre mari et femme, mais voilà bien des mois qu'il ne concevait même plus que parler à son épouse fut un acte anodin.

Je m'étonne de te voir debout si tôt.

Que lui, ait perdu le sommeil, et que ses rêves le hantent et le réveillent, tout cela lui paraissait normal et habituel, mais son épouse, elle, n'avait jamais souffert d'insomnie. Freyja avait certainement conçu quelques remords à l'idée d'avoir donné à Eleade un homme adultère comme époux, et prenait la peine de veiller sur ses nuits.

Puis-je savoir ce qui t'amène? demanda-t-il sur un ton détaché, n'admettant visiblement pas, que le fait qu'elle fut son épouse soit suffisant pour souhaiter sa présence.
Je serais curieux de savoir quel dieu malin se joue de moi, en m'envoyant une dame d'une beauté, à faire tomber en pâmoison les nymphes, de désespoir, parée comme si elle se rendait à quelque rendez-vous galant! J'ignorais avoir épousé une femme futile au point qu'elle jugea de se vêtir plus pompeusement qu'aux jours de ses noces, en un jour ordinaire!

Il reserra son étreinte sur le poignet d'Eleade. S'arrêtant avant de lui rompre les os, il la libéra de l'étau de ses doigts et se détourna d'elle, pour se laisser tomber sur le canapé.
Seule sa prestance interdisait de rire d'un maintien aussi peu royal.
Il lança à Eleade un regard dur et glacial, de ses yeux aussi insondables que la glace.

A moins que vous n'ayez quelque mauvaise nouvelle à m'annoncer, ma reine? demanda-t-il sur un ton soupçonneux, accompagné d'un sourire railleur. Le vouvoiement de sa part, était bien plus une malédiction qu'une faveur, c'était en quelque sorte la manière distinguée, qu'avait le roi des Hommes, de creuser le gouffre qui le séparait lui, seigneur du Nord, de son interlocuteur, qui en l'occurence n'était nulle autre que son admirable épouse. Il semblait contrarié, et résolut à laisse en entendre que la présence d'Eleade puisse être l'unique explication à ses inquiétudes.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Ven 25 Avr 2008 - 20:15

Eleade sourit aux paroles de son amant. Ainsi, il paraissait de bonne humeur. Mais elle s'attendait tout de même toujours à tout. L'Ardiosis de ce jour était imprévisible. Qui sait de quelle humeur sera-t-il dans à peine quelques minutes? L'idée d'être son soleil la ravit, bien qu'elle ne pensait plus vraiment qu'il en soit ainsi d'actualité. Elle le regarda avec insistance, tentant de lui témoigner la flamme d'amour qui éclatait de mille feux en elle par le regard, mais lui-même baissa les yeux. Ne se décourageant guère poru si peu, elle attendit qu'il parle. Car elle était décidée à le faire parler en premier, quoi qu'il fasse. C'est alors qu'il prit sa main, lui procurant de la chaleur. Et il serra de plus en plus fort. La jeune femme se prépara immédiatement à la douleur. Il ne paraissait pas remarquer qu'en augmentant ainsi la force avec laquelle il tenait sa tendre main fragile, cette dernière risquait de se briser...

Il lui déclara alors une simple phrase, suivit bien rapidement d'une question on ne peut plus banale. Eleade réfléchit un instant avant de lui répondre:

-N'es-tu donc pas content de me voir?

Elle afficha alors une moue dubitative. Mais la longue phrase qu'il laissa échapper ensuite lui arracha un sourire béat. Elle ne cesserait jamais de l'aimer, quoi qu'il fasse, elle continuerait d'aimer cet homme si tendre, si doux avec elle. Leur amour réciproque ne ternirait jamais. Jamais..!

-Je porte des habits on ne peut plus banale, mon homme. N'est-ce pas la robe qui plait tant à tes magnifique yeux de cristal?

Elle soupira alors lorsqu'il se laissa tomber sur la canapé qui se trouvait pas loin d'eux deux. Elle attendit un instant, sa main toujours en l'air, dans la position dans laquelle l'avait laissée son tendre époux. Elle l'observa comme si elle ne l'avait jamais vue, comme si elle venait de lui être offerte. Chaque doigt, chaque fragment de doigt même, lui semblait important. Elle ne laissait passer aucun détail. Puis elle la laissa tomber le long de son corps et esquissa les quelques pas qui la séparait de l'homme à qui elle avait offert son coeur. Elle ne put s'empêcher de pâlir au regard dur et glacial qu'il lui lança. Mais cela ne la frêna pas pour autant. Elle s'assit à ses côtés, déposa délicatement une main sur sa jambe musclée, puis posa ensuite sa tête sur son épaule.

-Que se passe-t-il, mon amour, pour que tu me vouvoies? Y aurait-il un problème? Quelque chose dont tu ne m'aurais pas parlé, peut-être?

Sa voix se fit douce tout le long de ses paroles, mais on pouvait y sentir l'insistance et la tristesse qui y régnait.

-Pour répondre à tes questions, cher roi, je ne pouvais guère dormir sans sentir ta présence à tes côtés dans notre lit royal. Même dans mon sommeil, je ne peux me passer de ta présence. Et puis, cela fait si longtemps que nous n'avons pas passé un instant seul tous les deux.

Elle fit une pause, comme pour qu'il comprenne bien chaque mot qu'elle venait de prononcer, comme si était crucial et qu'il ne fallait pas en râter une seule miette.

-Ces temps, je te trouve distant. Ton amour pour moi se tarirait-il?

Cette fois, ce n'était ni de la colère, ni de la tristesse, mais plutôt de l'inquiétude qui régnait en ce murmure. Elle leva alors les yeux vers Ardiosis, se trouvant si proche de son visage qu'elle pouvait en sentir le souffle régulier.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Ven 25 Avr 2008 - 21:08

N'es tu pas content de me voir?
La question d'Eleade le hanta quelques minutes durant, et il préféra ne pas y répondre, par crainte des inéluctables paroles qu'il pourrait proférer.
Car content, Ardiosis ne l'était assurément pas. Mais une partie de son esprit protestait, jugeait qu'il en était seule cause, et qu'Eleade n'en était qu'une malheureuse victime. Elle ne méritait pas de mots si durs et si froids.

