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 Intérêts communs [Ne pas archiver]

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Nillviem
Gwendirien
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MessageSujet: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Dim 27 Sep 2009 - 19:11

Cinquième jour, douzième semaine
Matinée


Un voyage en terre amazone… rien ne pouvait s’avérer plus intrigant qu’une excursion au pays de ce peuple guerrier à la fierté légendaire. S’il avait déjà parcouru les immenses plaines de Fazor, Nillviem n’avait en revanche jamais foulé le sol d’une de leur cité. Ainsi une pointe de curiosité, ravivant l’enfant qu’il fut, s’accrochait au creux de ses prunelles. L’ordre de s’y aventurer lui avait été donné par le Conseiller du Roi Niarus Faldor, qu’il avait rencontré à l’aube.

Nillviem avait pris pour habitude de passer la plupart de ses nuits à l’Académie, ce qui lui évitait de croiser immanquablement un membre de la Cour chaque fois qu’il délaissait sa chambre et ses songes. Ce fut donc un soldat de son unité qui vint le tirer de son sommeil nébuleux pour lui délivrer une convocation. En effet, le Conseiller du Roi souhaitait lui parler en personne. C’était l’un des rares nobles que Nillviem respectait, notamment pour son honnêteté. Sentiment que Faldor partageait. Le jeune druide, une fois prêt, se présenta donc auprès de ce dernier non sans dissimuler une certaine inquiétude. Nillviem n’était pas sans savoir les tourments qui accablaient le peuple druide, en particulier en ce moment. Il avait tenté de faire pression afin que des mesures soient rapidement prises, sans succès. On le tenait à l’écart, prétextant que son rôle était seulement de protéger ses pairs, et non de décider par quel moyen. Peut-être son cousin lui imposait-il un ordre par le biais de son conseiller. On savait le souverain très occupé par les affaires d’Etat, mais Nillviem doutait qu’il l’eut négligé à ce point. Ce n’était donc probablement pas cela. Le jeune homme coupa court à ses pensées pour tourner toute son attention vers le ministre qui venait à son encontre.

- Prince Nillviem, je m’excuse tout d’abord de vous avoir fait quitter votre lit précipitamment.
- Cela n’a pas d’importance, il ne m’est pas très agréable depuis quelques temps.
- … Je vous ai fait chercher car j’ai une mission des plus importantes à vous confier. Vous êtes certainement au courant de la maladie qui ravage notre bétail, peut-être ignorez-vous son expansion. Il apparaît que le même phénomène sévit au sein des contrées amazones. Nous avons donc décidé d’envoyer un émissaire afin de s’enquérir de leur situation et de partager nos informations malgré la situation politique. Vous êtes tout désigné, le roi a confiance en vous et nous vous recommandons d’être des plus discrets sur cette opération. Il serait mal avisé que le Seigneur Nordique apprenne que nous avons pris contact avec le peuple des Amazones. Néanmoins ce contact s’avère indispensable pour notre nation.
Confiance en moi ? Il sait plutôt que ma loyauté va au peuple avant d’aller à son souverain.
- Je comprends parfaitement.
- Je vous laisse donc le choix de former votre escorte et vous engage à la plus grande prudence. Faites attention jeune prince, et que Mani guide vos actions.

Nillviem lui rendit souhaits et salutations et revint à l’Académie sans perdre de temps. Il convoqua son corps d’armes et exposa ses ordres. Le commandement fut confié à son second, et trois de ses soldats furent désignés pour l’accompagner. C’était une manière de montrer à la souveraine des Amazones qu’elle n’avait rien à craindre de lui, mais surtout parce qu’il n’avait besoin de guère plus, de même qu’on ne l’aurait jamais laissé partir seul. L’unité entreprit donc de passer par le portail, artefact béni des dieux pour l’énorme gain de temps qu’il permettait. Ceci sans omettre d’adresser auparavant une prière au dieu lunaire pour la sûreté de leur entreprise et ses conséquences.

Quand le capitaine rouvrit les yeux, il sut qu’il était arrivé à destination. La sensation d’imposante majesté qui l’entourait ne pouvait détromper. Il se trouvait bel et bien en l’enceinte du temple de Freyja, déesse guerrière. Sa puissance était connue de tous, contrairement à celle de Mani, qui restait un dieu mystérieux auprès des autres cultes. Nillviem sentit la présence de ses camarades, qui demeuraient immobiles, laissant leur regard étonné parcourir l’intérieur de l’édifice religieux. Il n’avait en rien les courbes somptueuses du temple druidique, mais sa forme simple et stricte rappelait un sentiment de droiture si fidèle aux Amazones. Quelques religieux interrompirent sa contemplation. Nillviem reprit le contrôle de son esprit et indiqua qu’il désirait entretenir une audience avec leur souveraine. Son tabard et les couleurs que sa garde et lui arboraient n’entretenaient aucune illusion sur son identité. On ne l’interrogea pas sur la raison de sa venue et ce fut sans un mot que l’on envoya quérir plusieurs gardes afin d’escorter sa petite troupe jusqu’au palais. Le druide s’arrêta quelques instants une fois sortit du temple afin d’admirer ce dernier dans son ensemble. Aux yeux du prince, il était sublime non pas par son architecture, mais au travers des émotions qu’il suscitait.
Alors qu’on le conduisait au palais, nombre de questions envahirent ses pensées. Il n’avait jamais rencontré leur nouvelle Reine, et les seules rumeurs qu’il avait entendu à son propos étaient dues au fait de son jeune âge. Etait-elle ferme ? Douce ? Etait-elle aimée du peuple ? Comment réagirait-elle, ainsi que sa Cour, à la venue d’un émissaire, qualifié de traître ? Allaient-ils réellement leur venir en aide ? Sentant que les mêmes interrogations effleuraient l’esprit de ses compagnons, il leur jeta un bref regard rassurant, sachant aussi que la courtoisie primait généralement sur tout autre sentiment. Quelque soit la situation, il savait n’avoir probablement rien à craindre, même si, par nature, il restait méfiant.

Enfin il aperçut le palais, immense, qui s’avérait tout comme le temple, d’une architecture sans grande extravagance mais toujours aussi imposante et majestueuse. L’impression qu’il donnait au jeune homme était sans équivoque, il se sentait écrasé par la grandeur des lieux. Etait-ce là un signe de leur fierté ? De leur orgueil ? Ou bien de leur noblesse ? C’était sans doute une réponse qu’il découvrirait chez leurs résidants. Ayant pénétré dans l’enceinte de la demeure, on le fit patienter plusieurs instants devant la salle du trône. Les paroles qui annoncèrent sa venue parvinrent jusqu’à ses oreilles, après quoi seulement on lui permit d’entrer, néanmoins sans ses gardes. Il s’avança lentement, d’une démarche régulière, et s’arrêta à une distance respectable de la souveraine. Etant d’un rang inférieur à celui de roi, il s’agenouilla et baissa la tête, en signe de soumission. Même s’il ne les distinguait pas, il sentit qu’une multitude de paire d’yeux l’oppressaient de toute part. Il crut même percevoir un sifflement dédaigneux. Encore une fois, il se retrouvait seul, et contre des Nobles, de surcroît… Enfin, il commença en ces termes, d’un ton humble et immuable, bien qu’il y eut des mots qu’il n’aurait pas souhaité prononcer.

- Noble Reine des Amazones, mon nom est Nillviem Fenril, prince du peuple druidique. J’ai été envoyé sur ordre de mon roi, Galdor Fenril.


Sa voix s’éteignit, laissant place à celle d’Idril Calafas, Reine des Amazones.


Dernière édition par Nillviem Fenril le Sam 3 Oct 2009 - 8:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Ven 2 Oct 2009 - 10:22

Une fois n’était pas coutume, mais la nouvelle souveraine du peuple amazone avait décidé de profiter un peu plus longtemps de la chaleur de ses draps en cette froide matinée, renvoyant sans ménagement ceux qui étaient venus l’extirper de son sommeil. La veille avait été éprouvante émotionnellement et l’heure tardive à laquelle elle avait regagné ses appartements ne l’avait pas aidé à récupérer. Le Seigneur Arvaël avait quitté le palais à l’heure qu’il était et Idril se sentait d’humeur morose. Elle s’était inexplicablement attachée au courtisan, si bien que son départ l’avait attristée. Peut être était-ce synonyme pour la jeune femme d’un retour à la routine et à ses devoirs royaux qui pesaient de plus en plus lourds sur ses épaules. Aussi, elle préféra rester plongée dans un demi sommeil, plutôt que de se lever à l’aube comme elle en avait l’habitude. Aucune tâche ne l’attendait en cette matinée du cinquième jour, alors elle pouvait bien profiter de ses appartements un peu plus longtemps.

Lorsqu’enfin elle concéda à abandonner son lit, on vint la prévenir qu’un émissaire druidique était sur le point d’arriver au palais pour lui demander audience. Il n’en fallut pas davantage à la jeune femme pour se sentir de meilleure forme et c’est avec une énergie débordante qu’elle se prépara, à l’aide de ses dames de chambre. Avant de partir pour la salle du trône, elle enfila une robe d’un vert profond, parfaitement assorti à la couleur de ses prunelles qui ressortait encore plus que d’ordinaire, leur donnant un éclat puissant et majestueux. Une ceinture de dentelle dorée vint relever la forme de sa taille, donnant une allure plus raffinée à celle qui ajustait déjà la petite couronne d’or sur sa chevelure laissée libre et tombant sur ses épaules. Après avoir choisi un parfum discret mais suave aux notes boisées, Idril sortit de sa chambre avec la ferme intention de ne pas laisser attendre l’émissaire envoyé par le monarque des Druides. D’un pas aussi déterminé que rapide, elle s’orienta dans les immenses couloirs de sa demeure pour atteindre la salle du trône où elle rendait audience. Un demi sourire satisfait était peint sur son visage : l’arrivée du messager coïncidait parfaitement avec sa décision de la veille, à savoir l’invitation de Galdor Fenril en son royaume. Les quelques réfractaires qui avaient contesté sa position devraient sans doute l’admettre : elle n’était pas tout à fait dans l’erreur, puisque les Druides eux-mêmes prenaient le risque d’entrer en contact avec les ennemis supposés du Seigneur Nordique.

