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 Suppliques matinales [libre]

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MessageSujet: Suppliques matinales [libre]   Jeu 12 Juin 2008 - 18:39

An 835,
9ème semaine,
jour 2,
au petit matin


Le Bastard de Surdonna se réveilla de bonne heure ce jour là, bien plus tôt qu’à son accoutumée. Au dehors, le ciel sans doute encore assombri par les ténèbres, devait laisser scintiller quelques rares étoiles. Depuis la funeste disparition de la Reine Faldora Fenril, il n’avait jamais pu trouver en toute quiétude le repos du guerrier. Ses songes nocturnes, d’ordinaires si calmes et si sereins étaient désormais assaillis par d’horribles cauchemars insensés. L’effroi n’était en rien comparable aux tourments vécus cette nuit là. L’impression n’était plus ce sentiment de malaise, ce vague souvenir onirique suivis de ces perpétuels sueurs : ou bien souvent le réalisme - par bien des détails fantasques changeants, contradictoire, et en perpétuel mouvance - s’estompait un rien soit peu devant le fabuleux. Non, rien de tout cela. Cette fois-ci, les images s’imprégnèrent en son esprit sans aucune ambiguïté, d’un parfait réalisme.

Khalorg retira brièvement la couverture rêche, seule compagne assidue partageant régulièrement sa couche. A peine levé, tout occupé à ses pensées, il ne prit pas le soin de s’habiller immédiatement. La froideur de la pièce ne semblait pas le gêner outre mesure. Un cierge éclaira alors de sa pâle lumière tremblotante un pitre surchargé de livres et de parchemins. Ereinté, il s’installa négligemment l’air grave à son écritoire.
La plume allongée d’un lagopède des saules, retenue par une main compulsive, noircissait hâtivement, en toute impatience, les pages vierges d’un vélin.
La rédaction terminée le druide ne s’attarda pas dans une relecture, remettant à plus tard cette tâche rébarbative. Néanmoins, ce qui l’étonna à cet instant-là, ce fut la vélocité par laquelle il venait de consigner le songe. Pas une fois la plume ne s’arrêta. Pas une fois le doute surgit. Pas une fois il ne dut recourir à sa mémoire pour se rappeler de faits vaporeux et flous. Tout lui parut, comme par évidence, de manières si claires et si limpides.

Peu de temps après, Khalorg revêtit les vêtements de la journée. Il referma doucement la porte de sa cellule, traversa précipitamment la garnison et se dirigea d’une démarche assurée vers le quartier religieux…


Dernière édition par Khalorg Solistriana le Ven 4 Juil 2008 - 22:14, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Suppliques matinales [libre]   Ven 4 Juil 2008 - 22:13

Les lueurs matinales coloraient, ce matin-là, au dessus d’une mer de brume et de nuage, les vastes horizons par petites touches successives. D’abord tout juste de minuscules lampions tremblotants noyés dans l’uniformité de l’obscurité. Ces petits points infimes apparaissaient du côté du Levant, comme tenus par une gigantesque main invisible, celle d’un Porteur de luminaires. Bien vite le ciel s’embrasa de part en part et, avec lui, jaillissaient la myriade de couleurs que composaient chaque : exquis tableau pour la vue.

Khalorg, pour une fois ne se souciait pas de la beauté provenant de la naissance d’un nouveau jour. Il avançait machinalement dans les venelles étroites et sinueuses d’Unae, le regard toujours fuyant. Les rares passants qui l’aperçurent de loin ce jour là avaient tous la même sensation à son égard : ils crurent rencontrer un somnambule rentrant sans doute de ses escapades nocturnes. Aucun d’entre eux ne reconnurent le chef des armées. En effet, obnubilé par cette idée pressante, à la limite de l’obsession, rien ne comptait plus visiblement pour lui que de trouver une réponse rassurante. Il se devait de déloger les ténèbres du doute non pas pour une question d’ego mal placé ou d’orgueil démesuré. L’équilibre intérieur, plus qui quiconque Khalorg le savait, reflétait la balance du mental. Si elle penchait d’un côté ou d’un autre et l’impact, cette influence qu’il exerçait sur ses homme se retrouverait rompu dans le pire des cas, ou tout du moins considérablement amoindri.