S'il avait été homme à se passer de sa vue, il aurait depuis des années répudier cette envahissante épouse, et ne serait plus alors senti de devoir envers elle! (C'était là, pure vanité de la part du roi, car il avait un coeur bon, et n'eut-il plus aimé son épouse, il s'en serait voulu deux fois plus de sa trahison...)

Qu'elle le dévisagea comme un étranger, amplifia son malaise.

Ainsi sont banals les habits qui me plaisent? Surprenant, ils me laissaient à croire que tu les eus portés lors d'un lointain mariage, railla le roi.

Il ne fit pas un geste pour s'écarter lorsqu'elle se rapprocha. Même s'il l'avait bannie du palais, il aurait encore vu l'ombre de ses pas aux détours des couloirs, entendu sa voix dans le murmure du vent, et il n'y aurait plus eut nul flamme de bouger ou nul foyer qui ne la rappela pas à son esprit.

J'ai depuis longtemps perdu le compte des choses que tu n'as pas à savoir...
°Et depuis encore plus longtemps celui des choses que j'aurais du te dire mais qui jamais n'auront ni ne pourront avoir ton approbation...°

°Tu mens plutôt mal, soleil de mes jours. Voilà des mois que je ne dors jamais plus de trois heures d'affilée.°

Il ne répondit pas, et Eleade s'arrêta. Le silence s'installa, lourd, pesant. Lorsqu'elle le brisa, il réalisa alors qu'il eut préféré qu'elle se taise...
Il aurait volontiers rejeté sa faute sur Eleade! Mais comment lui reprocher quoi que ce soit, à elle qui était présente où lui se cachait, attentive où lui fuyait ...
Mais à la vérité il était las de lui chercher des excuses.

Si vous aimer signifie vous écouter geindre, et vous voir attirer les regards, alors non je ne vous aime plus.

Mais en disant ces paroles, il prit garde à ne pas croiser son regard. Il haïssait celui qu'il était devenu. Cet Homme -s'il le fut encore- avait bien trop de sang sur les mains, n'avait jamais épousé Eleade, et n'était certainement pas digne de l'aimer.

Et pourquoi la reine d'Yswllyra et des Hommes, juge-t-elle que de telles broutilles doivent passer avant la gestion de notre empire?
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MessageSujet: Re: Petit salon   Sam 26 Avr 2008 - 20:36

Eleade préféra ne pas relever le fait qu'il n'ait pas répondu à sa précédente question, ou plutôt à son reproche. N'était-il donc pas content de voir son rayon de soleil, comme il aimait l'appeler? Elle était décidée à faire son enquête là-dessus et ne s'avouerait, pour sûre, point vaincue avant d'avoir obtenu ce qu'elle voulait. Elle l'observa longuement, un petit air de reproche brillant dans ses yeux d'habitude si calme et joyeux. Elle sentait l'inquiétude grimper. Elle ne pouvait imaginer vivre sans Ardiosis et, à cette intant à, il ne paraissait pas emballer par l'idée qu'elle soit la femme du Seigneur Nordique, donc la sienne. Elle se mit à "s'amuser", si un tel mot peut être utilisé dans pareilles circonstances, avec les mèches de ses cheveux qui avaient, par un malheureux hasard, réussi à s'échapper de sa queue de cheval. Elle stressait, ses doigts tremblaient. Mais elle ne s'attendait guère à ce qu'Ardiosis l'apaise et la rassure. Elle sentit alors son coeur se serrer. Il ne fallait pas qu'elle craque, non, pas maintenant. Il lui fallait résister encore un peu.

-Oh, je m'étonne de savoir que tu connais encore cette robe que j'ai porté le jour de nos noces. Il faut avouer que tu optais pour une attitude quelque peu différente d'aujourd'hui... Tu me vois donc rassurée de m'être trompée sur ce fait.

Elle ponctua sa phrase d'un sourire sincère, espérant qu'il réussirait à détendre son prince charmant. Mais il disparut bien vite lorsqu'il continua ... Ainsi lui cachait-il des choses. Qu'étaient-elles? La conscernaient-elles? Son coeur esquissa un bond lorsque des idées chacunes plus horribles que les autres défilèrent dans son esprit de jeune mère. Elle serra les poings, ne voulant point se laisser abattre par des paroles. Elle baissa même les yeux, de peur de se laisser aller et de craquer en croisant le regard de son amant. Ses suivantes paroles ne firent qu'attiser sa peur. Elle sentit alors, cette fois, une boule se former dans sa gorge. Elle réussit tout de même à placer:

-Eh bien...Je ne voyais pas l'amour de ce côté-ci mais...Enfin...Es-tu en train de me dire que tu ne m'aimes guère?

Cette fois, elle commençait à paniquer. La peur ne faisait plus partie d'elle, la terreur oui. Elle ne réussissait plus à maîtriser ses tremblements. Il fallait qu'elle parte avant qu'il ne la voit s'effondrer. Elle ne voulait pas montrer de faiblesse après ses dernières paroles. Non, en aucun cas elle ne devrait la laisser à découvert. Mais sa sensibilité allait sûrement lui jouer un tour...un sale tour qui ne s'annoncerait pas en sa faveur! Elle leva alors le regard et d'un ton ferme, lâcha:

-Nous sommes en train de parler de nous deux, en ce moment. N'essaie pas de changer de sujet. Je ne trouve pas la présence de Telak bonne pour toi. Elle te met de bien mauvaise humeur. Si même ta femme ne peut plus parler avec toi en tête à tête, mise à part, bien sûr, ce cher orphelin si innocent et parfait, je ne vois pas ce que je fais là, en face de toi.

Son ton se trouvait être très ferme, elle le fixait de ses yeux verts sans ciller, le transperçant de sa fausse colère. Elle ne parvenait tout de même pas à se fâcher véritablement contre lui. Elle se leva alors d'un geste précis, gracieux et royal, plaqua violemment sa robe contre elle de fait qu'elle ne traîne guère sur le sol et marcha d'un pas ferme vers la porte. Avant de franchir la porte, elle se tourna une dernière fois Ardiosis.

-Même si je l'essayais, je ne parviendrais pas à te détester, Ardiosis. Je t'aime comme je n'ai jamais parvenu à aimer et comme je n'aimerai jamais plus. Pourquoi es-tu si dur avec moi?