Lorsqu’elle arriva aux portes de la salle, ces dernières s’ouvrirent lentement pour laisser apparaître petit à petit le décor de la pièce déjà remplie. Un héraut proclama son titre et le silence se fit dans l’assemblée. Tandis que la jeune reine s’avançait d’un pas mesuré jusqu’à son trône, les membres de son Conseil s’inclinèrent sur son passage en signe de respect. Quand elle fut installée et que les nobles furent à nouveaux droits et fiers, un valet haut placé dans la hiérarchie des domestiques vint lui murmurer à l’oreille que l’émissaire était arrivé. Elle ordonna qu’on le laissa entrer et le serviteur zélé s’inclina, puis repartit vers les portes de la salle, ordonnant à son tour qu’on fasse entrer le messager. La voix du héraut retentit à nouveau pour annoncer l’entrée de l’émissaire druidique, et les nobles réunis pour une audience sans en connaître ni le demandeur, ni l’objet, échangèrent des regards surpris. Certains allèrent jusqu’à marquer leur dédain par des murmures parfaitement inaudibles. Idril, impassible quant à elle, regardait l’étranger s’avancer d’une démarche maîtrisée et souple. Il n’avait pas le maintien d’un monarque, mais on devinait aisément son ascendance noble et puissante. Lorsqu’il fut à une distance qu’il jugea certainement raisonnable, il s’inclina avec politesse et respect ce qui imposa le silence. Chacun retenait son souffle pour voir de quelle manière la souveraine accueillerait un traître à la Résistance. Sans un sourire, elle invita le jeune homme aux traits princiers à se relever :

« Relevez-vous, enfant de Mani et présentez les raisons de votre présence en ces lieux que nous puissions jugé de la légitimité de votre venue.

Les paroles n’étaient pas très amicales, mais le timbre avec lequel Idril avait prononcé ses propos n’était ni violent, ni amère. Elle ne voulait pas se montrer trop amicale avec un sympathisant du Seigneur Nordique, mais pas non plus hostile sachant pertinemment que les opinions d’un peuple n’étaient pas toujours imputables à chaque personne. Et puis surtout, elle avait des attentes vis-à-vis de cet émissaire. Des attentes qui ne demandaient qu’à se concrétiser. Le Druide prit à son tour la parole, répondant aux interrogations de la suzeraine avec humilité et calme, ignorant le mépris de certains nobles qui l’observaient avec un œil critique. Il se présenta comme le prince Nillviem et des chuchotements reprirent derrière son dos. Ainsi, le prince destitué de son droit de régner était celui qui s’était présenté à la cour des Amazones. Idril, qui ne connaissait ni Galdor, ni son cousin, avait une certaine compassion pour ce dernier. Mais, il n’avait sûrement pas conscience de la chance qu’il avait de ne pas porter sur ses épaules le poids de la royauté. Néanmoins, la jeune femme dissimula habilement ses pensées pour ne pas infliger une humiliation à son hôte, ce que certains nobles ne se retiendraient pas de faire certainement après l’audience. Mais pour l’heure, le silence était retombé sur la salle et Idril se chargea de répondre à Nillviem, d’une voix un peu plus courtoise que précédemment :

- Soyez le bienvenu en nos Terres, Prince Nillviem, durant toute la durée de votre séjour. Quelles raisons ont intimé à votre suzerain de vous envoyer quérir une audience à notre Cour ? »

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Nillviem
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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Sam 3 Oct 2009 - 9:37

Les inquiétudes du jeune prince s’apaisèrent. Il avait craint une certaine animosité de la part de la souveraine des Amazones, néanmoins ce ne fut pas l’impression qu’il eut d’elle. Vêtue d’une robe simple et pourtant sublime, il émanait de la jeune femme une prestance qui semblait naturelle. Elle était assise sur son trône dans une posture qui n’avait rien d’arrogante et de méprisante, au contraire elle semblait posée et dotée d’une certaine froideur, au premier abord. Mais le druide percevait l’ardeur d’une détermination implacable parcourir tout son être. En réalité, il le ressentait plus qu’il ne le déduisait. Les Druides étant un peuple très sensoriel, percevoir et sentir un trait de caractère chez une personne était une faculté très développée, probablement grâce à leur seconde nature animale. Ainsi, plutôt que de chercher à analyser celle-ci dans un silence observateur, chose plus commune aux Ombres, il arrivait qu’ils puissent entrevoir un caractère dominant, qui s’exprimait plus nettement.
Il aurait paru fortement impoli que le prince s’attarde à détailler la reine, c’est pourquoi il préféra reporter son regard vers le somptueux tapis qui s’étendait à ses pieds. Il prit quelques secondes pour réfléchir aux propos qu’il allait formuler, conscient du poids qu’il détenait en tant qu’émissaire.

- Je remercie votre Majesté pour son aimable accueil. La raison qui m’amène au sein de votre demeure n’est autre qu’une maladie dévastatrice qui ravage nos terres en ce moment même.

Il laissa ses mots en suspens un court instant, afin d’être pleinement attentif à la réaction de ses auditeurs. Le savaient-ils déjà ou leur apprenait-il cette information ? Probablement pas. Si le peuple druidique était au courant du développement fulgurant de l’épidémie, il ne voyait aucune raison pour que les contrées amazones ne le soient pas. Il ne les jugeait pas moins informées que le territoire de Mani. Cependant il choisit de développer ses propos et enchaîna en ces termes.

- Notre bétail est en effet frappé par une épidémie fatale qui a déjà décimé de nombreux animaux. Cette maladie progresse rapidement, et notre peuple redoute le pire. Il a été rapporté à notre souverain par un berger nomade, qu’un phénomène similaire sévissait en terres amazones. C’est donc la raison pour laquelle il a décidé de m’envoyer. Je suis présent en ces lieux pour quérir votre aide, fier peuple Amazone. Je suis ici dans l’espoir que nous puissions établir une entente qui rassemble nos intérêts communs. Je me présente dans une totale humilité, et me soumets à votre décision.

Paraître irrespectueux ou trop entreprenant était la dernière chose qu’il souhaitait. Aussi espérait-il avoir suffisamment modéré ses paroles. Après tout, peut-être dramatisait-il la situation ? Il n’avait aucune idée de la gravité de l’endémie ici. Seulement, les cas d’infection qu’il avait pu constater auprès des éleveurs druidiques lui avaient paru véritablement alarmants. L’horreur qu’inspirait l’état des troupeaux atteints était insupportable. La souffrance continuelle qu’ils éprouvaient suintait de leurs plaies et s’échappait de leur gueule béante. Les pâtres étaient désemparés, et leurs plaintes parcouraient les villages « Quelle infamie les dieux ont-ils jeté sur notre peuple ? Si ce n’était leur colère, quel être serait animé d’une volonté capable d’infliger un tel fléau ? » Certes quelques mesures visant à ralentir la propagation du mal avaient été prises, mais ce n’était pas suffisant. Nillviem en était conscient. Les jours précédant, il s’était aperçu qu’il n’avait aucune solution à proposer, et ce n’était pas faute d’y avoir réfléchi. Il réalisait les enjeux de sa venue, et la décision de son cousin, qui avait su réagir. Mais comptait-il vraiment sur lui pour obtenir l’aide de leurs voisins ? Ou n’était-il simplement qu’un messager servant à préparer la venue de son roi ? Etait-ce là un avantage pour Galdor d’avoir une personne de son statut ? Un prince qui ne régnait pas était tout de même un membre de la famille royal. Son rang lui donnait plusieurs avantages et justement, le fait qu’il ne soit pas roi permettait qu’on puisse le perdre.
Le jeune homme mit fin à ses pensées contradictoires. Il était là pour son peuple, il ne devait pas l’oublier.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Dim 4 Oct 2009 - 20:29

Tandis que le prince druidique se relevait et adressait ses remerciements à la jeune suzeraine qui lui faisait face, cette dernière releva machinalement son bras droit pour venir encadrer le bas de son visage par son puce et son index. Elle avait pris l’habitude d’adopter cette mimique quand elle s’autorisait à observer sans cacher sa curiosité les éventuels interlocuteurs qui venaient lui demander audience. Tout en écoutant l’émissaire de sang royal lui expliquer les raisons de sa venue au royaume des Enfants de Freyja – à savoir, comme elle l’avait deviné, l’épidémie qui sévissait dans les contrées de Sudorna – Idril le détailla d’un œil critique. Du temps de sa mère, elle ne se souvenait pas avoir déjà fréquenté la famille royale des Fenril. Bien que relativement en bons termes avec le peuple métamorphe, les Amazones n’avaient jamais ressenti le besoin, ni l’envie de pactiser davantage avec leurs voisins, préférant se tourner vers les Ombres avec qui ils entretenaient des relations plus qu’amicales depuis plusieurs générations. Cependant, il était presque certain qu’elle avait déjà dû croiser le prince par le passé mais sa mémoire refusait de lui confirmer ou de lui infirmer cette hypothèse. Nillviem avait le charme sauvage des habitants de Sudorna, couplé à une prestance naturelle liée à son calme et à sa sérénité. Tandis qu’il parlait avec une maîtrise parfaite de ses émotions, Idril se concentra sur le contenu de son discours, posant ses deux mains jointes sur le bas de son ventre.