Invariablement, inlassablement le sanctuaire de Mani aspirait ses pas. Ce qui n’était à l’origine que l’ombre d’une lointaine bâtisse à peine discernable des constructions qui l’entourait se révélait par la suite, l’une des plus prestigieuse construction de la cité imposant respect et vénération.

O Mani, O notre Créateur
Accueille dans ta sainte Demeure
Tes enfants-fauves, tes seuls adorateurs
Que ta bénédiction les effleure


Khalorg, dans un silence religieux poussa les lourdes portes du temple. Un rai de lumière éclaboussa les dalles élimées du hall d’entrée. Dans cette pénombre ses pupilles se dilatèrent, homme-félin, son regard s’enflammait de ce brandon d’or et de sinople. Ses œillades sollicitaient l’aide d’un ecclésiastique…
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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Suppliques matinales [libre]   Mer 9 Juil 2008 - 10:21

Melindaë s'était couchée assez tard. En effet, elle avait dû assurer une veillée funèbre, et proclamer des prières durant plusieurs heures. Ces veillées funèbres la rendaient bien souvent mélancolique... Cela lui rappelait sûrement la mort de son bien aimé, auquel elle n'avait pu rendre d'hommage.
D'ailleurs, cette mort la hantait. Chaque nuit, elle rêvait de cette journée interminable : le rendez-vous, la course, les falaises, les vêtements, l'eau scintillante et pâle de la mer calme... Et soudain, ce cri déchirant et strident, venant du fond de ses entrailles... Le cri d'un amour perdu à tout jamais. Puis, elle se réveillait en sursaut, trempée de sueur, les draps collants à sa peau lactée.
Cette fois encore, elle en avait rêvé. Pourtant, une fois la veillée funèbre terminée, elle avait tenté de faire une nuit blanche, car elle savait qu’elle en rêverait. Mais la fatigue et la douce chaleur de la pièce avaient eu raison d’elle, et l’avaient plongée dans un lancinant sommeil. Réveillée en sursaut comme à son habitude (maudit cauchemar, se répétait-elle), elle se releva, s’adossa contre sa tête de lit et murmura d’un ton empli de lassitude et de désespoir :


Ô Mani, pourquoi me fais-tu endurer tout cela,
la perte de mon Amandil ne t'a-t-il donc pas suffit?
Jusqu'à quand me feras-tu souffrir?


Puis, l'air d'attendre une réponse, elle resta assise, dans le noir, juste éclairée par un fil de lumière lunaire, fixant le mur de pierre gris et froid et tendant l'oreille au moindre bruit. Au bout de quelques minutes, elle se rallongea dans son lit tel un automate, et revint se blottir dans les bras de Morphée.

Melindaë ne s'était rendormie que depuis quelques heures, que déjà les rayons d'un soleil taquin lui réchauffaient la peau. Cette douce sensation de caresse, Melindaë l'appréciait énormément. Elle avait l'impression de revivre les caresses de la main chaude et délicate de son Amandil.


Peut-être un cadeau de Mani, se disait-elle pensive.

La jeune prêtresse se leva donc d'une gaieté exceptionnelle, et prit sa toilette. Elle se para ensuite de sa traditionnelle robe en satin noire, et accrocha dans sa chevelure d'ébène quelques fleurs de Jasmin. Puis elle prit la direction du Temple (l'Ordre du Temple détient ses appartements au Bastion). Une fois arrivée au sein du Temple, elle entendit quelques pas résonner dans le hall. Cela n'étonnait guère Melindaë. De nombreux druides aimaient aller au temple à l'aurore car l'ambiance y était très agréable : le silence régnait, la luminosité y était grande et une odeur d'encens flottait dans l'air. D'ailleurs, Melindaë partageait leur avis : c'était le meilleur moment de la journée pour se rendre au Temple de Mani.