Cette fois, elle ne put se retenir plus longtemps, même en se serrant les lèvres jusqu'au sang. Il n'y eut pas que ses lèvres qui se mirent à saigner. Ses poings se serrièrent si fortement que ses longs ongles fendirent la chaire de ses paumes, laissant glisser un filet de sang. Une larme, une seule, s'écoula sur son doux visage foux d'amour. Puis elle se retourna vivement et s'enfuit en courant, les larmes cette fois ruisselantes sur son visage attristé. Elle arriva alors dans la chambre dans laquelle elle avait dormi et se jeta sur son lit. Sa robe pouvait contenir énormément de plis, sa coiffure pouvait être complétement décoiffée, elle n'y portait aucune importance. Son chagrin était telle qu'elle pleura à n'en plus respirer de manière correct. De violents sanglots la secouaient. Elle ne parvenait plus à contrôler son corps.

[HJ:Inutile de faire un nouveau sujet pour si peu. A toi de voir si Ardiosis la suivra ou non. A toi de voir si, tout de même, tu démontreras que tu n'as pas pris le rôle d'un homme sans coeur, complétement inhumain et qui ne s'est marié que par intérêt (enfin, il n'y avait guère d'intérêts avec Eleade mais bon..xD) lol]
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Petit salon   Sam 26 Avr 2008 - 22:33

Fuyant toujours le regard d'Eleade, dont les yeux d'émeraude, brillait d'un éclat étrange en ce visage si doux, celui d'une sourde colère.
Il écouta sans broncher les reproches d'Eleade. Les mots ne l'atteignaient plus, sa fierté n'était plus qu'une vaine façade, un paravent de papier pour cacher à son épouse l'estime désastreuse qu'il avait de lui-même.

Accordant un furtif regard à celle qui faisait sa joie, son sourire le blessa plus que ses paroles acides. Qu'elle continua de l'aimer lui semblait pure hypocrisie! Qu'avait-il fait pour mériter son amour? A part lui donner un enfant, ce que nombres d'hommes eurent pu faire à sa place -voire même lui en donner davantage-... Certes il lui avait donner un royaume mais Eleade n'était pas ambitieuse... Facile à dire de l'épouse du seigneur du Nord, qu'était-elle désormais sinon l'impératrice du Gwendir, en plus d'être un joyau là où d'autres n'étaient que fleurs aux charmes fanées.
Mais la pensée insidieuse qu'elle l'aurait épousé même s'il n'avait été qu'un homme avec pour seule richesse un bon cheval, le harcelait...

Il l'aimait, mais sa fierté l'empêchait de l'admettre, aussi évita-t-il une fois de plus son regard.

Puis il vit Eleade lui parler comme une mère à un enfant polisson, des reproches mesurés, teintés de patience et d'agacement.

Il eut voulu crier que les affaires du royaume était justement à la base de ses soucis. N'avait-il pas expédié dans un monde voué à l'engeance du dieu démon, les six monarques des autres peuples? Si un être -qu'il soit Homme ou non- autre que lui s'était livré à pareille horreur, il aurait certainement pris les armes contre lui!
Mais lorsqu'elle apporta le sujet de Telak, il n'y tint plus et hurla :
Telak n'a rien à voir là-dedans! Je ne fais là que mon devoir! Comment peux-tu croire un instant que j'ai désiré sa présence? JE VOUDRAIS NE JAMAIS L AVOIR EU POUR FILS ! HORS DE MA VUE! Si tu crois que Telak a quelque faveur de ma part! Comment oses-tu le mêler à cela?

Il aurait volontiers avouer exécrer l'enfant et fuir sa compagnie, mais malgré sa colère, il restait assez lucide pour s'apercevoir, qu'Eleade ayant prit parti de se comparer à Telak, il n'était pas judicieux de souligner ce point.

Même si la déclaration d'Eleade était touchante, il la perçut comme une provocation. Comment pouvait-il être si dur avec elle? N'était-elle pas venue lui faire une scène pour des broutilles! Lui qui avait déjà bien assez de sujets à contrariétés!

Il salua la sortie d'Eleade d'un regard noir. Il lui avait bien demandé de partir mais n'arrivait pas non plus à se réjouir de son départ.
Au moins la solitude lui laisserait remettre de l'ordre dans ses idées...

Il ouvrit la fenêtre, et le vent glacial le calma légèrement. La cité lui semblait morne, presque insignifiante. Ainsi c'était pour cela qu'il fallait qu'il fasse bonne figure? Pour eux qu'il tremble et qu'il se batte? Un instant, il se demanda, si le jeu en valait vraiment la chandelle.
Plus las que jamais il s'adossa au mur à côté de la fenêtre et se laissa glisser jusqu'à s'asseoir.
Le prix du sang versé n'était-il pas au dessus de ses moyens? Question futile s'il en est, ce prix là il l'avait déjà payé...
Il ferma les yeux un instant, plongé dans sa réflexion, quand une forte douleur à la main le fit sursauter.
Munin le regardait farouchement, oiseau aux plumes couleur de nuit, son bec carnassier teinté d'écarlate.
Ardiosis porta sa main blessée à sa bouche, pour empêcher son sang de se répandre au sol. Il foudroya l'oiseau du regard, mais celui ne s'en emut pas. Il semblait l'observer de très loin, comme s'il conservait un savoir millénaire par delà ses yeux noirs insondables.
A deux pas de là une tache de sang qui ne pouvait pas être le sien attira son regard. Il observa l'oiseau qui s'envola aussitôt pour se poser sur la table, en un démenti muet.

°Eleade!°
Ardiosis se releva bien plus vite qu'il ne s'était assis.

Munin le regarda partir en courant, d'un oeil réprobateur, et s'il en eut été capable il aurait sans doute refermer la grande fenêtre. Il aimait que les choses soient à leur place.

Eleade!
Il avait crié son nom sans trop croire qu'elle puisse l'entendre et fut surpris de la trouver si vite, et meurtri de la voir effondrée sur son lit, pire, sur leur lit.

Il passa en revue mentalement, toutes les choses qu'il pouvait bien avoir à lui dire, et ne trouva rien qu'il fut urgent de révéler à une épouse éplorée, sous peine de faire empirer son état.

Il s'assit et enserra son épouse, avec la douceur que l'on emploie pour se saisir d'un oiseau aux ailes brisées, et lui murmura avec douceur :
Je regrette.