Comme l’en avait informé sa conseillère Liva la veille, le peuple druidique devait lui aussi faire face à une violente épidémie qui décimait son bétail. Le visage impassible, la jeune reine réfléchissait à toute vitesse au fur et à mesure que le prince débitait son discours. Si le monarque Fenril lui-même avait jugé que la situation était bien trop critique pour se passer de l’aide des ennemis supposés du Seigneur Nordique, alors tout portait à croire que les Amazones devaient en penser tout autant. Lors du Conseil de la veille, Idril avait évoqué la possibilité de convier les Druides à se joindre à eux pour débattre et chercher des solutions, ce qui avait provoqué un tollé parmi ses conseillers. Bien que certains eussent compris la légitimité d’une telle mesure, d’autres en revanche ne voyaient dans cette proposition qu’un rapprochement abject des traîtres au serment des Sept Compagnons. Dans un contexte aussi tendu, il était rare que des opposants se rencontrent sans amertume. Mais la jeune reine, bien qu’animée par un profond désir de justice, voire de vengeance, à l’encontre du seigneur Bennefoy, ne pouvait se résoudre à fermer ses portes entièrement à ceux qui ne s’étaient pas ralliés à la Résistance, sous peine d’empoisonner ses terres et son peuple par simple idéologie. Les Druides avaient fait le premier pas, au risque de froisser le tout puissant Seigneur Nordique. Il n’était pas question que les Amazones ne leur tendent pas la main, surtout qu’une telle entente serait tout aussi bénéfique aux enfants de Freyja.

Lorsque le prince métamorphe se tut, Idril se redressa instinctivement dans son fauteuil comme pour regarder la scène sous un autre angle. Elle resta quelques instants silencieuse, comme le reste de l’Assemblée, réfléchissant aux paroles qu’elle allait prononcer pour répondre à la requête de son interlocuteur. Les nobles de sa Cour s’attendaient sûrement à ce qu’elle accueille cette demande les bras ouverts, au regard de sa prestation lors du Conseil de la veille. Cependant, la jeune femme n’en avait pas vraiment l’intention. Elle était certes sur la même longueur d’ondes que l’émissaire, mais étant donné la position souveraine que leur procurait cette requête de la part du roi des Druides, il n’était pas question de donner satisfaction dès le premier échange au prince. Idril releva quelque peu son menton et prit la parole d’une voix toute aussi calme que celle de son hôte.

« Vos sources sont exactes, Prince. Il nous a également été rapporté qu’une étrange maladie décimait nos bêtes dans le sud ouest du Royaume. Selon vos dires, dois-je comprendre que le virus se propage de manière anormale sur vos terres ? Je doute fort que votre monarque vous envoie quérir une audience pour une simple petite épidémie, d’autant plus qu’il s’agit de venir trouver un soutien auprès d’un peuple dont vous n’avez pas rallié la cause. »

Les prunelles d’émeraude de la jeune femme brillaient d’un éclat puissant, fixant avec insistance le prince druidique. L’allusion était cinglante, bien que les propos de l’Amazone fussent prononcés d’une voix douce et compatissante. Il était certes courageux de venir jusqu’en royaume ennemi pour demander l’aide de ceux à qui on avait tourné le dos. Ou peut être complètement inconscient ou désespéré. Idril n’avait pas l’intention de ne pas saisir l’opportunité de s’allier aux Druides, d’autant plus que les Amazones avaient eux aussi besoin de leur soutien. Néanmoins, il n’était pas inutile de rappeler que les deux peuples appartenaient à des clans différents pas encore réellement définis, mais bel et bien amorcés. Dans l'Assemblée, des murmures de satisfaction furent chuchotés pendant quelques secondes, avant que le silence ne se réinstalle progressivement pour laisser le prince Nillviem répondre à son tour.

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Nillviem
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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Sam 10 Oct 2009 - 16:27

Il y avait peu de choses d’ordre politique qui avaient su captiver l’attention de Nillviem durant son éducation. Le tuteur qui lui avait enseigné les relations entre les peuples gwendiriens était l’un des rares à pouvoir dire que son élève était un passionné de politique… Ainsi pour le jeune homme, ces relations étaient la base de tout échange, qu’il soit culturel, marchand ou autre. Et il y accordait une grande importance. Bien sûr, il avait appris au fil du temps que les convenances sociales ne permettaient pas une approche si facile. Les usages qui liaient les souverains étaient difficilement contournables, notamment si l’on se pliait à l’avis général. Et les « jeux » de la Cour, comme il désignait les manières et l’influence que détenaient les Nobles, étaient sans doute ce qu’il abhorrait le plus. Aussi, lorsque la reine Idril s’apprêta à rejeter le silence qui s’était calmement installé, il se figea instantanément, prêt à accueillir ses paroles. D’un ton serein et d’une voix douce qui tranchait avec ses propos lourds de sous-entendus, la souveraine avait prouvé qu’elle n’était point naïve.
Même si elle n’avait rien d’hostile, sa réplique cinglante fit crisper le jeune homme l’espace de quelques secondes. Mais ce fut surtout la qualification ironique de l’épidémie qui le froissa davantage, même s’il n’en montra rien. Son peuple souffrait c’était une évidence, et un affront de le nier. Certes il ne pensait pas que ce soit l’intention de la reine. Il ferma les yeux un court moment, une habitude qu’il avait prise lorsqu’il tentait d’évacuer certaines émotions, de retrouver un calme qu’il était sur le point de perdre.

Ses souvenirs se faufilèrent jusqu’à sa conscience et accrochèrent son attention. Il réprima un sourire en songeant à sa sœur qui, ayant été à sa place, aurait dû faire un effort considérable pour éviter de bondir sur la jeune femme qui aurait osé parler ainsi. Aelalia … se pouvait-il qu’elle soit ici ? Après tout, n’avait-elle pas quitté les terres de Sudorna pour rejoindre les rangs de la résistance ? Nillviem s’empressa de refouler de telles pensées. Ce n’était pas le moment propice à ce genre de réflexions. Néanmoins pourquoi l’idée ne lui était-elle pas venue plus tôt ? Qu’importe. S’il n’avait toujours pas de nouvelles d’elle, c’est qu’elle n’avait probablement aucune envie de lui en faire parvenir. Il garda tout de même ses songes dans un recoin de son esprit, le temps d’y réfléchir lui serait accordé plus tard. Sa concentration revint, avec un peu d’aide, se recentrer sur la situation à laquelle il faisait face.

Ce qui n’empêchait pas le prince de tendre vers une certaine confusion. Quel était réellement l’avis de la souveraine amazone ? Même s’il ne s’était pas attendu à un consentement soudain, les dires de la jeune femme avaient soulevé cette question essentielle. S’il se devait de présenter ses intentions sans un quelconque détour, la reine en revanche, n’avait pas à répondre de cette obligeance. C’était là l’avantage d’accueillir. S’il y avait une seule qualité qu’il avait véritablement admiré chez la défunte reine Faldora, c’était son aisance à se soustraire aux convenances.
Il tentait de retrouver le fil de ses pensées, mais ses sens l’attirèrent vers un bruit étouffé, qui sinuait parmi les membres de la Cour. Il laissait une impression de satisfaction aux oreilles du prince. Et si les propos de la dirigeante Amazone n’étaient qu’un moyen de détourner les avis de ses sujets ? N’étant que peu habitué aux audiences royales, du moins pas par le biais de l’émissaire, il n’était pas en mesure de confirmer ses soupçons. Mais ces derniers, cependant assez forts pour le druide, purent donner appui à ses arguments naissants. Le regard que lui portait la souveraine était pesant et quelque peu perturbant, néanmoins il suscitait un respect profond. Nillviem le soutint sans insolence, et se décida enfin à répondre.

- Si en effet cela est vrai, cette épidémie n’en est que plus dangereuse.

Qui sait si la maladie ne risquait pas aussi de se propager de manière singulière au sein du territoire amazone ? Ou si ce n’était pas déjà le cas ? Il préférait rester prudent par manque d’informations. La situation étant assez ambiguë inutile qu’il s’avance davantage. De plus, l’image qu’il donnait de son peuple était suffisamment faible et impuissante pour qu’il en rajoute. C’était une sensation désagréable qui s’emparait de lui. Il ne devait pas s’impliquer personnellement, il ne devait pas donner un avis propre, du moins il n’en était pas censé. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait. Seule sa raison l’empêchait de débattre pleinement avec la souveraine Amazone. Certes, mais il ne pouvait laisser passer sa réplique cinglante sans rien répondre. Il fit une nouvelle fois appel à ses souvenirs pour se remémorer les bruits qui couraient sur lui, divulgués par les Nobles druides. Quelle ironie qu’il doive se servir de ces commérages méprisants pour soutenir ses propos. Le jeune Prince se tint droit, sans pour autant chercher à paraître arrogant ou supérieur, mais bien pour prouver qu’il ne se déroberait pas sur le sujet. Il porta pour la première fois un long regard scrutateur sur l’Assemblée qui l’entourait, puis revint sur la jeune reine qui lui faisait face.

- Quant à la position politique de mon peuple, je ne suis pas en mesure d’en débattre. Cependant, j’en réponds pleinement.