La prêtresse pénétra donc dans le hall, et aperçut une silhouette trapue. Ne reconnaissant pas tout de suite cet étrange visiteur, elle s'adressa à lui d'un ton neutre :

Bienvenue au Temple du tout-puissant Mani? Puis-je t'apporter mon aide Ô Fidèle, tu me sembles égaré?
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MessageSujet: Re: Suppliques matinales [libre]   Mer 23 Juil 2008 - 14:28

Une odeur d’encens et de bois de santal – ô exquise fragrance réveillant subtilement l’odorat et apaisa craintes et doutes – flottaient sous les illustres voûtes du temple. Il y avait quelque chose de rassurant dans ces senteurs divines. Khalorg prit le temps de les humer et se délecta en essayant de les reconnaître. Subtils mélanges : outre le bois de santal et de la résine de Boswellia sacra, se consumaient également du thym, des pétales de roses et de la menthe poivrée. Une senteur plus gracile, à peine sensible, se mélangeait comme un papillon délicat et craintif aux autres arômes. Le druide ferma les yeux calmement et fit appel à sa mémoire olfactive, en vain.

Une voix féminine le réveilla brutalement et le ramena à ses intentions premières.

- En effet, Dame je désirerais m’entretenir, si cela est possible avec un clerc de votre congrégation…
En clamant ces quelques mots, Khalorg ne savait pas exactement à qui il s’adressait. La pénombre enveloppait la silhouette d’exhalaison et de mystères. Il se déplaça de quelques pas sur le côté et s’avança jusqu’à l’apercevoir plus distinctement. A peine trois, tout au plus, devait les séparer l’un de l’autre.

- Pardonnez-moi de vous troublez dans votre silence et vos méditations… Il prononçait maintenant sa phrase lentement, comme s’il insistait délibérément sur chacune des syllabes, les accentuant comme le ferait un étranger qui s’essayerait dans l’apprentissage difficile de cette langue aux phonèmes gutturaux. Son attention se portait maintenant exclusivement sur cette jeune femme. Il la détailla discrètement de la cape aux pieds. Rien dans son regard ne trahissait une quelconque lubricité ou d’insolence de sa part. En temps qu’homme d’armes habitué à gérer ses troupes, détailler ses interlocuteurs faisait parti de ses habitudes. Physionomiste c’était à la fois par mesure de sécurité et sans doute par jeu aussi qu’il aimait s’y prêter. Les vêtements, les gestes, les non-dits étaient des indices bien souvent révélateurs du caractère et de la personnalité du quidam qu’il étudiait en silence.

Ce petit bout de femme à la sombre chevelure, comme il la décrira plus tard à Geiti, semblait la personne idéale pour se confesser.

Puis d’un ton plus bas, à peine audible, il lui confia promptement – qui contrasta avec son phrasé ultérieur - :
- J’aimerais m’entretenir avec vous, loin de toutes oreilles indiscrètes. Me conduirez-vous en pareil endroit ?

[HJ désolé pour le retard Sad]
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Melindaë Gordonian
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MessageSujet: Re: Suppliques matinales [libre]   Mer 30 Juil 2008 - 14:03

Les hauts vitraux colorés du temple parsemaient de petites touches de couleur la peau blanche de Melindaë. Malgré la forte luminosité du sanctuaire, la prêtresse ne put distinguer très nettement la silhouette qui lui faisait face. Celle-ci devait sûrement appartenir à un homme vu la carrure. De plus, la voix qui s'élevait dans le temple était forte et grave.
L'homme, donc, désirait s'entretenir avec un ecclésiastique. Melindaë pensa immédiatement qu'il n'était pas de la région. En effet, comment ne pouvait-il pas connaître la grande prêtresse de Sudorna?