Un instant plus tard, il ajouta, un sourire espiègle aux lèvres :
Et même si tu dois encore m'incendier de reproches, je me ferai une joie de les entendre.

Puis il précisa, tout en essuyant sa main ensanglantée sur sa manche, par peur de salir les draps ou la robe de son épouse :
Et Telak est un affreux garçon buté et insolent.
°Mais peut-être mien, plus que tu ne le crois. Ou peut-être pas.°
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MessageSujet: Re: Petit salon   Dim 27 Avr 2008 - 14:34

Le petit corps féminin de la jeune reine se secouait de sanglots incontrôlables. Elle souhaitait tout oublier, ne jamais être née si c'était pour, un jour, ne plus être aimée par Ardiosis, l'homme de sa vie. Elle n'en pouvait plus et, à cet instant-là, ressortait le flot d'émotion en trop qu'elle avait trop longtemps enfouie au fond d'elle-même. Car elle non plus ne se confiait plus à Ardiosis. Elle ne voulait surtout pas l'ennuyer avec ses histoires alors qu'il en avait sûrement de plus grâve à régler lui-même. Il était tout de même le Seingeur Nordique! Son devoir était de s'occuper de sa contrée. Il s'y était engagé...! Et elle, en tant que femme de ce dernier, avait décidé de le suivre jusqu'au bout, où qu'il aille, quoi qu'il fasse. Mais elle voulait tant retrouver la chaleur de leurs tendres moments d'antan. A ce jour, ils s'étaient dégradés à l'état de poussière. Ce n'était plus qu'un souvenir alimenté par l'espoir d'Eleade.

C'est alors qu'elle pensa aux récentes escapades qu'elle effectuait la nuit. Elle non plus ne dormait plus. Ne trouvant pas le sommeil, elle avait trouvé une occupation hors du palais. Une occupation bien intéressante qui la rendait plus forte de jours en jours. Bien qu'elle n'était qu'au début de cette "formation", elle se sentait déjà transformée. Elle osait désormais affronter ce nouvel Ardiosis. Le regarder dans les yeux, lui dire ce qu'elle pensait véritablement. Elle savait que, bientôt, elle pourrait encore aller un peu plus loin dans cette conquête de son coeur brisé. Car elle ne voyait en Ardiosis qu'un homme brisé qui cherchait à chaque fois une carapace un peu plus forte que la précédente. Il ne fallait donc pas qu'elle réagisse trop tard ou sa protection sera devenue bien trop puissante. Et puis, il y avait aussi Telak, ce jeune orphelin intrépide qui ne se trouvait pas dans le coeur d'Eleade Bennefoy. Elle ne l'appréciait pas et sentait cet "jet" maléfique qui émanait de son corps. Il ne semblait pas vraiment humain, bien au contraire. Ses réactions quelque peu surprenante pour son jeune âge n'avait fait qu'éveillé les soupçons de la reine.

En songeant à Telak, Ardiosis avait déclaré qu'il n'avait jamais désiré sa présence? S'il disait vrai, elle pourrait donc s'en débarrasser plus facilement. Mais pourquoi ne l'avait-il pas fait depuis longtemps? Il avait réussi à fermer assez son coeur pour rejeter sa propre épouse, elle ne voyait donc pas pourquoi il n'en faisait pas autant avec l'orphelin. D'ailleurs, en était-il vraiment un? Ils ne connaissaient rien de son passé. Du moins, de ce qu'elle connaissait des dernières nouvelles...

Quand on parle du loup ... Elle entendit les pas de son époux dans le couloir qui menait à la chambre dans laquelle elle se trouvait. Ses larmes redoublèrent sans qu'elle puisse les arrêter, elle tenta alors de se calmer avant sa venue. Mais il avançait très rapidement et fut bien vite dans la chambre. Il dut donc assister à ce désastreux spectacle. Eleade aurait bien voulu lui épargner cela, mais elle n'en avait pas trouvé la force. Elle fut alors surprise qu'il la prenne dans ses bras musclés. Elle se blottit contre lui, se calmant peu à peu et esquissa un semblant de sourire lorsqu'il s'excusa. Ce derniers se transforma en un vrai sourire lorsqu'il continua à parler.

-Ce serait plutôt à moi de m'excuser. Je n'aurais pas dû insister ainsi... Mais j'aimerais tellement que tu me dises tout ce que tu as sur le coeur. Car ainsi, je serai plus en mesure de t'aider.

Elle ne releva pas la phrase qu'il prononça sur Telak, bien qu'elle lui procura un semblant de satisfaction au fond d'elle-même.

-Tu peux tout me dire, Ardiosis. Tu sais que je ne cesserai jamais de t'aimer et que je ne te quitterai pas pour quelque chose que tu as fait et encore, que tu regrettes...!

Elle chercha alors un baiser sur ses lèvres, installant un moment de silence dans leur chambre. Elle se sentait bien dans ses bras. C'est alors qu'elle remarqua que du sang se versait sur sa main. Elle s'inquiéta:

-Es-tu blessé? Je vais te soigner ça immédiatement!

Elle essuya ses dernières larmes et prit la main de son homme. Elle l'entraîna alors vers la salle de bain et se mit à soigner sa blessure, peu importe s'il protestait. Lorsqu'il s'agissait de soins, Eleade se montrait intraitable. Elle esquissa alors un sourire lorsque son pansement fut achevé et se permit une étreinte emplie de tendresse et de promesse.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Dim 27 Avr 2008 - 18:50

Il jaugea son épouse du regard. Lui dire tout ce qu'il avait sur le coeur? Avait-elle seulement idée de ce que cela signifiait, ou ne disait-elle ça que pour se montrer plaisante, et attachante?

Elle l'aimait certes. Elle aimait celui qu'il était avant. Qu'en était-il de celui qu'il était devenu? Comprenait-elle que jamais rien, ne serait comme avant?