Sa voix calme et posée ne contenait aucune ironie. Il n’était pas vraiment le genre à en user couramment et certainement pas dans cette situation. Il ne voulait pas se montrer hostile, mais démontrer qu’il soutenait la cause de son peuple, quelque soient les circonstances. Ses souhaits et ses espoirs reposaient entièrement sur le jugement des enfants de la divinité guerrière, Freyja.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Jeu 15 Oct 2009 - 10:52

Les propos lourds de sous entendus de la suzeraine ne laissèrent pas le prince druidique indifférent, à ce qu’elle pouvait en juger par sa simple observation. Contrairement à ce dernier, Idril pouvait se permettre de le contempler pleinement sans cacher ses intentions. Lorsqu’elle évoqua une « simple petite épidémie », elle crut voir l’émissaire de sang royal se crisper, mais ce fut si court qu’elle ne pouvait jurer de rien. A bien l’observer, Idril sentit que le jeune homme qui lui faisait face s’impliquait bien plus émotionnellement dans cette affaire que n’importe quel conseiller de sa propre Cour. Peut être était-ce la proximité qui unissait les Druides et les animaux qui encourageait une telle prise de position émotionnelle. Ou peut être était-ce le fait que Nillviem Fenril se sentait plus que concerné par les affaires qui touchaient son peuple, peuple qu’il aurait dû gouverner dans l’ordre logique des choses. Il ferma les yeux quelques instants, comme pour se concentrer et faire abstraction des murmures indécents qui parvenaient de l’assemblée qui l’entourait et qu’Idril n’avait pas l’intention de faire taire pour le moment. Machinalement, elle releva une nouvelle fois son bras droit pour venir encadrer le bas de son visage par son puce et son index, sans cesser de jauger l’émissaire qui se débattait avec des réflexions intérieures. Finalement, il rouvrit les yeux et soutint le regard d’émeraude de la reine qui lui faisait face, sans qu’elle n’ait pu y lire la moindre trace d’insolence ou d’irrespect. Ses sourcils se froncèrent légèrement, traduisant son implication dans la conversation. Le prince reprit finalement la parole, d’une voix mesurée. Il indiqua clairement que ce n’était pas une « simple petite épidémie » et qu’elle paraissait dangereuse aux premiers abords. Il se tût quelques instants, porta un regard critique sur l’Assemblée avant de redonner toute son attention à la souveraine et de répondre posément au pique concernant la position politique de son peuple. Idril plissa imperceptiblement son œil gauche comme pour fixer davantage le prince qui lui faisait face et qui attendait à présent sa réaction. Elle posa ses deux bras sur les accoudoirs de son trône et rejoignit ses mains dont les doigts s’entrelacèrent. Elle jaugea à nouveau son interlocuteur, laissant le temps aux murmures d’indignation de l’Assemblée de se propager dans la salle.

Idril n’aimait guère la réponse du prince Nillviem. Du moins, elle ne pouvait pas l’apprécier car elle ne remettait pas en cause la prise de position du peuple de Mani. Or, ce qui aurait mis dans de bonnes dispositions la jeune femme, c’est davantage d’humilité quant à cette décision. Néanmoins, outre ses convictions personnelles, elle devait reconnaître que la réponse était parfaite. Assurément, et même si Nillviem partageait l’opinion de son monarque, il n’avait aucunement le droit de le défendre devant une assemblée qui ne partageait pas les mêmes idéologies, sous peine de se faire lyncher et de faire échouer les négociations. Pourtant, il était également de son devoir de ne pas prendre parti publiquement contre la décision de Galdor Fenril. Idril aurait sans doute davantage rabroué l’émissaire s’il avait fait preuve de déloyauté, plutôt que s’il avait clairement revendiqué les opinions de son peuple. La neutralité de ses propos était des plus respectables, d’autant plus que Nillviem n’hésitait pas à spécifier qu’il répondait pleinement du choix de son peuple et Idril hocha finalement la tête pour donner son approbation. Toujours sans se départir de son air austère, la jeune femme répondit vivement à son interlocuteur, déclenchant des murmures plus mesurés que précédemment au sein de l’Assemblée :

« Bien évidemment, les conséquences des décisions de votre suzerain ne peuvent pas vous être imputées. Et l’opinion d’un peuple tout entier ne peut être créditée à chacun de ses représentants. Cependant, vous l’aurez deviné, nous ne sommes pas naïfs. J’ose espérer que les vôtres sauront tenir compte de nos divergences, et des coûts moraux que cela implique, si d’éventuelles négociations venaient à aboutir.

Elle fixa intensément le Druide pour s’assurer que son message était clair.

- Et comme vous nous l’avez rappelé, nous ne sommes pas là pour débattre des choix de votre monarque, bien que nous insistions sur la prise en compte de nos désaccords. Alors, reportons notre attention sur les raisons de votre venue, si vous le voulez bien. Qu’attend votre suzerain de notre part ? Une entente pour endiguer la propagation du virus peut être ? Expliquez-vous, je vous en prie. »

Les jeux étaient faits. Idril ne s’était pas gênée pour faire comprendre à son interlocuteur que venir en aide à un peuple qui ne partageait pas leur idéologie avait un coût non négligeable. Néanmoins, elle avait décidé d’axer la conversation sur l’épidémie essentiellement à présent, en espérant que Nillviem profiterait de ce prétexte pour ne plus avoir à justifier les décisions de son peuple.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Sam 24 Oct 2009 - 20:35

Le doute s’insinuait d’un air sournois parmi les pensées du jeune homme. A vrai dire, tout ce qu’il attendait depuis le début de cette entreprise était qu’une faille s’ouvre, aussi infime qu’elle soit, dans l’esprit de Nillviem. Ainsi il pourrait s’y engager et s’y développer, et, avec une discrétion qui lui était propre, anéantir lentement la confiance que le prince portait en sa cause et ses propos. Déjà, ses artifices avaient commencé leur ouvrage.
Dans un premier temps, le druide gardait contenance face aux murmures d’indignation des membres de l’Assemblée, et un certain sentiment de satisfaction naissait en son intérieur. Etait-ce de la fierté ? Du soulagement quant à la réplique qui s’était avérée moins virulente qu’il l’avait craint ? Il ne put trouver son origine car ce sentiment se mua rapidement en un autre, qui portait un revêtement totalement différent. Le silence qui finit par dominer la salle lui conféra davantage d’ampleur. Avait-il bien fait de proférer de tels propos ? Et si les négociations échouaient suite à ses dires ? Pourtant, ses paroles n’étaient pas insolentes ; mais certes, pouvaient irriter les plus traditionnalistes qui n’avaient pas digéré la position qu’avaient adopté leurs voisins. Gardant une expression impassible, il attendait en réalité la réaction de la reine, qui se faisait désirer un peu plus à chaque seconde qui passait. Enfin, elle hocha la tête et délivra des paroles justes emplies d’une sagesse qui étonna le prince. Il observa la jeune femme d’un œil nouveau, avec une impression de recul, et d’un calme mesuré qui traduisait sa curiosité.

Le regard insistant de la reine perça ses pensées d’une voix sourde. Oui, il avait parfaitement compris le message. Ces derniers mots étaient clairs. Si les druides voulaient établir une négociation, ce ne serait pas sans respecter leurs conditions. Et sur ce point il était tout à fait d’accord tant que ces conditions ne nuisaient pas à son peuple, ce qui était sans doute peu probable d’après les premières impressions qu’offrait la dirigeante amazone. D’ailleurs, il n’était pas en mesure d’infirmer ou de confirmer ces « coûts » une fois établis. Il devrait se contenter de les rapporter à la Cour druidique s’ils étaient énoncés. L’émissaire mémorisa donc cette phrase avec plus d’attention. Ainsi, pour formuler sa compréhension, il acquiesça d’un signe de tête avant que la suzeraine ne poursuive son discours. Des propos qui enlevèrent un autre poids de ses épaules. Elle avait choisit de recentrer l’échange sur la raison de sa venue, et non la position de son peuple, bien qu’elle importait. C’était une question qui, pour l’instant, ne requérait plus la préoccupation du druide. Mais il devait désormais exposer quelles idées le roi avaient en tête.

Plus tôt dans la matinée, après s’être vu confié une mission par le conseiller Niarus Faldor et après avoir informé son corps d’armes de son départ, un messager était venu lui expliquer les détails de sa mission. Détails qu’ils devaient maintenant restituer en toute exactitude s’il voulait prouver la sincérité de son peuple, la franchise de sa cause.

- Si mon roi réclame votre aide, c’est en raison de sa volonté à vouloir joindre nos efforts pour une cause commune. Ses souhaits ne sont autres que de rassembler nos informations quant à l’évolution de cette épidémie, et partager nos ressources pour tenter de trouver le plus rapidement possible un éventuel remède au fléau. De même, il tient à renforcer notre effectif d’érudits qui mènent une étude pour tenter de comprendre l’origine de cette maladie.


L’amorce du règne de la Terreur qui s’était emparé du Gwendir avait conduit les Druides à devenir progressivement un peuple méfiant. Or, si pour eux cette calomnie était un fléau des dieux, une pensée sourde se reflétait sur la plupart des esprits. Etait-ce un fléau qui tombait directement de la main d’une divinité du panthéon, ou était-il passé par les mains viles d’un de leur représentant… cette réflexion avait-elle effleuré le peuple Amazone ? Voilà une interrogation qui persistait dans les pensées du jeune homme. Lui ne pouvait qu’approuver ces recherches, mais espérait qu’elles n’aboutiraient pas sur un dénouement qui inclurait un responsable particulier. Y’avait-il seulement un être capable d’une telle chose ? Il éprouvait quelques difficultés à s’en convaincre, et si c’était malheureusement le cas, que ce dernier ne croise jamais la route du prince druide. Mais c’était une faible possibilité qu’il fallait simplement envisager.