Troublée par la présence de cet inconnu, elle désira s'avancer vers lui afin de mieux le distinguer. Melindaë n'était jamais très rassurée de se retrouver seule face à des étrangers. En effet, nombre d'entre eux tentait d'abuser de la charité de Mani en demandant une aumône exubérante, ce que le temple ne pouvait leur accorder. Alors parfois, ces gens-ci proféraient des menaces ou devenaient violents envers leur interlocuteur ecclésiastique. Et ces attaques ne faisaient qu'empirer au fil du temps.

L'homme fut plus rapide que la prêtresse et fit quelques pas de côté. Les deux personnes se faisaient à présent face, entourées d'un puit de lumière. Melindaë put alors décrire les traits du fidèle. Etrangement, son visage ne lui était pas inconnu. Elle était persuadée de l'avoir déjà vu à l'une de ses cérémonies. Mais laquelle? Elle tenta de détailler l'apparence de l'homme afin d'obtenir des indices.
Premier constat, l'homme portait les vêtements de l'armée. De plus, vu ses traits (il devait avoir la quarantaine) et ses muscles saillants, il devait appartenir à l'armée depuis pas mal de temps. Melindaë tenta donc de se remémorer le sacre du roi Galdor Fenril, en vain. Il y avait beaucoup trop de soldats ce jour-là.

Découragée, elle revint sur la première demande du fidèle : une confession. Melindaë s'éclaircit la voix et prit son ton chaleureux et accueillant.

Je suis la grande prêtresse de Sudorna. Rassurez-vous mon ami, vous ne me dérangez point. Puisque vous souhaitez vous entretenir en grand secret, je vous propose de me suivre au sommet du temple. Un peu d'air frais nous ferait du bien, et de là-haut, seul Mani et moi-même pourront vous entendre.

Sans attendre si cela convenait au fidèle, elle lui fit signe de la suivre. Ils traversèrent la nef et les appartements de la prêtresse. Au bout d'un couloir sombre et frais, éclairé par quelques lanternes, se trouvait une petite porte en bois. Ils l'empruntèrent et montèrent un étroit escalier en colimaçon qui menait tout en haut d'une des tours du temple. Arrivés à la fin de leur périple, la prêtresse se retourna essoufflée vers le fidèle. Des centaines d'oiseaux voletaient de-ci de-là.

Nous voici dans la volière, comme vous l'aurez remarquée. La vue sur Unae y est magnifique!

En effet, la volière s'ouvrait sur la splendide cité druide. De ce point de vue, on pouvait apercevoir un horizon bleuté. C'était la mer.
Melindaë invita l'homme à s'asseoir, et d'un ton sérieux lui dit :

Bien, Fidèle de Mani, Je t'écoute à présent.


[Ne t'inquiètes pas, j'étais absente de toute façon ^^]
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MessageSujet: Re: Suppliques matinales [libre]   Ven 8 Aoû 2008 - 0:42

Gravir les marches crayeuses une à une, en silence, à la suite de la Grande Prêtresse Melindaë, octroyait un aspect solennel et respectueux au sanctuaire. Passer aussi subitement de la lumière presque trop aveuglante, une surcharge de couleur, à ce clair-obscur où la pénombre accentuait davantage cette sensation de mysticité.
Khalorg ne savait pas encore comment il allait aborder ce face à face : trouver les bons mots à leurs justes valeurs sans soulever ni soupçon ni incompréhension s’avérait délicat. Parler à demi-mot, par allégorie, ne pouvait amener que des réponses sibyllines. A contrario se dévoiler plus que de raison l’exposait sinon à des ires régaliennes pouvait tout du moins le compromettre.
Arrivé dans la volière il admira longuement la vue. Un véritable spectacle s’offrait à lui, sous pieds : la cité sortie de sa torpeur matinale, s’affairait désormais en de multiples tâches et labeurs quotidiens : ici quelques citadins ouvraient boutique ; là un peu plus loin sur la gauche des charrettes d’approvisionnement se dirigeaient vers la caserne ; bien plus loin des jeunes femmes décrassaient leur linge au lavoir; ailleurs on entendait battre marteaux et enclumes d’une forge. On aurait dit, vu d’en haut, une drôle de ruche où régnait dans ce désordre une ordre interne à la capitale.