De même qu'il est plus facile parfois de dire les choses par d'habiles moyens détournés, il cueuillit ses lèvres entre les siennes, le seul gage de la sincérité de son amour, qu'il réussit à lui offrir. Mais ce baiser avait un goût de nostalgie, de plaisirs perdus et d'illusions brisées. Il ne pouvait se détacher du sentiment désagréable qu'il cherchait à retarder l'échéance au bout de laquelle il lui faudrait avouer à Eleade la profondeur du gouffre de son ignorance. L'idée qu'au final, elle ne le connaissait pas et n'avait plus qu'une fausse vision de lui lui donna le vertige.
Il se réfugia dans le silence, qui seul témoin de leurs amours, semblait disposé à lui offrir le secours d'un cocon protecteur, et d'un instant hors du temps.
Il en oublia même la morsure de Munin jusqu'à ce qu'Eleade s'en étonne. Il referma aussitôt la main, comme pour la cacher à sa vue, mais le regretta aussitôt à la vue du sang qui s'en écoula. Il eut beau protesté que ce n'était rien mais au regard alarmé d'Eleade, il sut que c'était inutile.

En regardant son épouse nettoyer la plaie, il remarqua de légères marques rouges dans le creux de sa main, c'était donc de là que venait le sang qui l'avait inquiété. Il insista pour qu'elle nettoya aussi ces blessures là. Il grimaça lorsqu'elle mit un pansement sur sa chair à vif, et maudit intérieurement Munin de s'en être pris à sa main d'épée.

Il serra Eleade dans ses bras et il se dégoûta. C'était mensonge et folie que de faire comme si de rien n'était. Elle l'aimait pour ce qu'il n'était plus, et il s'en sentait plus seul que jamais, presque trahi.

Il se détacha d'elle, et se détourna, comme si parler de vive voix lui coûtait bien assez pour qu'il n'alla pas jusqu'à la regarder dans les yeux.

Eleade... Je t'ai trahie, je t'ai bafouée, je t'ai trompée, j'ai manqué à mes devoirs d'époux et rompu mes serments. J'ai introduit dans notre maison ton malheur et ma perte, et l'ai pris pour enfant. Je t'ai rendue malheureuse, n'essaye même pas de le nier. Il y eut certainement des temps où la demeure de l'engeance du dieu démon fut plus joyeuse que la mienne. Mes mains sont couvertes de sang! Et je ne parle pas de ça, précisa-t-il en désignant sa main pansée d'un geste agaçé. Non mes mains sont souillés du sang des traîtres. Ceux là même qui m'ont pris pour seigneur, et que j'avais juré de soutenir et d'épauler, morts par traîtrise et sur mon ordre. Ne me crois pas bon au point de regretter leur mort, je ne regrette de ne pas leur avoir offert une mort loyale, celle auquelle leur rang les autorisait. Et si cela ne suffisait pas à troubler mes nuits, un rêve funeste me hante à chaque fois que le sommeil daigne s'emparer de moi.

Il reporta son attention sur Eleade, et dardant sur elle un regard implacable, il ajouta :

Alors si tu es femme à aimer un tel homme, je pourrais bien en être... agréablement surpris.

Ardiosis, les yeux brillants de l'arrogante suffisance qui ne l'avait jamais vraiment quitté, paraissait ainsi beaucoup plus jeune. Mais les lois qu'il entendait bafouer n'étaient plus les consignes de son père, mais les lois des mortels et des dieux.
C'est cet instant que choisit Munin pour se poser sur l'épaule droite de son maître, et saluer fièrement ses propos d'un croassement sonore.
Mais rien ne pouvait détourner Ardiosis d'Eleade, aussi oublia-t-il un instant sa rancune envers le corbeau.

Il provoquait le destin, rien d'autre ne lui importait alors. La solitude ne l'avait jamais effrayé et s'il devait s'avancer seul sur un chemin périlleux, il ne reculerait pas. Mais ne souffrirait pas l'effroi et le reproche des yeux de celle qu'il aimait.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Dim 27 Avr 2008 - 19:29

Eleade l'étreignit avec tout son amour, son amour pour l'homme qui se tenait devant elle. Son amour pour le Seigneur Nordique. Elle avait beau rechercher l'homme qu'elle avait épousé en lui, elle avait tort. Elle se rendait alors compte que l'homme qu'elle aimait, c'était celui qui avait vieilli avec elle durant toutes ces années. Quelles aient été obscures lui importait peu. En ce moment-là, elle se sentait heureuse. Mais une chose encore la tracassait: Elle savait que son époux lui cachait quelque chose d'important. Ca, par contre, il ne pouvait le nier. Surtout pas à elle! Elle le connaissait trop pour laisser ce détail, si minime soit-il, passer inaperçu. Elle ressentit alors sa récitance et soupira. Que se reprochait-il donc?

C'est alors qu'il se détacha d'elle et se retourna. Le moment fatidique allait-il arriver à l'instant? Eleade se préparait déjà à recevoir une mauvaise nouvelle. Mais elle était loin de s'attendre à celle qui allait suivre à l'instant. Elle se tenait la bras de sa main opposée et se pinçait les lèvres. Nerveuse, elle recoiffa machinalement ses cheveux à l'aide de ses doigts et ôta les plis de sa robe qui lui rappelait tant de bons souvenirs. Le moment crucial arriva. Il fallait bien qu'il arrive un jour, Eleade le savait bien mieux que n'importe qui d'autre. Elle s'en voudrait atrocement de s'en aller dans l'au-delà sans jamais l'avoir su. Elle voulait savoir et allait, à cet instant-même, être servie. Les premières paroles d'Ardiosis suffirent à planter un pieux profond dans le coeur de la jeune reine. Mais elle ne pleura pas. Elle ne faillit pas à sa tâche, cette fois-ci, de femme forte dissimulant ses sentiments pour ne pas blesser. Bien sûr, elle sentait trahie et horriblement male. Mais son devoir n'était pas d'infliger de la peine à son homme, peu importe ce qu'il lui ait fait. Il lui annonça alors qu'il était un tueur, un meurtrier qui n'avait pas respecté son serment. Mais ses faits-ci ne la touchèrent que très peu après avoir entendu ce qui la conscernait directement. Elle se sentait, d'un côté, heureuse qu'il se confit à elle. Mais de l'autre, l'impacte de ce qu'il avait fait jouait son rôle.