Avant de laisser la parole à la reine, il se devait néanmoins de lui faire comprendre que lui, ou son roi, n’étaient pas dupes et que l'alliance était nécessaire pour les deux partis :

- Mais la lutte ne pourra s’avérer efficace seulement si la collaboration de nos deux peuples porte ses fruits.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Lun 2 Nov 2009 - 17:36

Le regard perçant et insistant de la souveraine amazone s’attarda longuement sur le prince supposé ennemi qui s’était jeté dans la gueule du loup en venant quémander une audience au plus radical des peuples du Gwendir. Ou plutôt dans la gueule des Loups qui l’encerclaient presque, l’épiant avec une curiosité malsaine et n’attendant qu’un seul faux pas pour ne faire qu’une seule bouchée de lui. Car tels étaient les nobles constituant la Cour d’Idril Calafas, la plus jeune reine du continent. Elle était le seul espoir du prince. S’il parvenait à gagner ses faveurs, il serait certain de repartir la tête haute, quoiqu’aient pu dire ses conseillers et ses ministres. Mais si par malheur, il venait à la froisser, toute négociation serait vaine et inutile. En avait-il seulement conscience, alors que les prunelles d’émeraude de la jeune femme ne cessaient de le juger, sans ciller, sans montrer la moindre trace de compassion ou de dédain ? Le visage de la souveraine du peuple cavalier avait cette particularité si déroutante, celle qui rendait impossible de lire les émotions dans les traits, néfastes ou favorables, tant qu’elle jugeait opportun de dissimuler ses sentiments. Seul son regard, puissant et profond, pouvait donner une idée, un infime indice quant à ses pensées. Le Seigneur Arvaël en avait fait les frais la veille, avant qu’il ne parvienne à dérider le visage juvénile de la suzeraine. C’était au tour du prince druidique de se voir confronter à l’impassibilité de la jeune femme, à sa fermeté et à sa froideur. Pourtant, dans ses iris ne se reflétait nulle trace d’arrogance ou de mépris. Ce fut avec une attention particulière qu’elle écouta Nillviem expliquer les raisons concrètes de sa venue et les attentes de son souverain. Idril hocha la tête à plusieurs reprises, ne laissant rien transparaître de plus dans son comportement. Alors qu’elle réfléchissait à la tournure des phrases qu’elle allait énoncer en guise de réponse, l’émissaire de sang royal ajouta par précaution une petite remarque quant à la légitimité de cette alliance incongrue entre peuples ennemis. Idril plissa les yeux et fixa le jeune homme droit dans les yeux. Si elle avait souhaité insister sur le fait que l’éventuel soutien au peuple de Mani n’était pas anodin pour les opposants du Seigneur Nordique, Nillviem, en retour, ne cacha pas sa clairvoyance quant à l’intérêt de la collaboration. Les deux peuples avaient mutuellement besoin d’aide et de soutien et le prince n’était pas sans l’ignorer. La monarque écarta les mains qu’elle avait précédemment jointes et retourna les paumes vers le ciel pour accentuer sa réponse :

« En définitive, nous sommes des compagnons d’infortune, liés par les poings et les pieds, l’un à l’autre ?

Idril prit appui sur les accoudoirs de son trône, aussi magnifique qu’inconfortable, et se leva avec une lenteur mesurée. Elle croisa les bras en dessous de sa poitrine et ne laissa pas le temps à son hôte de prendre la parole.

- Et même si je rejoins les souhaits de votre monarque quant à une éventuelle alliance intellectuelle et scientifique, je doute fort qu’un simple colloque de têtes pensantes parviendra à résoudre le problème dans les plus brefs délais.

Elle descendit avec prudence les quelques marches de l’estrade où son trône reposait, soulevant sa robe avec délicatesse pour éviter que ses pieds ne se prennent dans les innombrables jupons invisibles à tous les regards, mais existant bel et bien. Elle marcha en direction du prince, le dépassa de deux pas, se retourna et lui indiqua :

- Il nous faut davantage de collaboration, sans quoi, nous ne parviendrons à rien. Je souhaite une harmonisation des pratiques visant à endiguer la propagation du virus. Quelles sont vos méthodes actuelles ? Avez-vous pu découvrir quoique ce soit qui nous permette de prendre telle ou telle décision ? Prince Nillviem, avez-vous la moindre idée ou hypothèse quant à l’origine de cette épidémie ? »

Elle le fixa une nouvelle fois avec cette attention particulière, comme si elle sondait ses pensées les plus intimes, ses intentions les plus profondes. Avant qu’il n’ait pu envisager de répondre, elle lui intima silencieusement de la suivre, alors qu’elle s’éloignait du cœur de la salle, en direction des grandes portes de chêne. Elle voulait l’emmener au-delà des murs de cette pièce si officielle, vers le cœur du palais d’où il pourrait observer les plaines de Fazor s’étendre sous ses yeux …

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Sam 7 Nov 2009 - 16:33

L’espace d’un instant, Nillviem avait inconsciemment fait abstraction du rang qui l’éloignait de la jeune amazone. Même si sa remarque était juste et qu’elle était nécessaire d’être mentionnée pour éviter toute inégalité, il l’avait exprimée en faisant cette « erreur ». Une erreur que lui reprochait sans cesse la Cour druidique, qui la trouvait inconvenable et surtout inconcevable. Une erreur qui s’accrochait inlassablement à ses propos et pensées lorsqu’il s’adressait à autrui, résidant et originaire des terres druides, qu’il soit noble ou citoyen. Enfin, une erreur condamnée par certains, jugée pour un manque de courtoisie et de respect. Pourtant ces valeurs étaient indéniablement présentes dans l’esprit du prince. Seulement elles n’intervenaient pas dans ses dires et son jugement. Il respectait la souveraine qui se tenait devant lui tout autant qu’il respectait son propre roi, même s’il n’était pas vraiment conciliant avec ce dernier. Or, comme souvent, il avait tendance à se donner entièrement dans la défense de sa cause, et de ce fait oublier la situation dans laquelle il se trouvait. Et par la suite se replonger dans cette ambiance malsaine, où chacun de ses faits et gestes étaient enregistrés, et critiqués à souhait. Nillviem soutint le regard incroyablement perçant de la reine. En revanche, impossible de décerner la moindre émotion sur ses traits nobles. Il se contenta de ne pas laisser son attention dévier de sa cible, reprenant conscience de cette oppression occasionnée par toutes ces paires de pupilles le fixant intensément. Le temps passé sous silence faisait de cette gêne un picotement incessant, qui tiraillait le calme du prince. Il soupira silencieusement, ferma les yeux une courte seconde et repoussa cette sournoise attaque hors de son esprit. Faites attention. Il croyait entendre la voix du conseiller druidique souffler dans son dos. Quel soulagement pour le peuple s’il parvenait à gagner le soutien temporaire des Amazones. Mais quelles seraient les conséquences dans le cas d’un refus ? Actuellement, les relations entre leurs peuples étaient inexistantes, mais aucune hostilité ne régnait. Les uns n’avaient nul appréhension pour leur voisin tandis que les autres étaient profondément déçus, et certainement mécontents quant à la prise de position du peuple frontalier. Cependant, si une réponse négative était renvoyée aux druides, nul doute qu’une extrême froideur et une rancœur inévitable s’installeraient au cœur de leurs relations déjà suspendues.

Puis, la réponse de la jeune femme retentit. S’il imaginait les sourires moqueurs se dessiner sur les visages satisfaits des nobles orgueilleux, il baissa néanmoins la tête, pliant sous cette ironie cinglante. Bien sûr qu’il ne voyait pas la situation de cette manière, mais il n’avait rien à répondre à une telle réplique. Encore valait-il mieux qu’il ne se prononce pas, s’il ne souhaitait pas aggraver sa position. Son expression se contracta de manière imperceptible, il pensa aussitôt avoir définitivement perdu un point dans cet échange. Convaincu qu’il allait devoir se rattraper, il redressa lentement la tête. Ainsi il ne put totalement dissimuler le sentiment de surprise qui s’empara aisément de ses traits lorsque la reine se leva, avec un calme parfaitement maîtrisé. Accompagnant l’exclamation, les lèvres du druide s’entrouvrirent légèrement, mais le son qui désirait en sortir fut contenu. Cela marqua un changement général. Elle avait pris une décision qui, même n’étant pas encore révélée, imposait un silence prononcé. Une concrète observation vint d’abord subtiliser l’attention de la salle. Nillviem en reconnut la justesse et la portée, et il fut rassuré quant aux impressions hâtives qui l’avaient premièrement inquiété face à ses paroles précédentes. Sa dernière phrase fut tenue en suspens mais le jeune homme se garda bien de répondre. Elle avait probablement une idée qu’il se devait de lui laisser exposer. La surprise, qui s’était amusée à semer un semblant de confusion dans ses pensées, quittait à peine son visage quand la reine entreprit de descendre de son trône. Le druide suivit le mouvement de sa robe aux teintes d’émeraude. Il ne trouvait pas le temps de réfléchir et préféra donc se focaliser sur l’instant présent. La souveraine amazone venait vers lui. Il laissa son regard vacant, en évitant de s’attarder sur elle. Le contraire aurait pu paraître impoli… à vrai dire il n’en savait rien, ce changement de situation le voyait quelque peu désemparé. Nillviem ne se retourna pas immédiatement lorsque la reine le dépassa. Son parfum l’avait effleuré. Doux et particulièrement envoûtant. Il lui rappelait l’odeur d’une forêt, alors que le bois est encore frais d’un matin de rosée. Se détournant de cette agréable image, il fit face à la reine. Le prince acquiesça à ses premières paroles, en comprenant pleinement l’intérêt. Les questions qui suivirent lui firent un étrange effet, qui rompait avec la formalité jusque-là usuelle. Toutefois il ne put aussitôt y songer, son regard était plongé dans celui d’Idril. Un regard profond, d’une puissance imposante qui, il en était certain, pouvait faire plier de nombreuses volontés. Il sentait son influence, cette impression d’être observé sans tenir compte d’une quelconque barrière. Le prince sourit intérieurement à cette pensée. Pouvait-on deviner ce qu'il ressentait réellement ?