Le druide ne fut pas mécontent par le simple fait que la Grande Prêtresse ne l’ait pas immédiatement reconnu. Il pourra se confier en toute sérénité, loin des entrevues solennelles. Cela le rassurait. Il se retourna vers Melindaë et après plusieurs minutes de silence consenti à expliquer le mobile de sa venue :

- Veuillez m’excuser pour cette absence. J’étais subjugué par le spectacle qui se déroule sous nos pieds. En effet la vue en est magnifique…et apaisante

Une légère bise venait de se lever chassant au loin les dernières brumes matinales. Les mèches ténébreuses du soldat se soulevaient, s’agitaient imperceptiblement, l’ébouriffant davantage plus que d’ordinaire0 ; prodiguant un aspect burlesque à sa coiffure.

- J’ai fait cette nuit un songe qui m’a troublé et marqué. Rien de bien étonnant à cela me diriez-vous. Il ne s’agit point d’un rêve prémonitoire à proprement parler. Les événements ne décrivaient point un éventuel avenir ou un futur certains. Je sais que Mani peut se communiquer par cette voie pour mettre en garde ou en alerte ses fidèles pour les prémunir d’un danger, d’une menace ou d’un quelconque péril. Il s’agissait, dans ce cas précis, plutôt d’une mise en garde qui faisait vaciller ma conscience entre devoir et fidélité, entre pardon et vengeance, entre révolte et acceptation. Laissez-moi vous conter ce songe afin que vous en saisissiez toutes les teneurs.

Le conseiller des Armées marqua une pause comme s’il cherchait à se remémorer en détails la souvenance de ses rêveries.

- Seul, par une nuit sans lune je battais la campagne. Je ne savais pas au juste ce que je faisais là. Je n’étais toutefois pas perdu, je n’errais point dans cette forêt dépourvue de feuillage. Non, j’étais comme appâté par une voix d’outre-tombe qui m’appelait à elle. Une voix avenante à la fois si lointaine et si proche. Sans le savoir je me dirigeais vers cette clairière au nord d’Unae. La Reine Faldora sortit de son sépulcre dans un linceul blême, encrassé de boue. Cette dépouille en parti de chair et d’os en parti en putréfaction, à la fois ni tout à fait vivante ni tout à fait trépassée, tendait une couronne en chaque main. Une couronne de mort, d’or et de diamants, tâché de sang. Une couronne de vie, simple diadème de cuivre brisé des Anciens Temps. De l’une ou de l’autre dépendait le salut de notre royaume. La première nous offrait la paix et la sécurité à la seule condition de fermer les yeux sur les assassinats des six souverains. De l’autre découlait la guerre, la misère et pourtant elle arborait en son sein Justice et Harmonie.

Et voilà que maintenant notre Reine me demanda d’avancer vers elle, de m’agenouiller, et de me saisir de l’une ou de l’autre.
« Choisis, en tout état de cause, la tiare que tu déposeras sur la tête de ton Suzerain. Des conséquences qui subviendront toi seul en sera tenu pour garant !»
Dans sa voie se mélangèrent non seulement les timbres caverneux des cinq autres monarques qui la suivirent dans l’au-delà mais aussi toute la dynastie des souverains qui régnèrent sur Sudorna. Echos successifs qui résonnèrent en mon esprit en le martelant tant et tant que je me réveillais dans mon lit, en sueur.
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MessageSujet: Re: Suppliques matinales [libre]   Lun 18 Aoû 2008 - 16:29

L'étranger contempla durant plusieurs minutes la magnifique vue qu'offrait la volière. Puis tranquillement, il se retourna vers Melindaë en s'excusant de cette absence involontaire. Comment Melindaë aurait-elle pu lui en vouloir? Elle-même pouvait rester des heures en haut de la tour à miroiter le paysage lointain...