Ses horribles paroles retentirent aux oreilles d'Eleade puis se transformèrent en échos dans sa tête. Ainsi, il l'avait trompée. Etrangement, une seule question l'obsédait à un tel point qu'elle se devait de la lui poser le plus vite possible. Immédiatement, même. Mais en premier lieu, il fallait rassurer Ardiosis. Car, même malgré tous les torts qu'ils venaient de lui avouer, elle l'aimait d'un amour infini. Indestructible était ce lien qui l'avait habité depuis leur première rencontre. Elle ne parviendrait pas à s'en défaire même si elle y mettait toute sa volonté. Elle s'approcha alors de lui et lia ses lèvres au siennes, tentant de lui transmettre une vague d'appaisement par ce simple baiser. En même temps, elle prit ses deux mains dans les siennes et esquissa une légère pression. Lorsque ce long baiser prit fin, elle lui demanda alors dans un murmure:

-Cette femme, l'aimais-tu?

Voilà la question la plus cruciale à son goût. Les autres viendraient après. D'abord, elle voulait se sentir rassurée...Mais peut-être ne le serait-elle pas...Elle appréhendait sa réponse, son coeur se serra dans sa poitrine au point de lui infliser une atroce douleur, ce qui lui arracha un semblant d'un grimace de douleur. Car elle se sentait incapable désormais de regarder son amant dans les yeux de peur d'y deviner une réponse irrémédiable. Tout d'un coup, une pensée la frappa, complétement absurbe mais pas pour autant impossible...Telak, était-il son fils? Le fruit de cette passion décalée?

Puis une autre: Elle avait, elle, failli à son rôle de femme. Peut-être n'avait-elle pas été assez présente dans la vie de son mari. Elle n'avait peut-être pas été à la hauteur...Elle baissa alors la tête et laissa couler quelques larmes. Elle s'empressa ensuite de les essuyer, honteuse, et leva les yeux:

-Je suis désolée, mon amour, d'avoir failli, moi, à ma tâche de femme. Je ne suis pas encore consciente du moment exact ou je ne t'ai pas porté assez de réconfort et ou j'ai passé à côté de ta vie mais je m'en excuse. Car c'est à cause de moi si tout cela est resté enfouie au fond de toi...

Depuis toujours, elle s'était demandée si elle méritait un homme tel qu'Ardiosis. Non seulement il possédait un haut titre qui lui avait été partiellement atribué le jour de leurs noces, mais il possédait aussi un charisme fou et son amour n'était pas à discuter. Elle n'attendait plus que ses réponses, anxieuses et abattues.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Dim 27 Avr 2008 - 21:59

Ardiosis se surprit à chercher mentalement s'il n'avait pas d'autres choses affreuses à révéler à son épouse.
A la mine déconfite d'Eleade, il songeait qu'une révélation de plus ou de moins ne changerait plus grand chose.
Le baiser d'Eleade le prit au dépourvu, d'ordinaire les hommes adultères avaient plutôt droit à une giffle bien sentie ou à des propos cinglants.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, il lui adressa un sourire crispé, et même légèrement douloureux. Car s'il n'avait pas craint qu'Eleade l'interpréta comme un mouvement de fuite, ou comme une saute d'humeur de sa part, il aurait dégagé sa main blessée de l'étreinte cruelle de ses doigts.
Eleade n'était pas assez sournoise pour chercher à se venger en le torturant de la sorte, mais le résultat n'en était pas moins douloureux.

La question d'Eleade l'étonna. Puis il se souvint que ce n'était pas parce qu'il avait avoué sa faute qu'elle savait le fin mot de l'histoire. La question le dérangeait, que préférait-elle, qu'il soit homme à se jeter dans les bras de la première venue sans le moindre sentiment, ou qu'il ait succombé au charme d'une jolie fille?
Même s'il avait eu son lot d'aventures et d'histoires sans lendemain dans sa jeunesse, il ne se serait jamais permis de déshonorer une fille de haut rang. Il aurait fallu plus que de la passion pour le détourner d'Eleade, et il n'avait jamais, pas une seconde aimer l'étrange inconnue de cette nuit là.

Puis voyant Eleade se répandre en excuses, il s'empressa de la rassurer, sans même la laisser finir de parler. Ses paroles étaient odieuses à ses oreilles, il en oubliait même la douleur lancinante de sa main blessée.

Non, je t'en prie. Tu n'as pas failli. Tu n'as jamais failli.
Il aurait voulu dire que lui avait failli mais cela le blessait profondément, jamais il n'avait eu ni tendresse ni désir pour l'inconnue.

J'ai manqué à ma parole. Pas toi. Je n'ai pas fait ce que mon devoir imposait. Toi si... Tu étais auprès de Siran. Jamais je ne... J'aimais cette femme.

Il s'arrêta frappé de stupeur par ce qu'il venait de s'entendu dire.
°Je n'aimais pas cette femme!°
Il lança un regard presque suppliant à Eleade mais n'osa pas proférer la moindre parole, par peur qu'elle le trahisse.
°Elle n'était rien pour moi!°
N'y tenant plus, il rouvrit la bouche pour se défendre. Mais avant même qu'il ait pu dire un mot, Munin s'envola et se jeta sur lui, dans un croassement furieux, prêt à lui crever un oeil. Ardiosis réagit à temps pour libérer ses mains et se détourner en se protégeant les yeux. Il chassa Munin d'un revers de la main, et la bête à la se poser en haut d'un meuble sans le quitter de ses petits yeux furieux.

Ne supportant plus la vue d'Eleade, et regrettant d'avoir cédé à la tentation de décharger sur elle un tel lot de malheurs, il s'assit sur le lit. Les coudes sur les genoux, et la tête entre les mains, il aurait sans doute trouver risible, en toute autre situation, le fait que si Munin tentait une nouvelle attaque, il y avait fort à parier qu'il taillerait une nouvelle fois dans la même main.
Il avait beau se dire que cela ne changeait pas grand-chose. Qu'un autre enchantement plus cruel aurait pu le rendre amoureux. Il ne voulait pas lui dire que ce n'était pas de sa faute, même si à ses yeux c'était vrai, il ne voulait pas avoir l'air de se chercher des excuses. Au final ce n'était pas tant l'estime qu'avait Eleade de lui qui le gênait, mais le fait qu'il venait de lui mentir, sans que sa volonté ait pu s'y opposer.
Le silence reprit un instant ses droits, brisé seulement par intermittence par le bruit du frottement des plumes d'un oiseau changeant de perchoir.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Lun 28 Avr 2008 - 17:32