Encore une fois, il sentit poindre la surprise lorsque la reine lui intima de la suivre, mais il ne se fit pas avoir à nouveau. Elle fut donc réprimée avant de parvenir à s’approprier ses traits. L’émissaire ne réalisa pas instantanément mais petit à petit ce que lui offrait la souveraine. Un entretien privé. Un moyen de le laisser s’exprimer avec plus de liberté, sans autre pression que la sienne. C’était donc là sa décision. En cet instant, la reine Idril Calafas monta hautement dans l’estime du druide. Alors qu’elle se dirigeait vers les immenses portes de la salle, le jeune homme lança un dernier regard au troupeau de nobles maintenu dans le silence. Une lueur de défi, dissimulée avec soin, logeait dans ses yeux de fauve. Tous les mêmes. Des vautours sournois au regard hautain dont les paroles étaient bien trop conséquentes. Mais désormais, ils n’avaient plus leur mot à dire. C’est sur cette pensée, à laquelle vient se joindre l’espoir de gagner la cause de son peuple, que Nillviem s’engagea à la suite de la reine amazone...

Les portes de la salle du trône se refermèrent lentement et les deux battants de chêne se rencontrèrent dans un bruit serein d’isolement. Le silence s’empara brusquement des deux jeunes gens, tandis que l’esprit du druide semblait se libérer d’une étreinte invisible. Il avait presque oublié ses gardes qui patientaient non loin, et une exclamation de surprise, bien familière pour le prince, s’étendit sur leur visage. Ils s’approchèrent de leur capitaine, regardant à tour de rôle ce dernier et la jeune femme qui le précédait. Leurs pas furent stoppés par le geste vif du druide, qui leur adressa un bref regard, le plus rassurant possible, en leur faisant signe d’attendre. Il devinait à quel point ils devaient être intrigués, mais le moment n’était pas venu de leur raconter l’entretien, car celui-ci n’était pas encore terminé, et son issue n’était pas définie. Le prince suivait toujours la reine, légèrement en retrait, quand il se souvint qu’il n’avait pas répondu aux questions qu’elle lui avait posé. S’il n’avait pas eu le temps d’y remédier, voilà qu’il en avait l’occasion.

- Je remercie sa Majesté de m’offrir une telle entrevue. Si je puis me permettre, je souhaite apporter une réponse à vos précédentes interrogations. Les mesures visant à endiguer le début du phénomène épidémique furent en premier lieu de simples préventions. Les cadavres étaient brûlés et toute contamination devait être signalée à l’administration. Puis, la maladie a rapidement pris de l’ampleur. Les troupeaux contaminés ont été totalement isolés, malheureusement laissés en vie dans l’espoir que nos chercheurs puissent en tirer quelque chose. Notre peuple craint fortement une possible contagion chez l’homme, ainsi, les Druides ayant été en contact avec ces animaux ont été placés en quarantaine. Et par précaution, les rations de nourriture habituellement distribuées à la population ont été réduites. Nos découvertes sur le sujet sont véritablement minimes. Les bêtes meurent environ trois jours après l’apparition des symptômes. Aucun signe de contamination chez l’homme pour l’instant. Quant à l’origine de l’épidémie, ce ne sont que de simples suppositions que je puis vous présenter. Nous ne savons pas si tout ceci est le résultat d’un châtiment des dieux, ou si c’est l’œuvre d’un seul en particulier. Cependant, nous devons envisager toute possibilité… La situation de mon peuple est-elle similaire à la vôtre ou diffère-t-elle sur certains points ?

Le prince se garda d’annoncer quelques détails qu’il jugeait encore confidentiels, comme les problèmes financiers qui menaçaient de survenir à long termes. Mais il n’avait émit aucune autre réserve, préférant se montrer enclin à partager ses renseignements.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Lun 16 Nov 2009 - 22:47

Le calme, puis la jubilation succédèrent à la surprise sur les traits de l’émissaire druidique, sans que cela ne se remarque distinctement. Les prunelles éclatantes qui observaient le prince discernèrent cependant un changement d’humeur notable, sans pouvoir le décrire plus précisément. La jeune Reine tourna le dos à son interlocuteur, lui intimant de la suivre, et se dirigea vers la sortie. Etait-ce la bonne solution ? Aucune audience n’avait l’obligation d’être ouverte à la Cour et si Idril le jugeait nécessaire, elle était dans son bon droit de rendre plus confidentielle l’entrevue. Mais était-ce approprié dans le cadre actuel ? Assurément, elle en était convaincue. Certains de ses sujets étaient bien trop prompts à jeter la pierre à quiconque refusait de tenir tête au Seigneur Nordique, ce qu’elle-même aurait fait quelques temps auparavant. Il était de son devoir de préserver la discussion avec le messager métamorphe et d’écarter toute allusion à la politique. Précisément, sa Cour. Les lourdes portes en chêne massif se refermèrent derrière les deux jeunes gens, reformant le symbole de la caste amazone : une tête de cheval casquée. Deux gardes quittèrent leurs postes pour suivre la Reine et son interlocuteur, créant ainsi une proximité relative entre les deux orateurs. Alors qu’Idril s’avançait d’un pas souple et mesuré, elle vit plusieurs soldats portant les couleurs du peuple druidique s’approcher, une expression interrogatrice peinte sur leurs visages. La souveraine estima qu’il devait s’agir de la garde personnelle du prince, et se le vit confirmer par la réaction de ce dernier qui leur ordonna tacitement de rester à leur place. Idril les dépassa, et les trois personnes qui la suivaient en firent de même.

Dans les couloirs, l’atmosphère était moins lourde, moins oppressante que dans la salle du trône. Le silence n’était plus le même, et on percevait les signes de l’agitation des domestiques et des nobliaux qui vaquaient à leurs occupations. Nillviem qui marchait en retrait finit par reprendre la parole, jugeant sans doute impoli de ne pas répondre aux précédentes interrogations de la souveraine. Celle-ci ralentit le pas doucement, afin que l’émissaire la rejoigne, sans toutefois se mettre véritablement à sa hauteur. Elle l’écouta avec cette attention toute particulière dont elle avait fait preuve depuis le début de l’entretien et hocha la tête à plusieurs reprises. Le prince avait beaucoup de choses à expliquer à son interlocutrice, si bien qu’ils arrivèrent devant la pièce où Idril voulait l’emmener avant qu’il eut terminé son discours. Les portes furent ouvertes par deux soldats zélés et les jeunes gens de sang royal pénétrèrent dans une vaste salle qui servait de salon mondain, mais qui à cette heure matinale était inoccupée. Des fauteuils et des tables étaient dispersés dans la pièce dont les murs en pierres épaisses étaient recouverts de tentures aux teintes vermillon et aux motifs couleur d’or. Le druide avait terminé son discours et Idril traversa la salle pour aller se poster devant une immense fenêtre qui offrait une vue imprenable sur les plaines du royaume. A l’extrémité ouest, la cité d’Eralo se dressait, sereine et tranquille vue du Palais. La jeune femme resta attentive, observant le paysage qui s’étendait sous ses yeux, les mains jointes dans son dos. Puis, elle se tourna vers l’émissaire qui était resté en retrait et l’invita à la rejoindre. Les gardes restèrent près de la porte, laissant les deux jeunes gens s’entretenir conformément aux souhaits de la reine amazone. Lorsque Nillviem s’avança, Idril reporta son attention vers l’extérieur. Que ne donnerait-elle pas pour que son royaume continue de vivre dans la paix et la prospérité, comme avant ? Comme du temps du règne de sa mère ? Elle se sentait tellement accablée par son devoir, par ses préoccupations royales qu’elle avait l’impression que sa mère l’avait quittée depuis des années. Finalement, elle se tourna vers Nillviem de nouveau et put l’observer de près. Elle remarqua alors la pâleur des iris de son hôte, troublante contradiction de ses propres prunelles. Le regard du Prince n’en était pas moins convaincant, maintenant qu’elle se tenait si près de lui. D’une voix parfaitement maîtrisée, la souveraine répondit aux précédentes remarques de son interlocuteur.

« Nous avons pris des mesures similaires aux vôtres pour l’heure, c'est-à-dire abattre les bêtes contaminées, mettre en quarantaine les troupeaux ayant abrité des individus malades mais aussi proposer un arrêté interdisant tout commerce et transport de bétail sur nos terres. Nous voulons limiter le transfert des animaux, le temps que nous parvenions à trouver un moyen de stopper la maladie. Nous avons également débloqué des fonds pour la population et pour la recherche, mais pour le moment, on ne peut pas dire qu’elle ait porté ses fruits. Tout ce que nous savons, vous le savez aussi. D’après certaines rumeurs, la contamination de l’eau pourrait être la cause de nos problèmes. Mais aucune démarche scientifique n’a pu confirmer … ou infirmer.

Idril se détourna à nouveau de son interlocuteur pour regarder par la fenêtre. Elle se sentait impuissante et désemparée. Elle ne pouvait concrètement pas faire grand-chose et devait s’en remettre à la volonté des dieux. Leur mère, la déesse Freyja, ne pouvait pas les avoir abandonnées à leur sort, tout cela se terminerait bientôt. Elle en était certaine. Il faudrait qu’elle demande à la Grande Prêtresse Lindra Naelind ses conseils cependant.

- Je dois avouer que nous n’avions pas pensé à un fléau divin. J’ose espérer qu’il n’en est rien, sinon les ennuis pourraient bien continuer. Je demanderai sûrement à notre Prêtresse de réciter des prières pour notre sauvegarde. Vos propos m’inquiètent.