Cette cité, si sublime, hypnotisait quiconque s'aventurait en son sein. D'ailleurs, elle se souvenait très précisément de son arrivée à Unae lors de sa dixième année.
En effet, la prêtresse était native d'Elonia, et avait passé toute son enfance dans cette ville portuaire jusqu'à son ascension au poste de Novice, qui nécessitait sa présence au Bastion. Lors de son arrivée, un soleil éclatant illuminait les hautes bâtisses. Des gens de toutes fonctions et de toutes classes déambulaient dans les rues, animées par les marchands avides de Tiwaz et par les caquetages des vieilles femmes druides. Des enfants, pas plus vieux qu'elle, s'amusaient à se courir après en se transformant selon leurs totems. Melindaë fut immédiatement séduite par cette cité et ses habitants et se promit de les servir du mieux qu'elle pourrait.

Et plusieurs années plus tard, malgré les terribles épreuves endurées, elle aimait toujours autant Unae et sa population. Le fait que cet homme fut subjugué par la cité ne pouvait que rassurer Melindaë sur son identité. Cet homme était un druide et avait un coeur. Car il fallait un coeur pour pouvoir ressentir un quelconque sentiment face à cette vue. Aux excuses de l'homme, Melindaë ne pouvait que répondre par le refus.

Ne vous excusez-pas mon ami. Je refuse que vous vous sentiez coupable de quoi que ce soit. Votre profonde admiration pour Unae ne peut que me toucher et me ravir.

Et c'est avec un sourire complice que tous deux entamèrent la confession. L'homme avait fait un songe qui le laissait, semblait-il, perplexe. En effet, à travers ce songe, plusieurs choix s'offraient à lui. Puis il détailla à la Grande Prêtresse le récit de son songe mystérieux : la Reine s'était présentée à lui avec une couronne dans chaque main. L'étranger devait en choisir une et l'offrir à son Suzerain...

Ainsi donc, l'esprit de la Reine Faldora lui était apparu. Melindaë n'avait aucune peine à le croire. Elle-même croyait dur comme fer à la puissance de l'au-delà et à ses hôtes. Mais pourquoi était-elle apparue à lui? Il devait être une personne assez importante et proche de la Reine... Qui était-il vraiment? Cet homme commençait réellement à intriguer la jeune femme.

Vous dites que la Reine vous est apparue... Je suppose que vous devez être quelqu'un d'assez important et intime pour la Reine pour qu'elle décide d'envahir vos songes... Et surtout, pour qu'elle vous dote d'une requête aussi prestigieuse. Ainsi, le Sudorna est entre vos mains mon cher ami. Un choix ultime s'adresse à vous. Et de ce choix en découlera le destin du royaume!

Un croassement sonore vint interrompre les deux personnes. C'était Elendil, le corbeau de la prêtresse. Celui-ci vint se poser sur les genoux de sa protectrice. Puis d'une main délicate, Melindaë caressa le doux plumage jais du volatile.

N'ayez crainte, c'est Elendil, mon ami et confident. Il n'est sujet à aucune transformation, si cela peut vous rassurer, dit-elle d'un sourire sincère. Où en étais-je... Ah oui... C'est donc de vous que découle l'avenir du peuple druide dans cette guerre annoncée... (elle resta pensive quelques instant)
Ecoutez, je ne puis vous suggérer tel ou tel choix. Vous devez uniquement écouter votre coeur. Suivez votre instinct, car c'est souvent par ce biais que Mani choisit de communiquer avec nous. Je suis persuadée que vous mènerez votre quête à bien. Si la Reine Faldora a décidé de vous faire confiance, je ne puis que la suivre. Que Mani soit avec vous et que la lumière lunaire guide vos pas!

Et dans une grâce absolue, elle déposa Elendil sur son épaule, se leva, et tendit la main vers l'étranger en guise de salut. Que pouvait-il bien penser de ce court entretien? Melindaë avait-elle répondu aux attentes du fidèle? C'est sur ces questions qu'elle quitta la volière, laissant seul son mystérieux interlocuteur.
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