Eleade attendait sa réponse avec appréhension. Elle ne pouvait savoir ce qu'il allait lui répondre et cela lui provoquait une telle peur ... Comme elle si allait connaîre son sort, la vie ou la mort. Dans un certain sens, cela s'approchait dangereusement de ce fait. Car elle ne pourrait vivre en ayant conscience qu'Ardiosis ne l'aime plus. Parce que son amour, à elle, ne tarirait jamais. Il ne s'éteindrait pas. Puis la verdicte tomba. Devant son hésitation, elle se sentit obliger d'insister. Malgré elle, elle sentit son visage se fermer, ses yeux perdrent de leur étincelance. Elle refermait complétement son esprit à son époux. Il ne pourrait rien lire en elle, que ce soit dans ses gestes ou encore dans son regard. Jamais encore elle n'avait montré cette facette cachée à Ardiosis. Quoi que ses leçons du soir commençaient déjà à porter leurs fruits. Il faut dire qu'elles duraient bien longtemps. Bien plus longtemps qu'aurait pu le croire Ardiosis Bennefoy. Ce fut sur un ton ferme, sec et glacial qu'elle lâcha à voix basse:

-L'aimais-tu, oui ou non? Et l'aimes-tu, en ce moment? Je souhaite une réponse claire de ta part pour ces deux questions qui sont, on ne peut plus claires. Rien d'autre, est-ce clair?

Elle se sentait avide de savoir. Elle voulait connaître la vérité et rien d'autre. Son époux se devait de lui dire la vérité, ce matin-là, tout de suite. C'est alors que, avant qu'il puisse lui répondre, elle effectua un geste extrêment rapide ce qui emprisonna l'oiseau qui avait blessé son homme par le cou. Elle murmura alors à cet être maléfique:

-Laisse-nous tous les deux tranquilles, est-ce clair?

Son ton était sans appel, son regard effrayant. Eleade ne paraissait plus être Eleade, la jeune reine douce souhaitant le bonheur des autres. Elle en avait bien conscience. Mais elle ne faisait que révéler une partie enfouie au fond d'elle. Et en ce moment crucial, elle se sentait dans le besoin de l'utiliser pour pouvoir résister. Car sa force commençait à la quitter. Elle était prête à faire une crise d'angoisse. Mais elle tenait bon pour le moment, elle tiendrait jusqu'au bout. Elle oublia ce qui l'entourait pour porter son attention sur l'oiseau et marcha d'un pas souple méconnu de sa personne vers la porte. Là, elle lança l'animal au loin et referma doucement la porte. Elle ferma aussi la fenêtre car un courant d'air se faisait sentir et elle ne souhaitait être dérangée pour rien au monde. Elle vérifia alors que tout était en ordre et vint s'asseoir en face d'Ardiosis. Son expression se refit douce et elle susurra:

-Revenons où nous en étions. Je souhaiterais entendre la réponse à mes questions avant tes justification. Je la répète: Aimais-tu cette femme? Et l'aimes-tu aujourd'hui?

Pour la deuxième fois, elle utilisa un ton sans appel et fixa son interlocuteur droit dans les yeux, le défiant de baisser son regard. Une mèche de ses cheveux bruns retombaient désormais devant ses yeux d'émeraude, mais elle ne fit aucun geste pour ramener à sa place, derrière son oreille. Sa robe ne contenait, par contre, pas de pli. L'habitude de se placer royalement et galamment s'était même démontrée en ce moment si spéciale de la vie de leur couple. Elle n'entendait plus rien, ne voyait qu'Ardiosis. Elle le savait assis, mais peu importe la position dans laquelle il se tenait. Elle souhaitait entendre sa réponse de ses propres lèvres. Une réponse claire qui ne laisserait passer aucun malentendu.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Lun 28 Avr 2008 - 18:24

Ardiosis se maudissait intérieurement. Comment avait-il pu être aussi naïf, aussi sot? Depuis quand le temps suffisait-il à briser un maléfice? Il aurait mieux fait de garder le silence plutôt que de s'aventurer sur des charbons ardents. Il avait le sentiment de ne plus avoir aucune échappatoire qui soit sans douleur. Et il regrettait amèrement d'avoir chercher égoïstement à troquer son malheur contre celui d'Eleade. Et le sien, sous une autre forme. Il avait échanger la douleur du mensonge et du non-dit, contre celle d'un autre mensonge, et celle de voir son épouse une fois de plus, souffrir à cause de lui.

Les paroles d'Eleade, lui donnèrent l'impression d'être un prisonnier face à son bourreau. Il voulait crier son innocence, mais s'en savait incapable.

Il entendit plus qu'il ne vit Eleade se saisir de Munin. Il protesta d'un croassement rauque, semblable à un grognement, comme si le volatile était outré que l'on osa refuser sa sagesse ancestrale, alors qu'il l'offrait généreusement.
Et égoïstement, Ardiosis fut soulagée qu'elle s'en prit ne serait-ce qu'un instant, à un autre que lui.

Au désespoir, il chercha le maléfice qui l'enserrait. Il n'arrivait pas à en trouver la source, comme une blessure diffuse, qu'on ne peut localiser, mais que la douleur empêche d'oublier. Profitant qu'Eleade s'éloignait avec Munin, et qu'elle ne le regardait pas. Il appela la magie la plus sombre qu'il connaissait, et elle défit le sortilège, aussi aisément qu'on défait un tricot en s'emparant du bon fil. Il en garda un sentiment étrange, l'entaille dans sa main s'était refermée, et il se sentait des forces nouvelles. Cette impression l'effraya.

Lorsqu'Eleade tourna les talons pour lui faire face, ce fut avec assurance qu'il croisa son regard. Il n'avait plus peur de rien. A part peut-être de lui-même, mais c'était une confession qu'il ne ferait jamais.

Je n'aimais pas cette femme, et je ne l'aime toujours pas, déclara-t-il en fixant Eleade, de ses yeux d'aigue-marine.

Il aurait volontiers assuré qu'il ne l'aimerait jamais, mais malgré la hardiesse nouvelle qui l'habitait, il avait appris à ne pas se rire du destin gratuitement.
Loin d'avoir le coeur soulagé, il sentait qu'il avait payé bien trop cher cet aveu, pourtant sincère. Il se surprit à gratter de ses doigts, la paume désormais intacte de sa main, comme si cette guérison trop parfaite et trop rapide, le démangeait par son anormalité.