Le visage de la jeune femme s’était soudainement tendu. Elle était fort pieuse, baignée dans le respect de la religion depuis sa plus tendre enfance, et ne pouvait pas concevoir de désobéir aux lois divines, et surtout à celles imposées par Freyja. Si l’origine de la maladie était divine, alors ils auraient à craindre la suite des évènements. Après quelques secondes de silence, Idril reprit d’un ton grave :

- Je préfère penser que les dieux n’ont rien à voir avec l’épidémie, pour le moment, et me concentrer sur les moyens en notre disposition pour limiter sa propagation. Nous craignons grandement pour nos chevaux, mais visiblement, seuls les bovins, les ovins et les porcs seraient touchés. J’ai une question qui va sans doute vous paraître incongrue mais j’ignore beaucoup de choses de votre Peuple. Votre lien à l’espèce animale vous rend-elle plus vulnérable à ce genre de maladie ? Est-il possible pour un Druide de contracter une maladie animale ? »

Idril avait croisé les bras et regardait son interlocuteur avec un sérieux et un calme extraordinaire. Elle ne savait que penser du lien qui unissait les enfants de Mani et les animaux. Elle ignorait beaucoup de ce peuple voisin avec lequel les Amazones n’avaient jamais entretenue de relation de proximité. Se pouvait-il qu’ils soient davantage exposés aux effets de la maladie ?

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Sam 5 Déc 2009 - 20:46

Alors qu’il conversait, une partie de l’attention de Nillviem s’occupait de détailler tout ce qu’il apercevait. Des magnifiques tapisseries représentant de multiples batailles ou de rudes entraînements aux appliques faites d’or, les murs étaient admirablement ornés. Les vastes couloirs du Palais semblaient si paisibles comparés à la Salle du trône. Bien que le silence soit aussi de mise, il ne revêtait pas la même forme et paraissait déjà plus agréable au jeune prince. Quelques bruits lointains venaient parfois l’interrompre, traduisant une chaleur animée qui contrastait avec l’impassible froideur à laquelle il venait d’être exposé. La reine ralentit l’allure, marquant ainsi son attention particulière aux propos du prince. Le druide glissa un bref regard aux deux gardes qui les suivaient de près, leur présence le rassurait en quelque sorte. A vrai dire, le contraire aurait été assez inquiétant. Devant leur air sévère, Nillviem ne put s’empêcher de sourire intérieurement en tentant de deviner leurs pensées. Inquiets ? Peu favorable à sa présence ou totalement indifférents ? Probablement tout aussi intrigués que ses propres gardes, eux avaient cependant le privilège de garder un œil fidèle sur leur reine. Si les rôles avaient été inversés, et que la dirigeante amazone était venue quérir une audience en terres druidiques, la situation n’aurait été guère différente. Le monarque Galdor n’était pas du genre à laisser les politiques influencer grandement ses décisions. Il aurait sans doute favorisé un entretien privé à une entrevue ouverte, bien que la Cour druidique soit moins radicale que sa voisine. Néanmoins, ce n’était pas ainsi que les dieux en avaient décidé.

Jusqu’où pouvait bien s’étendre le Palais ? Vu de l’extérieur, il semblait immense certes, mais pas aussi étendu qu’il en avait désormais l’impression. Il n’avait pas encore achevé son discours que le petit cortège s’arrêta. Passé les deux portes d’architecture sobre, Nillviem se retrouva dans une pièce aux décors simples mais raffinés, tandis qu’il terminait tout juste ses propos. Occupé à observer la salle et ce qu’elle recelait, il ne prêta pas immédiatement attention à la souveraine. Il avait pris l’habitude de détailler de cette manière chaque lieu inconnu où il s’aventurait. C’était le résultat de sa méfiance guidant tacitement ses réactions instinctives. Enfin il se tourna vers la Reine. Sa silhouette fière et immobile, où se mêlaient reflets lumineux et formes ombreuses, saisit le prince. La solitude émanait de cette jeune femme dont le regard tourné vers l’horizon, semblait porter l’espoir et la crainte sur les plaines amazones. Elle semblait si jeune et pourtant il était impossible de lui accorder un âge précis. Son regard croisa celui du prince, qui répondit à son invitation en silence. Il détourna alors ses pensées sur le paysage qui s’étendait devant lui. Il y avait une panthère, sommeillant sagement en son ombre, désireuse de parcourir ces terres et d’en mesurer toute l’immensité. Elle ne pouvait que deviner le sentiment de liberté et de majesté qui planait au dehors. Le druide était plutôt intimidé. La cité qu’il apercevait dans toute sa grandeur semblait si différente de ce qu’il connaissait. Mais cela renforçait par ailleurs son envie de découverte. Un voile mélancolique s’étirait au sein de la pièce. L’idée que leurs terres respectives puissent être ravagées par la maladie, et même la guerre, tiraillait l’émissaire. Il sentit le regard de l’Amazone se poser sur lui, alors que le sien dérivait vers les cieux. Ses paroles ramenèrent le druide à son objectif principal, et il n’en était que plus déterminé.

- Je vois. La contamination de l’eau, en effet, c’est tout à fait plausible…


Se détachant de l’emprise du paysage, il formula cette réflexion à voix haute. Puis il se mit à sillonner la pièce à pas lents et aléatoires, sans démarche particulière. Si c’était bien par l’eau que le fléau se répandait, ils avaient tout à craindre. En cas d’une contamination chez l’homme, les conséquences seraient désastreuses. Mais si c’était bien l’eau, il demeurait encore de nombreux faits à expliquer. Les doutes étaient donc toujours présents, et comme l’avait précisé la Reine, il n’y avait aucune preuve concrète. Nillviem laissa cette hypothèse en suspens. Si elle avait déjà effleuré l’esprit des chercheurs druidiques, il n’en avait pas été informé. En revanche, la thèse la plus commune en Sudorna était bien d’ordre divin. Le prince s’immobilisa. Il notait là une curieuse divergence quant aux propos de la souveraine. Les Druides étaient véritablement empreints de la religion nordique. D’ailleurs, l’argent étant majoritairement pour eux signe d’incitation à la corruption, leur commerce était uniquement basé sur le troc. Il laissa la Reine poursuivre et reçut ses interrogations avec un air compréhensif. L’ignorance de chacun était souvent la source de lourds différends. Si le peuple druidique se sentait d’ordinaire plus proche des Nymphes et des Elfes, il n’avait jamais ressentie de sympathie pour leurs voisins. Ainsi le prince avait du mal à saisir l’attachement particulier que portait ce peuple guerrier pour les montures de combat. En effet, la réputation des Haras amazones ne tenait compte d’aucune frontière. Et certes, l’utilité de ces animaux était reconnue. Seulement ce n’était pas la même conception qui s’imposait au druide. Il revint se placer auprès de la jeune femme et répondit avec le même calme. Il partageait l’idée qu’il valait mieux se contenter du peu qu’il pouvait faire pour stopper l’endémie.

- Si notre peuple détient un lien singulier avec l’espèce animale, notre organisme se rapproche davantage de celui des humains. En toute logique il est donc peu probable qu’une maladie spécifique aux bêtes soit transmise à un druide. Cependant il y a déjà eu plusieurs cas où certains symptômes correspondaient à une pathologie animale. Permettez-moi de demander comment le peuple Amazone réagit-il ? Est-ce la première épidémie à laquelle vous devez faire face ?

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Jeu 24 Déc 2009 - 15:12

La jeune souveraine amazone se tenait droite, stoïque, les bras croisés sous la poitrine, observant le prince druidique parcourir sans but précis la pièce où ils se trouvaient désormais et attendant une réponse à sa précédente question. Etait-ce là l’expression de sa nervosité ou au contraire, marcher ainsi au travers de la salle lui permettait-il de se concentrer et de rassembler ses idées autour d’un thème précis ? Idril tourna seulement la tête, son buste restant droit et ferme, pour réfléchir à son tour. Elle était si différente de cet émissaire, son peuple était si différent de celui qui venait lui demander soutien, et pourtant, ils se battaient sous la même bannière pour réaliser les mêmes desseins. Ils devaient coopérer et l’un comme l’autre, ils l’avaient compris. Mais leurs différences seraient sûrement un frein à la bonne entente, même si des efforts étaient réalisés des deux côtés. Ils n’avaient pas la même culture, pas le même rapport avec la nature, ni la même conception de la religion. Tout ceci rendrait les difficultés plus grandes, et les rapports plus tendus. L’Amazone reporta son attention sur le prince qui revenait vers elle, pour se placer à ses côtés et pour répondre à ses interrogations précédentes. Elle l’écouta avec une attention particulière et se contenta d’acquiescer d’un signe de tête, de temps à autre. Soucieuse des propos de son hôte, le visage de la jeune femme afficha une expression tantôt perplexe, tantôt pensive. Amenant son pouce et son index vers le bas de son visage, elle réfléchit pendant quelques instants avant de conclure :

« La transmission à l’homme n’est donc pas inenvisageable. Nous devrions prendre quelques précautions aussi de ce côté-là. Si les dieux y sont pour quelque chose, peut être ne se contenteront-ils pas des bétails …

Si la maladie se propageait chez le peuple animalier, elle aurait tôt fait d’être transmise aux enfants de Freyja. Il fallait donc se préparer à cette éventualité, sans déclencher une crise de paranoïa. La suzeraine tenterait de faire quelques allusions à ce sujet, discrètes et modérées pour ne pas affoler ses détracteurs. Elle croisa à nouveau les bras et répondit dans la foulée aux questions de son interlocuteur :

- Du temps du règne de ma mère, des épidémies ont également touché notre royaume mais jamais dans des conditions similaires à la présente pandémie. Elles étaient moins virulentes, moins agressives et surtout, elles restaient localisées par endroit. Jamais nous n’avons dû faire face à un virus qui se serait propagé sur tout le territoire, à une telle vitesse. C’est pourquoi nos spécialistes sont si inquiets.

Elle marqua une courte pause pour reprendre son souffle et pour ordonner ses idées, afin de répondre à l’autre question du prince Nillviem, à savoir la réaction du peuple amazone. Evidemment, les siens réagissaient mal à tout cela. Ils venaient de perdre une grande souveraine qui avait fait de grandes choses pour son peuple. A présent, ils devaient faire face à une épidémie aussi foudroyante qu’imprévisible qui décimait leurs bêtes. Forcément, leur moral en pâtissait et leur confiance en la royauté en place s’essoufflait à mesure que la maladie progressait. Mais il était inutile de mentionner ce fait à un émissaire d’un monarque supposé ennemi.

- Comment voulez-vous qu’il réagisse, prince Nillviem ? Les Amazones viennent de perdre leur souveraine bien-aimée et cette épidémie qui tombe au mauvais moment, juste après le rude hiver que nous avons subi de plein fouet ! Les miens sont abattus par ces sinistres temps, tout comme le sont certainement vos sujets.

Ce n’était pas une question ouverte, mais une invitation à la confirmation. Elle se doutait que partout ailleurs, les peuples gwendiriens avaient dû souffrir de la perte de leurs monarques. Néanmoins, la douleur ne devait pas être identique d’un royaume à l’autre puisque certains avaient consenti à réaccorder leur allégeance au Parjure. Refoulant sa rancœur et son amertume vis-à-vis des souverains qui n’avaient pas la même vision des choses, Idril ajouta pour conclure :

- C’est pourquoi nous nous devons de mettre un terme à cette pandémie au plus vite. »

Derrière eux, la porte grinça, annonçant la venue importune d’un visiteur. La jeune femme se retourna et reconnut un visage familier, en la personne d’un de ses conseillers qui était venu pour la chercher. L’heure était tardive et elle avait sûrement d’autres affaires à traiter. Elle replongea ses prunelles d’émeraude dans le regard troublant du prince métamorphe et lui fit tacitement comprendre que l’entretien touchait à sa fin. Elle attendit calmement les dernières remarques et questions du messager royal.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Sam 9 Jan 2010 - 16:36

Ses propos donnaient matière à réflexion à la souveraine. Il lui avait même semblé dénoter avec une pointe d’amusement un geste récurrent lorsqu’elle réfléchissait plus intensément. Le prince se concentrait autant sur ses paroles que son expression. Que le virus soit transmissible ou non il affectait déjà bien assez les druides. Si ce lien était inhérent à son peuple, il ne l’était pas aux Amazones. Dans ce cas comment pouvaient-ils envisager réellement la mort de ces animaux d’un point de vue autre qu’économique et précautionneux ? Certes ils devaient souffrir la perte de leurs bêtes, mais qu’en était-il du ressenti profond qu’ils en avaient ? Néanmoins elle avait raison. Les châtiments divins n’étaient pas infligés à moitié. De même, le fléau semblait davantage susceptible de décimer la population druide, fallait-il y voir une faute plus grave ?
Il prit note des informations suivantes, et constata conformément à ses doutes que leur peuple était sans expérience face à une épidémie de telle ampleur. La Reine répondit ensuite à sa dernière question, et l’émissaire discerna au travers de ses mots l’écho de ses pensées. Derrière cette réaction irritée se cachait une réelle inquiétude. Cependant impossible d’en savoir la cause. Il consentit à sa dernière phrase par un acquiescement et fit abstraction de ses propres pensées. Le peuple entier regrettait la mort de la reine Faldora, cette reine qui fut juste et bienveillante envers ses sujets. Elle ne s’inscrivait pas parmi les plus vénérables mais avait maintenu le royaume dans la paix et la prospérité. Pourtant le prince était incapable de prendre part à cette triste complainte qui accompagnait l’esprit de chaque druide. Il se redressa et compléta sa réponse d’un ton froid.

- Les temps sont difficiles pour tous.


Quel citoyen ne remettait pas en question les évènements passés depuis la traîtrise du Seigneur Nordique ? Pour combien de temps la situation resterait-elle ainsi figée ? Un bruit désagréable mit fin à ses réflexions qui n’avaient lieu d’être en ce moment. Nillviem tourna vivement la tête vers son origine et détailla l’individu qui en était la cause. Il fronça légèrement les sourcils. Il n’aimait pas être dérangé mais comprit immédiatement ce que signifiait cette interruption. Il perçut le regard de l’Amazone qui lui confirma ce qu’il devinait. Profitant des derniers instants où il détenait encore l’attention de la souveraine, il dévoila un faible sourire s’opposant à la mélancolie habituelle de ses yeux. Tout en fixant son interlocutrice, il déclara avec plus de chaleur.

- Nous sommes parfaitement d’accord sur ce point.


Baissant négligemment la tête il se détourna vers les portes. Il était temps pour lui de partir. Revenu en terres druidiques il serait assailli de questions et dépêché dans la salle du Conseil pour établir son compte-rendu. Il garderait certainement ses impressions personnelles pour lui. Seuls ses soldats auraient suffisamment de retenue pour ne pas l’inviter à la conversation malgré lui. En tout cas ce moment ne lui tardait point. Il aurait préféré demeurer quelques temps dans la capitale Amazone à titre personnel, mais il ne pouvait s’accorder ce droit tant que son devoir n’était pas totalement accompli. Repoussant cette idée et le soupir qui s’en dégageait, il reprit une expression impassible et jeta un regard définitif sur l’ensemble de la pièce. Il raccompagna la Reine en dehors de la salle, et tous deux formulèrent de brefs adieux. Il observa la jeune femme une dernière fois en silence, puis ajouta avant de s’éloigner.

- Prenez soin de vous Reine Idril.

Ce n’était pas un sentiment pleinement positif qui emplissait ses pas, mais davantage celui de l’incertitude quant aux évènements à venir.

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MessageSujet: Re: Intérêts communs [Ne pas archiver]   Mer 13 Jan 2010 - 13:00

L’échange ne dura qu’un court instant, moment durant lequel les deux protagonistes se regardèrent avec une intensité déconcertante. Nillviem avait compris et Idril pressentait qu’ils avaient encore beaucoup à se dire, mais le toussotement du Conseiller les ramena à la réalité présente, cassant net leur échange silencieux. La suzeraine tourna la tête vers son compatriote et le gratifia d’un signe de tête, pour lui montrer qu’elle avait parfaitement saisi son message. Elle aurait encore aimé discuter avec son hôte, mais les ressentiments de la Cour et du Conseil à l’égard des Druides ne favorisaient pas la conversation, ni la bonne entente. L’entretien avait assez duré et la présence du Conseiller était là pour rappeler quelles priorités devait se donner la reine des Amazones. Ensemble, ils regagnèrent les portes et quittèrent la salle, le Conseiller leur emboîtant le pas. Son intrusion avait perturbé leur échange et Idril sentit comme un froid entre eux. Ils formulèrent quelques brefs adieux, plus protocolaires que sincères. Alors que l’heure était au départ, ils s’observèrent mutuellement une dernière fois. Peut être était-ce la dernière fois qu’ils se côtoyaient sous la même bannière, sous celle de la coopération et de l’entente. La jeune femme prit alors conscience du jeu politique, de l’hypocrisie qui en découlait et de l’horreur de la guerre. Après cette audience, elle aurait apprécié revoir le prince Nillviem, non pas comme un ami intime, mais comme une personnalité avec qui elle aurait pu s’entretenir. Il y avait peu de chances que cela arrive, leurs deux peuples ayant choisi des trajectoires différentes. Mettant un terme à l’entretien, Nillviem prit congé avec plus de sincérité que précédemment, et Idril lui répondit avec la même franchise :

« Que les dieux protègent vos pas, Prince Nillviem.

Il s’inclina puis s’éloigna, la tête haute et la démarche princière. L’entretien n’avait pas été un échec, vraisemblablement. Mais l’un comme l’autre pouvaient-ils affirmer être tombés sur un terrain d’entente ? Certes, les deux royaumes se promettaient mutuellement assistance et coopération pour endiguer l’épidémie. Mais après ? Qu’allait-il en être ? Idril poussa un léger soupir, observant le prince métamorphe s’éloigner à grandes enjambées. Avant qu’il ne fût trop loin, elle l’interpella d’une voix puissante :

- Prince Nillviem ! Faîtes savoir à votre souverain que nous vous enverrons trois de nos médecins en début de semaine prochaine.

Prenant une profonde inspiration et évitant soigneusement le regard de son Conseiller, elle ajouta avec une conviction relative :

- Et qu’il est le bienvenu en mon royaume … pour toute la durée de nos négociations. »


Elle consentit alors à échanger un regard avec son Conseiller et l’air qu’il affichait à présent lui confirma qu’il ne partageait pas sa décision. Elle fronça les sourcils pour le défier de protester et il s’inclina doucement, tandis qu’elle reportait son attention sur l’émissaire de sang royal. Bien qu’elle ne pardonnerait jamais aux Druides leur traîtrise, elle ne pouvait ignorer l’importance de leur soutien pour cette difficulté. Ils avaient besoin d’eux, et cela s’arrêtait là. Elle déplorait que les membres de son Conseil soient aussi arbitraires et aussi orgueilleux. Elle pivota, et sa lourde robe tourna dans un bruissement spécifique et repartit en direction opposée du prince pour retrouver sa Cour et se justifier de ses décisions. La matinée promettait d’être houleuse …


[RP terminé ?]

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