Il se leva, se sentit plus léger que jamais. D'un geste tendre, il repassa la mèche rebelle d'Eleade derrière son oreille, et lui vola un baiser.

Tu es la seule qui compte pour moi. Je suis désolé de t'en avoir fait douter.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Mar 29 Avr 2008 - 18:53

Eleade se tenait toujours devant lui, devinant le malaise de son époux. Mais elle ne se sentait capable de vivre encore ne serait-je qu'une journée de plus dans l'ignorance. Elle mourrait d'angoisse, si elle ne se serait pas tuée avant. Ces sombres pensées défilaient dans l'esprit de la jeune femme. Mais elle n'en laissait rien paraître physiquement, bien qu'elle savait pertinamment qu'elle avait beau essayer de cacher quelque chose à Ardiosis, il devinait toujours le fond de sa pensée. Voilà ce qu'elle entraînait encore ces dernières nuits. Pas qu'elle ne voulait pas que son homme sache tout d'elle, mais il valait mieux, certaine fois, garder le secret pendant un petit moment. Elle se promit par contre de ne pas le garder aussi longtemps que l'avait fait Ardiosis pour elle. Dire qu'il l'avait lâchement trompée avec une autre femme qui devait sûrement être très séduisante. Elle se retenait de lui demander une description de cette rivale dont elle ne connaissait l'existance que depuis ce jour.

Etrangement, elle sentait une aura maléfique trôner dans la pièce. Elle avait pourtant réussir à faire déguerprir l'oiseau qui se trouvait ne pas être très bon. Elle l'avouait, de manière peu commode. Mais il l'avait bien mérité! Elle se mit alors à fronsser les sourcils, attentive à ce que les entourait. Elle entendit alors la réponse d'Ardiosis et sentit un immense poids descendre gentiment de ses épaules dénudées. Mais elle sentit alors que ce n'était pas le cas de son époux. Loin de se sentir apaiser, il paraissait encore plus mal qu'auparavant. Y avait-il quelque chose qu'il n'aurait pas dû dire? Ou alors encore un grand secret qu'il aurait dissimulé? Peut-être était-il simplement déçu de son comportement de mari. Il est vrai que tromper sa femme n'était pas un acte annodin mais Eleade, après avoir pris l'air, le pardonnerait bien plus facilement qu'il aurait pu le croire. Elle prolongea le baiser qu'il lui vola avec tant de finesse. Ses paroles ne firent que confirmer ses envies : elle souhaitait se blottir dans ses bras et ne plus se séparer de lui.

Le moment viendrait plus tard. Pour l'instant, il lui fallait réfléchir à tous ses aveux et se raffraîchir les idées. Elle savait l'erreur humaine. Mais certaine demandait plus de réflexion que d'autres. Celle-là en faisait, biens sûr, partie. Elle sourit à Ardiosis, lui démontrant ainsi qu'il ne fallait pas qu'il se fasse du mal pour cette histoire. Elle se leva alors, face à lui, et échangea un dernier baiser langoureux avec lui avant de lui déclarer d'un ton clame et posé:

-Je m'en vais prendr l'air. Je ne suis pas sortie de la journée, il me faut marcher un peu. Nous nous reverrons plus tard...

Après un dernier clin d'oeil et une dernière caresse, elle prit une cape noire appartenant à Ardiosis au passage et sortit de la chambre à coucher. Elle allait quitter le château, rejoindre les hommes n'étant pas forcément nobles. Et elle ne voulait pas se démarquer. Plutôt passer inaperçue.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Mar 29 Avr 2008 - 20:07

Eleade était redevenue plus égale à elle-même. Elle lui en voulait certainement, mais la tension entre eux s'était envolée.

La seule réponse qu'elle lui fit fut un sourire radieux. Et même s'il n'était toujours pas certain de mériter la compagnie d'une femme aussi charmante, il ne put s'empêcher d'en être ravi. C'était une chose que d'avoir des remords, mais c'en était une toute autre de refuser le bonheur. Eleade ne le fuirait pas, le reste importait peu.
Car Ardiosis n'était qu'un Homme, et tout aussi enclin à céder à leurs faiblesses. Même si à tête reposé et loin de l'éclat d'Eleade, il aurait sans doute reconnu que voir sa tête au bout d'une pique puisse compromettre ses amours.

C'est avec regret que je laisse à d'autres le loisir d'épier tes charmes, répondit-il avec un sourire espiègle. Rien n'indiqua que le roi fut soulagé de la voir dissimuler sa robe majestueuse sous une sombre cape. Mais il ne pouvait imaginer Eleade paradant auprès d'autre que lui dans la robe qu'elle avait porté à leurs noces. De toute façon, Ardiosis était plutôt mal placé pour avoir des soupçons, lui qui avait bafoué leur union.

Lorsqu'elle prit congé, il n'osa pas le retenir. Elle avait bien besoin de mettre de l'ordre dans ses idées. Et lui aussi.
Son excuse la fit sourire. Pourquoi aurait-elle du avoir déjà mis le nez dehors, le soleil se levait à peine!

Il la regarda aller, résigné. Mais il n'était pas assez orgueilleux pour ne pas se réjouir de son sort. Se séparer sur une étreinte prometteuse, valait mieux que se séparer sur des éclats de voix et des regards meurtriers.

Tout lui paraissait plus simple désormais. Eleade à ses côtés, la confiance qu'elle lui inspirait, le doux éclat de ses yeux, toute sa rayonnante personne, bien plus que le titre de seigneur du Nord, lui donnait l'impression d'être plus qu'un Homme parmi d'autres.

Il se souvint de la lettre qu'il avait laissé négligemment dans le salon, il imaginait sans peine, le corbeau perché sur la petite table à côté de la missive. Il la prendrait, la lirait et la brûlerait. Il scellerait son destin. Sous le regard excédé d'un oiseau au plumage couleur de nuit.
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MessageSujet: Re: Petit salon   Mer 30 Avr 2008 - 15:37

Le sujet est terminé, non?
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Ardiosis
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MessageSujet: Re: Petit salon   Mer 30 Avr 2008 - 19:27

On ne peut plus terminé. Il fallait le préciser? ^^"
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Petit salon

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